Convention collective de l'édition : salaires, congés, préavis et droit d'auteur
Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 2121. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.
Assistant d'édition, secrétaire d'édition, correcteur, maquettiste, responsable de fabrication, attaché de presse, gestionnaire des droits, commercial : les salariés des maisons d'édition relèvent de la convention collective nationale de l'édition du 14 janvier 2000 (IDCC 2121, brochure 3103), étendue par arrêté du 24 juillet 2000 publié au Journal officiel du 9 août 2000. Une convention qu'il faut aujourd'hui lire autrement qu'il y a cinq ans, parce que son périmètre a changé.
Le fait le plus important de cette branche n'est pas dans sa grille : c'est qu'elle a absorbé trois autres conventions. L'édition de musique, côté cadres comme côté employés, et l'édition phonographique y ont été rattachées par un arrêté de 2019, et un accord du 12 avril 2024 a construit le socle commun. Si vous travaillez dans un label ou chez un éditeur de musique, vous avez donc changé de convention sans changer d'employeur — avec des régimes propres qui survivent, mais seulement jusqu'au 20 avril 2028. C'est ce que cette page explique en premier, parce que c'est ce que la plupart des sites se trompent encore à écrire.
Vous trouverez ensuite ce qui est réellement vérifiable : l'avenant salaires en vigueur et son entrée de grille à 98 centimes du SMIC, la classification à trois étages, la période d'essai plus courte que la loi, les 32 jours de congés après dix ans, le maintien de salaire en maladie, et la règle que tout salarié d'une maison d'édition devrait connaître : votre contrat de travail ne cède pas vos droits d'auteur. Enfin, une section dit franchement ce que nous ne publions pas et pourquoi — c'est dans cette branche que les agrégateurs inventent le plus de primes.
ÉTAPE 0 : êtes-vous bien couvert par l'IDCC 2121 ?
L'article 1er du texte de base est plus étroit qu'on ne le croit : la convention régit les relations entre les maisons d'édition ayant leur siège en France et leurs salariés en CDI ou en CDD, à l'exception des VRP statutaires. L'article 1er bis ajoute le critère décisif : l'entreprise doit avoir pour activité principale l'édition de livres. Le code APE n'est qu'un indice de rattachement, jamais la règle : c'est l'activité réelle qui décide.
Vous êtes probablement dedans
Maison d'édition de livres (littérature générale, jeunesse, scolaire, universitaire, professionnel, beaux livres), éditeur de dictionnaires, d'encyclopédies ou de cartographie. Et, depuis le rattachement, éditeur de musique et producteur phonographique. Codes APE souvent associés, à titre indicatif : 58.11Z, 58.12Z, 58.14Z, 58.19Z.
Vous êtes ailleurs
Imprimerie de labeur : IDCC 184, une autre branche — imprimer n'est pas éditer. Journalistes : IDCC 1480, quel que soit l'employeur. Édition de logiciels : le plus souvent Syntec, IDCC 1486. Auteur d'un livre : vous n'êtes pas salarié, vous signez un contrat d'édition et relevez du régime des artistes-auteurs.
Champ d'application : articles 1er et 1er bis du texte de base, Légifrance. L'article 1er bis renvoie encore à une nomenclature INSEE d'époque : les codes APE cités ci-dessus sont un usage constaté, pas une définition juridique.
Sommaire
- Une branche qui a absorbé la musique et le disque
- Grille 2026 : une entrée à 98 centimes du SMIC
- Classification : trois étages, neuf échelons d'employés
- Ancienneté : pas de prime, mais des droits
- Simulateur : vos congés et votre maintien de salaire
- Période d'essai et préavis
- Congés et événements familiaux
- Maladie, prévoyance, retraite
- Droit d'auteur : ce que votre contrat ne cède pas
- Lire la convention gratuitement
- Ce que nous ne publions pas
- FAQ
- Sources officielles
1. Une branche qui a absorbé la musique et le disque
La loi du 8 août 2016 a lancé une restructuration des branches professionnelles destinée à faire passer leur nombre de plusieurs centaines à environ deux cents. Concrètement, le ministère du Travail fusionne le champ d'application des petites branches avec celui d'une branche plus solide, dite branche de rattachement. L'édition a été du côté des absorbantes.
- 9 avril 2019 — un arrêté pris en application de l'article L. 2261-32 du code du travail rattache à l'IDCC 2121 les champs de trois conventions : cadres de l'édition de musique (IDCC 1016), employés de l'édition de musique (IDCC 1194) et édition phonographique (IDCC 2770).
- 12 avril 2024 — signature à Neuilly-sur-Seine de l'accord relatif à la fusion des conventions collectives, par quatre organisations d'employeurs (SNEP, CSDEM, UPFI, SMA) et neuf organisations syndicales. C'est lui qui organise l'atterrissage.
- 20 avril 2024 — entrée en vigueur du socle commun : tous les salariés des champs fusionnés appliquent désormais la convention de l'édition (article 1er de l'accord).
- 20 avril 2028 — échéance des régimes transitoires. Jusque-là seulement, le secteur phonographique conserve ses règles propres de prévoyance, de classifications, de minima, de congés et de rupture du contrat (article 2), et l'édition de musique conserve son 13e mois, sa prime d'ancienneté et ses dispositions de retraite (article 3).
Comment savoir quelles règles vous appliquer
Posez-vous une seule question : de quel champ veniez-vous avant 2019 ? Si votre employeur est une maison d'édition de livres, la réponse est simple, la convention de l'édition s'applique intégralement. Si vous travaillez chez un producteur phonographique ou un éditeur de musique, le socle est la convention de l'édition, sauf sur les sujets limitativement énumérés par les articles 2 et 3 de l'accord de 2024, où vos anciennes règles continuent de courir jusqu'au 20 avril 2028. Passé cette date, et faute d'un nouvel accord, ce sont les règles communes qui s'appliqueront. C'est une échéance à surveiller, en particulier pour le 13e mois et la prime d'ancienneté de l'édition de musique, qui n'ont pas d'équivalent dans le socle commun.
L'erreur que font encore beaucoup de sites
Écrire que « l'édition musicale et l'édition phonographique ont leurs propres conventions ». C'était vrai avant 2019, ça ne l'est plus. Nous l'avions nous-mêmes écrit sur notre fiche technique IDCC 2121 avant de le corriger. Si vous lisez cette affirmation ailleurs, la page n'a pas été mise à jour depuis au moins six ans, et le reste de son contenu mérite la même méfiance.
Accord du 12 avril 2024 relatif à la fusion des conventions collectives, articles 1er, 2 et 3 — Légifrance, texte lu. Fusion des champs : arrêté du 9 avril 2019, pris en application de l'article L. 2261-32 du code du travail.
2. Grille 2026 étendue : une entrée à 98 centimes du SMIC
Le texte salarial applicable est l'avenant n° 18 du 26 juin 2026 relatif aux salaires minima conventionnels, étendu par arrêté du 7 septembre 2026, publié au Journal officiel du 19 septembre 2026. L'extension est faite sous réserve de l'application des articles L. 2253-1 à L. 2253-3 du code du travail, la formule habituelle qui rappelle l'articulation entre accords de branche et accords d'entreprise. Il succède à l'avenant n° 17 du 30 septembre 2025, étendu le 23 décembre 2025.
Le chiffre qu'il faut lire deux fois
Le premier montant de la grille est de 1 868 € brut par mois. Le SMIC, depuis le 1er juin 2026, est de 1 867,02 €. L'écart est de 98 centimes, soit 0,05 %. Aucun échelon n'est donc passé sous le SMIC — ce qui est déjà une performance, beaucoup de branches se font rattraper — mais entrer dans l'édition au minimum conventionnel revient très exactement à être payé au SMIC. Les cinq premières catégories de la grille restent à moins de 3,3 % du salaire minimum légal. Pour une branche dont les métiers exigent le plus souvent un diplôme du supérieur, c'est le fait marquant de la négociation 2026.
Pourquoi nous ne publions pas le tableau échelon par échelon
Les montants ci-dessus proviennent de deux sources secondaires concordantes. Nous n'avons pas réussi à relire la grille ligne à ligne sur Légifrance ni au Bulletin officiel des conventions collectives : les tableaux annexés aux avenants salariaux n'y sont pas restitués. Publier seize lignes de montants sur cette base reviendrait à vous demander de nous croire sur parole pour un chiffre qui décide de votre bulletin de paie.
Nous publions donc l'amplitude et le texte applicable, qui sont vérifiés, et nous vous donnons le moyen d'aller lire votre propre échelon : ouvrez l'avenant n° 18 sur Légifrance depuis la page de la convention, ou demandez-le à votre employeur, qui doit tenir la convention à disposition. La section « Lire la convention gratuitement » explique comment.
Un décalage à connaître entre la classification et la grille
La classification des employés va de E1 à E9, mais la grille de salaires ne commence qu'à E4/E5. Ce n'est pas une erreur : les premiers échelons n'ont plus de minimum conventionnel distinct, absorbés par la progression du SMIC. Si vous êtes classé E1, E2 ou E3, votre plancher de rémunération est donc le SMIC, et votre classement conserve surtout un effet sur votre positionnement et votre évolution.
Texte applicable : avenant n° 18 du 26 juin 2026, étendu par arrêté du 7 septembre 2026 (JORF n° 0219 du 19 septembre 2026) — Légifrance, arrêté lu. Avenant n° 17 du 30 septembre 2025, étendu par arrêté du 23 décembre 2025. Montants (1 868 € – 3 847 €, +3,28 %) : deux sources secondaires concordantes, non confirmés sur Légifrance. SMIC au 1er juin 2026 : 1 867,02 € brut mensuel (12,31 €/h).
3. Classification : trois étages, neuf échelons d'employés
La convention ne classe pas les salariés par intitulé de poste mais par niveau de qualification, de responsabilité, d'autonomie et d'initiative. C'est une différence de méthode qui a une conséquence pratique : deux personnes portant le même titre d'« assistant d'édition » peuvent légitimement relever de deux échelons différents, selon ce qu'on leur confie réellement. À l'inverse, un employeur ne peut pas justifier un classement bas par le seul intitulé du poste si les responsabilités exercées correspondent à un niveau supérieur.
| Catégorie | Échelons | Logique de classement |
|---|---|---|
| E1-E3 Employé | 3 échelons | Tâches d'exécution, autonomie limitée. Plus de minimum conventionnel distinct : le plancher est le SMIC. |
| E4-E6 Employé qualifié | 3 échelons | Qualification reconnue, autonomie dans l'exécution. C'est ici que démarre la grille de salaires. |
| E7-E9 Employé principal | 3 échelons | Haut de la catégorie employés : technicité affirmée, éventuelle coordination. |
| AM1-4 Agents de maîtrise | 4 échelons | Encadrement de proximité. |
| T1-T4 Techniciens | 4 échelons | Filière technique, sans nécessairement d'encadrement. |
| C1-C5 Cadres | C1a, C1b, C2a/b/c, C3a/b/c, C4, C5 | C1 est le cadre de premier niveau : cadre qualifié débutant non encore confirmé, ou cadre promu depuis une autre catégorie de personnel. |
La convention prévoit en outre des annexes propres à deux populations : les correcteurs et les travailleurs à domicile. Si vous relevez de l'une d'elles, plusieurs règles générales — dont le préavis — vous sont applicables dans une version différente, à l'annexe IV. C'est une particularité héritée de l'histoire du livre, où la correction et certaines tâches de préparation de copie se sont longtemps exercées à domicile.
Employés : annexe I, article 1er. Agents de maîtrise, techniciens et cadres : annexe II, dont l'article 1er pour les critères de classement. Catégories particulières : article 25 du texte de base. Légifrance, articles lus.
4. Ancienneté : pas de prime, mais des droits
C'est le point sur lequel il faut être le plus net, parce que c'est celui où l'on trouve le plus d'informations fausses en ligne. La convention de l'édition ne prévoit pas de prime d'ancienneté. Ce n'est pas un oubli, c'est un choix inscrit noir sur blanc dans le texte : l'article 14 du texte de base indique que la prime d'ancienneté a été intégrée au salaire réel dès l'entrée en vigueur de la convention. Elle n'a donc pas disparu, elle a été fondue dans le salaire de base.
Si on vous annonce une prime d'ancienneté de X %
C'est faux pour l'édition de livres. Aucun pourcentage d'ancienneté ne s'ajoute à votre salaire au titre de la convention. Une seule exception, temporaire : les salariés issus de l'édition de musique (ex-IDCC 1016 et 1194) conservent leur prime d'ancienneté, ainsi que leur 13e mois, jusqu'au 20 avril 2028, au titre de l'article 3 de l'accord de fusion du 12 avril 2024.
L'ancienneté produit malgré tout des effets, par trois canaux différents :
Des minima majorés
La grille comporte des majorations de minima après 5, 10 et 15 ans. Le barème chiffré n'ayant été trouvé que sur une source unique, nous ne le publions pas — mais son existence est établie, et c'est ce qu'il faut vérifier sur votre propre échelon.
Deux jours de congés
Après 10 ans, les employés passent de 30 à 32 jours ouvrables de congés payés — au-delà du plafond légal de 30 jours.
Un maintien de salaire allongé
Après 5 ans, chaque période de maintien de salaire en maladie gagne 15 jours. Après 20 ans, 30 jours supplémentaires à quart de salaire s'ajoutent.
Intégration de la prime d'ancienneté au salaire réel : article 14 du texte de base, Légifrance. Maintien des régimes de l'édition de musique : article 3 de l'accord du 12 avril 2024.
5. Simulateur : vos congés et votre maintien de salaire
Plutôt qu'un simulateur de salaire fondé sur une grille que nous n'avons pas pu vérifier ligne à ligne, voici un outil qui calcule ce qui est entièrement sourcé sur le texte conventionnel : vos jours de congés et, en cas d'arrêt maladie, le nombre de jours pendant lesquels votre employeur doit maintenir votre salaire, et à quel taux. Ce sont les deux droits que l'ancienneté fait réellement bouger dans cette branche.
Congés et maintien de salaire — annexe I, articles 8 et 13
Le simulateur applique l'annexe I, qui vise les employés. Les agents de maîtrise, techniciens et cadres relèvent de l'annexe II, dont nous n'avons pas pu relire les durées : ne transposez pas ce résultat à ces catégories.
Constantes vérifiées le 22/09/2026 sur l'annexe I de la convention (articles 8 et 13). Condition d'ouverture du maintien : 1 an de présence, ramené à 6 mois en cas d'accident du travail. Résultat indicatif : votre accord d'entreprise ou votre contrat peuvent prévoir mieux.
6. Période d'essai et préavis
Sur la période d'essai, la convention est plus favorable que la loi, ce qui est assez rare pour être signalé : là où le code du travail autorise deux mois pour un employé, trois pour un agent de maîtrise et quatre pour un cadre, l'article 10 du texte de base retient des durées plus courtes d'un mois à chaque étage. Comme la disposition conventionnelle plus favorable l'emporte, ce sont ces durées qui s'appliquent.
| Catégorie | Essai conventionnel | Essai légal maximal | Ce qui s'applique |
|---|---|---|---|
| Employés | 1 mois | 2 mois | Le conventionnel, plus court |
| Agents de maîtrise et techniciens | 2 mois | 3 mois | Le conventionnel, plus court |
| Cadres | 3 mois | 4 mois | Le conventionnel, plus court |
Le renouvellement mérite une vérification
Le texte de 2000 prévoit que l'essai est renouvelable une fois. Mais il est antérieur à la loi du 25 juin 2008, qui a encadré le renouvellement : celui-ci n'est possible que si un accord de branche étendu le prévoit, et la durée totale, renouvellement compris, est plafonnée par l'article L. 1221-21 du code du travail. Nous n'avons pas pu établir si la clause de 2000 satisfait aujourd'hui cette condition. Si votre essai est renouvelé, faites vérifier la validité du renouvellement plutôt que de la présumer acquise.
Sur le préavis, l'article 25 du texte de base ne fixe pas lui-même les durées : il renvoie aux annexes, et il ajoute deux droits concrets. D'abord deux heures par jour rémunérées pour rechercher un emploi pendant le préavis, réduites à une heure pour les temps partiels. Ensuite, la garantie qu'à défaut d'exécution du préavis, l'indemnité due est au moins égale au salaire correspondant à la durée non exécutée.
| Situation (employés) | Préavis conventionnel | Minimum légal |
|---|---|---|
| Démission | 1 mois | Fixé par la convention ou l'usage |
| Licenciement, moins de 2 ans d'ancienneté | 1 mois | 1 mois entre 6 mois et 2 ans |
| Licenciement, 2 ans et plus | 2 mois | 2 mois |
Autrement dit, pour les employés, la convention reprend le minimum légal sans l'améliorer. Les durées applicables aux agents de maîtrise, aux techniciens et aux cadres figurent à l'annexe II article 13, et celles des correcteurs et travailleurs à domicile à l'annexe IV article 6 : nous n'avons pas pu relire ces articles intégralement, nous ne publions donc pas de chiffre pour ces catégories.
Période d'essai : article 10 du texte de base. Préavis : article 25 du texte de base (renvois aux annexes et heures de recherche d'emploi) et annexe I article 10 pour les employés. Comparaison légale : articles L. 1221-19, L. 1221-21 et L. 1234-1 du code du travail. Légifrance.
7. Congés et événements familiaux
Le droit à congés des employés est légèrement plus favorable que la loi, et il le devient franchement avec l'ancienneté. Avant un an, le droit se constitue au rythme légal de 2,5 jours ouvrables par mois de travail. À partir d'un an, il est de 30 jours ouvrables — soit cinq semaines. Après dix ans d'ancienneté, il passe à 32 jours ouvrables, ce qui dépasse le plafond légal.
Ce qui compte comme du temps de travail pour vos congés
La convention assimile expressément à du temps de travail effectif, pour le calcul du droit à congés : le service national, les congés exceptionnels prévus par la convention, les congés de maternité conventionnels, les absences pour accident du travail, et — c'est le point le plus utile — les absences pour maladie pendant la période où le salaire est intégralement maintenu. Un arrêt maladie couvert par le maintien de salaire ne vous coûte donc pas de jours de congés.
Sur les événements familiaux, l'annexe I article 14 prévoit les durées suivantes, qu'il faut confronter à celles du code du travail, régulièrement revalorisées : c'est toujours la plus favorable qui s'applique.
| Événement | Congé conventionnel |
|---|---|
| Mariage du salarié | 6 jours ouvrables |
| Naissance ou adoption | 3 jours |
| Décès d'un proche | 1 à 4 jours ouvrables selon le lien de parenté — 4 jours pour le conjoint et les ascendants directs |
| Cérémonie civile ou religieuse | 1 jour ouvrable |
| Examen reconnu par l'Éducation nationale | La durée de l'examen |
Annexe I, articles 13 et 14 — Légifrance, articles lus. Plafond légal de congés : article L. 3141-3 du code du travail. Les durées de congés pour événements familiaux du code du travail ont été revalorisées à plusieurs reprises depuis 2000 : comparez avant de vous contenter de la durée conventionnelle.
8. Maladie, prévoyance, retraite
En cas d'arrêt de travail, les indemnités journalières de la Sécurité sociale ne couvrent qu'une partie du salaire. La convention impose à l'employeur de compléter, selon un barème qui dépend de votre ancienneté. Pour les employés, l'annexe I article 8 ouvre ce droit après un an de présence, ramené à six mois en cas d'accident du travail.
| Ancienneté | Salaire intégral | Quart du salaire |
|---|---|---|
| 1 an (ou 6 mois si accident du travail) | 45 jours | 45 jours |
| Après 5 ans | 60 jours (45 + 15) | 60 jours (45 + 15) |
| Après 20 ans | 60 jours | 90 jours (60 + 30) |
Plus favorable que la loi ? Oui et non
La comparaison mérite d'être faite honnêtement. La loi de mensualisation prévoit, après un an d'ancienneté, 30 jours à 90 % du salaire puis 30 jours à 66,66 %. La convention de l'édition est nettement plus longue sur la période à taux plein — 45 jours à 100 % contre 30 jours à 90 % — mais moins généreuse sur la seconde période, avec un quart du salaire là où la loi prévoit deux tiers. Comme on ne peut pas cumuler les deux régimes, c'est le plus favorable globalement qui s'applique, appréciation qui se fait avantage par avantage : en pratique, faites le calcul sur la durée réelle de votre arrêt.
La convention impose par ailleurs la mise en place de garanties de prévoyance pour les salariés permanents, cadres et non-cadres, via une annexe dédiée à la retraite et à la prévoyance. Les partenaires sociaux de la branche ont recommandé un organisme assureur. Un avenant du 22 décembre 2022 a en outre institué un régime de retraite supplémentaire. Nous n'avons pu ouvrir ni les taux de cotisation, ni la répartition employeur-salarié, ni le détail des garanties : ils ne figurent donc pas sur cette page. Rapprochez-vous de votre service des ressources humaines ou de vos représentants du personnel pour obtenir la notice d'information, que l'employeur doit vous remettre.
Maintien de salaire : annexe I, article 8 — Légifrance, article lu. Comparaison légale : article D. 1226-1 du code du travail. Retraite supplémentaire : avenant du 22 décembre 2022 (existence du texte vérifiée, contenu non publié).
9. Droit d'auteur : ce que votre contrat de travail ne cède pas
Voici la règle la plus mal connue de tout le secteur, et elle ne vient pas de la convention collective mais du code de la propriété intellectuelle. Beaucoup d'employeurs — et beaucoup de salariés — croient que ce qu'un salarié crée pendant son temps de travail appartient automatiquement à l'entreprise. C'est vrai pour une invention brevetable. Ce n'est pas vrai pour une œuvre de l'esprit.
Article L. 111-1 du code de la propriété intellectuelle
« L'existence ou la conclusion d'un contrat de louage d'ouvrage ou de service par l'auteur d'une œuvre de l'esprit n'emporte pas dérogation à la jouissance du droit reconnu par le premier alinéa, sous réserve des exceptions prévues par le présent code. »
En clair : le salarié auteur d'une œuvre de l'esprit reste titulaire de ses droits d'auteur. Le contrat de travail ne les transfère pas. Pour que l'employeur puisse exploiter l'œuvre, il faut une cession écrite et distincte, qui délimite le domaine d'exploitation : son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Une clause vague de cession globale des œuvres futures est fragile.
Cela concerne, dans une maison d'édition, plus de monde qu'on ne l'imagine : une couverture dessinée par un graphiste salarié, un appareil critique rédigé par un éditeur, une traduction, une photographie, une cartographie originale. La principale exception à retenir est le logiciel créé par un salarié dans l'exercice de ses fonctions : là, les droits patrimoniaux sont dévolus à l'employeur.
À ne pas confondre : le salarié et l'auteur publié
L'auteur d'un livre publié par une maison d'édition n'est pas un salarié de cette maison. Il ne relève pas de l'IDCC 2121, qui ne couvre que les salariés. Il signe un contrat d'édition, perçoit des droits d'auteur et relève du régime social des artistes-auteurs. Les deux situations peuvent coexister chez la même personne — un salarié d'une maison d'édition peut publier un livre ailleurs — mais elles obéissent à deux régimes entièrement distincts.
Article L. 111-1 du code de la propriété intellectuelle, 3e alinéa — Légifrance, texte lu et cité intégralement. Exigences de la cession : article L. 131-3 du même code. Dévolution des droits sur le logiciel : article L. 113-9.
10. Lire la convention gratuitement — et faut-il acheter la brochure 3103 ?
Beaucoup de recherches portent sur l'achat ou le téléchargement du texte. Autant le dire tout de suite : vous n'avez rien à acheter. Le texte intégral de la convention de l'édition, avec tous ses avenants et accords de salaires, est consultable gratuitement sur Légifrance, dans une version mise à jour en continu. C'est cette version qui fait foi.
Légifrance — gratuit
Texte de base, annexes, avenants salariaux, accords de branche. Toujours à jour, opposable. C'est la référence.
Brochure 3103 — payante
La version imprimée vendue par les éditions des Journaux officiels. Aucune valeur juridique supérieure au texte en ligne, et périmée dès la signature d'un avenant.
Votre employeur — gratuit
Il doit tenir la convention applicable à disposition des salariés sur le lieu de travail et en informer les représentants du personnel. Le demander est souvent le chemin le plus court.
Le numéro de brochure, la date de signature, les codes NAF et l'identification administrative de la convention figurent sur notre fiche technique IDCC 2121. La présente page, elle, décrypte les salaires, les droits et les obligations.
11. Ce que nous ne publions pas — et pourquoi
Cette page ne contient que des valeurs relues sur Légifrance ou au Journal officiel, à une exception près, explicitement signalée : l'amplitude de la grille salariale. Les points suivants existent, ou circulent sur d'autres sites, mais nous ne les publions pas en l'état.
- La grille de salaires échelon par échelon : les tableaux annexés aux avenants salariaux ne sont pas restitués sur Légifrance ni au BOCC. Seules l'amplitude et l'identification du texte applicable sont publiées, avec leur niveau de source.
- Le barème des minima à l'ancienneté (majorations à 5, 10 et 15 ans) : son existence est établie, mais les montants ne proviennent que d'une source unique.
- Le forfait annuel en jours : aucun accord de branche de l'édition fixant un plafond de jours et des conditions de suivi de la charge n'a été identifié. Une recherche a même ramené un accord de RTT appartenant à une autre branche — c'est dire la prudence nécessaire. Si vous êtes en forfait jours, le plafond et les garanties sont à chercher dans votre accord d'entreprise, faute de quoi c'est le régime légal qui encadre.
- La durée conventionnelle du travail, les majorations d'heures supplémentaires et le travail de nuit : aucun article conventionnel n'a pu être relu sur ces sujets. À défaut de disposition de branche, le régime légal s'applique.
- Les préavis, congés et maintien de salaire des agents de maîtrise, techniciens et cadres (annexe II) : une seule source secondaire, non confirmée sur le texte.
- Les taux et garanties de prévoyance et de frais de santé : mécanismes publiés, chiffres non ouverts.
- Les primes « travail en sous-sol », « travail en équipe », « habillement » et « astreintes » attribuées par un agrégateur à l'avenant n° 18 : ces intitulés sont incompatibles avec l'activité d'édition et apparaissent à l'identique sur les pages d'autres branches du même site. Nous les traitons comme une erreur de la source. C'est exactement le type de prime inventée qu'un audit a déjà trouvé ailleurs.
- Une liste d'emplois repères : aucune liste conventionnelle n'a pu être obtenue. Les intitulés cités en introduction décrivent les métiers du secteur, ils ne constituent pas une nomenclature de la convention.
FAQ — Convention collective de l'édition
Sources officielles
Toutes les valeurs de cette page ont été vérifiées le 22 septembre 2026 sur les documents suivants. Le seul élément publié sur une base secondaire — l'amplitude de la grille salariale — est signalé comme tel à l'endroit où il apparaît.
- Convention collective nationale de l'édition du 14 janvier 2000 (IDCC 2121, brochure 3103), étendue par arrêté du 24 juillet 2000 publié au JORF du 9 août 2000 — Légifrance, texte de base et annexes lus article par article.
- Accord du 12 avril 2024 relatif à la fusion des conventions collectives — articles 1er, 2 et 3 lus (socle commun au 20 avril 2024, régimes transitoires jusqu'au 20 avril 2028).
- Fusion des champs conventionnels : arrêté du 9 avril 2019, pris en application de l'article L. 2261-32 du code du travail (rattachement des IDCC 1016, 1194 et 2770 à l'IDCC 2121).
- Avenant n° 18 du 26 juin 2026 relatif aux salaires minima conventionnels, étendu par arrêté du 7 septembre 2026 (JORF n° 0219 du 19 septembre 2026), sous réserve des articles L. 2253-1 à L. 2253-3 du code du travail ; avenant n° 17 du 30 septembre 2025, étendu par arrêté du 23 décembre 2025.
- Articles du texte de base lus : 1er et 1er bis (champ d'application), 10 (période d'essai), 14 (intégration de la prime d'ancienneté au salaire), 25 (préavis, heures de recherche d'emploi, catégories particulières).
- Annexe I (employés) : article 1er (classification E1-E9), article 8 (maintien de salaire), article 10 (préavis), article 13 (congés payés et ancienneté), article 14 (événements familiaux).
- Annexe II (agents de maîtrise, techniciens, cadres) et son article 1er : critères de classement et structure C1 à C5.
- Avenant du 22 décembre 2022 relatif au régime de retraite supplémentaire — existence du texte vérifiée.
- Article L. 111-1 du code de la propriété intellectuelle ; articles L. 131-3 et L. 113-9 du même code.
- Code du travail pour les comparaisons légales : L. 1221-19 et L. 1221-21 (essai), L. 1234-1 (préavis), L. 3141-3 (congés), D. 1226-1 (maintien de salaire), L. 2261-32 (restructuration des branches), L. 2253-1 à L. 2253-3 (articulation branche/entreprise).
- SMIC au 1er juin 2026 : 1 867,02 € brut mensuel, 12,31 € de l'heure.
Information à visée informative, à jour au 22 septembre 2026. Ce site n'est pas un service gouvernemental et ne délivre pas de conseil juridique personnalisé. En cas de litige, référez-vous au texte sur Légifrance et rapprochez-vous de vos représentants du personnel, d'un avocat ou de l'inspection du travail.