Indemnité de rupture conventionnelle des agents publics : plancher et plafond

Depuis le 8 août 2026, l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle (ISRC) se négocie entre un plancher de 1/6 à 1/3 de mois par année d'ancienneté et un plafond de 1/24 de la rémunération annuelle par année. Saisissez votre rémunération et votre ancienneté.

Calculer la fourchette de mon indemnité

Barème du décret n° 2026-746. Calcul dans votre navigateur : aucune donnée n'est envoyée.
Ministères et leurs services, Éducation nationale (enseignants, CPE, personnels administratifs, AESH), universités, police nationale, finances publiques, justice et pénitentiaire, établissements publics de l'État.
Traitement, indemnité de résidence, SFT, NBI et primes, hors frais et primes de mobilité. En mensuel : moyenne de l'année.
Ancienneté de services publics à la date de départ
ans
mois
Services effectifs dans les trois fonctions publiques, comme titulaire ou contractuel.
€
Pour vérifier qu'une offre respecte le barème et connaître sa fiscalité.

Estimation des bornes réglementaires. Le montant réel se négocie et figure dans la convention ; la rupture conventionnelle n'est pas un droit et chaque partie peut la refuser.

Publicité

Fourchette de l'ISRC en mois de rémunération

Montant minimum et maximum exprimés en mois de rémunération brute (rémunération annuelle ÷ 12), selon les années révolues. Multipliez par votre rémunération mensuelle moyenne pour obtenir un ordre de grandeur.

AnciennetéDepuis le 8 août 2026Jusqu'au 7 août 2026
PlancherPlafondPlancherPlafond
1 an 0,17 mois 0,5 mois 0,25 mois 1 mois
5 ans 0,83 mois 2,5 mois 1,25 mois 5 mois
10 ans 1,67 mois 5,0 mois 2,50 mois 10 mois
15 ans 2,67 mois 7,5 mois 4,50 mois 15 mois
20 ans 3,92 mois 10,0 mois 7,00 mois 20 mois
24 ans et plus 5,25 mois 12,0 mois 9,40 mois 24 mois

Décret n° 2019-1596 du 31 décembre 2019, articles 2 et 3, dans sa rédaction issue du décret n° 2026-746 du 6 août 2026 (colonnes de gauche) et dans sa rédaction initiale (colonnes de droite).

Comment se calcule l'indemnité de rupture conventionnelle

Le barème depuis le 8 août 2026

La rupture conventionnelle des fonctionnaires, expérimentée de 2020 à 2025, est devenue définitive : la loi de finances pour 2026 l'a inscrite aux articles L552-1 à L552-5 du code général de la fonction publique à compter du 21 février 2026. Le décret n° 2026-746 du 6 août 2026, entré en vigueur le 8 août 2026, a gardé la méthode de calcul mais abaissé les deux bornes de l'indemnité, « en cohérence avec les montants effectivement servis » selon sa notice.

Par année d'anciennetéPlancher depuis le 8 août 2026Plancher jusqu'au 7 août 2026
De la 1re à la 10e année 1/6 de mois 1/4 de mois
De la 11e à la 15e année 1/5 de mois 2/5 de mois
De la 16e à la 20e année 1/4 de mois 1/2 de mois
De la 21e à la 24e année 1/3 de mois 3/5 de mois
Plafond 1/24 de la rémunération annuelle par année 1/12 de la rémunération annuelle par année

Le plafond est donc divisé par deux : il ne peut plus dépasser six mois de rémunération pour 12 ans d'ancienneté, ni une année de rémunération au-delà de 24 ans. Le plancher baisse d'un tiers à la moitié selon la tranche. Les années au-delà de la 24e ne comptent ni pour le plancher ni pour le plafond.

Exemple de la circulaire du 7 août 2026.

Un fonctionnaire compte 15 ans et demi d'ancienneté et 50 000 € de rémunération brute l'année précédente. Les six mois ne forment pas une année révolue : le calcul retient 15 ans. Plancher : 10 × 1/6 × 50 000/12 + 5 × 1/5 × 50 000/12 = 11 111 €. Plafond : 15 × 50 000/24 = 31 250 €.

Le décret ne prévoit pas de disposition transitoire. Pour une procédure engagée avant le 8 août 2026, le service des ressources humaines indique le barème qu'il retient ; le simulateur affiche les deux pour comparaison.

La rémunération de référence

La base est la rémunération brute annuelle perçue au cours de l'année civile qui précède la date d'effet de la rupture : pour un départ en mars 2027, c'est la rémunération de 2026. Elle comprend le traitement indiciaire, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement, la NBI et les primes. Sont exclus (article 4 du décret n° 2019-1596) :

  • Les primes et indemnités qui remboursent des frais (frais de mission, prise en charge partielle de l'abonnement de transport…).
  • Les majorations et indexations liées à une affectation outre-mer.
  • L'indemnité de résidence à l'étranger.
  • Les primes et indemnités liées au changement de résidence, à la primo-affectation, à la mobilité géographique et aux restructurations.
  • Les indemnités d'enseignement ou de jury et les autres indemnités non directement liées à l'emploi, comme l'indemnisation des jours épargnés sur un compte épargne-temps.

Un agent logé par nécessité absolue de service est compté avec les primes qu'il aurait perçues sans ce logement. Pour un agent qui a touché l'indemnité de résidence à l'étranger, la circulaire demande de retenir l'indemnité de fonction d'un emploi équivalent en administration centrale. Le mois de référence est toujours la rémunération annuelle divisée par 12, y compris quand l'année n'a été que partiellement rémunérée. Pour reconstituer un traitement à partir de son indice, le convertisseur indice majoré → salaire fait le calcul.

L'ancienneté retenue

L'ancienneté correspond aux services effectifs accomplis dans les trois fonctions publiques, État, territoriale et hospitalière, à la date de cessation des fonctions. Les services de contractuel comptent ; les services militaires et les contrats de droit privé, comme un contrat aidé, sont exclus. Seules les années révolues entrent dans le calcul : 9 ans et 11 mois valent 9 ans.

Choisir la date d'effet a donc un enjeu : quelques semaines peuvent faire gagner une année d'ancienneté, et la date d'effet détermine aussi l'année civile de référence pour la rémunération. Pour les praticiens hospitaliers en CDI, l'ancienneté intègre leurs services de praticien et d'agent non titulaire du personnel enseignant et hospitalier.

Qui peut signer une rupture conventionnelle

La fonction publique ne compte que trois versants (articles L3 à L5 du code général de la fonction publique) : il n'y a pas de « fonction publique de l'Éducation nationale » à part. Un enseignant, un CPE ou un personnel administratif d'un rectorat relève de la fonction publique de l'État, comme un policier, un agent des finances publiques ou un personnel d'université.

VersantQui en relève
ÉtatMinistères et leurs services, Éducation nationale (enseignants, CPE, personnels administratifs, AESH), universités, police nationale, finances publiques, justice et pénitentiaire, établissements publics de l'État.
TerritorialeCommunes, intercommunalités, départements, régions, CCAS, centres de gestion, SDIS (sapeurs-pompiers professionnels), ATSEM, police municipale.
HospitalièreHôpitaux publics (CHU, centres hospitaliers), EHPAD publics autonomes, établissements publics sociaux et médico-sociaux (aide sociale à l'enfance, handicap).

Le statut compte davantage que le versant. Situation par situation :

SituationRupture conventionnelle de la fonction publique
Fonctionnaire titulaire (dont enseignant de l'Éducation nationale) Oui
Contractuel de droit public en CDI (dont AED et AESH en CDI) Oui
Ouvrier de l'État Oui
Praticien hospitalier contractuel en CDI Oui
Maître contractuel du privé sous contrat d'association (contrat définitif ou CDI) Oui
Fonctionnaire stagiaire Non — Les fonctionnaires stagiaires sont exclus de la rupture conventionnelle (article L552-2 du code général de la fonction publique). Il en va de même des maîtres stagiaires de l'enseignement privé.
Contractuel en CDD Non — La rupture conventionnelle est réservée aux contractuels en CDI (article L552-5 du code général de la fonction publique) : un CDD en est exclu.
Fonctionnaire détaché sur un contrat Non — Un fonctionnaire détaché en qualité d'agent contractuel ne peut pas conclure de rupture conventionnelle pendant son détachement (article L552-2 du code général de la fonction publique).
Militaire (dont gendarme, sapeur-pompier de Paris, marin-pompier) Autre régime — Les militaires ne relèvent pas du code général de la fonction publique (article L6) mais du statut général des militaires, inscrit au code de la défense : la rupture conventionnelle de la fonction publique et son indemnité ne les concernent pas.
Magistrat judiciaire Autre régime — Les magistrats judiciaires relèvent de l'ordonnance statutaire n° 58-1270 du 22 décembre 1958 et non du code général de la fonction publique (article L6) : ce dispositif ne les concerne pas.
Fonctionnaire des assemblées parlementaires Autre régime — Les fonctionnaires de l'Assemblée nationale et du Sénat ont un statut fixé par chaque assemblée et ne relèvent pas du code général de la fonction publique (article L6) : ce dispositif ne les concerne pas.
Maître agréé ou délégué du privé sous contrat simple Autre régime — Les maîtres des établissements sous contrat simple sont salariés de droit privé de l'organisme de gestion : c'est la rupture conventionnelle du code du travail qui s'applique (Conseil d'État, 14 octobre 2022, n° 451581), avec l'indemnité légale ou conventionnelle.

Deux autres exclusions s'ajoutent. L'agent qui a atteint l'âge légal de départ et remplit les conditions du taux plein ne peut plus signer : l'âge se vérifie avec le simulateur de l'âge légal de départ. L'agent lié par un engagement de servir l'État à l'issue d'une formation (élève d'une école de la fonction publique, par exemple) doit l'avoir entièrement accompli (décret n° 2019-1596, article 4, IV). Les circulaires académiques excluent aussi le contractuel en CDI pendant sa période d'essai.

La rupture conventionnelle n'est jamais un droit : l'administration comme l'agent peuvent la refuser, sans avoir à motiver ce refus. Un fonctionnaire détaché, mis à disposition ou en position normale d'activité adresse sa demande à son administration d'origine, qui négocie, signe et verse l'indemnité. Les fonctionnaires de La Poste et d'Orange ont des statuts particuliers que ce simulateur ne traite pas : leur service des ressources humaines indique les règles applicables.

Enseignants : une campagne annuelle par académie.

Dans l'Éducation nationale, les demandes sont traitées par campagne, avec un calendrier fixé par chaque rectorat ou direction académique : date limite de dépôt, entretiens, commission, signature et date de départ. En 2026, l'académie d'Amiens a fixé les départs au 1er septembre 2026 pour des demandes déposées avant le 3 avril, et la direction académique des Bouches-du-Rhône au 31 décembre 2026 pour les enseignants du premier degré. Les critères publiés par les académies tiennent compte des besoins du service (un emploi en tension peut motiver un refus) et de la solidité du projet professionnel. La date de départ fixée par la campagne détermine l'ancienneté retenue et l'année de rémunération de référence.

La procédure et ses délais

1. Demande écrite — À tout moment, par l'agent ou par l'employeur
Lettre recommandée avec avis de réception ou remise en main propre contre signature.
2. Entretien obligatoire — Au moins 10 jours francs et au plus 1 mois après réception de la demande
Motifs, principe de la rupture, date de cessation, montant envisagé de l'indemnité, chômage, obligation de remboursement, déontologie.
3. Signature de la convention — Au moins 15 jours francs après le dernier entretien
La convention fixe le montant de l'indemnité et la date de cessation définitive des fonctions.
4. Délai de rétractation — 15 jours francs, à compter d'un jour franc après la signature
Ouvert aux deux parties ; il ne court pour l'agent que s'il a reçu un exemplaire signé.
5. Fin des fonctions — À la date fixée par la convention
Radiation des cadres du fonctionnaire ou fin du contrat, versement de l'indemnité.

Un jour franc va de 0 h à 24 h, sans compter le jour de départ ni celui de l'échéance ; un délai qui finit un samedi, un dimanche ou un jour férié est reporté au jour ouvrable suivant. L'agent peut se faire accompagner par un conseiller désigné par l'organisation syndicale de son choix, représentative ou non. L'entretien est obligatoire même si l'administration compte refuser.

Impôt sur le revenu et CSG

L'ISRC suit le régime fiscal de l'indemnité de rupture conventionnelle du privé (article 80 duodecies du code général des impôts). Elle est exonérée d'impôt sur le revenu à hauteur du montant le plus favorable entre deux fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente et 50 % de l'indemnité, sans dépasser six plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 288 360 € en 2026. Le plafond de l'ISRC ne pouvant dépasser une année de rémunération, l'indemnité reste en pratique entièrement non imposable.

Montant de l'indemnité (2026)CSG
Jusqu'à 96 120 € (2 PASS)Exonérée
De 96 120 € à 480 600 €Part au-delà de 96 120 € soumise, pour 98,25 % de son montant
Au-delà de 480 600 € (10 PASS)Totalité soumise

L'employeur public ne paie pas de forfait social sur l'indemnité. Pour un salarié du secteur privé, le calcul et la fiscalité sont différents : voir le simulateur d'indemnité de licenciement et de rupture conventionnelle.

Le droit au chômage

L'agent privé d'emploi par une rupture conventionnelle peut percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) dans les conditions du règlement général d'assurance chômage ; l'employeur coche le motif « rupture conventionnelle » sur l'attestation. L'ISRC, liée à la rupture, n'entre pas dans le salaire de référence de l'allocation. Pour les fonctionnaires, l'employeur public assure lui-même l'indemnisation (auto-assurance) : c'est l'une des raisons pour lesquelles il évalue le coût complet d'un départ.

Le montant et la durée de l'allocation s'estiment avec le simulateur de chômage ; les règles générales de l'ARE après une rupture conventionnelle, délais d'attente compris, sont détaillées sur la page chômage après une rupture conventionnelle.

Après la rupture : remboursement et déontologie

L'agent recruté, comme fonctionnaire ou comme contractuel, dans la même fonction publique que celle qu'il a quittée au cours des 6 ans qui suivent la rupture doit rembourser l'indemnité à l'employeur signataire, au plus tard deux ans après son recrutement. Tout candidat retenu remet une attestation sur l'honneur de non-perception de l'ISRC avant son embauche. Pour les praticiens contractuels, l'obligation ne joue qu'en cas de retour dans l'établissement d'origine.

Les obligations de secret et de discrétion professionnels continuent de s'appliquer. Une activité lucrative dans le privé exercée dans les trois ans suivant le départ exige l'autorisation préalable de l'ancien employeur (article L124-4 du code général de la fonction publique), et l'article 432-13 du code pénal interdit pendant trois ans de travailler pour une entreprise que l'agent a contrôlée ou avec laquelle il a conclu des contrats.

Questions fréquentes

Son montant se négocie entre un plancher et un plafond fixés par le décret n° 2019-1596, modifié le 8 août 2026. Le plancher vaut 1/6 de mois de rémunération brute par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/5 de la 11e à la 15e année, 1/4 de la 16e à la 20e et 1/3 de la 21e à la 24e. Le plafond vaut 1/24 de la rémunération brute annuelle par année d'ancienneté. Seules les années complètes comptent, dans la limite de 24 ans. Exemple de la circulaire du 7 août 2026 : 15 ans et 50 000 € de rémunération donnent une fourchette de 11 111 € à 31 250 €.

La rémunération brute annuelle perçue pendant l'année civile qui précède la date d'effet de la rupture : traitement, indemnité de résidence, supplément familial, NBI et primes, hors remboursements de frais, majorations outre-mer, primes de mobilité ou de restructuration, indemnités d'enseignement ou de jury et paiement de jours de compte épargne-temps. L'ancienneté correspond aux services effectifs accomplis dans les trois fonctions publiques à la date de départ, y compris comme contractuel, hors services militaires et contrats de droit privé. Seules les années complètes comptent, dans la limite de 24 ans.

Oui. Les enseignants titulaires de l'Éducation nationale relèvent de la fonction publique de l'État et bénéficient du même barème, tout comme les contractuels en CDI et les maîtres contractuels de l'enseignement privé sous contrat d'association. Les demandes sont instruites lors d'une campagne annuelle dont chaque académie fixe le calendrier et la date de départ. Les stagiaires en sont exclus, et les maîtres des établissements sous contrat simple relèvent de la rupture conventionnelle du code du travail.

Elle est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite la plus favorable entre deux fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente et 50 % de l'indemnité, sans dépasser six plafonds annuels de la Sécurité sociale (288 360 € en 2026). Comme le plafond de l'indemnité ne dépasse jamais une année de rémunération, elle est en pratique non imposable. Elle échappe aussi à la CSG jusqu'à deux plafonds annuels, soit 96 120 € en 2026.

Oui. L'agent privé d'emploi par une rupture conventionnelle peut percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), dans les conditions du règlement général d'assurance chômage. L'indemnité de rupture n'entre pas dans le salaire de référence qui sert à calculer l'allocation. Pour un fonctionnaire, c'est en principe l'employeur public qui verse l'allocation, en auto-assurance.

Oui, si l'agent est recruté, comme fonctionnaire ou comme contractuel, dans la même fonction publique que celle qu'il a quittée au cours des six années qui suivent la rupture. Il doit alors rembourser l'indemnité à l'employeur avec lequel il a signé la convention, au plus tard dans les deux ans qui suivent son recrutement. Avant toute embauche, le candidat retenu remet une attestation sur l'honneur indiquant qu'il n'a pas perçu une telle indemnité.
Publicité

L'essentiel

Barème en vigueurdepuis le 8 août 2026
Plancher1/6 à 1/3 de mois par an
Plafond1/24 du brut annuel par an
Ancienneté retenueannées révolues, 24 max

Impôt sur le revenuexonérée en pratique
Chômage (ARE)oui
Retour dans le même versantremboursement si < 6 ans