C'est l'une des principales nouveautés sociales de 2026 : depuis le 1er juillet 2026, chaque parent peut prolonger sa présence auprès de son nouveau-né grâce au congé supplémentaire de naissance.
Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), ce congé de 1 ou 2 mois par parent s'ajoute aux congés maternité et paternité existants — sans les remplacer.
Surtout, il est indemnisé par la CPAM à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second : bien mieux que le congé parental classique et sa PreParE forfaitaire.
Durée, conditions, montants, démarches : voici l'essentiel en trois points.
1. Un nouveau congé de 1 à 2 mois par parent
Le congé supplémentaire de naissance est codifié aux articles L. 1225-46-2 à L. 1225-46-7 du Code du travail. Ses modalités pratiques ont été fixées par cinq décrets du 30 mai 2026 (dont le décret n° 2026-425), publiés au Journal officiel du 31 mai 2026.
Il concerne les enfants nés ou arrivés au foyer à partir du 1er janvier 2026 et s'adresse aux deux parents, quel que soit leur statut : salariés du privé sans condition d'ancienneté, fonctionnaires, travailleurs indépendants, exploitants agricoles et, sous conditions, demandeurs d'emploi.
Chaque parent choisit librement une durée d'1 mois ou de 2 mois, fractionnable en deux périodes d'un mois. Les deux parents peuvent le prendre simultanément ou en alternance : à deux, le foyer peut ainsi cumuler jusqu'à 4 mois de présence supplémentaire auprès de l'enfant.
Le salarié bénéficie de garanties solides pendant son absence : la durée du congé est assimilée à du travail effectif pour l'ancienneté, et il retrouve à son retour son emploi ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente. Reste la question centrale : combien touche-t-on pendant ce congé ?
2. Une indemnisation à 70 % puis 60 % du salaire net
C'est la grande différence avec le congé parental d'éducation. Là où la PreParE de la CAF plafonne à environ 456 € par mois, le congé supplémentaire de naissance est indemnisé proportionnellement au salaire par l'Assurance Maladie.
Pour les salariés, la CPAM verse 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second. Le salaire de référence — la moyenne des 3 derniers mois précédant l'arrêt — est retenu dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026). Les indépendants perçoivent quant à eux une indemnité journalière forfaitaire, réduite le second mois selon la même logique.
| Salaire net mensuel | 1er mois (70 %) | 2e mois (60 %) | Total sur 2 mois |
|---|---|---|---|
| 1 500 € | 1 050 € | 900 € | 1 950 € |
| 2 000 € | 1 400 € | 1 200 € | 2 600 € |
| 2 500 € | 1 750 € | 1 500 € | 3 250 € |
| 3 000 € | 2 100 € | 1 800 € | 3 900 € |
| 4 005 € et + (plafond) | 2 803,50 € | 2 403 € | 5 206,50 € |
L'employeur n'a aucune obligation légale de compléter cette indemnité, mais une convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir un maintien de salaire partiel ou total : il est recommandé de vérifier les dispositions applicables dans l'entreprise.
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Une fois le budget anticipé, reste à formaliser la demande : la procédure est simple, et l'employeur ne peut pas s'y opposer.
3. Les démarches : employeur puis CPAM
Pour les salariés, tout commence par un courrier. Il faut informer l'employeur au moins 1 mois avant la date de début du congé — délai réduit à 15 jours lorsque le congé suit immédiatement le congé de paternité — par lettre recommandée avec avis de réception ou remise en main propre contre récépissé, en précisant la date de début, la durée choisie et l'éventuel fractionnement.
Point essentiel : si les conditions sont remplies, l'employeur ne peut pas refuser le congé, comme pour un congé maternité ou paternité. Il transmet ensuite l'attestation de salaire à la CPAM, qui calcule et verse directement l'indemnité au salarié.
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Conditions CPAM (salariés) : 6 mois d'affiliation à la Sécurité sociale et 150 heures travaillées sur les 3 derniers mois (ou cotisations sur au moins 1 015 SMIC horaires sur 6 mois).
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Non-salariés et demandeurs d'emploi : demande via le téléservice dédié (demarche.numerique.gouv.fr) dès le début du congé, avec interruption effective d'activité pour les indépendants.
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Retour anticipé possible : en cas de décès de l'enfant ou de baisse importante des ressources du foyer, le parent peut reprendre son activité en prévenant l'employeur 8 jours à l'avance.
Pour gagner du temps, notre simulateur de congé supplémentaire de naissance génère automatiquement la lettre de demande, pré-remplie avec vos dates et la référence aux articles L. 1225-46-2 et suivants, prête à imprimer ou à télécharger en PDF.
Conclusion : un droit à activer sans tarder
Avec le congé supplémentaire de naissance, la France se dote d'un dispositif intermédiaire entre le congé paternité et le congé parental : court, bien indemnisé et ouvert aux deux parents. Les familles dont l'enfant est né au premier semestre 2026 sont déjà éligibles.
La fenêtre de prise étant limitée à 9 mois, mieux vaut anticiper : vérifier ses droits, caler les dates avec l'autre parent, puis envoyer le courrier à l'employeur dans le respect du délai de prévenance. En cas de situation particulière (naissances multiples, adoption, temps partiel), il est recommandé de se rapprocher de sa CPAM.