Convention collective de la radiodiffusion : indices, salaires et ce que le texte ne dit pas

Mise à jour : 22/09/2026 Convention collective IDCC 1922

Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 1922. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.

Animateur, technicien-réalisateur, assistant d'émission, programmateur musical, attaché commercial, responsable d'antenne, directeur des programmes : les salariés des radios privées relèvent de la convention collective nationale de la radiodiffusion du 11 avril 1996 (IDCC 1922), étendue par arrêté du 22 octobre 1996 publié au Journal officiel du 1er novembre 1996.

Cette page commence par ce que les autres ne vous diront pas : cette convention est presque vide. Elle a été signée comme un « accord d'étape » et elle n'a jamais été complétée. Elle ne contient ni titre sur le contrat de travail, ni sur la durée du travail, ni sur les congés, ni sur la maladie, ni sur la rupture. Pas de majoration du dimanche, pas de majoration de nuit, pas de préavis conventionnel, pas d'indemnité de licenciement conventionnelle. Ce n'est pas une lecture incomplète de notre part : la branche le reconnaît noir sur blanc, ses accords de méthode de 2019 et de 2024 listent ces sujets parmi les thèmes restant à négocier.

Ce qu'elle contient en revanche, et qui vous concerne directement : une classification en points avec une formule de calcul que vous pouvez refaire vous-même, des valeurs de point revalorisées chaque année, une majoration d'ancienneté en points — et non en pourcentage —, et une période d'essai plus courte que la loi. Vous y trouverez aussi le fait marquant de l'année : depuis le 1er juin 2026, les deux indices les plus bas de la grille sont passés sous le SMIC, ce qui touche tous les débutants et tous les emplois à l'indice 124.

ÉTAPE 0 : quelles radios, quels salariés ?

Le champ est défini de façon fonctionnelle et non par code d'activité : la convention vise les entreprises qui éditent ou produisent des services de radiodiffusion, ainsi que celles qui leur fournissent des programmes — diffusion hertzienne, câble, satellite, internet, tout moyen de communication électronique. Mais elle comporte trois exclusions expresses qu'il faut connaître.

Vous êtes probablement dedans

Radio indépendante de proximité, réseau national ou régional, radio associative, radio thématique, producteur de programmes pour ces antennes. Tous les métiers non journalistes : antenne, technique, informatique, commercial, administratif.

Trois exclusions expresses

Le service public : Radio France, RFI et RFO, visés par la loi du 30 septembre 1986. Trois généralistes commerciales nationales : RTL, RMC et Europe 1. Les journalistes et assimilés, qui relèvent de la convention des journalistes, IDCC 1480.

« Convention collective Radio France » : la réponse est non

C'est une recherche fréquente, et la réponse est nette. Radio France ne relève pas de l'IDCC 1922 : l'article 1.1 exclut expressément les sociétés du secteur public de la communication audiovisuelle. Si vous travaillez à Radio France, à RFI ou dans l'ex-RFO, ni la grille ni les règles de cette page ne vous sont applicables. Même chose si vous êtes chez RTL, RMC ou Europe 1, exclues elles aussi.

Article 1.1 de la convention, dans sa rédaction issue de l'accord du 5 décembre 2008 — Légifrance. La définition du service de radiodiffusion renvoie à l'article 2 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986. Le texte ne cite aucun code NAF : les codes d'activité que l'on trouve ailleurs sont un usage constaté, jamais une règle de rattachement.

1. Ce que cette convention ne contient pas à savoir d'abord

La convention de 1996 a été signée comme un accord d'étape : une première pierre, destinée à être complétée. Trente ans plus tard, elle ne l'a toujours pas été. Sa table des matières se limite à quatre titres — dispositions générales, commission paritaire, droit syndical, institutions élues — suivis des coefficients. Il en résulte une liste d'absences qui change complètement la façon de défendre ses droits dans cette branche.

Sujets sans aucune disposition conventionnelle de branche

Travail de nuit — aucune majoration, aucune contrepartie conventionnelle. Régime légal seul.
Travail du dimanche — aucune majoration conventionnelle.
Jours fériés — aucune disposition.
Préavis de licenciement ou de démission — régime légal.
Indemnité de licenciement — aucun barème conventionnel, le barème légal s'applique intégralement.
Congés payés supplémentaires — aucun. Cinq semaines légales, sans ajout de branche.
Maintien de salaire en maladie — aucune disposition conventionnelle.
Forfait annuel en jours — le mot n'apparaît nulle part : un forfait jours suppose donc un accord d'entreprise.
Majorations d'heures supplémentaires dérogatoires — aucune, les taux légaux de 25 % et 50 % s'appliquent.

Ce n'est pas une lecture incomplète : la branche l'écrit elle-même

L'accord de méthode du 1er février 2019 fixe comme objet de négociation future un « Titre 4 : contrat (préavis, congés, ruptures, période d'essai), temps de travail (durée du travail, temps partiel, nuit, dimanche, jours fériés, astreintes, télétravail) ». Autrement dit, la branche liste ces sujets comme restant à traiter. Un second accord de méthode, en 2024, a poursuivi le chantier d'une convention refondue couvrant le privé et le public. Elle n'est toujours pas conclue.

Méfiez-vous de toute majoration chiffrée présentée comme conventionnelle

Si une page vous annonce, pour l'IDCC 1922, un pourcentage de majoration pour le dimanche, la nuit ou un jour férié, elle invente. Ces majorations n'existent pas dans cette branche. Ce qui existe, ce sont les protections du code du travail — encadrement du travail de nuit, repos hebdomadaire, 1er mai — et, très souvent en radio, un accord d'entreprise. Le bon réflexe est donc de demander l'accord d'entreprise ou l'usage en vigueur chez votre employeur, pas de chercher un article conventionnel qui n'existe pas.

La conséquence pratique, en une phrase

Dans cette branche, la loi est votre principale protection, et l'accord d'entreprise votre second levier. La convention, elle, ne joue que sur trois terrains : le salaire minimum, l'ancienneté en points et la période d'essai — où elle est, sur ce dernier point, meilleure que le code du travail.

Accord de méthode du 1er février 2019, étendu par arrêté du 2 avril 2021 — Légifrance ; accord de méthode de 2024 poursuivant la négociation d'une convention refondue. Régime légal applicable à défaut : articles L. 3122-1 et suivants (nuit), L. 3132-1 et suivants (dimanche), L. 3133-1 et suivants (jours fériés), L. 1234-1 (préavis), R. 1234-2 (indemnité de licenciement), L. 3141-3 (congés), L. 3121-63 (forfait jours) du code du travail.

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2. Le calcul en points A et B étendu

C'est le cœur utile de cette convention. Chaque emploi est affecté d'un indice de référence, et le salaire minimum se calcule avec deux valeurs de point distinctes — une pour la base, une pour ce qui dépasse.

La formule conventionnelle

Salaire minimum = (120 × point A) + (indice − 120) × point B

Avec, depuis le 1er octobre 2025, point A = 15,14 € et point B = 10,19 €. La base des 120 premiers points vaut donc 1 816,80 €, et chaque point au-delà ajoute 10,19 €. Un animateur à l'indice 124 dans une radio de type 1 a ainsi un minimum de 1 816,80 + 4 × 10,19 = 1 857,56 €.

  • 1er janvier 2024 — point A 14,63 €, point B 10,14 € (accord du 26 septembre 2023, étendu le 18 décembre 2023).
  • 1er octobre 2024 — point A 14,95 €, point B 10,16 € (accord du 2 juillet 2024, étendu le 12 septembre 2024).
  • 1er octobre 2025point A 15,14 € (+1,3 %), point B 10,19 € (+0,3 %), accord du 27 juin 2025, étendu par arrêté du 4 septembre 2025 (JORF n° 0210 du 10 septembre 2025). Valeurs en vigueur.

Une revalorisation très inégale entre les deux points

Le point A a progressé de 1,3 %, le point B de 0,3 % seulement. Comme le point B est celui qui rémunère la progression au-delà de l'indice 120, plus votre indice est élevé, moins la revalorisation vous a profité en proportion. Un salarié à l'indice 300 voit 180 de ses points revalorisés de 0,3 %, contre 120 points à 1,3 %. C'est un arbitrage de négociation qui favorise le bas de grille — cohérent avec la pression du SMIC, mais qui tasse la hiérarchie salariale.

Accord du 27 juin 2025 relatif aux salaires minimums conventionnels, articles 2 et 3, étendu par arrêté du 4 septembre 2025 publié au JORF n° 0210 du 10 septembre 2025, effet au 1er octobre 2025 — Légifrance et Journal officiel. Valeurs antérieures : accord du 2 juillet 2024 (étendu le 12 septembre 2024) et accord du 26 septembre 2023 (étendu le 18 décembre 2023). Formule de calcul : article 3 de l'accord de 2025 ; mécanique instituée par l'accord du 5 décembre 2008 relatif aux classifications et aux salaires.

3. Grille par indice — et les deux indices passés sous le SMIC

Voici les minima obtenus par application de la formule, pour une radio de type 1 et un temps plein de 35 heures. Les radios de type 2 et 3 appliquent des indices majorés, donc des montants supérieurs : voir la section suivante.

15,14 €
Point A
10,19 €
Point B
1 826,99 €
Bas de grille (indice 121)
2
Indices sous le SMIC

Depuis le 1er juin 2026, les indices 121 et 124 sont sous le SMIC

L'indice 121 donne 1 826,99 € et l'indice 124 1 857,56 €, contre un SMIC de 1 867,02 €. Dans les deux cas, c'est le SMIC qui vous est dû — et l'accord de branche le dit lui-même, son article 3 précisant que le calcul s'applique sous réserve de dispositions plus favorables résultant du SMIC légal.

Ce n'est pas marginal : cela concerne tous les emplois de débutant — animateur, technicien-réalisateur, attaché commercial, employé de bureau, hôte d'accueil standardiste — et tous les emplois positionnés à l'indice 124 : animateur, technicien, régisseur, assistant d'émission, producteur d'antenne, télévendeur, aide-comptable, secrétaire-assistant. Soit, en pratique, une bonne partie des effectifs d'une radio locale.

IndiceMinimum mensuel (type 1)Face au SMICExemples d'emplois repères
1211 826,99 €−40,03 € → SMIC dûTous les emplois « débutant », hôte d'accueil standardiste
1241 857,56 €−9,46 € → SMIC dûAnimateur, technicien, régisseur, assistant d'émission, producteur d'antenne, télévendeur, aide-comptable
1311 928,89 €+ 61,87 €Technicien d'exploitation, technicien informatique, chargé de promotion
1351 969,65 €+ 102,63 €Webmestre, digitalmestre
1412 030,79 €+ 163,77 €Attaché commercial 2e échelon
1452 071,55 €+ 204,53 €Animateur-technicien-réalisateur 2e échelon, technicien supérieur de maintenance, contrôleur de gestion
1502 122,50 €+ 255,48 €Chef de publicité, responsable informatique, coordinateur technicien d'exploitation
1652 275,35 €+ 408,33 €Coordinateur d'antenne
1692 316,11 €+ 449,09 €Programmateur, secrétaire de direction, chef de service comptable
1742 367,06 €+ 500,04 €Conseiller aux programmes, responsable d'antenne
1802 428,20 €+ 561,18 €Directeur des programmes, directeur technique, directeur commercial, DAF, DRH
2002 632,00 €+ 764,98 €Programmateur de tête de réseau national
2503 141,50 €+ 1 274,48 €Responsable de la recherche musicale de tête de réseau
3003 651,00 €+ 1 783,98 €Directeur des programmes de réseau national

Valeurs de point : accord du 27 juin 2025, étendu par arrêté du 4 septembre 2025 (JORF n° 0210 du 10 septembre 2025), effet au 1er octobre 2025 — source primaire. Les montants du tableau sont calculés par application de la formule conventionnelle, et non recopiés : l'annexe en euros de l'accord de 2025 n'a pas pu être ouverte. La formule a toutefois été validée en la réappliquant aux valeurs de 2024, où elle restitue exactement les montants publiés dans l'annexe de l'accord du 2 juillet 2024. Emplois repères : annexe I de l'accord du 2 juillet 2024, radio de type 1. SMIC : 1 867,02 € brut mensuel au 1er juin 2026, 1 823,03 € auparavant.

4. Simulateur : votre minimum selon votre indice

Saisissez l'indice porté sur votre bulletin et le type de votre radio. Le simulateur applique la formule conventionnelle, la majoration de type si elle s'applique, la majoration d'ancienneté en points, et compare le résultat au SMIC.

Minimum conventionnel — accord du 27 juin 2025

Votre minimum brut mensuel

Constantes vérifiées le 22/09/2026 : point A 15,14 € et point B 10,19 € (accord du 27/06/2025 étendu, effet 01/10/2025) ; majorations de type et d'ancienneté de l'accord du 05/12/2008 ; SMIC 1 867,02 €. Base 35 h. Montants calculés par la formule conventionnelle, l'annexe en euros n'ayant pas pu être ouverte. Résultat indicatif : votre accord d'entreprise ou votre contrat peuvent prévoir mieux.

5. Classification : quatre familles, trois types de radios

L'accord du 5 décembre 2008 répartit les emplois en quatre familles de fonctions — administratives, d'antenne, commerciales, techniques et informatiques — et en trois statuts : employés, techniciens et agents de maîtrise, cadres. Ce classement a remplacé les anciens niveaux I à VI. Mais la particularité la plus importante est ailleurs : le même emploi ne vaut pas le même indice selon la taille de la radio.

TypeQuelles radiosEffet sur l'indice
Type 1Services indépendants de proximitéIndices de référence appliqués tels quels
Type 2Décrochage sur un réseau national, ou réseau desservant moins de 30 millions d'habitants+ 10 points pour les indices de 124 à 199 ; au-delà de 200, indice de référence
Type 3Services nationaux et têtes de réseau desservant plus de 30 millions d'habitants+ 20 points pour les indices de 124 à 179, + 30 points de 180 à 199 ; au-delà de 200, indice de référence

Ce que la majoration de type vous rapporte

Dix points de majoration valent 101,90 € par mois, vingt points 203,80 €, trente points 305,70 €. Le même poste d'animateur à l'indice 124 vaut donc 1 857,56 € dans une radio locale et 2 061,36 € dans une radio nationale. Si votre employeur décroche sur un réseau national ou dessert une population importante, vérifiez le type retenu : c'est un levier plus puissant que l'ancienneté.

Les emplois repères couvrent les quatre familles : côté antenne, de l'animateur débutant au directeur des programmes en passant par le producteur d'antenne, le programmateur et le conseiller aux programmes ; côté technique, du technicien débutant au directeur technique en passant par le webmestre et le responsable informatique ; côté commercial, de l'attaché commercial au directeur commercial ; côté administratif, de l'employé de bureau au secrétaire général. Une procédure est prévue pour les fonctions non répertoriées : l'employeur propose une assimilation, et en cas de désaccord la commission nationale de conciliation est saisie.

Accord du 5 décembre 2008 relatif aux classifications et aux salaires — Légifrance. Emplois repères et indices : annexe I de l'accord du 2 juillet 2024, radio de type 1, document signé publié par une organisation signataire. À noter : l'accord de 2008 place les débutants à l'indice 120, alors que les annexes des accords de salaires récents les placent à 121 ; nous retenons l'indice 121 des annexes en vigueur sans expliquer cet écart, dont la cause n'a pas été retrouvée.

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6. Ancienneté : des points, pas des pourcentages

Il n'existe pas de prime d'ancienneté en pourcentage

Si vous lisez quelque part que la convention de la radiodiffusion prévoit « 3 % après trois ans » ou un barème du même genre, c'est faux. Aucun pourcentage d'ancienneté n'existe dans cette branche. Ce qui existe est un mécanisme différent, et moins généreux : une majoration en points d'indice.

Indice de référence de votre fonctionAprès 3 ansAprès 6 ans (en plus)Gain mensuel total
Jusqu'à 145 inclus+ 2 points+ 2 points≈ 40,76 €
De 146 à 210 inclus+ 3 points+ 3 points≈ 61,14 €
Au-delà de 210+ 5 points+ 5 points≈ 101,90 €

Ces points sont des points B, à 10,19 € l'unité : deux points valent 20,38 € par mois, trois points 30,57 €, cinq points 50,95 €. Deux règles d'application méritent attention. D'abord, c'est l'indice de référence de la fonction, avant toute autre majoration, qui détermine votre tranche — pas l'indice majoré du type de radio. Ensuite, et c'est moins agréable, la période passée sur une fonction « débutant » n'est pas prise en compte dans le calcul de l'ancienneté ouvrant droit à ces points.

Attention à ce qui est inclus dans le minimum

Les rémunérations minimales s'entendent pour un emploi à temps plein et incluent, le cas échéant, les avantages en nature déclarés et imputés sur le salaire brut — voiture, logement, électricité — ainsi que les commissions. Pour un attaché commercial rémunéré en partie à la commission, cela signifie que le variable entre dans la vérification du minimum : la comparaison ne se fait pas sur le seul fixe.

Aucune autre prime conventionnelle n'a été trouvée dans cette branche : ni prime de panier, ni prime de transport, ni prime d'antenne, ni gratification annuelle, ni treizième mois. Le treizième mois et la prime d'ancienneté dont bénéficient les journalistes existent bien, mais ils sont institués par la convention des journalistes, pas par celle-ci.

Article 3 « dispositions d'ancienneté » de l'accord du 5 décembre 2008, dont le mécanisme est rappelé par le préambule de l'accord du 2 juillet 2024 — Légifrance. Inclusion des avantages en nature et des commissions dans le minimum : article 7 du même accord.

7. Journalistes : une autre convention, mais une négociation commune

Dans une rédaction de radio, deux conventions coexistent. Les journalistes professionnels et assimilés sont expressément exclus du champ de l'IDCC 1922 et relèvent de la convention collective nationale des journalistes, IDCC 1480, quel que soit leur employeur. Un animateur relève donc de la convention de la radiodiffusion, un journaliste de celle des journalistes, dans la même entreprise et parfois dans le même studio.

Deux conventions, une seule table de négociation

Les deux branches négocient ensemble, dans une commission mixte commune. Leurs accords de salaires sont signés le même jour — deux accords jumeaux le 27 juin 2025 — avec les mêmes valeurs de point A et B, mais celui qui concerne les journalistes est déposé côté IDCC 1480. Deux textes de la branche radiodiffusion couvrent malgré tout les journalistes : l'accord sur la période d'essai et celui sur la prévoyance.

Nous ne publions pas la grille des emplois repères journalistes : les seules versions que nous ayons pu ouvrir datent de 2006 et 2007 et sont périmées. Si vous êtes journaliste de radio, la référence à demander est l'accord du 27 juin 2025 rattaché à l'IDCC 1480, et les dispositions de fond — treizième mois, prime d'ancienneté — figurent dans la convention des journalistes elle-même.

Exclusion des journalistes : article 1.1 de la convention de la radiodiffusion. Accord jumeau du 27 juin 2025 relatif aux salaires minimums des journalistes du champ de la radiodiffusion, rattaché à l'IDCC 1480, étendu par arrêté du 4 septembre 2025 (JORF n° 0210 du 10 septembre 2025), effet au 1er octobre 2025 — Légifrance. Convention collective nationale des journalistes : IDCC 1480.

8. CDD d'usage, piges et temps partiel

La radio fonctionne beaucoup avec des contrats courts et des intervenants occasionnels. Le sujet n'est pas traité par la convention elle-même mais par des textes distincts, ce qui explique qu'on ne trouve rien en la lisant.

Le CDD d'usage a son propre accord

Un accord national du 29 novembre 2007, étendu en juillet 2008, réserve le recours au CDD d'usage aux emplois limitativement énumérés en annexe. L'usage constant y est défini comme « régulier et bien établi, mais non obligatoirement permanent ni exclusif de tout autre ». Nous ne publions pas la liste des emplois concernés : nous n'avons pas pu l'ouvrir.

Certains intervenants sans durée minimale

L'accord sur le temps partiel prévoit un régime propre aux artistes interprètes, musiciens, voix antenne, speakers publicitaires, humoristes, chroniqueurs, commentateurs sportifs non journalistes et aux pigistes : ils peuvent être employés sans durée minimale de travail, sous réserve du caractère exceptionnel des prestations.

Pour les temps partiels de droit commun, l'accord prévoit des garanties concrètes : horaires écrits et réguliers, délai de prévenance de quinze jours calendaires minimum en cas de modification par l'employeur, avec un droit d'opposition du salarié dans des cas listés sans que ce refus constitue une faute. Le regroupement du temps de travail est également encadré : en dessous de 24 heures hebdomadaires, pas plus de cinq jours par semaine ; en dessous de 17 h 30, pas plus de quatre jours ; en dessous de quatre heures effectives sur une journée, aucune coupure ; entre quatre et huit heures, coupure limitée au tiers de la durée effective de la journée. Le retour à la durée minimale se demande par écrit, avec un préavis de deux mois.

Accord collectif national du 29 novembre 2007 relatif aux salariés employés sous contrat à durée déterminée d'usage, étendu par arrêté du 9 juillet 2008, modifié par avenant n° 2 du 30 avril 2016 — Légifrance. Temps partiel : accord du 6 novembre 2014 et ses avenants, prorogé par l'avenant n° 4 du 4 juillet 2025 pour les deux conventions 1480 et 1922, étendu par arrêté du 3 juin 2026 publié au JORF du 6 juin 2026. Nous ne publions pas le barème des piges, dont nous n'avons pas pu vérifier les valeurs.

9. Période d'essai : le vrai avantage conventionnel de cette branche

C'est l'un des rares terrains où la convention fait mieux que la loi, et elle le fait nettement. L'accord du 25 mars 2011 couvre l'ensemble des salariés, journalistes et non journalistes, et raccourcit les durées maximales, renouvellement compris.

CatégorieEssai initialRenouvellement inclusMaximum légalBilan
Ouvriers et employés2 mois3 mois4 moisConventionnel
Techniciens et agents de maîtrise3 mois4 mois6 moisConventionnel
Cadres3 mois5 mois8 moisConventionnel

Pour un cadre, la différence est considérable : trois mois d'essai initial au lieu de quatre, et cinq mois au total au lieu de huit. Le code du travail réserve expressément l'application des durées plus courtes fixées par un accord postérieur à juin 2008 : c'est donc bien la convention qui s'applique.

Vos piges et CDD antérieurs réduisent l'essai

L'accord prévoit que les piges et les contrats à durée déterminée effectués dans l'entreprise au cours des six mois précédents viennent en déduction de la période d'essai. Dans une branche où l'on entre presque toujours par des contrats courts, c'est une disposition à faire valoir dès la signature. Autres garanties : le renouvellement n'est jamais présumé — il doit être prévu au contrat et notifié par écrit — et si l'employeur ne respecte pas le délai de prévenance de rupture, vous avez droit à la rémunération correspondant à la partie du délai non effectuée.

En revanche, ni préavis ni indemnité conventionnels

Aucune disposition de préavis de rupture n'existe dans cette branche : c'est le régime légal qui s'applique — un mois entre six mois et deux ans d'ancienneté, deux mois au-delà. Et aucun barème conventionnel d'indemnité de licenciement n'a jamais été négocié : c'est l'indemnité légale qui vous est due, soit un quart de mois par année jusqu'à dix ans et un tiers au-delà, dès huit mois d'ancienneté. Si un site vous annonce un barème conventionnel pour l'IDCC 1922, il invente.

Accord du 25 mars 2011 relatif à la période d'essai, texte attaché étendu — Légifrance. Comparaison légale : articles L. 1221-19, L. 1221-21 et L. 1221-22 du code du travail, ce dernier réservant les durées plus courtes fixées par un accord postérieur au 25 juin 2008. Préavis : L. 1234-1. Indemnité de licenciement : R. 1234-2. L'absence de disposition conventionnelle sur ces deux derniers points est documentée par les accords de méthode de 2019 et 2024.

10. Temps de travail : quatre modalités au choix de la radio

Un accord du 28 juin 1999 met en œuvre les 35 heures, « prioritairement par l'instauration de jours de repos rémunérés ». Il ouvre quatre modalités, l'entreprise en choisissant une pour tous ou une par catégorie de personnel.

ModalitéOrganisationÀ savoir
135 h hebdomadaires sur 4 ou 5 joursPossibilité, sur deux semaines consécutives, de 39 h puis 31 h sur 4 jours — les heures de la 36e à la 39e ne sont alors pas majorées et ne s'imputent pas sur le contingent
236 h sur 4 jours6 jours ouvrés de repos RTT par an
339 h sur 5 jours24 jours ouvrés de repos RTT par an, à défaut d'accord 12 fixés par le salarié et 12 par l'employeur ; suractivité limitée à 13 semaines sur 12 mois ; prévenance de 14 jours
432 h sur 4 joursL'employeur peut fixer 17 journées complémentaires par an, prévenance de 14 jours ; les heures de jour ne peuvent être compensées par des heures de nuit

Les repos non pris se reportent au premier trimestre de la période suivante en cas de travaux supplémentaires ou urgents, ou d'absence justifiée. Rappelons le point signalé en ouverture : aucun forfait annuel en jours n'existe dans cette branche. Si vous êtes en forfait jours dans une radio relevant de l'IDCC 1922, il repose nécessairement sur un accord d'entreprise — et sa validité suppose que cet accord comporte les garanties de suivi de la charge de travail exigées par la loi.

Accord du 28 juin 1999 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail, texte attaché à la convention — Légifrance. La modalité 1 a été étendue sous réserve des dispositions légales alors applicables aux heures supplémentaires (arrêté du 17 novembre 1999). Forfait jours : article L. 3121-63 du code du travail, qui suppose un accord collectif.

11. Ce que nous ne publions pas — et pourquoi

Légifrance filtre l'accès automatisé à ses pages, ce qui a compliqué la vérification de cette branche. Nous avons recoupé les textes avec les versions signées publiées par une organisation patronale signataire. Les points suivants n'ont pas pu être établis avec assez de certitude.

  • L'annexe en euros de l'accord de salaires 2025 : les montants par indice publiés ici sont calculés par la formule conventionnelle, pas recopiés d'une annexe. Le calcul est fiable — il restitue exactement les montants de l'annexe 2024 — mais il fallait le dire.
  • Les grilles des radios de types 2 et 3 en version 2025 : seule la mécanique de majoration est vérifiée, pas les tableaux détaillés.
  • La grille des emplois repères journalistes : les seules versions ouvertes datent de 2006 et 2007, périmées.
  • Le barème des piges en euros : le mécanisme en points est cohérent avec le reste du dispositif, mais les valeurs n'ont pas pu être confirmées sur une source fiable.
  • Le contenu de l'accord sur le CDD d'usage : liste des emplois concernés, durées maximales, existence ou non d'une indemnité de fin de contrat, règles de requalification. Seuls l'existence et le principe de l'accord sont acquis.
  • Les taux de cotisation des régimes de prévoyance et de frais de santé de la branche.
  • Le numéro de brochure du Journal officiel et les codes NAF : le texte n'en cite aucun, et les listes que l'on trouve ailleurs ne sont qu'un usage constaté.
  • L'IDCC applicable à Radio France et à plusieurs branches voisines : nous savons qu'elles sont exclues du champ, nous ne publions pas leurs numéros sans les avoir vérifiés. Attention, une source secondaire présente d'ailleurs un numéro de brochure comme s'il s'agissait d'un IDCC.
  • Le rattachement des webradios sans diffusion hertzienne : le champ est fonctionnel et vise l'internet, mais aucune source ne permet de présenter ce rattachement comme automatique.
  • Une contradiction de date que nous ne tranchons pas : l'accord de 2008 place les emplois de débutant à l'indice 120, les annexes récentes à 121. Nous retenons 121, qui est la valeur des annexes en vigueur.

FAQ — Convention de la radiodiffusion

En points, selon une formule conventionnelle : 120 × point A + (indice − 120) × point B. Depuis le 1er octobre 2025, le point A vaut 15,14 € et le point B 10,19 €, valeurs fixées par l'accord du 27 juin 2025 étendu par arrêté du 4 septembre 2025. Un animateur à l'indice 124 a donc un minimum de 1 816,80 € plus quatre fois 10,19 €, soit 1 857,56 € bruts mensuels dans une radio de type 1.

Non, et c'est une réponse qui surprend dans un métier où l'antenne tourne en continu. La convention ne comporte aucune disposition sur le travail de nuit, le dimanche ou les jours fériés. Ce n'est pas un oubli de lecture : la branche le reconnaît elle-même, ses accords de méthode de 2019 et 2024 listent expressément ces thèmes parmi ceux restant à négocier. C'est donc le régime légal qui s'applique, complété le cas échéant par un accord d'entreprise. Toute majoration chiffrée présentée comme conventionnelle pour cette branche est fausse.

Non. L'article 1.1 exclut expressément les sociétés du secteur public de la communication audiovisuelle visées par la loi du 30 septembre 1986, c'est-à-dire Radio France ainsi que les sociétés éditant RFI et RFO. Sont également exclues les trois grandes généralistes commerciales à vocation nationale : RTL, RMC et Europe 1. La convention couvre les radios privées indépendantes, les réseaux et les radios associatives.

Les deux indices les plus bas. Depuis le 1er juin 2026, l'indice 121 à 1 826,99 € et l'indice 124 à 1 857,56 € sont inférieurs au SMIC de 1 867,02 €. Cela concerne tous les emplois de débutant — animateur, technicien-réalisateur, attaché commercial, employé de bureau, hôte d'accueil — et tous les emplois à l'indice 124 : animateur, technicien, assistant d'émission, producteur d'antenne, télévendeur, aide-comptable. L'accord précise lui-même que le calcul s'applique sous réserve de dispositions plus favorables résultant du SMIC légal.

Pas en pourcentage du salaire. Ce qui existe est une majoration en points d'indice, prévue par l'accord du 5 décembre 2008 pour les personnels non journalistes : +2 points à 3 ans puis +2 à 6 ans pour les fonctions jusqu'à l'indice 145, +3 et +3 de 146 à 210, +5 et +5 au-delà. Ce sont des points B, donc deux points valent environ 20 € par mois. Tout barème du type « 3 % après 3 ans » annoncé pour cette branche est inventé. À noter : la période passée sur une fonction « débutant » ne compte pas dans cette ancienneté.

Non. Les journalistes et assimilés sont expressément exclus du champ et relèvent de la convention collective nationale des journalistes, IDCC 1480, quel que soit leur employeur. Les deux branches négocient toutefois ensemble : leurs accords de salaires sont signés le même jour dans une commission mixte commune, avec les mêmes valeurs de point, mais l'accord journalistes est déposé côté 1480. Deux textes de la branche radiodiffusion couvrent malgré tout les journalistes : celui sur la période d'essai et celui sur la prévoyance.

L'indemnité légale, car la branche n'a jamais négocié de barème conventionnel. Le régime applicable est donc celui du code du travail : un quart de mois par année d'ancienneté jusqu'à dix ans, un tiers au-delà, à partir de huit mois d'ancienneté. Le préavis suit la même logique — aucune disposition conventionnelle, donc un mois entre six mois et deux ans d'ancienneté, deux mois au-delà. Si un site vous annonce un barème conventionnel de licenciement pour l'IDCC 1922, il se trompe.

Oui, et c'est l'un des rares avantages conventionnels réels de cette branche. L'accord du 25 mars 2011 fixe pour les non-journalistes deux mois pour les ouvriers et employés, trois mois pour les techniciens et agents de maîtrise et trois mois pour les cadres, avec un maximum renouvellement inclus de trois, quatre et cinq mois. Le code du travail permettrait quatre mois initiaux et huit mois au total pour un cadre : la convention est donc nettement plus favorable. Les piges et CDD des six mois précédents viennent en outre réduire la période d'essai.

Sources officielles

Les valeurs de cette page ont été vérifiées le 22 septembre 2026 sur Légifrance, au Journal officiel et sur les versions signées publiées par une organisation signataire de la branche. Ce qui n'a pas pu être établi figure à la section « Ce que nous ne publions pas ».

  • Convention collective nationale de la radiodiffusion du 11 avril 1996 (IDCC 1922), étendue par arrêté du 22 octobre 1996 publié au JORF du 1er novembre 1996 — Légifrance.
  • Article 1.1 — champ d'application, dans sa rédaction issue de l'accord du 5 décembre 2008 : exclusions du secteur public, des trois généralistes nationales et des journalistes.
  • Accord du 5 décembre 2008 relatif aux classifications et aux salaires : indices de référence, trois types de radios, dispositions d'ancienneté, inclusion des avantages en nature et commissions.
  • Accord du 27 juin 2025 relatif aux salaires minimums conventionnels, étendu par arrêté du 4 septembre 2025 (JORF n° 0210 du 10 septembre 2025), effet au 1er octobre 2025 : point A 15,14 €, point B 10,19 €, formule de calcul. Accords antérieurs du 2 juillet 2024 (étendu le 12 septembre 2024) et du 26 septembre 2023 (étendu le 18 décembre 2023).
  • Accord de méthode du 1er février 2019, étendu par arrêté du 2 avril 2021, et accord de méthode de 2024 : liste des thèmes restant à négocier, dont la nuit, le dimanche, les jours fériés, le préavis, les congés et les ruptures.
  • Accord du 25 mars 2011 relatif à la période d'essai (journalistes et non-journalistes) ; accord du 28 juin 1999 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail ; accord du 6 novembre 2014 sur le temps partiel, prorogé par l'avenant n° 4 du 4 juillet 2025, étendu par arrêté du 3 juin 2026 (JORF du 6 juin 2026).
  • Accord collectif national du 29 novembre 2007 relatif aux salariés en CDD d'usage, étendu par arrêté du 9 juillet 2008, modifié par avenant n° 2 du 30 avril 2016.
  • Accord jumeau du 27 juin 2025 sur les salaires des journalistes du champ de la radiodiffusion, rattaché à l'IDCC 1480, étendu par arrêté du 4 septembre 2025.
  • Code du travail : L. 3122-1 et suivants (nuit), L. 3132-1 et suivants (dimanche), L. 3133-1 et suivants (fériés), L. 1221-19, L. 1221-21 et L. 1221-22 (essai), L. 1234-1 (préavis), R. 1234-2 (indemnité de licenciement), L. 3141-3 (congés), L. 3121-63 (forfait jours). Loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 pour la définition du service de radiodiffusion et le périmètre du secteur public.
  • SMIC : 1 867,02 € brut mensuel et 12,31 € de l'heure au 1er juin 2026 ; 1 823,03 € auparavant.

Information à visée informative, à jour au 22 septembre 2026. Ce site n'est pas un service gouvernemental et ne délivre pas de conseil juridique personnalisé. En cas de litige, référez-vous au texte sur Légifrance et rapprochez-vous de vos représentants du personnel, d'un avocat ou de l'inspection du travail.

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