Cycles Travail / Repos
en ambiance chaude ISO 7243 · ISO 8996
Le WBGT dépasse la valeur de référence : combien de minutes de travail et combien de pause par heure ? Le calcul est détaillé étape par étape, sans table opaque.
Ambiance et poste de travail
WBGT mesuré, pénibilité du poste, état d'acclimatationRythme de travail admissible
Sur une heure de présence au posteUne heure de poste
Découpages équivalents
| Durée du cycle | Travail | Repos | Cycles / heure |
|---|
À fraction identique, les cycles courts sont préférables : ils empêchent la température centrale de monter trop haut entre deux pauses. Un cycle de 20 minutes est généralement plus protecteur qu'un cycle d'une heure au même ratio.
Le calcul, étape par étape
Valeurs de référence WBGT — NF EN ISO 7243:2017 (annexe A)
Au-delà de ces valeurs, le risque physiologique devient significatif et une analyse détaillée s'impose. Le format « X / Y » distingue une ambiance avec mouvement d'air sensible et sans.
| Classe métabolique | M (W/m²) | Acclimaté | Non acclimaté |
|---|---|---|---|
| Classe 0 — Repos | ≤ 65 | 33 °C | 32 °C |
| Classe 1 — Faible | 65-130 | 30 °C | 29 °C |
| Classe 2 — Modéré | 130-200 | 28 °C | 26 °C |
| Classe 3 — Élevé | 200-260 | 26 / 25 °C | 23 / 22 °C |
| Classe 4 — Très élevé | > 260 | 25 / 23 °C | 20 / 18 °C |
Ces valeurs sont celles utilisées par notre calculateur WBGT, pour que les deux pages ne puissent pas diverger.
Ce que le décret chaleur impose depuis le 1er juillet 2025
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 a créé les articles R. 4463-1 à R. 4463-8 du Code du travail. Il ne fixe aucun rythme de pauses chiffré — il impose une obligation de résultat sur l'évaluation et les mesures. C'est précisément pour cela que le rythme doit être construit techniquement, comme ci-dessus.
Évaluer les expositions potentielles à la chaleur intense, en intérieur comme en extérieur. Tout risque identifié déclenche des mesures. L'évaluation se transcrit au DUERP.
Mettre à disposition une quantité suffisante d'eau potable fraîche, maintenue au frais à proximité des postes. Sur les chantiers BTP sans eau courante : 3 litres par jour et par travailleur au minimum.
- Modifier les procédés pour limiter l'exposition à la chaleur
- Aménager les lieux et l'agencement des postes de travail
- Réorganiser le travail et les horaires pour réduire la durée et l'intensité de l'exposition
- Installer des protections contre le rayonnement solaire
- Sélectionner des équipements permettant de maintenir la stabilité thermique du corps et fournir les protections adaptées
- Former et informer les travailleurs sur la conduite à tenir en cas de forte chaleur
L'épisode de chaleur intense est défini par référence au dispositif de vigilance de Météo-France signalant le niveau de danger (R. 4463-1). Le décret prévoit aussi des protections renforcées pour les travailleurs vulnérables, une conduite à tenir devant les premiers symptômes, l'adaptation dynamique des mesures et leur intégration aux plans de sécurité des chantiers.
Comment se construit un cycle travail / repos
Pourquoi il n'existe pas de « tableau des pauses » officiel en France
C'est la première chose à savoir, et elle surprend : aucun texte français ne fixe de rythme de pauses chiffré en fonction de la température. Le décret chaleur du 27 mai 2025 impose d'évaluer et d'agir, pas de respecter un tableau. Les grilles « x minutes de travail pour y minutes de pause » que l'on trouve en ligne viennent presque toutes du référentiel américain de l'ACGIH, dont le contenu est protégé par le droit d'auteur et n'a aucune valeur réglementaire en France.
Nous ne les reproduisons donc pas. Le rythme affiché ici est recalculé à partir des valeurs de référence de la norme européenne NF EN ISO 7243:2017 et de la règle de moyenne pondérée qu'elle impose elle-même. Chaque étape est visible : vous pouvez la refaire à la main, la contester, ou l'adapter.
Le raisonnement en quatre temps
- Le seuil du poste. À chaque classe métabolique correspond une valeur de référence WBGT, modulée par l'acclimatation et le mouvement d'air. Un poste de classe 3 tenu par un salarié acclimaté avec du vent est limité à 26 °C ; le même poste tenu par un intérimaire non acclimaté en air calme tombe à 22 °C. Quatre degrés d'écart, pour le même travail.
- Le constat de dépassement. Si le WBGT mesuré reste sous ce seuil, le travail continu est possible : il n'y a pas de cycle à construire, seulement une surveillance à maintenir.
- Le niveau métabolique que l'ambiance tolère. On redescend les classes jusqu'à trouver celle dont la valeur de référence couvre le WBGT mesuré. À 29 °C, un salarié acclimaté ne peut soutenir qu'un métabolisme de classe 1, soit 130 W/m² au maximum.
- La fraction de travail. La norme demande de moyenner le métabolisme sur le cycle. On cherche donc la part de temps travaillé f qui ramène la moyenne sous ce plafond : f = (Madmissible − Mrepos) / (Mtravail − Mrepos), avec Mrepos = 65 W/m², borne haute de la classe 0.
Un exemple complet
Chantier de terrassement, 29 °C de WBGT, équipe acclimatée, brise sensible.
Le poste est en classe 3 (230 W/m²), dont le seuil est 26 °C : dépassement de 3 °C. À 29 °C, l'ambiance ne tolère qu'un métabolisme de classe 1, soit 130 W/m². La fraction de travail vaut (130 − 65) / (230 − 65) = 39 %, soit 24 minutes de travail et 36 minutes de repos par heure. Découpé en cycles de 20 minutes : 8 minutes d'effort, 12 minutes de récupération.
Le résultat paraît sévère. Il l'est : c'est bien pour cette raison que l'objectif prioritaire reste d'agir sur l'ambiance et sur le travail lui-même — mécaniser, ventiler, protéger du rayonnement, décaler les horaires vers les heures fraîches — plutôt que d'organiser l'endurance des opérateurs.
Où la pause doit-elle être prise ?
Le calcul retient l'hypothèse défavorable d'un repos sur place : dans ce cas, seule la dépense énergétique baisse, le WBGT moyen sur le cycle reste inchangé. Une pause prise à l'ombre, dans un local ventilé ou climatisé, fait baisser les deux termes de la moyenne : elle est franchement plus efficace, et permet à l'organisme d'évacuer la chaleur accumulée au lieu de seulement ralentir son accumulation. Chaque fois qu'un point frais peut être installé à proximité du poste, il vaut mieux que quelques minutes de pause supplémentaires.
L'acclimatation, le facteur le plus sous-estimé
Un travailleur acclimaté transpire plus tôt et plus abondamment, avec une élévation de température centrale nettement réduite. L'acclimatation demande une exposition régulière sur plusieurs jours consécutifs — et se perd vite. Concrètement, les personnes les plus exposées sur un chantier en canicule sont souvent les moins protégées par les seuils : intérimaires arrivés le matin même, salariés de retour de congés, nouveaux embauchés, renforts venus d'un autre site. Les basculer sur la colonne « non acclimaté » n'est pas une précaution excessive, c'est la lecture correcte de la norme.
Les signes qui imposent d'arrêter, quel que soit le calcul
Aucun ratio ne remplace l'observation. Maux de tête, crampes, nausées, vertiges, désorientation, arrêt inexpliqué de la transpiration, peau chaude et sèche, comportement inhabituel : ce sont des signes d'atteinte thermique, et le coup de chaleur est une urgence vitale. Le décret impose d'ailleurs d'informer les travailleurs sur la conduite à tenir devant ces symptômes. Un cycle calculé n'autorise jamais à ignorer l'état réel d'un opérateur.
Les limites de ce calculateur
- La NF EN ISO 7243 est une méthode de dépistage. Quand la valeur de référence est dépassée, elle renvoie à une analyse détaillée selon la NF EN ISO 7933 (méthode PHS), qui calcule une durée limite d'exposition en modélisant l'astreinte physiologique. Ce calculateur n'implémente pas la méthode PHS.
- Il ne prend pas en compte l'habillement. Une tenue de protection chimique, un vêtement ignifugé ou un appareil respiratoire dégradent fortement les échanges thermiques : la norme prévoit un facteur correctif à ajouter au WBGT, à intégrer avant d'utiliser cet outil.
- Il ne dit rien de la durée totale d'exposition sur la journée, ni de l'accumulation sur plusieurs jours de canicule, ni des facteurs individuels : âge, pathologies, traitements, grossesse, condition physique, état d'hydratation.
- La valeur retenue pour le repos (65 W/m²) est la borne haute de la classe 0 : c'est une hypothèse volontairement prudente, qui réduit la fraction de travail calculée.
- Il ne remplace ni l'évaluation des risques au DUERP, ni l'avis du médecin du travail, ni la consultation du CSE sur l'organisation retenue.
Sources officielles : Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 — protection des travailleurs contre la chaleur (Légifrance) · Code du travail, art. R. 4463-1 à R. 4463-8 (Légifrance) · INRS — Dossier « Travail à la chaleur » · NF EN ISO 7243:2017 et NF EN ISO 8996 (AFNOR)
Contenu vérifié — dernière vérification : août 2026
Questions fréquentes
Existe-t-il une température à partir de laquelle il faut arrêter le travail ?
Non, le Code du travail ne fixe aucune température maximale d'arrêt. Ce qui existe, ce sont les valeurs de référence WBGT de la norme ISO 7243, qui dépendent de la pénibilité du poste et de l'acclimatation : de 33 °C au repos pour un salarié acclimaté jusqu'à 18 °C seulement pour un travail très intense en air calme et sans acclimatation. Un même chantier peut donc être acceptable pour un poste et interdit pour un autre, au même moment.
Les pauses chaleur sont-elles rémunérées ?
Les pauses imposées par l'employeur au titre de la prévention font partie de l'organisation du travail : le salarié reste à disposition et ne peut vaquer librement à ses occupations. Leur traitement en temps de travail effectif se règle au cas par cas selon la convention collective et les accords d'entreprise — dans le BTP, le régime des intempéries peut aussi s'appliquer. C'est un point à trancher avec le CSE avant l'épisode de chaleur, pas pendant.
Le WBGT est-il obligatoire ?
La mesure du WBGT n'est pas imposée en tant que telle. Ce qui est obligatoire depuis le 1er juillet 2025, c'est l'évaluation du risque lié à la chaleur intense et la mise en œuvre de mesures adaptées. Le WBGT est simplement la méthode normalisée qui permet d'objectiver cette évaluation : une température d'air seule ne dit rien de l'humidité, du rayonnement ni du mouvement d'air, qui pèsent tout autant sur l'organisme.
Faut-il compter les pauses réglementaires dans le cycle ?
La pause de 20 minutes après 6 heures de travail (art. L. 3121-16) et les temps de repas contribuent à la récupération, mais ils ne suffisent pas et ne sont pas placés au bon rythme. Le cycle calculé ici est une organisation du temps de présence au poste exposé : les micro-pauses de récupération s'y ajoutent, elles ne remplacent pas les pauses légales.
Un salarié peut-il exercer son droit de retrait à cause de la chaleur ?
Le droit de retrait suppose un motif raisonnable de penser que la situation présente un danger grave et imminent pour la vie ou la santé. Une chaleur intense sans aucune mesure de prévention — pas d'eau fraîche, pas d'ombre, pas d'adaptation des horaires, effort soutenu maintenu en pleine canicule — peut caractériser une telle situation. L'appréciation est faite au cas par cas ; un dossier documenté (mesures de WBGT, alertes écrites, réponses de l'employeur) change tout.
Décret n° 2025-482
En vigueur depuis le 1er juillet 2025. Articles R. 4463-1 à R. 4463-8 : évaluation du risque chaleur en intérieur comme en extérieur, réorganisation du travail et des horaires, eau potable fraîche à proximité des postes.
Aucun rythme de pause chiffré n'y figure.
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