Article L3121-26 — Avis du CSE sur les dérogations aux durées maximales de travail
L'article L3121-26 impose la consultation du CSE sur les demandes d'autorisation de dépassement des durées maximales de travail adressées à l'administration, l'avis étant transmis à l'inspection du travail.
Ce que dit l'article L3121-26
Texte officiel en vigueur depuis le 01/01/2018 :
Le comité social et économique donne son avis sur les demandes d'autorisation formulées auprès de l'autorité administrative en application des articles L. 3121-24 et L. 3121-25. Cet avis est transmis à l'agent de contrôle de l'inspection du travail.
L'article L3121-26 confie au comité social et économique (CSE) un rôle de contrôle social sur le temps de travail : lorsqu'un employeur demande à l'administration l'autorisation de dépasser les durées maximales de travail, le CSE doit être consulté et son avis transmis à l'inspection du travail.
Ce que dit l'article L3121-26
Texte officiel en vigueur depuis le 1er janvier 2018 :
Le comité social et économique donne son avis sur les demandes d'autorisation formulées auprès de l'autorité administrative en application des articles L. 3121-24 et L. 3121-25. Cet avis est transmis à l'agent de contrôle de l'inspection du travail.
En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?
Le Code du travail fixe des plafonds de durée du travail : 48 heures sur une même semaine et 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives (article L3121-20 et suivants). Ces limites protègent la santé et la sécurité des salariés.
Dans certaines circonstances exceptionnelles, l'employeur peut demander à l'administration (la DREETS) l'autorisation de dépasser temporairement ces plafonds, sur le fondement des articles L3121-24 et L3121-25. L'article L3121-26 ajoute une garantie : avant de trancher, l'administration doit disposer de l'avis du CSE.
Cet article fait partie des « dispositions supplétives » : il s'applique à défaut d'accord collectif. Il organise le dialogue social autour d'un sujet sensible — l'allongement de la durée du travail au-delà des limites légales.
À retenir : l'avis du CSE est consultatif, mais il est obligatoire et transmis à l'inspection du travail. Il éclaire la décision de l'administration sur l'opportunité d'autoriser le dépassement.
Qui est concerné ?
- Les employeurs qui sollicitent une autorisation de dépassement des durées maximales de travail auprès de l'autorité administrative.
- Les membres élus du CSE, appelés à rendre un avis dans le cadre de leurs attributions consultatives.
- L'inspection du travail, destinataire de l'avis et garante du contrôle.
Ce que cela implique en pratique
Concrètement, la procédure suit plusieurs étapes :
- 1. L'employeur identifie un besoin de dépassement (surcroît exceptionnel d'activité, par exemple) et prépare sa demande à la DREETS.
- 2. Il consulte le CSE, qui examine les justifications et rend un avis motivé.
- 3. L'avis du CSE est joint à la demande et transmis à l'agent de contrôle de l'inspection du travail.
- 4. L'administration statue en tenant compte de cet avis.
Cette consultation s'inscrit dans les attributions générales du CSE (article L2312-8), qui doit être informé et consulté sur les questions intéressant l'organisation, la gestion et la marche générale de l'entreprise, dont la durée du travail.
Risques en cas de non-respect
L'absence de consultation du CSE préalable à une demande de dépassement constitue une irrégularité de procédure. Au-delà, le défaut de consultation du CSE sur des sujets relevant de ses attributions peut, de manière générale, caractériser le délit d'entrave au fonctionnement du comité, réprimé par l'article L2317-1 du Code du travail. Le respect de ces durées maximales relève par ailleurs de l'obligation de sécurité de l'employeur (article L4121-1).
Cas pratiques
Cas n°1 — Surcroît exceptionnel d'activité
Une entreprise industrielle fait face à une commande exceptionnelle qui suppose de dépasser ponctuellement 48 heures hebdomadaires sur certains postes. Avant de saisir la DREETS d'une demande d'autorisation, l'employeur consulte le CSE, qui rend un avis sur les conditions de travail et les mesures de compensation envisagées. Cet avis est joint à la demande et transmis à l'inspection du travail.
Cas n°2 — Avis défavorable du CSE
Le CSE rend un avis défavorable, estimant insuffisantes les garanties de repos. L'avis reste consultatif : l'administration n'est pas liée et peut autoriser ou refuser. Mais l'avis défavorable, transmis à l'inspection du travail, pèse dans l'appréciation de la demande et documente la position des représentants du personnel.
Cas n°3 — Existence d'un accord collectif
Une entreprise est couverte par un accord d'entreprise qui encadre déjà les dépassements de durée. L'article L3121-26 étant supplétif, ce sont alors les stipulations conventionnelles qui priment pour l'organisation de la consultation, dans le respect des plafonds d'ordre public.
Questions fréquentes
Articles connexes
Page mise à jour le 12/06/2026.