Article L3164-1 · En vigueur

Article L3164-1 — Repos quotidien minimal des jeunes travailleurs (12h / 14h)

L'article L3164-1 fixe la durée minimale du repos quotidien des jeunes travailleurs à 12 heures consécutives, portée à 14 heures pour les moins de 16 ans. Cette protection renforcée dépasse le repos de droit commun (11h) et s'ajoute aux autres protections des mineurs : durée maximale réduite, pause de 30 minutes, interdiction du travail de nuit.

Ce que dit l'article L3164-1

Article L3164-1 du Code du travail

La durée minimale du repos quotidien des jeunes travailleurs ne peut être inférieure à douze heures consécutives.

Cette durée minimale est portée à quatorze heures consécutives s'ils ont moins de seize ans.

Source : Légifrance, LEGIARTI000006902793 (version en vigueur)
URL : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006902793
Livre
livre 3

L'article L3164-1 du Code du travail impose un repos quotidien renforcé pour les jeunes travailleurs : au minimum 12 heures consécutives, porté à 14 heures pour les jeunes de moins de 16 ans. C'est une protection supérieure au repos quotidien de droit commun (11 heures), justifiée par la vulnérabilité des mineurs au travail.

Texte officiel

« La durée minimale du repos quotidien des jeunes travailleurs ne peut être inférieure à douze heures consécutives.
Cette durée minimale est portée à quatorze heures consécutives s'ils ont moins de seize ans. »

En clair

Les jeunes travailleurs (mineurs de moins de 18 ans, apprentis, stagiaires) bénéficient d'une protection renforcée en matière de temps de travail et de repos. Là où un salarié adulte a droit à 11 heures de repos entre deux journées de travail (L3131-1), un jeune travailleur a droit à 12 heures, et même 14 heures s'il a moins de 16 ans. Cette règle s'ajoute aux autres protections (durée maximale, travail de nuit interdit, pauses renforcées).

Repos quotidien : comparaison

CatégorieRepos quotidien minimalSource
Salarié adulte (18 ans et +)11 heures consécutivesL3131-1
Jeune travailleur de 16 à moins de 18 ans12 heures consécutivesL3164-1
Jeune travailleur de moins de 16 ans14 heures consécutivesL3164-1

Les autres protections des jeunes travailleurs

Durée maximale réduite

8 heures par jour et 35 heures par semaine pour les moins de 18 ans (L3162-1). Dérogations possibles (5h/semaine max) sur autorisation de l'inspection du travail, avec avis du médecin du travail.

Pause renforcée

Pause d'au moins 30 minutes consécutives après 4h30 de travail (L3162-3), contre 20 minutes après 6h pour les adultes (L3121-16).

Travail de nuit interdit

Interdit en principe : 22h-6h pour les 16-18 ans, 20h-6h pour les moins de 16 ans (L3163-1 et L3163-2). Dérogations limitées à certains secteurs.

Repos hebdomadaire

2 jours consécutifs par semaine pour les moins de 18 ans (L3164-2), contre 1 jour (24h + 11h) pour les adultes.

Qui est concerné ?

Sont visés les jeunes travailleurs de moins de 18 ans : salariés en CDD ou CDI, apprentis, mais aussi les stagiaires et les jeunes en formation professionnelle accomplissant des stages d'initiation, d'application ou des périodes de formation en milieu professionnel. Ces règles protègent leur santé, leur sécurité et leur développement, en tenant compte de leur moindre résistance à la fatigue.

Sanctions du non-respect

Le non-respect des durées de repos des jeunes travailleurs constitue une contravention de 4e classe (750 € d'amende par salarié concerné, R3165-3 et suivants). L'employeur engage aussi sa responsabilité au titre de son obligation de sécurité (L4121-1). En cas d'accident d'un jeune travailleur dont les temps de repos n'étaient pas respectés, la faute inexcusable de l'employeur peut être retenue, majorant l'indemnisation de la victime.

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Les protections des jeunes travailleurs sont d'ordre public : aucune convention ou accord ne peut y déroger défavorablement. Pour l'emploi de mineurs, vérifier l'ensemble du régime spécifique (durée, repos, travaux interdits ou réglementés, autorisations). En cas de doute, consulter l'inspection du travail.

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Cas pratiques

Cas 1 — Apprenti de 17 ans en restauration

Un apprenti cuisinier de 17 ans termine son service à 23h. Application de L3164-1 : il a droit à 12 heures de repos consécutives. Il ne peut donc pas reprendre avant 11h le lendemain. Un planning le faisant revenir à 9h serait illégal. L'employeur doit organiser les services en respectant ce repos renforcé (12h au lieu de 11h pour un adulte). En restauration, des dérogations existent mais restent encadrées.

Cas 2 — Jeune de 15 ans en stage

Un collégien de 15 ans effectue un stage d'observation et termine sa journée à 18h. Application de L3164-1 (al. 2) : ayant moins de 16 ans, il bénéficie de 14 heures de repos consécutives. Il ne peut donc pas reprendre avant 8h le lendemain. La protection est encore plus stricte pour les plus jeunes, en raison de leur vulnérabilité particulière. Le maître de stage doit en tenir compte.

Cas 3 — Planning illégal et contravention

Un employeur du BTP fait travailler un apprenti de 17 ans de 7h à 17h, puis le rappelle le lendemain à 6h (soit 13h de repos — conforme), mais une autre journée le fait finir à 20h et reprendre à 7h (11h de repos seulement). Application de L3164-1 : le repos de 11h est insuffisant pour un jeune travailleur (12h minimum requis). Infraction : contravention de 4e classe (750 € par salarié). L'inspection du travail peut dresser procès-verbal. Mise en conformité immédiate du planning exigée.

Cas 4 — Dérogation et avis médical

Un employeur souhaite, pour des raisons d'organisation, réduire le repos quotidien d'un apprenti de 17 ans. Application de L3164-1 + L3164-... (dérogations) : le repos de 12h des jeunes de 16 à 18 ans peut, dans certains secteurs définis par décret (hôtellerie-restauration, boulangerie, spectacle), faire l'objet de dérogations encadrées, mais il ne peut jamais descendre sous un seuil plancher. Pour les moins de 16 ans, le repos de 14h est intangible. Vérification réglementaire indispensable.

Cas 5 — Articulation avec le repos hebdomadaire

Un jeune travailleur de 17 ans en CDD saisonnier travaille du lundi au vendredi. Application de L3164-1 + L3164-2 : chaque jour, il bénéficie de 12h de repos quotidien minimum. Et chaque semaine, il a droit à 2 jours de repos consécutifs (samedi-dimanche en principe), contre 1 jour pour les adultes. Les deux protections se cumulent : repos quotidien renforcé ET repos hebdomadaire allongé. Organisation des plannings à adapter.

Cas 6 — Accident et faute inexcusable

Un apprenti de 16 ans, dont les temps de repos n'étaient pas respectés (fatigue accumulée), est victime d'un accident sur une machine. Application de L3164-1 + L4121-1 : le non-respect des durées de repos, en lien avec l'accident, peut caractériser un manquement de l'employeur à son obligation de sécurité. La faute inexcusable peut être retenue : majoration de la rente de la victime et indemnisation des préjudices complémentaires. La protection des jeunes a une portée concrète en cas de sinistre.

4 points à retenir

(1) 12 heures de repos quotidien pour les jeunes de 16 à 18 ans (vs 11h pour les adultes). (2) 14 heures pour les moins de 16 ans. (3) Protections cumulées : durée maximale réduite, pause de 30 min, travail de nuit interdit, 2 jours de repos hebdomadaire. (4) Sanctions : contravention de 4e classe + risque de faute inexcusable en cas d'accident. Règles d'ordre public, dérogations très encadrées.

Questions fréquentes

12 heures consécutives pour les jeunes travailleurs de 16 à moins de 18 ans (L3164-1). Cette durée est portée à 14 heures consécutives pour les jeunes de moins de 16 ans. C'est une protection renforcée par rapport au repos quotidien de droit commun, fixé à 11 heures pour les salariés adultes (L3131-1).

Les jeunes travailleurs de moins de 18 ans bénéficient d'une protection renforcée en raison de leur vulnérabilité physique et de leur moindre résistance à la fatigue. Le législateur impose donc des durées de repos supérieures, des durées maximales de travail réduites, l'interdiction du travail de nuit et des pauses plus longues, afin de préserver leur santé, leur sécurité et leur développement.

Tous les jeunes travailleurs de moins de 18 ans : salariés en CDD ou CDI, apprentis, mais aussi les stagiaires et les jeunes en formation professionnelle accomplissant des stages ou des périodes de formation en milieu professionnel. Le seuil de 14 heures s'applique spécifiquement aux moins de 16 ans, plus vulnérables encore.

Pour les jeunes de 16 à 18 ans, des dérogations encadrées au repos de 12 heures existent dans certains secteurs définis par décret (hôtellerie-restauration, boulangerie, spectacle), sans pouvoir descendre sous un plancher réglementaire. Pour les moins de 16 ans, le repos de 14 heures est intangible. Les protections des jeunes étant d'ordre public, aucune convention ne peut y déroger défavorablement.

Outre le repos quotidien renforcé : durée maximale de 8h/jour et 35h/semaine (L3162-1), pause d'au moins 30 minutes après 4h30 de travail (L3162-3, vs 20 min pour les adultes), interdiction du travail de nuit (22h-6h pour les 16-18 ans, 20h-6h pour les moins de 16 ans), et repos hebdomadaire de 2 jours consécutifs (L3164-2).

Le non-respect des durées de repos des jeunes travailleurs constitue une contravention de 4e classe : 750 € d'amende par salarié concerné. L'employeur engage aussi sa responsabilité au titre de son obligation de sécurité (L4121-1). En cas d'accident d'un jeune dont les temps de repos n'étaient pas respectés, la faute inexcusable peut être retenue, majorant l'indemnisation de la victime.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 12/06/2026.