Tableau 79 · Régime Général · En vigueur

Lésions chroniques du ménisque à caractère dégénératif

Le tableau 79 du régime général reconnaît comme maladies professionnelles les lésions chroniques à caractère dégénératif du ménisque confirmées par IRM ou arthroscopie, consécutives à des travaux exécutés habituellement en position agenouillée ou accroupie avec efforts ou ports de charges. Délai de prise en charge de 2 ans.

Numéro
79
Régime
Régime Général
Agent causal
Travail accroupi ou agenouillé avec efforts
Type de liste
Limitative
Durée d'exposition
Non exigée (depuis le décret de 2017)
Dernière modif.
08/05/2017

Texte officiel du tableau — source Légifrance

Désignation des maladies

Désignation de la maladie, délai de prise en charge et liste limitative des travaux

Texte officiel — Annexe II du Code de la sécurité sociale, article R. 461-3. Tableau dans sa rédaction issue du décret n° 2017-812 du 5 mai 2017 (JORF du 7 mai 2017), en vigueur depuis le 8 mai 2017. Source : Légifrance — LEGIARTI000034631070.

Désignation de la maladie Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer cette maladie
Lésions chroniques à caractère dégénératif du ménisque isolées ou associées à des lésions du cartilage articulaire, confirmées par IRM ou au cours d'une intervention chirurgicale. 2 ans Travaux comportant des efforts ou des ports de charges exécutés habituellement en position agenouillée ou accroupie.
Type de liste : limitative. Le tableau 79 ne couvre que les lésions dégénératives (et non traumatiques) du ménisque. La confirmation par IRM ou par compte rendu opératoire est obligatoire. Le tableau a été modernisé par le décret du 5 mai 2017 (suppression de l'exigence de durée d'exposition minimale).

Qu'est-ce que c'est concrètement ?

Le tableau n° 79 du régime général reconnaît comme maladie professionnelle les lésions chroniques à caractère dégénératif du ménisque consécutives à des travaux exécutés habituellement en position agenouillée ou accroupie. Il complète le tableau 57 sur les TMS du genou, qui couvre les hygromas et tendinopathies mais pas les atteintes intra-articulaires du ménisque.

Anatomie et physiopathologie

Les ménisques sont deux fibrocartilages en forme de croissant (un médial, un latéral) situés entre le fémur et le tibia. Ils jouent un rôle d'amortisseur, de stabilisateur et de répartiteur des charges au sein de l'articulation du genou. Une lésion dégénérative est une usure progressive du ménisque par micro-traumatismes répétés, sans accident unique identifiable — par opposition à la lésion traumatique aiguë (rupture en torsion-blocage sur un genou fléchi). À terme, la lésion méniscale peut s'associer à une chondropathie (atteinte du cartilage articulaire), première étape de la gonarthrose.

Pourquoi la position agenouillée ou accroupie ?

En position accroupie, la flexion du genou dépasse 120° : le ménisque postérieur (corne postérieure du ménisque médial le plus souvent) est pincé entre le condyle fémoral et le plateau tibial. Combiné à des efforts en charge (port de matériaux, levée du corps), ce pincement répété entraîne des microlésions, des fissures et une usure progressive du fibrocartilage. La position agenouillée provoque le même phénomène en flexion forcée prolongée.

Tableau clinique

Les lésions méniscales chroniques se manifestent par :

  • une douleur mécanique du genou, parfois localisée à l'interligne articulaire (médial ou latéral) ;
  • des blocages ou pseudo-blocages (sensation d'accrochage) ;
  • parfois un épanchement articulaire intermittent ;
  • une gêne en position accroupie, en descente d'escalier, après station debout prolongée.

Le diagnostic est posé par l'IRM du genou, qui visualise la fissure méniscale, son grade (1 à 3 selon Stoller), sa localisation et l'éventuelle atteinte cartilagineuse associée. Une arthroscopie peut compléter l'IRM et permettre un geste thérapeutique (méniscectomie partielle, suture, refixation).

Qui est concerné ?

Tous les métiers qui imposent le travail en position agenouillée ou accroupie associé à des efforts ou des ports de charges :

  • BTP : carreleurs, parqueteurs, plombiers-chauffagistes, électriciens, couvreurs (sur charpente), plaquistes, étancheurs, jointoyeurs.
  • Jardinage et espaces verts : jardiniers, agents d'entretien des espaces verts, élagueurs.
  • Maintenance industrielle : techniciens travaillant dans des espaces confinés, mécaniciens automobiles (au sol), agents de maintenance ferroviaire.
  • Agriculture : maraîchage, viticulture (taille basse, vendanges).
  • Services : agents d'entretien des sols, déménageurs, certains métiers militaires.

Le décret de 2017 — un assouplissement majeur

Avant 2017, le tableau 79 exigeait « des accidents articulaires successifs » et une durée d'exposition de 2 ans. Cette rédaction floue générait de nombreux refus. Le décret du 5 mai 2017 a :

  • supprimé la condition d'accidents successifs ;
  • supprimé l'exigence d'une durée d'exposition minimale (auparavant 2 ans) ;
  • élargi la rédaction à « efforts ou ports de charges » (au lieu de seulement « ports de charges ») ;
  • exigé en contrepartie une confirmation par IRM ou intervention chirurgicale.

Conséquence : la reconnaissance des lésions méniscales chroniques chez les carreleurs et plombiers-chauffagistes a fortement progressé depuis 2017.

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Procédure de reconnaissance

La procédure suit le régime général des MP (article L. 461-1 CSS). Deux points sont spécifiques au tableau 79 : la preuve par imagerie ou chirurgie (IRM ou compte rendu opératoire) et la preuve du travail habituel en position agenouillée ou accroupie.

Étape 1 — Certificat médical initial (CMI)

Établi par le médecin traitant, le rhumatologue, le chirurgien orthopédique ou le médecin du travail. Le CMI doit :

  • mentionner explicitement « lésion chronique à caractère dégénératif du ménisque (médial ou latéral, droit ou gauche) — tableau 79 » ;
  • être accompagné du compte rendu IRM précisant le caractère dégénératif (grade Stoller) et la localisation, ou du compte rendu opératoire en cas d'arthroscopie réalisée ;
  • exclure une lésion traumatique aiguë (le tableau 79 ne couvre que les lésions dégénératives).

Étape 2 — Déclaration à la CPAM

Cerfa S6100 « Déclaration de maladie professionnelle » avec les deux volets du CMI, l'attestation de salaire et le compte rendu d'imagerie/chirurgie. Délai de prescription : 2 ans à compter du CMI (article L. 461-5 CSS).

Étape 3 — Enquête sur les conditions de travail

L'enquêteur CPAM vérifie que la position habituelle de travail comprend bien des phases agenouillées ou accroupies avec efforts ou port de charges. Éléments utiles :

  • fiches de poste précisant la nature des tâches (pose de carrelage au sol, intervention en gaine technique basse, jardinage à hauteur du sol, etc.) ;
  • photographies et vidéos du poste de travail ;
  • témoignages d'anciens collègues ou de la médecine du travail ;
  • études ergonomiques de la branche (CARSAT, OPPBTP pour le bâtiment) ;
  • relevés de la fiche d'exposition aux risques de pénibilité (le travail accroupi est un des facteurs de pénibilité reconnus).

Étape 4 — Instruction CPAM

120 jours à compter du dossier complet, prorogeables à 240 (R. 461-9 CSS). L'employeur dispose de 10 jours pour consulter le dossier et formuler ses observations.

Étape 5 — CRRMP

Si la condition de travail habituel en position agenouillée ou accroupie est contestée par l'employeur ou difficile à documenter (poste polyvalent), le dossier est transmis au CRRMP qui examine le lien direct entre la pathologie et le travail habituel (L. 461-1 al. 4 CSS).

Étape 6 — Décision

La décision motivée est notifiée à la victime et à l'employeur. Recours possibles devant la Commission de recours amiable (CRA) puis devant le pôle social du tribunal judiciaire.

Sources : articles L. 461-1, L. 461-5, R. 461-9 CSS ; Améli — Reconnaissance MP ; OPPBTP — Prévention TMS bâtiment.

Indemnisation

L'indemnisation suit le régime général AT/MP. Le taux d'IPP varie selon que la lésion méniscale a fait l'objet d'une chirurgie, selon la persistance ou non de séquelles fonctionnelles, et selon l'éventuelle évolution vers la gonarthrose (arthrose du genou) à moyen terme.

IJSS pendant l'arrêt

Sans délai de carence : 60 % du salaire journalier du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour, puis 80 % (article R. 433-1 CSS). Arrêts courants : 4 à 8 semaines après méniscectomie partielle sous arthroscopie, davantage si suture méniscale ou complications.

Soins et frais médicaux

Prise en charge à 100 % : consultations spécialisées, IRM, arthroscopie diagnostique ou thérapeutique, méniscectomie partielle, kinésithérapie post-opératoire, infiltrations, prothèses du genou éventuelles à long terme si évolution arthrosique. Pas d'avance de frais (feuille AT/MP S6201).

IPP — indemnité en capital ou rente

Le barème indicatif (annexe I de l'article R. 434-32 CSS) donne les fourchettes :

  • méniscectomie partielle isolée sans séquelle fonctionnelle : 0 à 5 % ;
  • méniscectomie partielle avec gêne mécanique modérée : 5 à 10 % ;
  • méniscectomie totale : 10 à 15 % ;
  • lésion méniscale + chondropathie évoluant vers la gonarthrose : 15 à 25 % selon le retentissement fonctionnel ;
  • gonarthrose post-méniscale invalidante : 25 à 40 % (limitation des activités, prothèse totale du genou éventuelle).

IPP < 10 % : indemnité en capital versée en une fois (de quelques centaines à environ 4 500 € selon le taux). IPP ≥ 10 % : rente viagère trimestrielle calculée sur le salaire annuel des 12 derniers mois × taux corrigé.

Évolution arthrosique — révision du taux

La lésion méniscale chronique peut évoluer vers une gonarthrose post-méniscale à 5-15 ans de la chirurgie initiale. La victime peut demander une révision du taux d'IPP à la CPAM lorsque l'aggravation est documentée (article L. 443-1 CSS). La rente est alors recalculée et majorée. Cette possibilité de révision est imprescriptible.

Inaptitude et reclassement

Le médecin du travail peut prononcer une inaptitude au poste nécessitant le travail accroupi (article L. 4624-4 CT). L'employeur doit rechercher un reclassement compatible (article L. 1226-10 CT). À défaut, le licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle ouvre droit à :

  • une indemnité spéciale de licenciement = double de l'indemnité légale (article L. 1226-14 CT) ;
  • une indemnité compensatrice équivalente à l'indemnité de préavis.

Faute inexcusable

Si l'employeur n'a pas mis à disposition les équipements de prévention recommandés par l'INRS et l'OPPBTP (genouillères, tabourets bas, sièges-selle, exosquelettes, organisation du travail limitant le travail au sol), la faute inexcusable peut être reconnue (article L. 452-1 CSS). Conséquences : majoration de la rente, indemnisation des préjudices personnels.

Sources : articles L. 431-1, L. 433-1, L. 434-1 à L. 434-14, L. 443-1, L. 452-1 CSS ; L. 1226-10 et L. 1226-14, L. 4624-4 CT ; Améli — Rente MP.

Jurisprudence

Le contentieux du tableau 79 a évolué avec la modernisation issue du décret de 2017. Trois axes structurent la jurisprudence actuelle : l'exigence de preuve par IRM, la qualification du « caractère habituel » du travail accroupi, et la faute inexcusable.

1. Caractère dégénératif et exclusion des lésions traumatiques

Cass. 2ᵉ civ., 22 octobre 2020, n° 19-20.732 — La Cour de cassation rappelle que le tableau 79 ne couvre que les lésions chroniques à caractère dégénératif du ménisque. Une rupture méniscale aiguë survenant lors d'un mouvement de torsion-blocage relève en revanche de l'accident du travail (article L. 411-1 CSS) si elle survient au temps et au lieu du travail. La distinction est essentielle car les régimes de preuve et d'indemnisation diffèrent.

2. Confirmation par IRM ou intervention chirurgicale — élément substantiel

Cass. 2ᵉ civ., 14 janvier 2021, n° 19-21.681 — Le texte du tableau 79 exige une confirmation par IRM ou au cours d'une intervention chirurgicale. Le diagnostic clinique seul, sans imagerie ni geste opératoire, ne suffit pas à fonder la présomption d'origine. À l'inverse, le compte rendu opératoire mentionnant une lésion dégénérative (avec ou sans IRM préalable) est suffisant.

3. Travail « habituel » en position accroupie ou agenouillée

Cass. 2ᵉ civ., 7 février 2019, n° 17-31.064 — La Cour rappelle que le caractère habituel ne signifie pas exclusif : il suffit que les phases accroupies ou agenouillées représentent une part significative et régulière du temps de travail. Pour un carreleur, un parqueteur ou un plombier, le caractère habituel est généralement admis sans difficulté. Pour des métiers polyvalents (maintenance industrielle, agent technique), il appartient à la victime de documenter cette part significative.

4. Présomption d'origine et cause étrangère

La présomption d'origine professionnelle joue de plein droit dès que les conditions du tableau sont remplies (article L. 461-1 al. 2 CSS). Pour la combattre, l'employeur doit rapporter la preuve d'une cause totalement étrangère au travail. La seule existence d'un facteur personnel (surpoids, antécédents sportifs avec entorses anciennes, vieillissement physiologique) ne suffit pas à renverser la présomption : il faut établir que la lésion ne peut pas avoir été causée ou aggravée par le travail.

5. Faute inexcusable — équipements de prévention

Cass. 2ᵉ civ., 11 juillet 2019, n° 18-19.488 (transposable au tableau 79) — Lorsque l'employeur n'a pas fourni les équipements de prévention recommandés (genouillères, tabourets bas, organisation du travail limitant le travail au sol), la faute inexcusable est retenue dès lors qu'il avait ou aurait dû avoir conscience du risque, notamment au regard des recommandations OPPBTP, INRS et CARSAT diffusées dans la branche.

Pour suivre la jurisprudence : Judilibre, mots-clés « tableau 79 », « ménisque maladie professionnelle », « lésion méniscale dégénérative ».

Prévention

La prévention des lésions méniscales chroniques repose sur la réduction du travail au sol et la fourniture d'équipements adaptés. L'OPPBTP et l'INRS ont publié de nombreuses recommandations spécifiques pour les métiers du bâtiment, qui concentrent la majorité des cas.

Cadre réglementaire

  • Article L. 4121-1 du Code du travail : obligation de sécurité de l'employeur.
  • Articles L. 4121-2 et L. 4121-3 CT : principes généraux de prévention, évaluation des risques (DUERP).
  • Travail accroupi : facteur de pénibilité historiquement inscrit au C2P (Compte professionnel de prévention) au titre des postures pénibles — retiré du C2P par les ordonnances de 2017 mais restant un facteur de risque identifié dans le DUERP.

1. Évaluation et conception des postes

Le DUERP doit identifier explicitement les phases de travail au sol : type de tâche, durée cumulée par jour, port de charges associé, fréquence. L'analyse mobilise des grilles ergonomiques (RULA, OREGE).

2. Prévention primaire — supprimer ou réduire le travail au sol

Toujours prioritaire :

  • Surélever la tâche : tréteaux, tables de découpe, étabis mobiles.
  • Mécaniser : nettoyeurs de joints autonomes, robots de carrelage, scies au sol motorisées.
  • Réorganiser les phases : alterner travail au sol et travail debout, fractionner les longues phases accroupies.
  • Pré-fabriquer hors site : éléments préfabriqués, plinthes pré-coupées, gaines pré-câblées.

3. Équipements de protection individuelle (EPI)

  • Genouillères : répartissent la pression et absorbent les chocs. Plusieurs modèles existent (gel, mousse haute densité, gel + plaque rigide). À renouveler dès usure.
  • Tabourets bas, sièges-selle, planches roulantes (skate de carreleur) : maintiennent la flexion du genou en deçà de 90°, supportent une partie du poids du corps.
  • Exosquelettes passifs pour le bas du corps (assises mobiles intégrées) : technologies récentes, en cours de diffusion dans le BTP et la logistique.

4. Formation et information

Formation gestes et postures spécifique au travail au sol (R. 4541-8 CT). Sensibilisation aux signaux d'alerte : douleurs persistantes du genou, blocages, accrochages, gonflements. L'objectif est un signalement précoce permettant d'éviter l'évolution vers la chronicité et l'arthrose.

5. Suivi médical du travail

Les salariés exposés au travail accroupi habituel relèvent du suivi individuel renforcé ou du suivi adapté selon l'évaluation des risques. Le médecin du travail peut :

  • réaliser un examen clinique régulier du genou (recherche d'épanchement, douleur méniscale) ;
  • orienter vers un IRM diagnostique en cas de signe d'appel ;
  • établir des restrictions d'aptitude (limitation des phases accroupies, alternance imposée) ;
  • conseiller l'employeur sur l'aménagement du poste (article L. 4624-3 CT).

6. Ressources sectorielles

  • OPPBTP : organisme de prévention dédié au BTP. Fiches pratiques, formations, accompagnement Démarche Prévention. oppbtp.com
  • INRS : dossiers TMS, brochures spécifiques carreleurs/plaquistes. inrs.fr
  • CARSAT et Assurance maladie : aides financières simplifiées (subventions Prévention TPE/PME) pour acquisition d'équipements ergonomiques.

Sources : INRS — TMS ; OPPBTP ; articles L. 4121-1 à L. 4121-3, L. 4624-3, R. 4541-1 à R. 4541-11 du Code du travail.

Cas pratiques

Cas anonymisés et reconstitués à des fins pédagogiques.

Cas 1 — Lésion méniscale chez un carreleur (reconnaissance immédiate)

M. Q., 51 ans, carreleur depuis 1995. Depuis 18 mois, douleurs progressives du genou droit avec sensation d'accrochage lors de la descente d'escalier. IRM : fissure horizontale dégénérative grade 3 de la corne postérieure du ménisque médial droit, sans atteinte cartilagineuse marquée. Le CMI mentionne le tableau 79. Reconnaissance immédiate : travail accroupi habituel documenté par la fiche de poste (pose au sol de 4 à 6 heures par jour), confirmé par l'enquêteur CPAM. Méniscectomie partielle arthroscopique avec récupération satisfaisante. IPP fixée à 6 %, indemnité en capital. Le médecin du travail prescrit un siège-selle et des genouillères ; reprise du poste avec aménagements.

Cas 2 — Lésion méniscale + chondropathie chez un plombier-chauffagiste — faute inexcusable

M. R., 58 ans, plombier-chauffagiste de 1985 à 2024. IRM : fissure radiaire dégénérative du ménisque médial gauche + chondropathie grade 2-3 du condyle interne. Arthroscopie : méniscectomie partielle, geste de chondroplastie. Reconnaissance MP au titre du tableau 79. IPP fixée à 15 % (gêne mécanique persistante, début de gonarthrose). M. R. engage une action en faute inexcusable : l'employeur n'avait jamais fourni de genouillères ni de tabouret bas malgré les fiches d'entreprise du médecin du travail recommandant ces équipements depuis 2015. Faute inexcusable reconnue par le pôle social du tribunal judiciaire : rente majorée au taux maximum, indemnisation des préjudices personnels (souffrances physiques, préjudice d'agrément).

Cas 3 — Jardinier — CRRMP pour métier polyvalent

M. S., 47 ans, jardinier dans une collectivité depuis 12 ans. Douleurs chroniques du genou gauche. IRM confirmant une fissure dégénérative. Le CMI est établi au titre du tableau 79. L'employeur conteste le caractère « habituel » du travail accroupi, soutenant que le poste comprend de nombreuses tâches debout (tonte, taille en hauteur, conduite de tracteur tondeuse). Le dossier est transmis au CRRMP. L'analyse ergonomique mandatée par le CRRMP estime à 35 % du temps de travail les phases agenouillées ou accroupies (plantation, désherbage manuel, entretien de massifs bas) sur la saison printemps-été. Le CRRMP retient un lien direct avec le travail habituel et accorde la reconnaissance. IPP fixée à 5 %, indemnité en capital.

Cas 4 — Évolution vers la gonarthrose — révision du taux d'IPP

Mme T., 62 ans, ex-agente d'entretien des espaces verts. Reconnaissance MP au titre du tableau 79 en 2017, IPP initiale fixée à 8 % (méniscectomie partielle, séquelles modérées). En 2024, aggravation : douleur persistante, IRM montrant l'évolution vers une gonarthrose tricompartimentale. Indication d'arthroplastie totale du genou posée. Mme T. demande à la CPAM une révision du taux d'IPP sur le fondement de l'article L. 443-1 CSS. Expertise médicale CPAM : nouveau taux fixé à 28 %. La rente est recalculée et majorée. Prise en charge à 100 % de la prothèse totale du genou et de la rééducation.

Questions fréquentes

Le tableau 79 couvre uniquement les lésions chroniques à caractère dégénératif (usure progressive) du ménisque, isolées ou associées à des lésions du cartilage articulaire. Les lésions traumatiques aiguës (rupture par torsion-blocage) relèvent en revanche de l'accident du travail.

Oui. Le tableau 79 exige une confirmation par IRM ou au cours d'une intervention chirurgicale (arthroscopie diagnostique ou thérapeutique). Le diagnostic clinique seul ne suffit pas à fonder la présomption d'origine professionnelle.

Le caractère habituel ne signifie pas exclusif. Il suffit que les phases accroupies ou agenouillées avec efforts ou port de charges représentent une part significative et régulière du temps de travail (généralement plus de 2 à 3 heures par jour cumulées). Pour les carreleurs, parqueteurs, plombiers ou couvreurs, c'est admis sans difficulté.

Principalement le BTP (carreleurs, parqueteurs, plombiers-chauffagistes, électriciens, couvreurs, plaquistes), le jardinage et les espaces verts, la maintenance industrielle (interventions au sol), l'agriculture (maraîchage, viticulture), et certains métiers de nettoyage des sols.

Prise en charge à 100% des soins (arthroscopie, kinésithérapie), IJSS sans délai de carence pendant l'arrêt. Si l'IPP est inférieure à 10% (cas fréquent après méniscectomie partielle sans complications), versement d'une indemnité en capital. Au-delà de 10% ou en cas d'évolution arthrosique, rente viagère.

Vous pouvez demander à votre CPAM une révision du taux d'IPP sur le fondement de l'article L. 443-1 du Code de la sécurité sociale. Cette possibilité de révision est imprescriptible. La gonarthrose post-méniscale est une complication fréquente reconnue, justifiant souvent une majoration du taux.
Avertissement : cette fiche a une vocation informative. Pour toute démarche concrète de reconnaissance d'une maladie professionnelle, contactez votre médecin du travail, votre CPAM ou un professionnel du droit social. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 26/05/2026.