Coffreur-Bancheur — Gros Œuvre

Sécurité, santé et chantier

Module 4 / 5

Module 4 : Sécurité, santé et chantier 23 min de lecture

4.2 Santé : manutention, poussières, ciment, bruit

Tous les risques du chantier ne sont pas des accidents immédiats. Certains dégradent la santé du coffreur-bancheur sur des années : mal de dos et troubles musculo-squelettiques liés au port de charges, poussières de silice inhalées lors du sciage du béton, brûlures et allergies au ciment frais, atteintes de l'audition dues au bruit. Ce chapitre passe en revue ces risques « lents » et les moyens concrets de préserver sa santé : gestes et postures, travail humide et aspiration, protection de la peau, EPI adaptés et hygiène de chantier.

Risques santé du coffreur et prévention

TMS & dos

Moyens de manutention, gestes et postures.

Silice

Arrosage, aspiration, masque adapté.

Ciment frais

Gants imperméables, protection de la peau.

Bruit & vibrations

Protection auditive, limitation d'exposition.

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La manutention et les TMS

Le coffreur-bancheur manipule des charges lourdes toute la journée : éléments de coffrage, étais, armatures, banches, matériel. À cela s'ajoutent les postures contraignantes (travail penché, à genoux, bras levés) et les gestes répétitifs. Sur la durée, cela provoque des troubles musculo-squelettiques (TMS) : lombalgies, atteintes des épaules, des poignets et des genoux.

La prévention repose sur trois leviers complémentaires :

  • Réduire la charge à porter : utiliser les moyens de manutention (grue, chariot, diable, aides mécaniques) plutôt que de porter à la force des bras.
  • Adopter les bons gestes et postures : plier les genoux et garder le dos droit pour lever, rapprocher la charge du corps, éviter les torsions du tronc.
  • Organiser le poste : limiter les distances de portage, éviter le travail prolongé au sol ou bras levés, alterner les tâches.
Le mal de dos n'est pas une fatalité du métier. Une charge de deux personnes se porte à deux, une charge lourde se lève avec un moyen de manutention. Forcer seul, c'est préparer une blessure durable.
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Les poussières de silice cristalline

Le béton, le mortier et les matériaux de construction contiennent de la silice cristalline. Lorsqu'on scie, découpe, ponce ou perce ces matériaux, on libère de fines poussières de silice qui, inhalées, pénètrent profondément dans les poumons et provoquent des maladies respiratoires graves à long terme (silicose notamment). C'est un risque à effet différé, invisible sur le moment.

La prévention suit, là encore, une logique de priorité :

  1. Le travail humide (arrosage) : mouiller la zone de coupe abat les poussières à la source. C'est la première mesure.
  2. L'aspiration à la source : les outils électroportatifs équipés de captage relié à un aspirateur adapté capturent la poussière avant qu'elle ne se disperse.
  3. La protection respiratoire adaptée : masque de protection respiratoire d'une classe adaptée aux poussières fines, en complément des mesures ci-dessus, jamais à leur place.

« La poussière de silice ne se voit pas toujours et ne sent rien. Ses effets se déclarent des années plus tard. On se protège chaque fois qu'on coupe du béton, même pour une découpe rapide. »

Sécher, balayer à sec ou souffler la poussière la remet en suspension : à proscrire. On privilégie l'aspiration et le nettoyage humide.

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Le ciment et le béton frais

Le ciment et le béton frais sont des produits irritants et caustiques : au contact prolongé de la peau, ils provoquent des dermatoses (eczémas, irritations), des brûlures cutanées et peuvent déclencher des allergies (notamment liées au chrome présent dans certains ciments). Le contact avec les yeux ou les muqueuses est également dangereux.

Les situations classiques : béton frais qui s'infiltre dans les bottes ou les gants, projections lors du coulage et de la vibration, manipulation à mains nues. La prévention est simple mais impérative :

  • Porter des gants imperméables adaptés au contact du béton frais.
  • Protéger la peau : manches longues, pantalon, bottes ; éviter tout contact prolongé, ne pas laisser du béton sécher sur la peau.
  • Rincer immédiatement à l'eau claire toute projection sur la peau ou dans les yeux, et se laver après le travail.
  • Ne jamais s'agenouiller ou marcher dans le béton frais sans protection étanche.
Une brûlure au ciment se développe de façon insidieuse : on ne ressent pas de douleur vive immédiate, mais la peau s'attaque en profondeur. Au moindre contact, on rince sans attendre.
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Le bruit et les vibrations

Un chantier gros œuvre est un environnement bruyant : outils électroportatifs, vibreur à béton, marteau-piqueur, engins, manutentions métalliques. Une exposition répétée au bruit dégrade l'audition de façon irréversible et peut provoquer des acouphènes. C'est un risque qui s'accumule silencieusement.

Les vibrations transmises par les outils tenus en main (perforateurs, vibreurs) affectent quant à elles les mains et les bras (troubles vasculaires et articulaires) sur le long terme.

  • Porter une protection auditive (bouchons ou casque antibruit) dès que l'environnement est bruyant, notamment lors de l'usage d'outils.
  • Limiter le temps d'exposition : alterner les tâches, s'éloigner des sources bruyantes quand c'est possible.
  • Réduire les vibrations : outils entretenus, en bon état, et pauses lors des usages prolongés.
Nuisance Effet sur la santé Prévention
Bruit Perte auditive irréversible, acouphènes Protection auditive, limitation de l'exposition
Vibrations Troubles vasculaires et articulaires (mains, bras) Outils entretenus, pauses, limitation du temps
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Les EPI du coffreur et l'hygiène sur chantier

Les équipements de protection individuelle (EPI) viennent compléter les protections collectives et les mesures d'organisation. Ils ne les remplacent jamais, mais restent indispensables : le coffreur-bancheur porte un équipement complet en permanence.

L'hygiène de chantier compte aussi pour la santé : se laver avant de manger, disposer de vestiaires et de sanitaires, changer de vêtements souillés, ne pas manger ou fumer les mains couvertes de béton ou de poussières.

Pour approfondir la prévention des risques santé sur les chantiers, consultez INRS et OPPBTP.
La panoplie EPI du coffreur-bancheur

Casque

Chaussures S3

Anti-perforation.

Gants

Lunettes

Gilet HV

Haute visibilité.

Masque / bouchons

Poussières & bruit.

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Mes réflexes terrain
  • Pour lever, je plie les genoux, je garde le dos droit et j'utilise un moyen de manutention dès que la charge est lourde.
  • Chaque fois que je coupe du béton, j'arrose ou j'aspire et je porte mon masque : la poussière de silice ne se rattrape pas.
  • Je porte des gants imperméables face au béton frais et je rince immédiatement toute projection sur la peau.
À retenir
  • La manutention et les postures causent des TMS : privilégier les moyens de manutention, les bons gestes et l'organisation du poste.
  • Les poussières de silice (sciage/découpe du béton) sont graves à long terme : travail humide, aspiration à la source, masque adapté.
  • Le ciment et le béton frais sont irritants et caustiques (dermatoses, brûlures, allergies) : gants imperméables, protection de la peau, rinçage immédiat.
  • Le bruit dégrade l'audition de façon irréversible ; les vibrations atteignent mains et bras : protection auditive, limitation d'exposition.
  • Les EPI du coffreur : casque, chaussures S3, gants, lunettes, gilet haute visibilité, masque et protection auditive selon les tâches.
  • L'hygiène de chantier (lavage, vestiaires) complète la protection : ne jamais manger les mains souillées de béton ou de poussières.
Cette formation est un contenu de sensibilisation. Elle ne remplace ni un diplôme, ni les habilitations obligatoires, et ne certifie aucune compétence.