Convention Collective des Entreprises d'Architecture 2026 (IDCC 2332) : Salaires par Territoire et Droits

Mise à jour : 08/08/2026 Convention collective

Architecte salarié, chef de projet, dessinateur-projeteur, économiste de la construction, modeleur BIM ou assistante d'agence : environ 44 600 salariés — dont 56 % de femmes — travaillent sous la convention collective nationale des entreprises d'architecture du 27 février 2003 (IDCC 2332, brochure 3062), pour l'essentiel dans des structures de moins de dix personnes. C'est une branche de très petites entreprises, à forte qualification, où presque tout le monde connaît son coefficient… et presque personne ne sait comment il se transforme en euros.

Car cette convention a une singularité que l'on ne retrouve dans presque aucune autre branche française : il n'existe pas de grille de salaires nationale. Le minimum se calcule en multipliant votre coefficient hiérarchique par une valeur du point négociée territoire par territoire, dans une vingtaine de Commissions territoriales paritaires calquées sur les bassins d'emploi. Résultat : à coefficient identique, le minimum légalement dû n'est pas le même à Lille, à Toulouse ou à Paris — et l'écart atteint 12,6 % entre la valeur la plus basse et la plus haute de 2026.

Cette page reconstitue l'ensemble du dispositif à partir des textes officiels : le tableau complet des valeurs de point 2026 et les arrêtés qui les rendent obligatoires, la mécanique des cinq filières et des coefficients 200 à 600, puis tout ce que la convention ajoute au Code du travail — un contingent d'heures supplémentaires réduit à 80 % du contingent légal, un forfait jours plafonné à 213 jours, un maintien de salaire sans condition d'ancienneté, une allocation de fin de carrière très supérieure au minimum légal et un régime propre à l'architecte « en titre ». Chaque chiffre publié ici est daté et sourcé ; ce qui n'a pas pu être vérifié n'est pas publié.

ÉTAPE 0 : êtes-vous vraiment couvert par l'IDCC 2332 ?

Le champ d'application a été élargi le 28 juillet 2020 et il est aujourd'hui bien plus large que le seul métier d'architecte. L'article I-2 vise le code NAF 71.11Z et « les activités connexes de la maîtrise d'œuvre » :

📐 Agences d'architecture Quelle que soit la forme juridique : exercice individuel, SARL, SELARL, SA d'architecture
🏙️ Maîtrise d'œuvre, urbanisme, paysage Entreprises de maîtrise d'œuvre, d'urbanisme, d'architecture d'intérieur et d'architecture paysagère
🧊 BIM et maquette numérique Management BIM, mise en œuvre de la maquette matérielle ou numérique, modélisation et traitement des données du bâtiment

Sont également rattachés les salariés des organisations professionnelles, paritaires, ordinales et associatives de la branche. Sont en revanche exclus les établissements publics et les agences d'urbanisme au sens de l'article L. 132-6 du Code de l'urbanisme.

⚠️ La confusion la plus fréquente reste Syntec. Les bureaux d'études techniques, l'ingénierie et le conseil relèvent de la convention Syntec (IDCC 1486), avec une logique de rémunération radicalement différente — minima nationaux par position et coefficient, sans découpage territorial. Une même personne peut donc passer d'une convention à l'autre en changeant simplement d'employeur, à métier identique. Le critère n'est pas le diplôme du salarié mais l'activité principale de l'entreprise, et la convention appliquée doit figurer sur le bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).

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1. Le mécanisme : un coefficient, une valeur du point, un territoire

Tout part de l'article V-2-1 de la convention, dont la formulation tient en une phrase : le salaire de base mensuel brut minimum, pour 35 heures par semaine, s'obtient en multipliant le coefficient hiérarchique par la valeur du point en vigueur qui lui est applicable. Il n'y a donc ni grille d'échelons, ni prime d'ancienneté conventionnelle, ni treizième mois de branche : toute la valeur est concentrée dans deux nombres, votre coefficient et votre valeur du point.

La deuxième pièce du dispositif est plus rare. Les barèmes ne sont pas négociés au niveau national mais au sein de Commissions territoriales paritaires (CTP), dont le périmètre correspond à la notion de bassin d'emploi et est fixé, département par département, à l'article XV-5-1. Chaque CTP négocie « au moins une fois par an » la valeur du point de son territoire (article V-2-2). Concrètement, une vingtaine de négociations salariales parallèles se déroulent chaque automne, aboutissent à des accords territoriaux distincts, puis sont étendues par des arrêtés groupés du ministère du Travail.

La formule à retenir

Minimum mensuel brut = coefficient hiérarchique × valeur du point du territoire, pour 151,67 heures. Un coefficient 320 vaut ainsi 3 062,40 € en Île-de-France zone 2 (320 × 9,57 €) mais 2 860,80 € en Picardie (320 × 8,94 €). Et si le résultat tombe sous le SMIC, c'est le SMIC qui s'applique — la valeur du point ne peut jamais servir à payer moins que le minimum légal.

Trois découpages coexistent : des territoires à valeur unique (Auvergne, Corse, PACA…), des territoires découpés par tranches de coefficients — la valeur baisse quand le coefficient monte, ce qui resserre volontairement le haut de grille (Bretagne, Pays de la Loire, Languedoc-Roussillon…) — et des territoires zonés géographiquement (Île-de-France, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées).

Sources : articles V-2-1, V-2-2 et XV-5-1 de la CCN des entreprises d'architecture, texte consolidé publié par la branche ; convention n° 2332 sur Légifrance.

Une convention entièrement réécrite en 2024, étendue en 2026

Avant d'aller plus loin, un point de calendrier qui explique beaucoup d'informations périmées en ligne. Un accord du 19 décembre 2024 a procédé à une mise à jour d'ensemble de la convention de 2003 : réécriture de chapitres entiers, renumérotation, consolidation des avenants successifs. Cet accord n'a été étendu que par arrêté du 24 février 2026, publié au Journal officiel du 5 mars 2026 : il ne s'impose donc à toutes les entreprises du champ que depuis cette date. L'extension est assortie de plusieurs réserves classiques, notamment sur les communications syndicales (article II-2-1), l'imputation des heures supplémentaires des salariés à temps partiel (article VII-2-4-3), l'avis en cas de licenciement de salariés protégés (article XV-1-1) et la mise à jour du document unique (article XIII-5) : sur ces points, le Code du travail prime.

Deux informations obsolètes qui circulent encore

  • La période d'essai : de nombreux sites annoncent « 2 mois, 3 mois pour les cadres, non renouvelable ». Le texte en vigueur (article III-3) renvoie désormais au Code du travail, donc 2 / 3 / 4 mois renouvelables dans les conditions légales.
  • Les valeurs de point « 2026 » : plusieurs comparateurs publient sous ce libellé les valeurs de la campagne 2025 (par exemple 9,82 € pour l'Île-de-France zone 1 au lieu de 9,95 €). Le tableau ci-dessous reprend celui publié par la branche pour 2026.

2. Les valeurs du point 2026, territoire par territoire

Voici le tableau complet des valeurs applicables en 2026, telles que publiées par la branche. Les accords territoriaux de la campagne d'automne 2025 ont été étendus en deux vagues : un arrêté du 18 mars 2026 (Journal officiel du 28 mars) pour quinze territoires, puis un arrêté du 8 avril 2026 (Journal officiel du 17 avril) pour cinq autres. Les accords de valeur de point s'appliquant « au 1ᵉʳ jour du mois suivant la parution de leur arrêté d'extension », cela conduit à une entrée en vigueur au 1ᵉʳ avril 2026 pour la première vague et au 1ᵉʳ mai 2026 pour la seconde.

Territoire (CTP) Valeur du point 2026 Périmètre / tranche Accord territorial
Alsace9,09 €Toute la grille — plancher négocié de 1 890 €24/11/2025
Aquitaine9,28 €Toute la grille01/12/2025
Auvergne9,20 €Toute la grille10/12/2025
Basse-Normandie9,34 € / 9,14 €Coeff. 200 à 300 / à partir du coeff. 32002/12/2025
Bourgogne9,21 €Toute la grille08/12/2025
Bretagne9,18 € / 8,95 €Coeff. 200 à 380 / coeff. 400 à 600
Centre-Val de Loire9,13 €Toute la grille16/12/2025
Champagne-Ardenne9,05 €Toute la grille — plancher négocié de 1 950 €28/11/2025
Corse9,21 €Toute la grille14/11/2025
Franche-Comté9,18 €Toute la grille09/12/2025
Guadeloupe9,14 € / 9,03 € / 8,93 €Bas de grille / coeff. 300 à 380 / coeff. 400 à 600
Guyane9,11 € / 8,99 € / 8,89 €Bas de grille / coeff. 300 à 380 / coeff. 400 à 600
Haute-Normandie9,34 € / 9,14 €Coeff. 200 à 300 / à partir du coeff. 32002/12/2025
Île-de-France — zone 1
75, 92, 93, 94
9,95 € / 9,77 € / 9,59 €Coeff. 200 à 280 / 300 à 380 / 400 à 60026/11/2025
Île-de-France — zone 2
77, 78, 91, 95
9,85 € / 9,68 € / 9,49 €Coeff. 200 à 280 / 300 à 380 / 400 à 60026/11/2025
Languedoc-Roussillon9,18 € / 8,94 €Coeff. 200 à 300 / coeff. 320 à 60008/01/2026
Limousin9,48 €Toute la grille30/12/2025
Lorraine9,15 €Toute la grille07/11/2025
Martinique9,14 € / 9,03 € / 8,93 €Bas de grille / coeff. 300 à 380 / coeff. 400 à 600
Midi-Pyrénées9,27 € / 9,04 €
9,24 € / 8,99 €
Zone C.U.T.M. : coeff. ≤ 320 / > 320
Hors C.U.T.M. : coeff. ≤ 320 / > 320
25/11/2025
Nord-Pas-de-Calais9,07 €Toute la grille — plancher négocié de 1 880 €20/11/2025
Pays de la Loire9,28 € / 9,06 €Coeff. 200 à 380 / coeff. 400 à 60012/12/2025
Picardie8,94 €Toute la grille — plancher négocié de 1 923 €14/01/2026
Poitou-Charentes9,12 € / 9,10 €Coeff. 200 à 360 / à partir du coeff. 38021/01/2026
Provence-Alpes-Côte d'Azur9,19 €Toute la grille07/01/2026
La Réunion8,84 €Toute la grille
Rhône-Alpes — zone 1
01, 38, 69, 73, 74
9,21 €Toute la grille03/02/2026
Rhône-Alpes — zone 2
07, 26, 42
9,10 €Toute la grille03/02/2026

Valeurs : tableau officiel « Valeurs de point 2026 » publié par la Branche Architecture. Dates d'accords et extensions : arrêté du 18 mars 2026 (JORF du 28 mars) et arrêté du 8 avril 2026 (JORF du 17 avril). Un tiret signifie que la date de l'accord territorial n'a pas pu être vérifiée dans ces deux arrêtés : la valeur publiée par la branche fait foi, mais vérifiez la date d'extension propre à votre territoire.

Deux précisions de lecture

  • Antilles-Guyane : le tableau de branche libelle la première tranche « coeff. 200 à 380 », ce qui chevauche la ligne suivante (« 300 à 380 »). Nous retenons la structure constante des campagnes précédentes — bas de grille 200 à 280, puis 300 à 380, puis 400 à 600 — et vous invitons à faire confirmer la tranche exacte par votre CTP en cas de coefficient 300 à 380.
  • Mayotte dispose bien d'une Commission territoriale paritaire (article XV-5-1), mais aucune valeur de point 2026 ne figure au tableau de branche : nous ne publions donc aucun chiffre pour ce territoire.

3. Là où la grille passe sous le SMIC — et les quatre planchers territoriaux

Le SMIC mensuel s'établit à 1 867,02 € brut pour 151,67 heures depuis le 1ᵉʳ juin 2026 (12,31 € de l'heure). Pour qu'un coefficient 200 le dépasse, il faut donc une valeur du point d'au moins 9,34 €. Cette barre n'est franchie que dans quatre territoires : l'Île-de-France (les deux zones), le Limousin, la Basse-Normandie et la Haute-Normandie. Partout ailleurs, le premier coefficient de la grille est rattrapé par le SMIC, qui devient le minimum réellement dû.

La bonne nouvelle, si l'on peut dire, est que le phénomène reste concentré sur l'entrée de grille : dès le coefficient 220, même la valeur du point la plus basse de France (8,84 € à La Réunion) donne 1 944,80 €, soit nettement au-dessus du SMIC. Contrairement à d'autres branches où dix ou quinze échelons sont écrasés, l'architecture n'a qu'un seul coefficient en difficulté — mais c'est celui des débuts de carrière et des salariés en insertion, que l'article V-1-13 positionne précisément au coefficient 200.

Coefficient Minimum le plus bas de France
La Réunion — point 8,84 €
Minimum le plus haut de France
Île-de-France zone 1
Écart
2001 768,00 € → SMIC 1 867,02 €1 990,00 €+ 123,0 €
2201 944,80 €2 189,00 €+ 244,2 €
2402 121,60 €2 388,00 €+ 266,4 €
2602 298,40 €2 587,00 €+ 288,6 €
2802 475,20 €2 786,00 €+ 310,8 €
3002 652,00 €2 931,00 €+ 279,0 €
3202 828,80 €3 126,40 €+ 297,6 €
3403 005,60 €3 321,80 €+ 316,2 €
3603 182,40 €3 517,20 €+ 334,8 €
3803 359,20 €3 712,60 €+ 353,4 €
4003 536,00 €3 836,00 €+ 300,0 €
4403 889,60 €4 219,60 €+ 330,0 €
4804 243,20 €4 603,20 €+ 360,0 €
5204 596,80 €4 986,80 €+ 390,0 €
5604 950,40 €5 370,40 €+ 420,0 €
6005 304,00 €5 754,00 €+ 450,0 €

Calculs effectués à partir des valeurs de point 2026 de la branche (coefficient × valeur du point, 151,67 h). SMIC au 1ᵉʳ juin 2026 : 12,31 €/h, soit 1 867,02 € mensuels. Le simulateur ci-dessous applique automatiquement le plancher SMIC et le plancher territorial éventuel.

Quatre territoires ont négocié un plancher mensuel

La Champagne-Ardenne (1 950 €), la Picardie (1 923 €), l'Alsace (1 890 €) et le Nord-Pas-de-Calais (1 880 €) ont assorti leur accord d'un salaire minimum mensuel, indépendant du calcul par points. Ces quatre planchers sont supérieurs au SMIC : dans ces territoires, un salarié au coefficient 200 doit percevoir le plancher territorial, et non le SMIC. C'est un cas rare où la négociation territoriale corrige elle-même l'écrasement du bas de grille — la Picardie, qui a la valeur du point la plus basse de métropole, est ainsi le troisième territoire le plus protecteur à l'embauche.

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4. Simulateur : votre minimum conventionnel et le verdict de conformité

Cet outil fait le travail que ni votre bulletin de paie ni les grilles nationales ne font : il croise votre territoire, votre coefficient et votre temps de travail pour vous donner le minimum réellement opposable à votre employeur — en appliquant, dans l'ordre, la valeur du point de la tranche concernée, le plancher territorial s'il existe et le plancher SMIC. Renseignez votre salaire de base actuel pour obtenir le verdict de conformité et l'écart en euros.

Votre situation

10 h35 h (temps plein)35 h
MINIMUM MENSUEL BRUT OPPOSABLE
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Estimation indicative pour un salaire de base (net ≈ 78 % du brut). Le minimum conventionnel s'apprécie hors primes et gratifications exceptionnelles (article V-2-1) : les heures supplémentaires, les jours fériés travaillés et les indemnités de déplacement viennent en supplément et n'entrent pas dans la comparaison.

5. La classification : cinq filières, vingt et un coefficients

La classification en vigueur repose sur une logique de critères classants et non sur des diplômes ou une ancienneté automatique. Trois critères sont évalués — la technicité, l'autonomie et l'initiative, la formation et/ou l'expérience — sans hiérarchie entre eux. Chacun donne lieu à un coefficient, et c'est la moyenne arithmétique arrondie de ces trois coefficients qui détermine le coefficient hiérarchique effectif du salarié (article V-1-2). Si la moyenne ne tombe pas sur un coefficient existant, on applique le plus proche.

Filière 1

Conception en architecture

Le cœur du métier : architectes salariés, chefs de projet, collaborateurs d'architecte.

Filière 2

Conception spécialisée

Urbanisme, architecture d'intérieur, paysage, scénographie, design.

Filière 3

Conception technique

Ingénierie, économie de la construction, dessin-projet, modélisation.

Filière 4

Administration et gestion

Administration, gestion, comptabilité, relations clients.

Filière 5

Entretien et maintenance

Maintenance technique et informatique de l'agence.

Structure

Catégories, niveaux, 3 coefficients

Chaque filière se divise en catégories d'emploi, chaque catégorie compte un ou deux niveaux, et chaque niveau porte trois coefficients : le plus bas est le minimum d'accès au poste, les deux autres permettent la progression.

La grille court de 200 à 600 par paliers de 20 points, soit vingt et un coefficients. Deux seuils comptent particulièrement : à partir du coefficient 380, un salarié qui remplit les conditions de la position cadre (capacité d'initiative, autonomie, compétences techniques ou de gestion, capacité à encadrer) peut demander le statut cadre ; à partir du coefficient 440, le statut cadre est acquis de plein droit (article V-1-6). Les entreprises n'ont pas le droit de créer des coefficients intermédiaires ou supplémentaires en dehors de cette grille.

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La polyvalence se paie en points

Pratiquer de façon répétée des compétences distinctes de son emploi principal ouvre droit à des points supplémentaires par tranches de 10, matérialisés sur une ligne spécifique du bulletin de paie. Un accord écrit doit préciser la durée, le nombre de points et les fonctions concernées (article V-1-8).

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Remplacer un supérieur : la sanction du non-écrit

Remplacer un salarié d'une qualification supérieure pendant au moins 5 jours travaillés sur 4 semaines ouvre droit à une indemnité égale à la différence des salaires de base. Détail remarquable : en l'absence d'accord écrit, l'indemnité est doublée (article V-1-9).

Votre coefficient doit être réexaminé tous les deux ans

L'article V-1-7 impose un entretien d'évaluation à périodicité biennale, distinct de l'entretien professionnel du Code du travail, avec compte rendu écrit dans lequel l'employeur indique sa décision sur l'évolution du coefficient. À l'embauche, un classement définitif doit intervenir à l'issue de la période d'essai et au plus tard six mois après l'embauche. Enfin, un principe souvent oublié : « tout salarié occupant des fonctions relevant d'une qualification supérieure à la sienne doit être classé à la qualification correspondante ». C'est le fondement d'une demande de reclassement, et donc d'un rappel de salaire.

Sources : articles V-1-1 à V-1-13 (classification, critères classants, position cadre, polyvalence, remplacement temporaire) du chapitre V de la CCN, texte consolidé publié par la Branche Architecture ; les fiches emploi repère des cinq filières sont publiées par la branche et font partie intégrante de la convention.

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6. Heures supplémentaires, suractivité et RTT

L'architecture est un métier de pics : rendus de concours, dépôts de permis, remises d'APS, livraisons de chantier. La convention l'assume et construit deux régimes distincts, qu'il ne faut surtout pas confondre — les heures supplémentaires « ordinaires », payées et majorées, et les heures de période de suractivité, qui ne se paient pas mais se récupèrent en temps bonifié.

Le contingent est réduit à 80 % du contingent légal

C'est l'une des dispositions les plus favorables de la branche, et elle passe inaperçue : l'article VII-2-4-2 fixe le contingent annuel d'heures supplémentaires à 80 % du contingent légal. Avec un contingent légal supplétif de 220 heures, cela représente 176 heures par an et par salarié. Au-delà, l'employeur reste libre de demander des heures, mais elles déclenchent un repos compensateur obligatoire de 50 % dans les entreprises de moins de 11 salariés et de 100 % dès 11 salariés — le Code du travail, lui, ne fixe ce seuil qu'à 20 salariés. Ce repos se prend à la convenance du salarié avec 7 jours ouvrés de prévenance, par journée ou demi-journée, sans pouvoir être accolé aux congés payés, et dans les deux mois.

SituationRègle conventionnelleRappel du Code du travail
Majoration de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure+ 25 %+ 25 % (8 premières heures)
Majoration au-delà de la 43ᵉ heure+ 50 %+ 50 %
Contingent annuel80 % du contingent légal (176 h si 220 h)220 h à défaut d'accord
Repos compensateur obligatoire50 % (< 11 salariés) / 100 % dès 11 salariés50 % (≤ 20 salariés) / 100 % au-delà
Durée quotidienne maximale10 h — 12 h en période de suractivité10 h, 12 h par accord
Repos quotidien11 h — réductible à 9 h en suractivité, avec compensation intégrale11 h

La période de suractivité : un régime encadré, à surveiller de près

L'article VII-3-2 permet de modifier temporairement l'horaire, après concertation et accord écrit du salarié, avec un délai de prévenance de 7 jours ouvrés. Trois plafonds absolus s'appliquent : 12 heures par jour, 46 heures par semaine sur 12 semaines maximum et 150 heures par an et par salarié. Ces heures ne s'imputent pas sur le contingent, mais en contrepartie elles ne sont pas payées : elles ouvrent droit à un repos compensateur de remplacement bonifié en temps, à récupérer intégralement dans les 25 jours ouvrés suivant la fin de la période, ou à la convenance du salarié avec 5 jours ouvrés de prévenance.

Le piège classique de la charrette

Une « charrette » de rendu n'est pas automatiquement une période de suractivité au sens de la convention. Sans définition écrite préalable des dates et des durées, sans délai de prévenance et sans accord écrit du salarié, les heures effectuées restent des heures supplémentaires ordinaires : elles doivent être payées avec les majorations de 25 % et 50 %, et s'imputer sur le contingent. Le décompte, lui, est obligatoire pour tout le monde : l'article VII-2-8 impose un relevé déclaratif validé par la direction, y compris pour les salariés non soumis à l'horaire collectif.

Enfin, si l'agence pratique un horaire collectif supérieur à 35 heures, la convention fixe elle-même le nombre de jours de RTT correspondants (article VII-3-1-3) : 6 jours à 36 heures, 11 jours à 37 heures, 17 jours à 38 heures et 23 jours à 39 heures. Un tiers de ces jours est posé par l'employeur, deux tiers par le salarié, et la direction ne peut pas opposer plus de trois reports par an.

Sources : articles VII-2-4-1 à VII-2-8, VII-3-1-3, VII-3-1-4 et VII-3-2 de la CCN (chapitre VII « Durée du travail »), texte consolidé publié par la Branche Architecture. Rappel : l'extension du 24 février 2026 a assorti l'article VII-2-4-3 d'une réserve concernant les salariés à temps partiel.

7. Forfait en heures et forfait jours : deux seuils de coefficient

Beaucoup d'agences pratiquent le forfait sans savoir que la convention en réserve strictement l'accès selon le coefficient. C'est un point de contrôle immédiat : si votre coefficient est inférieur au seuil, la convention individuelle de forfait est fragile.

⏱️

Forfait en heures — coefficient ≥ 380

Réservé aux salariés non soumis à un horaire prédéterminé, il est plafonné à 151,67 heures par mois ou 1 607 heures par an : autrement dit, il ne peut pas servir à absorber des heures supplémentaires. Un relevé auto-déclaratif des heures quotidiennes et hebdomadaires est remis à la direction le premier jour de chaque mois et analysé conjointement (article VII-3-4-1).

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Forfait annuel en jours — coefficient ≥ 500

Réservé aux cadres autonomes se déplaçant habituellement hors des locaux, il est plafonné à 213 jours par année civile, journée de solidarité incluse — soit 5 jours de moins que le plafond légal de 218 jours. Durée maximale quotidienne de 10 heures, repos quotidien de 11 heures, repos hebdomadaire de 35 heures, relevé mensuel des jours travaillés et droit à la déconnexion (article VII-3-4-2).

Ce que vaut un forfait jours mal suivi

La convention impose un mécanisme de suivi anticipé associant le cadre et son responsable, destiné à éviter l'accumulation de jours de repos en fin d'année, ainsi qu'un relevé mensuel auto-déclaratif permettant de vérifier le respect des temps de repos et l'équilibre vie privée / vie professionnelle. La jurisprudence de la Cour de cassation est constante sur ce terrain : à défaut de suivi effectif de la charge de travail, la convention de forfait est privée d'effet, et le salarié peut réclamer le paiement rétroactif des heures supplémentaires réellement accomplies. Les dates de repos, elles, sont choisies par le salarié avec 15 jours ouvrés de prévenance.

8. Congés payés, jours fériés et événements familiaux

Premier réflexe à avoir en lisant votre solde de congés : la branche raisonne en jours ouvrés, pas en jours ouvrables. L'article VIII-2-1 fixe le droit à 2,08 jours ouvrés par mois de travail effectif, plafonné à 25 jours ouvrés, soit les cinq semaines légales exprimées dans l'unité qui parle aux salariés. Le congé principal peut être pris sans fractionnement dans la limite de 20 jours ouvrés, et une période d'au moins 10 jours ouvrés consécutifs doit être attribuée entre le 1ᵉʳ mai et le 31 octobre. Les dates doivent être portées à la connaissance des salariés au plus tard le 1ᵉʳ mars.

Sur les jours fériés, la convention va plus loin que la loi, qui ne rend obligatoirement chômé que le 1ᵉʳ mai : l'article VIII-1 prévoit que tous les jours fériés légaux sont chômés, sans perte de salaire ni récupération. Et lorsqu'un férié est exceptionnellement travaillé, il ouvre droit, en plus du salaire, à une indemnité égale à 100 % du salaire horaire contractuel — cette indemnité intégrant, précise le texte, le paiement des majorations pour heures supplémentaires.

Congés exceptionnels : le comparatif avec la loi

Les congés de l'article VIII-4 sont rémunérés, accordés sur justificatif et ne s'imputent pas sur les congés annuels. Ils sont exprimés en jours ouvrés quand la loi raisonne en jours ouvrables : à chiffre égal, la convention est donc plus favorable, puisque 5 jours ouvrés représentent une semaine complète là où 5 jours ouvrables s'arrêtent au samedi.

ÉvénementConvention (jours ouvrés)Code du travail (jours ouvrables)
Naissance ou adoption d'un enfant33
Mariage ou PACS du salarié54
Mariage d'un enfant21
Décès du conjoint, partenaire ou concubin53
Décès d'un enfant1012 si l'enfant a moins de 25 ans, s'il était lui-même parent, ou pour une personne de moins de 25 ans à charge12 — 14 si l'enfant a moins de 25 ans
Décès du père ou de la mère33
Décès frère, sœur, beaux-parents, grands-parents, petits-enfants33 (frère, sœur, beaux-parents)
Annonce d'un handicap, d'un cancer ou d'une pathologie chronique chez un enfant55
Journée défense et citoyenneté11

Décès d'un enfant : c'est la loi qui prime

Sur cette ligne précise, le barème conventionnel de 10 jours ouvrés équivaut au minimum légal de 12 jours ouvrables — sans le dépasser. Le principe de faveur impose de retenir, ligne par ligne, la solution la plus avantageuse pour le salarié : le congé de deuil supplémentaire de 8 jours prévu par le Code du travail en cas de décès d'un enfant de moins de 25 ans s'ajoute par ailleurs à ce socle. La convention prévoit enfin, à l'article VIII-3, un congé sans solde pour motif personnel de 5 jours ouvrés par an, à demander avec un mois de préavis.

Sources : articles VIII-1 à VIII-4 de la CCN (chapitre VIII « Congés »), texte consolidé publié par la Branche Architecture ; article L3142-4 du Code du travail pour les durées légales — voir notre fiche Article L3142-4.

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9. Période d'essai, préavis, licenciement et retraite

C'est le chapitre le plus souvent mal renseigné en ligne, parce qu'il a été remanié par l'accord du 19 décembre 2024. Reprenons dans l'ordre chronologique d'une carrière en agence.

  • Point corrigé en 2026
    Période d'essai (article III-3) : le texte en vigueur renvoie intégralement au Code du travail — 2 mois pour les employés, 3 mois pour les techniciens et agents de maîtrise, 4 mois pour les cadres, renouvelables dans les conditions légales. La rupture pendant l'essai se fait sans indemnité, sous réserve du délai de prévenance légal.
  • Plus favorable que la loi pour les cadres
    Préavis (article IV-1-1) : il court à compter de la première présentation de la lettre recommandée. En licenciement, 2 semaines / 1 mois / 2 mois pour un non-cadre selon l'ancienneté, et 1 mois / 2 mois / 3 mois pour un cadre. En démission, 1 semaine à 1 mois pour un non-cadre, 2 semaines à 2 mois pour un cadre.
  • Sans équivalent légal national
    Heures de recherche d'emploi (article IV-1-2) : jusqu'à 126 heures pour un cadre licencié ayant 2 ans d'ancienneté, sans réduction de salaire, et regroupables en fin de préavis après accord. Elles existent aussi en cas de démission (jusqu'à 56 heures) — ce qui est rare.
  • Aligné sur le légal
    Indemnité de licenciement (article IV-3) : un quart de mois par année jusqu'à 10 ans, un tiers de mois par année au-delà, à partir de 8 mois d'ancienneté — soit exactement le barème légal. Le salaire de référence est le meilleur des deux calculs : douzième des 12 derniers mois ou tiers des 3 derniers mois.
  • Très supérieur à la loi
    Allocation de fin de carrière (article XIV-1-2) : en départ volontaire à la retraite, 12,5 % d'un mois de salaire par année de présence, sans condition d'ancienneté minimale ni plafond. En mise à la retraite par l'employeur, un quart de mois par année sur les dix premières puis un tiers ensuite. Préavis : 2 mois si l'initiative vient du salarié, 3 mois si elle vient de l'employeur.
AnciennetéPréavis de licenciementPréavis de démission
Non-cadreCadreNon-cadreCadre
Moins de 6 mois2 semaines1 mois1 semaine2 semaines
6 mois à moins de 2 ans1 mois2 mois2 semaines1 mois
2 ans et plus2 mois3 mois1 mois2 mois
AnciennetéHeures de recherche d'emploi — licenciementHeures — démission
Non-cadreCadreNon-cadreCadre
Moins de 6 mois21 h42 h7 h14 h
6 mois à moins de 2 ans42 h84 h14 h28 h
2 ans et plus84 h126 h28 h56 h

Deux garanties complètent ce dispositif. En cas de licenciement économique, le salarié bénéficie d'une priorité de réengagement d'un an (article IV-2-3) : l'employeur doit l'informer par lettre recommandée du rétablissement de son emploi ou de la création d'un poste correspondant à sa qualification, et afficher la liste des postes disponibles. Et en cas de transfert d'agence (article III-5), les avantages conventionnels sont maintenus 12 mois après un préavis de 3 mois, avec ensuite une garantie de rémunération annuelle au moins égale à celle des 12 mois précédant le transfert.

10. Simulateur : indemnité de licenciement et allocation de fin de carrière

Ce second outil compare, sur la même ancienneté, ce que verse la convention selon le motif de départ. Il met en évidence le seul poste où la branche est réellement plus généreuse que la loi : le départ volontaire à la retraite.

Vos paramètres

Le plus avantageux entre le douzième des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois.

1 an12 ans40 ans
-- --

--

-- --

Calcul indicatif hors faute grave ou lourde. Le licenciement économique renvoie au Code du travail. L'indemnité conventionnelle ne se cumule pas avec une indemnité de même nature.

11. L'architecte salarié « en titre » : un régime que la loi ne prévoit pas

C'est la disposition la plus spécifique de toute la convention, et elle concerne directement les architectes diplômés d'État titulaires de l'HMONP employés en agence. Dès lors que l'entreprise utilise le titre de son salarié — architecte au sens de la loi du 3 janvier 1977, ou paysagiste concepteur au sens de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité —, l'article III-2-2 impose tout un régime contractuel.

📝

Un article dédié dans le contrat

Le contrat, ou un avenant pour les salariés déjà en poste, doit stipuler dans un article spécifique que le titre est utilisé par l'entreprise, et renvoyer aux lois précitées, notamment sur la signature des projets et l'obligation d'assurance professionnelle de l'employeur.

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Les frais d'Ordre sont à la charge de l'agence

Les frais d'inscription à l'Ordre ou d'autorisation ministérielle, dans le cadre de l'utilisation du titre par l'entreprise, sont pris en charge par l'employeur. En sens inverse, le salarié doit justifier de son inscription et signaler tout changement.

🛡️

L'assurance couvre les actes du salarié

L'employeur doit justifier être couvert pour la responsabilité qu'il peut engager en raison des actes professionnels accomplis pour son compte par son salarié architecte ou paysagiste en titre. Le texte précise par ailleurs que l'emploi du titre ne vaut pas promotion automatique.

🚪

Clause de clientèle : 2 ans maximum

À la fin du contrat, l'architecte en titre est en droit de s'établir à son compte ou d'entrer dans une autre agence. Une clause de protection de clientèle reste possible mais doit être limitée dans le temps — 2 ans au maximum — et dans l'espace, et ne vise que les clients avec lesquels le salarié a été en rapport pendant les 3 années précédant son départ.

Sans contrat conforme, l'agence ne peut pas afficher votre titre

Le texte est explicite : « en l'absence d'un contrat tel que défini ci-dessus, l'employeur ne peut en aucun cas mentionner le titre du salarié dans les références et autres documents de son entreprise ». Autrement dit, une agence qui met en avant votre nom et votre qualité d'architecte inscrit à l'Ordre dans ses références commerciales, sans avoir régularisé l'article contractuel ni pris en charge vos frais d'inscription, ne respecte pas la convention. En cas de conflit, la Commission paritaire permanente de négociation et d'interprétation (CPPNI) peut être saisie.

Sources : article III-2-2 de la CCN, texte consolidé publié par la Branche Architecture ; loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture (article 9) ; loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages (titre de paysagiste concepteur).

12. Maladie, prévoyance et frais de santé

Le chapitre X de la convention ne détaille pas les garanties : il renvoie à deux accords de branche autonomes, l'accord de prévoyance du 24 juillet 2003 et l'accord frais de santé du 5 juillet 2007, régulièrement révisés par avenants. C'est là que se joue l'essentiel, et le régime est nettement plus protecteur que le socle légal.

SituationRégime de brancheSocle légal
Condition d'anciennetéAucune1 an d'ancienneté
Arrêt maladie ou accident de la vie privéeFranchise de 4 jours, chaque jour de franchise décompté sur la base d'un trentième du net mensuelCarence de 7 jours
Accident du travail ou maladie professionnelleIndemnisation dès le 1ᵉʳ jourDès le 1ᵉʳ jour (sous condition d'ancienneté)
Niveau de maintienMaintien du salaire net, déduction faite des prestations de sécurité sociale90 % puis 66,66 % du brut
Durée de la garantie maintien de salaireJusqu'au 150ᵉ jour d'arrêt continu, l'incapacité longue durée prenant ensuite le relais30 à 90 jours par palier selon l'ancienneté

La complémentaire santé est obligatoire pour tous les salariés, cadres et non-cadres, avec une participation employeur d'au moins 50 % comme le prévoit la loi. La branche a désigné, à l'issue d'une mise en concurrence, un organisme recommandé — Malakoff Humanis : la recommandation n'est pas une obligation d'adhésion, chaque agence reste libre de son assureur dès lors que les garanties conventionnelles sont au moins respectées. Deux textes récents doivent être surveillés : l'avenant n° 14 à l'accord de prévoyance, qui révise les taux de cotisation à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, et l'avenant n° 13 du 3 mars 2026 à l'accord frais de santé, qui révise les garanties à compter du 1ᵉʳ avril 2026.

Ce que nous ne publions pas

Nous ne reproduisons volontairement ni les taux de cotisation, ni le détail des garanties remboursées (dentaire, optique, hospitalisation) : ces valeurs changent à chaque avenant et aucune source officielle consolidée n'était accessible à la date de rédaction. Demandez la notice d'information de votre régime à votre employeur — elle est obligatoire — ou consultez les avenants sur Légifrance. De même, la convention ne prévoit ni treizième mois, ni prime d'ancienneté, ni prime de vacances de branche : si votre bulletin en comporte, cela relève d'un accord d'entreprise, de votre contrat ou d'un usage propre à l'agence.

13. Déplacements professionnels et visites de chantier

Le chapitre IX est écrit pour un métier qui se pratique autant sur site qu'à l'agence. Trois règles méritent d'être connues. D'abord, le temps passé en déplacement entre deux lieux de travail constitue du temps de travail effectif et ne peut entraîner aucune perte de salaire. Ensuite, le trajet entre le domicile et un lieu de travail inhabituel, lorsqu'il dépasse le trajet habituel et se situe hors des horaires rémunérés, doit être compensé en argent ou en repos — ce qui recouvre exactement la visite de chantier du lundi matin à 120 kilomètres. Enfin, les frais de transport, de repas, de stationnement et de péage sont remboursés sur justificatifs, les indemnités kilométriques étant calées sur les barèmes de l'URSSAF ou de la DGFiP.

Pour les missions longues, ne permettant pas le retour quotidien au domicile, l'hébergement est intégralement remboursé, y compris les jours de repos pris sur place. Au-delà de 15 jours calendaires consécutifs, le salarié bénéficie en outre, chaque mois, de 2 jours de repos consécutifs et du remboursement du voyage aller-retour vers son domicile — ces deux jours s'entendant hors délais de route lorsque le trajet dépasse 4 heures.

14. La branche en chiffres

44 600
salariés dans la branche (2022)
56 %
de femmes parmi les salariés
≈ 9
salariés en moyenne : la branche est un tissu de TPE
27,7 %
des entreprises employeuses sont en Île-de-France

Ces ordres de grandeur, issus de l'étude de l'Observatoire des métiers dans les professions libérales publiée en 2025, expliquent beaucoup du fonctionnement conventionnel. Une branche composée en très grande majorité de structures de moins de dix personnes, où le CSE est rare et où le rapport de force salarial est faible, a besoin d'un cadre collectif précis : d'où la place centrale des Commissions territoriales paritaires, la grille de classification à critères classants, l'entretien d'évaluation biennal obligatoire, et le financement du dialogue social par une cotisation patronale de 0,11 % de la masse salariale (article XV-7-2) alimentant un fonds de fonctionnement et de développement du paritarisme. La concentration des effectifs en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes éclaire aussi le maintien des deux seuls territoires zonés géographiquement de la branche.

Source : OMPL, « Cartographie des emplois dans les entreprises d'architecture », étude 2025, publiée par la Branche Architecture. Effectifs 2022, dernière année consolidée de l'étude.

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15. Questions fréquentes

Le minimum conventionnel s'obtient en multipliant le coefficient hiérarchique du salarié par la valeur du point applicable à son territoire, pour 35 heures par semaine (article V-2-1). Il n'existe pas de grille nationale unique : la valeur du point est négociée chaque année par la Commission territoriale paritaire de chaque bassin d'emploi. En 2026 elle va de 8,84 € à La Réunion à 9,95 € en Île-de-France zone 1. Un même coefficient 300 vaut donc 2 652 € à La Réunion et 2 931 € à Paris.

Elle dépend du territoire et, dans plusieurs régions, de la tranche de coefficients. Quelques repères 2026 : Île-de-France zone 1 (75, 92, 93, 94) 9,95 € jusqu'au coefficient 280, Île-de-France zone 2 9,85 €, Rhône-Alpes zone 1 9,21 €, Provence-Alpes-Côte d'Azur 9,19 €, Aquitaine et Pays de la Loire 9,28 €, Limousin 9,48 €, Nord-Pas-de-Calais 9,07 €, Picardie 8,94 € et La Réunion 8,84 €. Ces valeurs sont celles du tableau officiel publié par la branche pour 2026. Attention : plusieurs sites diffusent encore, sous l'étiquette 2026, les valeurs de l'année 2025.

Dans la grande majorité des territoires, oui. Le SMIC mensuel est de 1 867,02 € brut pour 151,67 heures depuis le 1ᵉʳ juin 2026 : il faut donc une valeur du point d'au moins 9,34 € pour que le coefficient 200 le dépasse. Seuls l'Île-de-France, le Limousin et les deux Normandies sont au-dessus. Partout ailleurs, c'est le SMIC qui devient le minimum réellement dû. Dès le coefficient 220, en revanche, la grille repasse au-dessus du SMIC dans tous les territoires. Quatre territoires ont par ailleurs négocié un plancher mensuel propre, supérieur au SMIC : Champagne-Ardenne 1 950 €, Picardie 1 923 €, Alsace 1 890 € et Nord-Pas-de-Calais 1 880 €.

Depuis la mise à jour de la convention par l'accord du 19 décembre 2024, étendu par arrêté du 24 février 2026, l'article III-3 renvoie purement et simplement au Code du travail : deux mois pour les ouvriers et employés, trois mois pour les agents de maîtrise et techniciens, quatre mois pour les cadres, renouvelables dans les conditions légales. De nombreux sites publient encore l'ancienne règle conventionnelle (deux mois, trois mois pour les cadres, sans renouvellement possible) : elle ne correspond plus au texte en vigueur.

213 jours par an, journée de solidarité incluse, soit cinq jours de moins que le plafond légal de 218 jours (article VII-3-4-2). Le forfait annuel en jours est réservé aux cadres autonomes classés au coefficient 500 ou au-delà. Entre les coefficients 380 et 499, la convention prévoit un forfait en heures plafonné à 151,67 heures par mois ou 1 607 heures par an, ce qui interdit d'y loger des heures supplémentaires non payées. Dans les deux cas, un relevé auto-déclaratif doit être remis à la direction le premier jour de chaque mois.

L'employeur, dès lors que l'agence utilise le titre du salarié. L'article III-2-2 impose un article spécifique du contrat de travail lorsque l'entreprise se prévaut du titre d'architecte ou de paysagiste concepteur de son salarié, et met les frais d'inscription à l'Ordre ou d'autorisation ministérielle à la charge de l'employeur. Ce dernier doit aussi justifier de son assurance professionnelle pour les actes accomplis pour son compte par le salarié. À défaut d'un tel contrat, l'agence ne peut pas mentionner le titre du salarié dans ses références.

Le régime de prévoyance de branche organise un maintien du salaire net sans aucune condition d'ancienneté, là où le Code du travail exige un an de présence. L'indemnisation démarre au premier jour en accident du travail ou maladie professionnelle, et après une franchise de quatre jours en maladie ou accident de la vie privée, chaque jour de franchise étant décompté sur la base d'un trentième du salaire net mensuel. La garantie court jusqu'au 150ᵉ jour d'arrêt continu, l'invalidité et l'incapacité longue durée prenant ensuite le relais.

L'allocation de fin de carrière de l'article XIV-1-2 est nettement plus favorable que la loi en cas de départ volontaire : 12,5 % d'un mois de salaire par année de présence, sans plafond ni condition d'ancienneté minimale, soit environ 2,5 mois après vingt ans et 3,75 mois après trente ans, contre 1,5 puis 2 mois dans le Code du travail. En cas de mise à la retraite décidée par l'employeur, le barème est celui de l'indemnité de licenciement : un quart de mois par année sur les dix premières, un tiers ensuite. Le préavis est de deux mois si le départ vient du salarié, de trois mois s'il vient de l'employeur.

16. Sources officielles

Page rédigée le 8 août 2026 à partir des textes officiels cités. Les valeurs de point sont renégociées chaque année par les Commissions territoriales paritaires : vérifiez la date d'extension applicable à votre territoire avant tout calcul rétroactif. Travail-Industrie n'est pas un site gouvernemental et ne délivre pas de conseil juridique individualisé.

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