Chef de Manœuvre Levage

Appareils et accessoires de levage

Module 2 / 5

Module 2 : Appareils et accessoires de levage 22 min de lecture

2.3 Vérifications, VGP, contrôle avant emploi et mise au rebut

Un appareil ou un accessoire de levage n'est sûr que s'il est vérifié. Le Code du travail organise ces vérifications dans le temps : à la mise en service, après remontage, puis périodiquement (VGP). À cela s'ajoute le contrôle visuel avant chaque emploi, qui est le réflexe quotidien de l'élingueur et du chef de manœuvre. Ce chapitre détaille qui vérifie quoi, quand, et quand un matériel part au rebut.

Quand vérifier ? Les trois rendez-vous

Mise en service

Et après tout remontage / transformation, avant la première mise en charge.

Périodique (VGP)

Vérifications générales périodiques selon l'arrêté du 1er mars 2004.

Avant chaque emploi

Contrôle visuel par l'utilisateur, à chaque prise de poste / opération.

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Le cadre : Code du travail et arrêté du 1er mars 2004

Les vérifications des appareils et accessoires de levage sont une obligation réglementaire. Le Code du travail (dispositions sur la vérification des équipements de travail, articles de la série R4323) impose des vérifications, et l'arrêté du 1er mars 2004 en fixe la nature, la périodicité et le contenu pour les appareils et accessoires de levage.

Cet arrêté distingue trois types de vérifications : la vérification à la mise en service, la vérification de remise en service (après démontage / remontage, réparation, transformation) et la vérification générale périodique (VGP). Elles sont réalisées par des personnes compétentes désignées, et leurs résultats sont consignés.

Ces vérifications réglementaires ne remplacent pas le contrôle visuel avant emploi : elles s'ajoutent. Une VGP favorable ne dispense pas l'utilisateur de regarder son élingue avant de l'accrocher.
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Vérification à la mise en service et après remontage

La vérification à la mise en service intervient avant la première utilisation d'un appareil sur un site : on s'assure que l'installation est correcte, que les dispositifs de sécurité fonctionnent et que l'appareil est apte à l'emploi prévu.

La vérification de remise en service est déclenchée par un événement qui a pu affecter l'appareil : démontage puis remontage (cas typique de la grue à tour ou de la grue mobile montée sur un nouveau site), réparation, modification ou accident. Tant que cette vérification n'est pas réalisée et favorable, l'appareil n'est pas remis en charge.

Pour le chef de manœuvre, le réflexe est simple : un appareil qui vient d'être monté ou remonté ne lève pas tant que sa vérification de mise / remise en service n'est pas faite et tracée.

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Les vérifications générales périodiques (VGP)

La VGP est la vérification récurrente qui suit l'appareil ou l'accessoire tout au long de sa vie. Elle est réalisée à intervalles définis par la réglementation, par une personne compétente, et donne lieu à un rapport consigné.

Elle concerne aussi bien les appareils de levage (grues, chariots, ponts roulants, PEMP…) que les accessoires de levage (élingues, manilles, palonniers…). Beaucoup oublient que les accessoires relèvent eux aussi des VGP : une élingue n'est pas un consommable que l'on remplace au feeling, c'est un matériel suivi.

Un appareil ou un accessoire dont le rapport de VGP est échu (date dépassée) ou dont le rapport est défavorable est retiré du service. On ne « finit pas la journée avec » : on le sort de l'usage immédiatement.
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Le contrôle visuel avant chaque emploi

Le contrôle visuel avant emploi est le geste quotidien de l'utilisateur. Il ne se substitue pas aux VGP, il les complète : un accessoire peut avoir une VGP favorable de la semaine dernière et avoir été endommagé hier sur une arête vive.

Sur une élingue, on cherche selon le type :

  • Câble : fils rompus, cage d'oiseau, écrasement, corrosion, état des manchons et cosses.
  • Textile : coupures, déchirures de gaine laissant voir l'âme, abrasion, brûlures, traces de produits chimiques, étiquette lisible.
  • Chaîne : allongement, entailles, déformation de maillons, état des crochets et de leur linguet.

Sur les accessoires de jonction : manille complète avec son axe d'origine, crochet non déformé avec linguet fonctionnel, absence de fissure ou de corrosion marquée.

Pour cadrer les EPI et accessoires d'un poste de levage : Vérificateur d'EPI par métier
Checklist : contrôle d'une élingue avant emploi
Marquage / étiquette présent et lisible (CMU, identification)
Pas de coupure, déchirure, fil rompu ni cage d'oiseau
Pas de déformation, écrasement, allongement de maillon
Pas de corrosion marquée, brûlure ni attaque chimique
Crochet avec linguet fonctionnel, manille complète
VGP à jour (rapport non échu et favorable)

Un seul point en défaut : l'accessoire est mis de côté et retiré du service, pas « utilisé pour cette fois ».

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Les critères de mise au rebut

La mise au rebut est la décision de retirer définitivement un matériel du service. Les critères dépendent du type d'accessoire et figurent dans la documentation du fabricant et les guides de l'INRS.

AccessoireMotifs de rebut typiques
Élingue câbleFils rompus au-delà du critère, cage d'oiseau, écrasement, corrosion avancée, manchon dégradé
Élingue textileCoupure de lisière / des fils porteurs, âme visible, brûlure, attaque chimique, étiquette illisible
Élingue chaîneAllongement au-delà de la limite, entaille, déformation de maillon, crochet ouvert
Manille / crochetDéformation, fissure, ouverture, linguet absent ou cassé, marquage illisible

Un accessoire mis au rebut doit être physiquement retiré du stock de matériel en service (et idéalement détruit ou rendu inutilisable) pour ne pas être repris par erreur. La pire situation est l'accessoire rebuté qui « traîne » et finit raccroché par un opérateur pressé.

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Registre, traçabilité et réflexe du chef de manœuvre

Les résultats des vérifications sont consignés : registre de sécurité, rapports de VGP, documentation de suivi des appareils et des accessoires. Cette traçabilité permet à tout moment de savoir si un matériel est en règle et de relier un accessoire à son historique grâce à son identification.

Pour le chef de manœuvre, l'enchaînement avant une opération est clair :

  • l'appareil a une vérification de mise / remise en service favorable (s'il vient d'être monté) ;
  • appareil et accessoires ont leur VGP à jour (rapport non échu, favorable) ;
  • chaque accessoire a passé le contrôle visuel avant emploi ;
  • tout matériel douteux a été écarté et tracé, pas remis dans le lot.
Règle d'or : un accessoire douteux ou au rapport échu est retiré du service. En cas de doute, on retire — la charge en l'air ne pardonne pas l'optimisme.
Pour formaliser la coactivité et les vérifications dans un plan de prévention : Générateur de plan de prévention
À retenir
  • Trois rendez-vous de vérification : mise en service, remise en service (après remontage / réparation), et VGP périodiques — encadrés par le Code du travail (R4323) et l'arrêté du 1er mars 2004.
  • Les VGP concernent aussi les accessoires (élingues, manilles, palonniers), pas seulement les appareils. Une élingue n'est pas un consommable.
  • Le contrôle visuel avant chaque emploi est le geste quotidien : coupures, usure, déformation, fils rompus, corrosion, état du linguet. Il s'ajoute aux VGP.
  • Critères de mise au rebut propres à chaque accessoire ; le matériel rebuté est physiquement retiré pour ne pas être repris par erreur.
  • La traçabilité (registre, rapports, identification) permet de savoir à tout moment si un matériel est en règle.
  • Règle d'or : un accessoire douteux ou au rapport échu est retiré du service. En cas de doute, on retire.