Article L3131-1 · En vigueur

Article L3131-1 — Repos quotidien minimal de onze heures

L'article L3131-1 garantit à tout salarié un repos quotidien minimal de 11 heures consécutives entre deux journées de travail, limitant l'amplitude d'une journée à 13 heures. Dérogations possibles jusqu'à 9h par accord ou en cas d'urgence.

Ce que dit l'article L3131-1

Texte officiel en vigueur depuis le 10/08/2016 :

Tout salarié bénéficie d'un repos quotidien d'une durée minimale de onze heures consécutives, sauf dans les cas prévus aux articles L. 3131-2 et L. 3131-3 ou en cas d'urgence, dans des conditions déterminées par décret.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie III
Durée du travail, salaire, intéressement, participation et épargne salariale
Livre
Livre Ier
Titre
Titre III — Repos et jours fériés
Chapitre
Chapitre Ier — Repos quotidien
Section
Section 1 — Ordre public

L'article L3131-1 garantit à tout salarié un repos quotidien de 11 heures consécutives minimum. Ce temps de récupération entre deux journées de travail est un pilier de la protection de la santé, qui limite mécaniquement l'amplitude d'une journée à 13 heures.

Ce que dit l'article L3131-1

Texte officiel en vigueur depuis le 10 août 2016 :

Tout salarié bénéficie d'un repos quotidien d'une durée minimale de onze heures consécutives, sauf dans les cas prévus aux articles L. 3131-2 et L. 3131-3 ou en cas d'urgence, dans des conditions déterminées par décret.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Entre la fin d'une journée de travail et le début de la suivante, le salarié doit disposer d'au moins 11 heures consécutives de repos. Par exemple, s'il termine à 20h, il ne peut reprendre avant 7h le lendemain.

Conséquence directe : l'amplitude maximale d'une journée de travail est de 13 heures (24 h − 11 h), pauses comprises. Issu de la directive européenne 2003/88/CE, ce repos est d'ordre public.

Qui est concerné ?

  • Tous les salariés, y compris les cadres en forfait jours (Cass. Soc., 31 janvier 2012, n° 10-19.807) — c'est l'une des rares limites qui s'impose à eux.
  • Exclus : cadres dirigeants (L3111-2).
  • Régimes spécifiques pour certaines professions (transports, marins…).

Ce que cela implique en pratique

1. Les dérogations possibles (L3131-2 et L3131-3)

  • Par accord collectif (entreprise, établissement ou branche) : réduction possible jusqu'à 9 heures pour certaines activités (continuité du service, surcroît), avec contreparties (repos compensateur) — article D3131-1 et suivants ;
  • En cas d'urgence : travaux de sauvetage, prévention d'accidents imminents, mesures conservatoires (D3131-5) — repos compensateur attribué dans les plus brefs délais ;
  • Activités caractérisées par l'éloignement ou la nécessité d'assurer la continuité.

2. Articulation avec le repos hebdomadaire

Le repos quotidien (11 h) s'ajoute au repos hebdomadaire (24 h, L3132-2), formant un repos hebdomadaire total de 35 heures consécutives minimum. Voir l'article L3132-1 (interdiction de plus de 6 jours par semaine).

3. Cas spécifique des forfaits jours

Même les cadres autonomes en forfait jours, qui ne décomptent pas leurs heures, doivent bénéficier du repos quotidien de 11 heures (et hebdomadaire de 35 heures). L'employeur doit mettre en place un dispositif de suivi effectif garantissant ce repos (Cass. Soc., 31 janvier 2012, n° 10-19.807). À défaut, la convention de forfait est privée d'effet.

Risques en cas de non-respect

  • Sanction pénale : contravention de 4e classe (750 € par salarié, article R3135-1).
  • Préjudice nécessaire : le non-respect du repos quotidien ouvre droit à réparation sans preuve du préjudice (Cass. Soc., 7 février 2024, n° 21-22.809, alignée sur la CJUE).
  • Privation d'effet de la convention de forfait jours si le suivi est défaillant : rappel d'heures supplémentaires possible.
  • Faute inexcusable en cas d'AT lié à la fatigue.

Cas pratiques

Cas n°1 — Fermeture tardive et ouverture matinale

Un salarié de la restauration termine à 23h le soir et l'employeur lui demande de reprendre à 8h le lendemain (9h de repos seulement). Violation de L3131-1 (11h minimum) hors dérogation conventionnelle. Amende + dommages-intérêts.

Cas n°2 — Accord réduisant à 9 heures

Une entreprise de sécurité signe un accord ramenant le repos quotidien à 9 heures pour assurer la continuité du service, avec un repos compensateur de 2 heures attribué. Conforme à L3131-2 / D3131-1.

Cas n°3 — Cadre forfait jours sans suivi

Un cadre au forfait jours enchaîne des journées de 15 heures sans aucun suivi de l'employeur. Le repos quotidien de 11h n'est pas garanti → convention de forfait privée d'effet (Cass. Soc., 31 janvier 2012, n° 10-19.807) + rappel d'heures supplémentaires.

Cas n°4 — Astreinte et repos quotidien

Une intervention en astreinte de nuit interrompt le repos quotidien. La Cassation impose alors de recommencer le décompte des 11 heures consécutives après l'intervention (Cass. Soc., 8 septembre 2016, n° 14-26.825), sauf si le repos minimal a déjà été pris intégralement avant.

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Fermeture/ouverture rapprochées

Fin à 23h, reprise à 8h (9h de repos) : violation de L3131-1 hors dérogation. Amende + DI.

Cas n°2 — Accord réduisant à 9 heures

Entreprise de sécurité : repos ramené à 9h avec compensateur (L3131-2 / D3131-1). Conforme.

Cas n°3 — Forfait jours sans suivi

Journées de 15h sans suivi : convention de forfait privée d'effet (Cass. Soc., 31 janvier 2012, n° 10-19.807).

Cas n°4 — Astreinte de nuit

Intervention interrompant le repos : décompte des 11h recommence après (Cass. Soc., 8 septembre 2016, n° 14-26.825).

Questions fréquentes

11 heures consécutives entre deux journées de travail (article L3131-1). Conséquence : l'amplitude maximale d'une journée de travail est de 13 heures (24h − 11h), pauses comprises. Cette règle est issue de la directive européenne 2003/88/CE.

Oui, jusqu'à 9 heures, par accord d'entreprise ou de branche pour certaines activités (continuité de service, surcroît, éloignement), avec contreparties sous forme de repos compensateur (articles L3131-2 et D3131-1). En cas d'urgence (sauvetage, prévention d'accident), une dérogation est également possible.

Oui. Même sans décompte horaire, les cadres en forfait jours doivent bénéficier du repos quotidien de 11h et hebdomadaire de 35h. L'employeur doit mettre en place un suivi effectif (Cass. Soc., 31 janvier 2012, n° 10-19.807). À défaut, la convention de forfait est privée d'effet.

Le repos quotidien de 11h s'ajoute au repos hebdomadaire de 24h (article L3132-2), formant un repos hebdomadaire total de 35 heures consécutives minimum, en principe le dimanche.

Si une intervention en astreinte interrompt le repos quotidien, le décompte des 11 heures consécutives recommence après l'intervention (Cass. Soc., 8 septembre 2016, n° 14-26.825), sauf si le salarié a déjà bénéficié intégralement du repos minimal avant l'intervention.

Contravention de 4ᵉ classe (750 € par salarié, R3135-1). Dommages-intérêts au salarié pour préjudice nécessaire, sans preuve à apporter (Cass. Soc., 7 février 2024, n° 21-22.809). Privation d'effet de la convention de forfait jours en cas de suivi défaillant.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 26/05/2026.