Consultations & information · dès 50 salariés

Consultations récurrentes obligatoires

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le CSE est consulté chaque année (jusqu'à tous les 3 ans par accord) sur les orientations stratégiques, la situation économique et financière et la politique sociale de l'entreprise. Il s'appuie sur la BDESE, peut recourir à un expert-comptable et rend un avis avant la décision de l'employeur (art. L2312-17 à L2312-26).

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le CSE est consulté de manière récurrente sur trois grands thèmes structurants de la vie de l'entreprise : ses orientations stratégiques, sa situation économique et financière, et sa politique sociale, les conditions de travail et l'emploi (article L2312-17).

Ces trois consultations sont le cœur du dialogue économique et social. Elles permettent aux élus de comprendre la trajectoire de l'entreprise, d'anticiper ses effets sur l'emploi et les conditions de travail, et de rendre un avis à l'employeur avant qu'il ne prenne ses décisions. Leur support documentaire unique est la BDESE — base de données économiques, sociales et environnementales (article L2312-18).

Les trois consultations récurrentes en un coup d'œil

Chaque consultation a son objet propre, sa base légale et son régime de financement de l'expertise comptable :

ConsultationObjetArticleFinancement de l'expert
Orientations stratégiques Orientations de l'entreprise, leurs conséquences sur l'activité, l'emploi, les métiers et les compétences L2312-24 80 % employeur / 20 % budget de fonctionnement du CSE (sauf accord)
Situation économique et financière Résultats, situation financière, politique de recherche et de développement L2312-25 100 % employeur
Politique sociale, conditions de travail et emploi Évolution de l'emploi, formation, conditions de travail, durée du travail, égalité professionnelle L2312-26 100 % employeur

La répartition du financement de l'expert est fixée par l'article L2315-80 : l'expertise sur la situation économique et financière (L2315-88) et celle sur la politique sociale (L2315-89) sont prises en charge intégralement par l'employeur, tandis que l'expertise sur les orientations stratégiques (L2315-87) est cofinancée, sauf accord plus favorable.

Conditions d'application

Les consultations récurrentes s'imposent dès lors que les conditions suivantes sont réunies :

  • Un effectif d'au moins 50 salariés : c'est le seuil qui déclenche les attributions économiques et professionnelles du CSE, dont les consultations récurrentes (article L2312-17). En dessous de 50 salariés, le CSE n'est pas consulté de manière récurrente sur ces trois thèmes.
  • Les trois thèmes obligatoires : orientations stratégiques (L2312-24), situation économique et financière (L2312-25), politique sociale, conditions de travail et emploi (L2312-26). Aucun ne peut être supprimé par accord.
  • Une information préalable mise à disposition via la BDESE (L2312-18), support unique des consultations.

Périodicité : annuelle par défaut, modulable par accord

À défaut d'accord, les trois consultations sont annuelles. Mais un accord d'entreprise (article L2312-19) — ou, à défaut de délégué syndical, un accord avec le CSE adopté à la majorité — peut adapter ces consultations dans des limites précises.

ÉlémentRègle par défautMarge de l'accord L2312-19
PériodicitéAnnuelleJusqu'à tous les 3 ans maximum
Contenu des consultationsFixé par la loiAdaptable
ModalitésLégalesAdaptables (niveau, déroulé)
Liste et contenu des informations récurrentesLégaux (BDESE)Adaptables
Nombre de réunions sur le sujetLégalAdaptable

L'assistance d'un expert-comptable

Pour chacune des trois consultations, le CSE peut se faire assister d'un expert-comptable de son choix : sur les orientations stratégiques (L2315-87), sur la situation économique et financière (L2315-88) et sur la politique sociale (L2315-89). L'expert accède aux mêmes documents que le commissaire aux comptes et éclaire les élus avant qu'ils ne rendent leur avis.

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Procédure / mode d'emploi

Quelle que soit la consultation, le déroulé suit la même logique : l'employeur met les informations à disposition, le CSE dispose d'un délai d'examen suffisant, puis rend un avis. À défaut d'accord, les délais sont fixés par l'article R2312-6.

  1. Mise à disposition des informations — L'employeur met à la disposition des élus, via la BDESE, les informations nécessaires à la consultation (L2312-18). C'est cette mise à disposition qui constitue le point de départ du délai.
  2. Délai d'examen — Le CSE dispose d'un délai suffisant pour analyser, échanger et, le cas échéant, recourir à un expert-comptable. À défaut d'accord, ce délai est encadré par R2312-6.
  3. Recours éventuel à l'expert — Le CSE peut désigner un expert-comptable (L2315-87 à L2315-89), ce qui allonge le délai d'examen.
  4. Avis du CSE — Le comité délibère et rend un avis motivé, transmis à l'employeur. L'avis est rendu avant la décision de l'employeur.
  5. Effet de l'expiration du délai — À l'expiration du délai, le CSE est réputé avoir été consulté et avoir rendu un avis négatif (L2312-15, R2312-6).
SituationDélai pour rendre l'avisRéférence
Délai fixé par accordSelon l'accord (L2312-19)L2312-16
À défaut d'accord — principe1 moisR2312-6
À défaut d'accord — avec recours à un expert2 moisR2312-6

Articulation des trois consultations

Les trois consultations peuvent être conduites à des moments distincts de l'année ou regroupées, selon l'accord en vigueur. La consultation sur les orientations stratégiques éclaire en amont celle sur la situation économique et celle sur la politique sociale, puisque ces dernières mesurent les effets concrets de la stratégie sur les comptes et sur l'emploi.

Jurisprudence

Les contentieux portent surtout sur la portée de l'avis, le point de départ du délai et les effets de l'absence de consultation. Plusieurs principes structurants se dégagent.

  • L'avis doit être préalable à la décision. La consultation n'a de sens que si elle intervient avant que l'employeur n'arrête sa décision. Une consultation purement formelle, organisée après coup ou sur un projet déjà figé, ne satisfait pas à l'obligation et peut entraîner la suspension de la décision.
  • Le délai court à compter d'informations suffisantes. Le délai d'examen ne commence à courir que lorsque le CSE dispose effectivement des informations nécessaires, mises à disposition via la BDESE. Une information incomplète peut justifier la prolongation du délai, voire sa réouverture.
  • L'avis négatif réputé rendu n'est pas un blanc-seing. Si l'absence d'avis dans le délai vaut avis négatif (R2312-6), cela suppose que l'employeur ait préalablement transmis des informations complètes ; à défaut, le mécanisme ne peut lui être opposé.

Cas pratiques

Exemples illustratifs (situations types, anonymisées) pour comprendre le déroulé des consultations récurrentes.

Cas n° 1 — Consultation annuelle par défaut, sans accord

Une entreprise de 120 salariés n'a conclu aucun accord sur le dialogue social. Les trois consultations sont donc annuelles. L'employeur met à jour la BDESE, en informe les élus, qui disposent d'un mois pour rendre chaque avis (R2312-6). Faute d'avis transmis dans le délai sur la situation économique, le CSE est réputé avoir rendu un avis négatif.

Cas n° 2 — Accord espaçant les consultations à deux ans

Un accord d'entreprise (L2312-19) fixe la consultation sur les orientations stratégiques tous les deux ans, et précise le contenu de la BDESE associée. Le rythme est licite, car inférieur au plafond de trois ans. Les consultations économique et sociale restent, elles, organisées chaque année selon les modalités prévues par le même accord.

Cas n° 3 — Recours à un expert-comptable et financement

Pour la consultation sur la politique sociale, le CSE désigne un expert-comptable (L2315-89). Le délai d'examen passe à deux mois (R2312-6) et l'expertise est financée à 100 % par l'employeur (L2315-80). Sur les orientations stratégiques l'année suivante, l'expert est cofinancé à 80 % par l'employeur et 20 % par le budget de fonctionnement du CSE.

Questions fréquentes

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le CSE est consulté de manière récurrente sur les orientations stratégiques de l'entreprise (article L2312-24), sa situation économique et financière (L2312-25) et sa politique sociale, les conditions de travail et l'emploi (L2312-26). Ces trois thèmes sont prévus par l'article L2312-17.

À défaut d'accord, les trois consultations sont annuelles. Un accord d'entreprise (article L2312-19) peut en définir le contenu, la périodicité et les modalités, dans la limite d'une consultation tous les trois ans au maximum.

La base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE), prévue à l'article L2312-18, est le support de ces consultations. C'est par elle que l'employeur met à disposition des élus les informations nécessaires, et sa mise à disposition fait courir le délai d'avis du CSE.

À défaut d'accord, le CSE rend son avis dans un délai d'un mois en principe, porté à deux mois en cas de recours à un expert (article R2312-6). À l'expiration de ce délai, le CSE est réputé avoir été consulté et avoir rendu un avis négatif.

Oui, pour chacune des trois consultations (articles L2315-87 à L2315-89). L'expertise sur la situation économique et financière et sur la politique sociale est financée à 100 % par l'employeur ; celle sur les orientations stratégiques est cofinancée à 80 % par l'employeur et 20 % par le budget de fonctionnement du CSE, sauf accord (article L2315-80).

L'absence de consultation est une irrégularité qui peut entraîner la suspension de la décision prise sans avis du CSE, et expose l'employeur au délit d'entrave au fonctionnement du comité (article L2317-1).
Cette fiche a une vocation informative. Les dispositions exactes peuvent varier selon votre accord d'entreprise. Pour le texte en vigueur, référez-vous au Code du travail et, en cas de doute, consultez votre DREETS ou un conseil spécialisé.
Mise à jour : 28/05/2026.