Coffreur-Bancheur — Gros Œuvre

Coffrages et banches

Module 2 / 5

Module 2 : Coffrages et banches 24 min de lecture

2.1 Les types de coffrage

Avant de couler le moindre mètre cube de béton, il faut lui donner une forme et un support : c'est le rôle du coffrage. Un coffrage est un moule qui reçoit le béton frais, lui impose sa forme et le maintient jusqu'à ce qu'il durcisse. Ce chapitre présente ce que doit garantir un bon coffrage et passe en revue les grandes familles — traditionnel, banches, modulaire, glissant et grimpant — pour comprendre lequel choisir selon l'ouvrage.

Les grandes familles de coffrage en un coup d'œil
Type Usage principal Atout Limite
Traditionnel Formes particulières, petites séries, ouvrages non répétitifs Souple, s'adapte à toutes les géométries Long à mettre en œuvre, main-d'œuvre importante
Banches Voiles verticaux (murs porteurs, refends) Rapide, réutilisable, cadence élevée Manutention à la grue, poids, stabilité à assurer
Modulaire Éléments préfabriqués assemblables (poteaux, petits voiles) Montage rapide par éléments standard Dimensions imposées par les modules
Glissant / grimpant Ouvrages verticaux de grande hauteur (silos, tours, voiles) Montée en continu ou par levées, grande hauteur Technicité forte, organisation lourde
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À quoi sert un coffrage ?

Le coffrage est le moule dans lequel on coule le béton frais. Tant que le béton n'a pas durci, il est liquide et sans forme : c'est le coffrage qui lui donne sa géométrie (un mur, un poteau, une poutre, une dalle) et qui le maintient en place le temps de la prise et du durcissement.

Un coffrage n'est pas une simple caisse. Pour donner un ouvrage conforme, il doit remplir plusieurs exigences en même temps :

  • Donner la forme exacte attendue : dimensions, épaisseur, angles, réservations.
  • Être étanche : si le coffrage fuit, la laitance (l'eau chargée de ciment) s'échappe et le béton présente des défauts, des nids de cailloux, un parement médiocre.
  • Résister à la poussée du béton frais : le béton liquide pousse sur les parois comme un fluide. Plus le coffrage est haut et plus on coule vite, plus la poussée est forte.
  • Être stable et d'aplomb : le coffrage doit tenir en place, ne pas bouger ni pencher pendant le coulage. Un coffrage mal calé donne un ouvrage de travers.
  • Garantir le parement : l'aspect de surface du béton (lisse, brut, texturé) dépend directement de la peau coffrante et de son état.

Un coffrage réussi, c'est un moule étanche, résistant à la poussée, stable et d'aplomb. Si l'un de ces quatre points manque, le béton coulé sera défectueux.

Une fois le béton suffisamment durci, on procède au décoffrage : on retire le moule. Le coffrage est donc un outil temporaire, mais dont la qualité conditionne totalement celle de l'ouvrage final.

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Le coffrage traditionnel (bois)

Le coffrage traditionnel est réalisé sur mesure à partir de bois et de contreplaqué. Le coffreur assemble des panneaux (peau coffrante), des raidisseurs (bastaings, madriers) et des étais pour reprendre les efforts.

  • Souplesse : il s'adapte à n'importe quelle forme, même complexe ou unique.
  • Sur mesure : le coffreur découpe et assemble en fonction du plan.
  • Réservé aux formes particulières : ouvrages non répétitifs, petites séries, détails architecturaux.

Sa contrepartie : il est long à mettre en œuvre et demande beaucoup de main-d'œuvre. C'est pour cela qu'on lui préfère les banches ou le modulaire dès qu'un ouvrage se répète. Le coffrage traditionnel est détaillé au chapitre 2.3.

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Les banches : le coffrage-outil des voiles

La banche est un coffrage-outil métallique conçu pour couler les voiles — c'est-à-dire les murs verticaux en béton armé (murs porteurs, refends, murs de façade). C'est l'outil emblématique du coffreur-bancheur.

À la différence du coffrage traditionnel, la banche est un outil réutilisable : on la déplace et on la remonte d'un voile à l'autre. Elle est manutentionnée à la grue car elle est lourde et de grandes dimensions.

  • Métallique et réutilisable : elle sert des dizaines de fois sur un chantier.
  • Dédiée aux voiles : deux banches se font face, on coule le béton entre elles.
  • Cadence élevée : c'est ce qui la rend incontournable sur les chantiers de logements ou d'ouvrages répétitifs.
  • Manutention à la grue : donc levage, élingage et une exigence forte de stabilité (voir chapitre 2.2).
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Modulaire, glissant et grimpant

À côté du traditionnel et des banches, deux autres familles répondent à des besoins précis.

Le coffrage modulaire. Il est constitué d'éléments préfabriqués (panneaux standardisés) que l'on assemble entre eux comme un jeu de construction. On l'utilise pour des poteaux, des petits voiles, des massifs. Son atout est la rapidité de montage à partir d'éléments standard ; sa limite est que les dimensions sont imposées par les modules disponibles.

Pour les ouvrages verticaux de grande hauteur — silos, tours, piles de pont, voiles de grande hauteur — on emploie des coffrages qui montent avec l'ouvrage :

  • Le coffrage glissant : il monte en continu, tiré vers le haut au fur et à mesure que le béton durcit à sa base. Le coulage ne s'arrête pas.
  • Le coffrage grimpant : il monte par levées successives. On coule une hauteur, le béton durcit, puis on remonte le coffrage d'un cran (il « grimpe ») pour la levée suivante.
Les coffrages glissant et grimpant sont des techniques de grande hauteur qui demandent une organisation, une formation et des dispositifs de sécurité renforcés. Les risques liés au travail en hauteur sont détaillés au module 4.
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Comment choisir le bon coffrage ?

Le choix du coffrage n'est jamais laissé au hasard : il découle de l'ouvrage à réaliser et de l'organisation du chantier. Les principaux critères :

  • Le type d'ouvrage : un voile appelle des banches, un poteau isolé un coffrage modulaire ou traditionnel, une forme unique un coffrage traditionnel, une tour un coffrage grimpant.
  • La cadence recherchée : plus il faut couler vite et souvent, plus on s'oriente vers un coffrage-outil réutilisable (banches, modulaire).
  • Le réemploi : combien de fois le coffrage servira-t-il ? Un usage unique justifie le traditionnel ; un usage répété justifie l'investissement dans un coffrage-outil.
  • Le parement recherché : selon que le béton restera brut de décoffrage ou sera recouvert, on choisira une peau coffrante différente.

Sur un même chantier, plusieurs types de coffrage coexistent souvent : des banches pour les voiles, du traditionnel pour les parties particulières, du modulaire pour les poteaux. Le coffreur-bancheur passe de l'un à l'autre.

Le coffrage, un moule qui encaisse la poussée du béton

Le moule

Deux peaux coffrantes qui délimitent la forme du béton.

La poussée

Le béton frais pousse sur les parois comme un liquide.

L'aplomb

Le coffrage doit rester vertical et calé pendant le coulage.

L'étanchéité

Pas de fuite de laitance = parement propre.

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Mes réflexes terrain
  • Avant de coffrer, je me demande quel type de coffrage l'ouvrage impose : voile = banches, forme unique = traditionnel.
  • Je garde en tête les quatre exigences : moule étanche, résistant à la poussée, stable, d'aplomb.
  • J'huile la peau coffrante avec l'huile de décoffrage et je vérifie sa propreté avant chaque coulage.
À retenir
  • Un coffrage est un moule qui donne sa forme au béton frais et le maintient jusqu'au durcissement.
  • Il doit être étanche, résistant à la poussée du béton frais, stable et d'aplomb, et garantir le parement.
  • Le coffrage traditionnel (bois/contreplaqué + étais) est souple mais long ; réservé aux formes particulières et petites séries.
  • Les banches sont un coffrage-outil métallique réutilisable pour les voiles, levé à la grue, à cadence élevée.
  • Le modulaire s'assemble par éléments préfabriqués ; le glissant et le grimpant servent les ouvrages verticaux de grande hauteur.
  • Le choix dépend du type d'ouvrage, de la cadence, du réemploi et du parement ; l'huile de décoffrage facilite le retrait du moule.
Cette formation est un contenu de sensibilisation. Elle ne remplace ni un diplôme, ni les habilitations obligatoires, et ne certifie aucune compétence.