Convention Transport Aérien 2026 (IDCC 275) : Salaires et Droits du Personnel au Sol

Mise à jour : 06/08/2026 Convention collective

Agent d'escale au comptoir d'enregistrement, bagagiste sur le tarmac, agent de piste, agent de fret, mécanicien d'entretien en ligne, agent de trafic ou gestionnaire des opérations : derrière chaque avion qui décolle, il y a le personnel au sol — et sa convention collective, la CCN du personnel au sol des entreprises de transport aérien du 22 mai 1959 (IDCC 275, brochure 3177), l'une des plus anciennes de France, étendue depuis 1964 et négociée côté employeurs par la FNAM. Elle couvre les compagnies aériennes, mais aussi toute la chaîne de l'assistance en escale (handling), les exploitants d'aéroports — et même, depuis 2016, les opérateurs professionnels de drones.

C'est une convention taillée pour un secteur qui ne dort jamais : majorations du dimanche et de la nuit, indemnité de panier, repos compensateurs du travail nocturne, congés bonifiés hors saison — et des avantages de fond solides comme un 13ᵉ mois conventionnel, une indemnité de licenciement qui grimpe bien au-dessus du légal avec l'ancienneté, et un maintien de salaire maladie qui peut atteindre 8 mois. Ce guide détaille tout, sur la base du texte officiel et de l'avenant salaires n°100, étendu en 2025.

ÉTAPE 0 : Qui relève de l'IDCC 275 (et qui n'en relève pas) ?

Le champ d'application (article 1ᵉʳ, rédaction de l'avenant 89 de 2016) couvre quatre familles d'employeurs — et exclut deux populations qu'on croit souvent concernées :

✈️ Compagnies aériennes Personnel au sol, vols réguliers et charters (NAF 51.10Z, 51.21Z)
🧳 Assistance en escale Handling : passagers, bagages, fret, piste, nettoyage avion, carburant… (52.23Z)
🛫 Exploitants d'aéroports Hors Aéroports de Paris (statut propre)
🚁 Drones civils Exploitants professionnels et centres de formation

⚠️ N'en relèvent pas : le personnel navigant (pilotes, hôtesses, stewards — régi par le code des transports et les accords propres à chaque compagnie) et les agents de sûreté aéroportuaire (inspection-filtrage), qui dépendent de la convention prévention-sécurité — voir notre guide de la convention sécurité privée (1351). À noter : la branche de la manutention et du nettoyage sur les aéroports parisiens (ex-IDCC 1391) a été fusionnée dans l'IDCC 275 (arrêté de 2019, accord-cadre de 2022).

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1. La grille des 20 coefficients (avenant n°100)

Les salaires minima garantis (SMH) sont fixés par l'avenant n°100 du 2 avril 2025, signé par la FNAM et trois organisations syndicales (FGTE-CFDT, CFE-CGC, FAT-UNSA) et étendu par arrêté du 2 juin 2025 — il s'impose donc à toutes les entreprises de la branche. Son dernier palier s'applique depuis le 1ᵉʳ novembre 2025 et reste la grille en vigueur : aucun avenant salaires n'était publié pour 2026 au 6 août, mais le texte lui-même annonce des travaux paritaires « dès début 2026 » sur les écarts entre coefficients — la prochaine grille est donc en préparation.

Coefficient Catégorie Minimum au 01/11/2025
160Ouvriers / employés — niveau d'entrée1 845 € 1 867,02 € (SMIC)*
165Ouvriers / employés1 855 € 1 867,02 € (SMIC)*
175Ouvriers / employés1 865 € 1 867,02 € (SMIC)*
185Ouvriers / employés1 885 €
190Ouvriers / employés1 895 €
195Ouvriers / employés1 915 €
200Ouvriers / employés1 925 €
220Ouvriers / employés1 965 €
235Ouvriers / employés qualifiés2 075 €
245Ouvriers / employés qualifiés2 105 €
260Agents d'encadrement et techniciens2 205 €
270Agents d'encadrement et techniciens2 275 €
290Agents d'encadrement et techniciens2 425 €
295Agents d'encadrement et techniciens2 445 €
300Cadres — position I.A2 645 €
360Cadres — position I.B2 985 €
420Cadres — position II.A3 435 €
510Cadres — position II.B4 115 €
600Cadres — position III.A4 795 €
750Cadres — position III.B5 925 €

Salaires minima hiérarchiques bruts mensuels, base 35 h. Avenant n°100 du 2 avril 2025 (palier du 1ᵉʳ novembre 2025), étendu par arrêté du 2 juin 2025 (JORF 27 juin 2025) — texte signé (FNAM) · version Légifrance.

* Coefficients 160 à 175 : le SMIC s'applique

Le SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 € pour 151,67 h) a rattrapé les trois premiers coefficients de la grille : pour eux, l'employeur doit verser au moins le SMIC. Le premier minimum conventionnel réellement applicable est le coefficient 185 (1 885 €). Rappel utile : le coefficient 160 est un niveau d'entrée dont la convention prévoit l'évolution vers un niveau supérieur sous 18 mois.

2. Simulateur : votre salaire avec les majorations du secteur

Sélectionnez votre coefficient et vos heures « atypiques » du mois : le simulateur applique le plancher SMIC, la majoration dimanche (+25 %), la majoration nuit (+50 %) et compte vos paniers (7,40 € par service en soirée/nuit éligible).

Votre situation

0 an5 ans (5 %)plafond 15 ans
BRUT MENSUEL ESTIMÉ
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base + ancienneté + majorations + paniers


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Estimation indicative. La gratification annuelle (13ᵉ mois, ≥ 1 mois de salaire) s'ajoute en fin d'année. Le panier est un remboursement de frais. Net ≈ 78 % du brut hors paniers.

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3. 13ᵉ mois, prime d'ancienneté, panier : les compléments garantis

Au-delà du minimum de votre coefficient, trois compléments sont garantis par le texte — et méritent une vérification ligne par ligne sur votre bulletin :

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Gratification annuelle (13ᵉ mois)

L'article 36 garantit une prime de fin d'année au minimum égale à 100 % du salaire forfaitaire mensuel. Les modalités de versement (une fois, en deux fois…) sont fixées dans chaque entreprise, mais le principe est un droit de branche.

Prime d'ancienneté (non-cadres)

1 % par année d'ancienneté du salaire minimum de votre coefficient, dans la limite de 15 ans (15 %). Au coefficient 200, cela représente jusqu'à ≈ 289 €/mois. Les cadres n'y ont pas droit — et le « plafond à 10 % » qui circule sur certains sites est faux.

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Indemnité de panier : 7,40 €

Pour les services en soirée ou de nuit : au moins 3 h 45 de travail entre 18 h et 6 h (ouvriers/employés) ou 4 h (agents de maîtrise). Montant revalorisé à 7,40 € depuis le 1ᵉʳ avril 2025. Non cumulable avec un avantage d'entreprise de même objet (le plus favorable s'applique).

Le texte prévoit aussi une majoration pour travaux pénibles, dangereux ou insalubres (montants fixés en entreprise) et une indemnité de servitude lorsque vos horaires vous privent des transports en commun — deux dispositifs à activer localement. En revanche, contrairement à une croyance très répandue dans le secteur, les billets à tarif réduit (« GP ») ne sont pas un droit conventionnel : ce sont des avantages d'entreprise, propres à chaque compagnie.

4. Dimanche +25 %, nuit +50 %, fériés payés double

Les aéroports tournent 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, et la convention rémunère cette réalité. Les heures prévues à l'horaire et travaillées le dimanche sont majorées de 25 % ; les heures accomplies entre 22 h et 6 h le sont de 50 % — et ces majorations s'ajoutent, le cas échéant, à celles des heures supplémentaires (+25 % pour les 8 premières, +50 % au-delà). Côté jours fériés, la convention garantit 9 jours de fêtes légales en plus du 1ᵉʳ mai : un férié travaillé est soit payé double (comme le 1ᵉʳ mai), soit compensé par un jour de congé.

Travailleur de nuit : les protections de l'accord de 2003

Si vous travaillez au moins deux fois par semaine 3 heures entre 21 h et 6 h (ou 270 h/an sur cette plage), vous êtes « travailleur de nuit » au sens de l'accord de branche du 14 janvier 2003 : en plus des majorations, vous cumulez un repos compensateur forfaitaire de 1 à 4 jours par an selon votre volume d'heures nocturnes (1 jour dès 270 h, 4 jours au-delà de 1 400 h), la durée d'un poste de nuit est plafonnée à 8 heures (10 h pour la continuité d'activité sur les bases aéroportuaires, 12 h en circonstances exceptionnelles), et toute vacation d'au moins 6 heures ouvre droit à 30 minutes de pause.

5. Classification : 5 filières, 5 niveaux, 6 positions cadres

La classification des non-cadres est une grille « mixte » combinant emplois repères et critères classants (complexité/technicité, autonomie/initiatives, animation/coordination), organisée en 5 filières — Exploitation, Logistique, Maintenance, Relation clients, Supports — et 5 niveaux : les niveaux 1 à 3 forment l'annexe « Ouvriers et employés » (coefficients 160 à 245), les niveaux 4 et 5 l'annexe « Agents d'encadrement et techniciens » (260 à 295). Les cadres relèvent de l'annexe I avec 3 groupes et 6 positions, du coefficient 300 (position I.A) au coefficient 750 (III.B). Bon à savoir pour les débutants : le coefficient d'entrée 160 est conçu comme transitoire, avec une évolution prévue vers le niveau supérieur dans les 18 mois.

6. Congés : jusqu'à 32 jours, avec bonus hors saison

La convention part des 30 jours ouvrables légaux et y ajoute l'ancienneté : 31 jours après 5 ans, 32 jours après 10 ans. Et parce que le transport aérien ne peut pas fermer l'été, elle récompense ceux qui posent leurs congés en basse saison : des congés pris entre le 1ᵉʳ novembre et le 30 avril rapportent 1 jour supplémentaire (3 à 5 jours pris), 2 jours (6 à 11 jours) ou 3 jours (12 jours et plus). Un levier méconnu qui peut porter le total à 35 jours.

Le congé enfant malade est indemnisé — rare dans le privé : 4 jours par année civile pour un enfant de moins de 16 ans, 6 jours à partir de deux enfants, fractionnables par demi-journées, avec 5 jours non indemnisés en plus pour un enfant de moins d'un an et 2 jours indemnisés supplémentaires par an pour un enfant en situation de handicap. Les congés pour événements familiaux (article 30 : mariage 4 jours, décès du conjoint 5 jours, naissance 3 jours…) datent en partie d'anciennes rédactions : pour certains événements, la loi est devenue plus favorable — notamment le décès d'un enfant (5 jours légaux minimum, 7 jours ouvrés si l'enfant avait moins de 25 ans, contre 4 au texte) ou le décès d'un frère ou d'une sœur (3 jours légaux contre 1) — et c'est alors elle qui s'applique. Les futures mères bénéficient d'une réduction d'horaire de 30 minutes par jour dès le 4ᵉ mois de grossesse et d'une heure quotidienne d'allaitement pendant un an.

7. Maladie et maternité : un maintien de salaire très protecteur

Après un an d'ancienneté, l'employeur maintient votre salaire en cas d'arrêt maladie selon un barème qui grimpe vite : pour les ouvriers et employés, 2 mois à 100 % puis 2 mois à 50 % entre 1 et 5 ans d'ancienneté, jusqu'à 4 mois à 100 % + 4 mois à 50 % au-delà de 15 ans. Les agents de maîtrise et techniciens gagnent 1 mois de plus par tranche, les cadres 2 mois de plus — soit jusqu'à 6 mois à plein salaire pour un cadre ancien. La maternité et l'adoption sont couvertes par un maintien des appointements (moyenne des 3 derniers mois, sous déduction des IJSS et prestations de prévoyance). La branche a par ailleurs modernisé sa protection sociale : accord frais de santé de 2022 (révisé fin 2024, étendu en mars 2025) et nouveau régime de prévoyance des non-cadres (accord du 22 décembre 2025, étendu le 7 avril 2026, applicable rétroactivement au 1ᵉʳ janvier 2026).

8. Essai, préavis, licenciement et retraite

La période d'essai est courte pour les non-cadres : 1 mois (ouvriers/employés comme agents de maîtrise), prolongeable une fois d'une durée égale par accord écrit pour les fonctions difficiles. Les cadres sont à 3 mois (groupes I et II) ou 6 mois (groupe III), prolongeables — des durées anciennes à articuler avec les plafonds légaux de 2008. Méfiez-vous des « 2/3/4 mois » publiés par certains sites : ils ne correspondent pas au texte. Côté préavis : 1 mois en cas de démission, 1 mois (moins de 2 ans d'ancienneté) ou 2 mois (2 ans et plus) en cas de licenciement pour les non-cadres, 3 mois réciproques pour les cadres — avec 50 heures de recherche d'emploi pendant le préavis.

Indemnité de licenciement : parmi les plus favorables du privé

Le barème conventionnel (article 20, révisé par l'avenant du 4 juillet 2024, étendu le 24 septembre 2024) démarre au niveau légal — 1/4 de mois par année dès 8 mois d'ancienneté — puis décroche nettement au-dessus : 2/5 de mois par année entre 5 et 10 ans, 3/5 à 4/5 entre 10 et 20 ans selon la catégorie, et 1 mois par année au-delà de 20 ans, dans la limite d'un plafond de 18 mois. Les cadres de plus de 50 ans ayant 10 ans d'ancienneté reçoivent 1 à 2 mois supplémentaires hors plafond. À 15 ans d'ancienneté, l'écart avec le barème légal se chiffre en milliers d'euros.

Le départ volontaire à la retraite ouvre droit à 1/5 (cadres), 1/6 (maîtrise) ou 1/7 (employés) de mois par année, plafonnés à 6, 5 et 4 mois. Comparez avec notre simulateur d'indemnité.

9. Ce qui bouge dans la branche

La branche est active : après la fusion du champ de l'ex-convention de la manutention et du nettoyage sur les aéroports parisiens (IDCC 1391) dans l'IDCC 275 (arrêté de 2019, accord-cadre de décembre 2022), les partenaires sociaux ont enchaîné la révision de l'indemnité de licenciement (2024), la refonte de la protection sociale (frais de santé étendus en mars 2025, prévoyance non-cadres étendue en avril 2026), les moyens du dialogue social (accord de juillet 2025) et l'avenant salaires n°100 (juin 2025). Le chantier annoncé pour 2026 : des travaux paritaires sur les écarts entre coefficients, inscrits noir sur blanc dans l'avenant 100 — la classification pourrait donc évoluer. Nous mettrons cette page à jour dès qu'un nouvel avenant sera étendu. La branche emploie de l'ordre de 80 000 à 90 000 salariés selon les années (portraits statistiques de branche DARES).

10. Questions fréquentes

Au minimum le SMIC (1 867,02 €) si vous êtes aux coefficients 160-175, et le minimum conventionnel au-delà (1 885 € au coefficient 185, 1 925 € au 200…). Mais le vrai salaire du secteur se construit avec les majorations : dimanches (+25 %), nuits (+50 %), paniers (7,40 €) et le 13ᵉ mois conventionnel — un agent d'escale en horaires décalés dépasse largement son minimum de grille. Rappel : le coefficient 160 doit évoluer sous 18 mois.

Oui : les entreprises d'assistance en escale (passagers, bagages, fret, piste, nettoyage avion, carburant, entretien en ligne…) relèvent expressément de l'IDCC 275 dès lors qu'elles ne dépendent pas d'une autre convention étendue. Mêmes grilles, mêmes majorations, même 13ᵉ mois que le personnel au sol des compagnies.

Oui, deux fois : chaque heure entre 22 h et 6 h est majorée de 50 %, et si vous êtes « travailleur de nuit » (≥ 270 h/an sur la plage nocturne), l'accord de 2003 vous accorde un repos compensateur forfaitaire de 1 à 4 jours par an selon votre volume d'heures. Vérifiez que ce compteur apparaît bien dans votre outil de planning.

Non — c'est LA légende urbaine du secteur : la convention ne prévoit aucun billet à tarif réduit. Les « GP » sont des avantages d'entreprise, définis par la politique interne de chaque compagnie (et souvent réservés à leur propre personnel, pas aux salariés du handling). Renseignez-vous auprès de votre employeur, pas dans la convention.

Oui : 12 jours ou plus pris entre le 1ᵉʳ novembre et le 30 avril = 3 jours ouvrables supplémentaires (1 jour dès 3 jours pris, 2 jours dès 6). Combiné aux jours d'ancienneté (31 jours après 5 ans, 32 après 10 ans), un salarié ancien qui optimise ses dates peut atteindre 35 jours ouvrables de congés payés.

Non : le personnel navigant (technique et commercial) est expressément hors du champ de cette convention. Vos règles relèvent du code des transports, du code de l'aviation civile et des accords collectifs propres à votre compagnie. Cette page couvre uniquement le personnel au sol.

11. Sources officielles

Données vérifiées le 6 août 2026 sur les textes officiels (grille recopiée du PDF signé de l'avenant n°100). Ce site n'est pas un site gouvernemental : pour un conseil individuel, rapprochez-vous de vos représentants du personnel, d'un syndicat ou d'un avocat en droit social.

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