Module 4 / 4 · Sommaire complet de la formation
4.1 L'entretien avec le jury : présentation du parcours et mises en situation
Vingt minutes, coefficient 3 : l'entretien est l'épreuve la plus lourde du concours. Le jury n'y cherche pas un savoir encyclopédique, mais un futur collègue motivé, informé et capable de réagir à une situation professionnelle. Ce chapitre suit le guide de l'ENFiP consacré à l'oral d'admission (juillet 2026).
Les 20 minutes de l'entretien
2 min au plus
Présentation du parcours
Le reste du temps
Échange avec le jury : questions sur la présentation, motivations, connaissance des missions, mises en situation
Coefficient 3 · note inférieure à 5/20 éliminatoire · jury de deux cadres de la DGFiP ou de la douane
Le format de l'épreuve
L'article 4 de l'arrêté du 12 avril 2016 modifié prévoit un entretien de 20 minutes, coefficient 3, comprenant une présentation du parcours par le candidat pendant 2 minutes au plus, suivie de mises en situation. La douane et la DGFiP le décrivent comme un entretien « permettant d'apprécier les motivations et l'aptitude du candidat à exercer les fonctions postulées au sein des ministères économiques et financiers ».
La DGFiP présente le renforcement de cette épreuve comme l'une des nouveautés de 2026 : « l'évaluation des compétences comportementales à l'oral est renforcée, avec un coefficient de 3 ».
Pour la branche surveillance, l'entretien est précédé d'une évaluation psychologique obligatoire, et la douane prévient qu'une absence à cette évaluation entraîne l'élimination de l'entretien (voir le chapitre 4.2).
Qui sont les membres du jury ?
Le guide de l'oral répond précisément :
- le jury est composé de deux membres, en règle générale une femme et un homme, conformément au principe de parité ;
- ce sont des cadres expérimentés de la DGFiP ou de la DGDDI ;
- ils ont suivi une formation pour évaluer la prestation « avec professionnalisme, objectivité et bienveillance » ;
- la présidente ou le président du jury peut assister à l'oral ; le candidat en est alors informé avant le début de l'épreuve.
Face à des praticiens, les réponses générales tombent vite à plat. Ils connaissent le quotidien des services : un exemple concret, même modeste, tiré de votre propre expérience, les convaincra davantage qu'une formule toute faite sur « le sens du service public ».
Préparer la présentation de deux minutes
Le guide fixe le contenu de la présentation du « parcours » :
- les qualités et compétences acquises et mises en œuvre pendant les études, l'expérience professionnelle ou extra-professionnelle ;
- les motivations pour intégrer le ministère en général, et la DGFiP ou la DGDDI en particulier ;
- le projet professionnel.
« L'objectif n'est pas de vous "vendre", mais d'exposer, à travers des expériences concrètes, que vous possédez les qualités attendues d'un futur agent principal des Finances publiques. »
— ENFiP, « Préparation à l'épreuve orale d'admission » (juillet 2026)
Il conseille une très courte introduction, un développement structuré et une conclusion concise. La durée ne doit pas excéder deux minutes, « au risque d'être interrompu(e) par le jury ». D'où sa recommandation : proscrire l'improvisation, s'entraîner avec un chronomètre, devant un miroir ou un proche, ou en se filmant, sans pour autant réciter « sur un ton monocorde ».
Une trame possible (conseil de méthode) : 15 secondes pour se situer ; 1 minute pour deux expériences et la qualité que chacune illustre ; 30 secondes pour la motivation, reliée à une mission précise de l'administration visée ; 15 secondes pour le projet. Deux minutes à l'oral, c'est environ une demi-page de texte : pas davantage.
L'échange : missions, enjeux et actualité de l'administration
Après la présentation, le jury peut revenir sur les éléments évoqués. L'échange vise ensuite à apprécier les motivations et l'aptitude aux fonctions. Le guide est clair sur ce qui est attendu :
- le jury « ne cherche pas à recruter des candidats possédant un savoir académique ou encyclopédique » ;
- mais un futur agent « ne peut méconnaître la sphère d'activité » de l'administration qu'il veut rejoindre : le jury appréciera la connaissance des grandes missions, enjeux et actualités de la DGFiP et de la DGDDI ;
- de nature bienveillante, le jury ne tend pas de pièges : il évalue l'aptitude à s'exprimer, à affirmer une position et à l'argumenter.
Pour se préparer, le guide renvoie aux sites « Rejoindre les Finances publiques » et douane.gouv.fr (métiers, témoignages, rapports de jury), aux sites des ministères et à leurs profils sur les réseaux sociaux. Le carnet d'actualité proposé au chapitre 2.3 sert ici une seconde fois.
Le minimum à connaître : les grandes missions de chaque administration (chapitre 1.1), le type de service où l'on peut être affecté, et deux ou trois sujets d'actualité les concernant, sur lesquels on sait dire ce qu'on en a compris.
Mises en situation et déontologie
Le guide rappelle qu'un agent de catégorie C des ministères économiques et financiers « doit faire preuve d'exemplarité au regard des obligations déontologiques », savoir prendre des décisions opérationnelles et s'insérer dans un collectif de travail. Les mises en situation servent à mesurer ces « savoir-être » et « savoir-faire » : le candidat est confronté à un contexte ou à une difficulté professionnels, et il est attendu qu'il se positionne et propose « une solution concrète ».
Les obligations de l'agent public sont fixées par le code général de la fonction publique. Les plus utiles à l'oral :
| Article du CGFP | Ce qu'il prévoit |
|---|---|
| L121-1 | Exercer ses fonctions « avec dignité, impartialité, intégrité et probité » |
| L121-2 | Neutralité, respect du principe de laïcité, égalité de traitement de toutes les personnes |
| L121-6 | Secret professionnel, dans le respect des articles 226-13 et 226-14 du code pénal |
| L121-7 | Discrétion professionnelle sur les faits, informations et documents connus dans les fonctions |
| L121-10 | Se conformer aux instructions du supérieur hiérarchique, sauf ordre manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public |
Une méthode pour répondre à une mise en situation (conseil de méthode), illustrée sur un cas fictif : « À l'accueil, un usager très énervé exige une réponse immédiate à une question que vous ne maîtrisez pas. »
- Comprendre : reformuler la situation et ce qui est en jeu (l'usager, le service, la règle).
- Agir sur l'immédiat : écouter, garder son calme, rester courtois.
- Ne pas improviser une réponse : ne pas donner une information inexacte, s'appuyer sur un collègue ou un responsable.
- Proposer une solution : un rendez-vous, un contact, un délai de réponse, et prévenir sa hiérarchie si la situation dégénère.
Être soi-même et gérer le stress
« Le jury n'attend pas que vous lui fassiez des réponses convenues, soyez vous-même », écrit le guide, qui demande une argumentation étayée et structurée, du bon sens, de la personnalité et du pragmatisme.
Sur le stress, il donne des conseils pratiques :
- repérer au préalable les locaux de l'épreuve ;
- prévoir une marge dans les déplacements, « 2 heures dans l'idéal » ;
- s'accorder sur place un moment de respiration ;
- garder à l'esprit que les jurys cherchent « quelqu'un avec qui ils auraient potentiellement envie de travailler », qu'ils savent le candidat stressé et qu'ils sont bienveillants.
Pour réviser les droits et obligations de l'agent public, la formation culture administrative pour les concours et le QCM droits et obligations du fonctionnaire complètent ce chapitre.
Préparer l'oral : la liste de contrôle
Sources
- Arrêté du 12 avril 2016 modifié, art. 4 et 6 — Légifrance
- ENFiP, « Préparation à l'épreuve orale d'admission » (juillet 2026) ; page du concours d'agent — rejoindrelesfinancespubliques.economie.gouv.fr
- Code général de la fonction publique, art. L121-1, L121-2, L121-6, L121-7 et L121-10 — Légifrance
À retenir
- Entretien de 20 minutes, coefficient 3 : l'épreuve la plus lourde du concours.
- Présentation du parcours en 2 minutes au plus : qualités, motivations, projet, avec des exemples concrets.
- Jury de deux cadres de la DGFiP ou de la douane, formés et bienveillants.
- Pas de savoir encyclopédique, mais la connaissance des missions, enjeux et actualités de l'administration visée.
- Mises en situation : se positionner et proposer une solution concrète, dans le respect de la déontologie (CGFP L121-1 et suivants).
- Arriver avec une marge de deux heures et rester soi-même.