Convention Boucherie-Poissonnerie 2026 (IDCC 3254) : Salaires et Droits en Boutique et Atelier
Boucher préparateur, charcutier-traiteur, vendeur en boucherie, poissonnier-écailler, employé de marée, chauffeur-livreur ou caissier de commerce alimentaire de proximité : depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, tous relèvent d'un même texte, la convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (détail et gros), écailler, traiteur de la mer (IDCC 3254), signée le 24 septembre 2024 et étendue par arrêté du 29 septembre 2025 (JORF du 4 octobre 2025).
Cette convention unifiée remplace deux textes historiques : celui de la boucherie-charcuterie de 1978 (ex-IDCC 992) et celui de la poissonnerie de 1988 (ex-IDCC 1504). Mais attention à ne pas se tromper de lecture : la fusion n'a pas tout uniformisé. Le texte est construit en tronc commun — les droits partagés (contrat, rupture, protection sociale…) — complété par deux parties sectorielles qui conservent chacune sa classification et sa grille de salaires : niveaux I à VII côté boucherie, coefficients 130 à 450 côté poissonnerie. Votre paie dépend donc toujours de votre métier d'origine, même si le numéro de convention a changé sur le bulletin.
Ce guide fait le point après la bascule : les grilles en vigueur (avenants n° 9-B boucherie et n° 8-P poissonnerie, tous deux étendus au printemps 2026), la prime de fin d'année, les majorations du dimanche — vital dans des commerces qui vivent du samedi et du dimanche matin —, la maladie, l'essai, le préavis et les frontières avec les conventions voisines. Le texte étant récent, nous signalons aussi ce que les sources publiques ne permettent pas encore de chiffrer avec certitude.
ÉTAPE 0 : Qui relève de l'IDCC 3254 (et qui n'en relève pas) ?
Le champ couvre les commerces artisanaux des viandes et des produits de la mer, du détail au gros (NAF usuels : 47.22Z, 47.23Z, 10.11Z, 10.13B, 10.20Z, 46.38A, 47.81Z, 56.21Z) :
⚠️ N'en relèvent pas : les rayons boucherie et poissonnerie des super et hypermarchés (commerce à prédominance alimentaire, IDCC 2216), l'industrie et le commerce en gros des viandes (IDCC 1534, toujours active), et la charcuterie de détail « pure », restée sous sa propre convention (IDCC 953) — elle n'a pas rejoint la fusion. Le critère est l'activité principale réelle de l'entreprise ; la convention appliquée figure obligatoirement sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).
Sommaire
- La fusion 992 + 1504 → 3254 : mode d'emploi
- Grille boucherie 2026 (avenant 9-B)
- Grille poissonnerie 2026 (avenant 8-P)
- Simulateur de salaire
- Prime de fin d'année et majorations
- Durée du travail
- Période d'essai et préavis
- Licenciement et retraite
- Maladie, prévoyance, mutuelle
- Ce qui bouge dans la branche
- Questions fréquentes
- Sources officielles
1. La fusion 992 + 1504 → 3254 : ce qu'il faut comprendre
Le rapprochement s'inscrit dans le mouvement national de restructuration des branches : les organisations patronales de la boucherie (CFBCT) et de la poissonnerie (OPEF) ont créé dès 2020 une structure commune, REMALIM, qui a signé la nouvelle convention le 24 septembre 2024 avec cinq fédérations syndicales (CFDT, CFTC, FO, CGT, UNSA). L'arrêté d'extension du 29 septembre 2025 (JORF du 4 octobre 2025) l'a rendue obligatoire pour toutes les entreprises du champ à compter du 1ᵉʳ novembre 2025. Les accords conclus entre le dépôt du texte et son extension ont été réintégrés par une série d'avenants « balais » d'octobre 2025 — d'où la nomenclature qui déroute au premier abord : les avenants suffixés -TC touchent le tronc commun, -B le secteur boucherie et -P le secteur poissonnerie.
- 17 novembre 2020 — création de REMALIM, structure patronale commune boucherie (CFBCT) + poissonnerie (OPEF), dans le cadre de la restructuration des branches.
- 24 septembre 2024 — signature de la CCN unifiée « boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie, écailler, traiteur de la mer » (IDCC 3254).
- 29 septembre 2025 — arrêté d'extension (JORF du 4 octobre 2025), avec l'avenant n° 1 du 13 décembre 2024 ; application générale au 1ᵉʳ novembre 2025.
- 15 octobre 2025 — avenants « balais » n° 2-TC à 6-P (dont les grilles de salaires sectorielles), étendus fin 2025-début 2026.
- Début 2026 — nouvelles grilles : avenant n° 8-P poissonnerie (21 janvier, étendu le 2 avril 2026) et n° 9-B boucherie (4 février, +1,2 %, étendu le 4 mai 2026).
Les droits « transversaux » (contrat, essai, préavis, indemnités de rupture, protection sociale, dialogue social) sont désormais communs aux deux métiers. Mais la classification et les salaires restent sectoriels : un boucher se positionne sur les niveaux I à VII (échelons A à D), un poissonnier sur les coefficients 130 à 450. Vérifiez que votre bulletin mentionne bien l'IDCC 3254 et le bon référentiel : lors des bascules de convention, les erreurs de reclassification sont le premier contentieux de paie.
2. Grille boucherie 2026 (avenant n° 9-B)
La partie boucherie classe les emplois en 7 niveaux (I à VII) subdivisés en échelons, avec des emplois repères nommés — du plongeur au responsable d'entreprise. Les minima en vigueur résultent de l'avenant n° 9-B du 4 février 2026 (+1,2 % sur toute la grille), étendu par arrêté du 4 mai 2026 (JORF du 10 mai 2026) et applicable à toutes les entreprises depuis cette extension. Aucun avenant salaires boucherie plus récent n'était signé au 7 août 2026.
| Niveau · échelon | Emplois repères (extraits) | Minimum 2026 |
|---|---|---|
| I A | Plongeur, employé d'entretien | 1 938 € |
| I B | Chauffeur-livreur, employé administratif | 1 959 € |
| II A | Vendeur, caissier | 1 983 € |
| II B | Boucher préparateur, charcutier-traiteur | 2 002 € |
| II C | Caissier aide-comptable | 2 037 € |
| III A | Boucher préparateur qualifié | 2 159 € |
| III B | Boucher préparateur vendeur qualifié | 2 207 € |
| III C | Boucher charcutier-traiteur qualifié | 2 293 € |
| IV A | Comptable | 2 301 € |
| IV B | Boucher charcutier-traiteur très qualifié | 2 371 € |
| IV C | Boucher hautement qualifié | 2 407 € |
| IV D | Boucher charcutier-traiteur hautement qualifié | 2 525 € |
| V | Responsable de laboratoire / point de vente adjoint | 2 740 € |
| VI A | Responsable de laboratoire / point de vente | 2 988 € |
| VI B | Assistant chef d'entreprise | 3 008 € |
| VI C | Responsable de plusieurs points de vente | 3 368 € |
| VII A | Responsable des achats | 3 835 € |
| VII B | Responsable d'entreprise | 3 933 € |
Salaires minima bruts mensuels, base 151,67 h. Avenant n° 9-B du 4 février 2026 à la CCN 3254 (secteur boucherie), étendu par arrêté du 4 mai 2026 (JORF du 10 mai 2026). Tous les niveaux boucherie sont au-dessus du SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 €).
3. Grille poissonnerie 2026 (avenant n° 8-P)
La partie poissonnerie conserve sa classification par coefficients, de 130 à 450 : ouvriers et employés de 130 à 195 (du vendeur saisonnier au poissonnier confirmé), agents de maîtrise de 200 à 250, cadres de 300 à 450 (jusqu'au directeur d'exploitation). Les minima en vigueur résultent de l'avenant n° 8-P du 21 janvier 2026, étendu par arrêté du 2 avril 2026 (JORF du 17 avril 2026). Les bornes vérifiées de la grille :
| Catégorie | Coefficients | Minima 2026 (bornes) |
|---|---|---|
| Ouvriers / Employés | 130 → 195 | |
| Agents de maîtrise | 200 → 250 | 2 238,21 € → 2 525,47 € |
| Cadres | 300 → 450 | 3 139,15 € → 4 104,62 € |
Avenant n° 8-P du 21 janvier 2026 (secteur poissonnerie), étendu par arrêté du 2 avril 2026 (JORF du 17 avril 2026). * Le coefficient 130 (1 853,78 €) est passé sous le SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 : le SMIC s'applique. Les valeurs intermédiaires coefficient par coefficient figurent dans le texte de l'avenant (BOCC 2026/8) — consultez la grille en vigueur pour votre coefficient exact.
La revalorisation du SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 €, arrêté du 22 mai 2026) est intervenue après la signature de l'avenant 8-P : le coefficient 130, et potentiellement les tout premiers coefficients, sont rattrapés — l'employeur doit alors verser au moins le SMIC, quel que soit le minimum affiché. Côté boucherie, en revanche, le plancher I.A (1 938 €) garde une avance confortable de 3,8 %.
4. Simulateur : votre salaire selon la grille 2026
Sélectionnez votre positionnement — grille boucherie ou bornes poissonnerie — et vos heures majorées du mois : le simulateur applique le plancher SMIC, la prime de fin d'année boucherie (2 % lissés) et les majorations de dimanche à 100 %.
Votre situation
base + majorations + prime de fin d'année lissée
Estimation indicative (net ≈ 78 % du brut). La prime de fin d'année boucherie (2 % du brut annuel) est en réalité versée en fin d'année ; elle est lissée ici pour la lisibilité. Les majorations de dimanche s'entendent avec repos compensateur en sus.
5. Prime de fin d'année, dimanche et jours fériés
Le complément de branche emblématique du secteur boucherie est la prime de fin d'année : 2 % de la rémunération brute annuelle, due à tous les salariés sans condition d'ancienneté. Certains sites de paie la présentent comme un « 13ᵉ mois » — c'est trompeur : un vrai treizième mois pèserait environ 8,3 % de l'annuel, quatre fois plus. Pour un boucher qualifié au III.A (2 159 €), la prime représente tout de même environ 518 € bruts en fin d'année. Un 13ᵉ mois réel, s'il existe dans votre boutique, relève de l'entreprise, pas de la convention. Côté poissonnerie, la convention prévoit une prime d'ancienneté propre au secteur, assise sur la rémunération minimale garantie et affichée sur une ligne distincte du bulletin — son barème exact figure dans la partie sectorielle du texte : les taux qui circulent en ligne étant contradictoires, reportez-vous à la grille en vigueur sur Légifrance ou à votre service de paie.
Le dimanche est le nerf de la guerre de ces commerces, autorisés à ouvrir le dimanche matin en tant que commerces alimentaires de détail : le travail dominical y est majoré de 100 %, avec repos compensateur — l'organisation type du secteur prévoyant un repos s'étendant du dimanche 13 h au mardi matin côté poissonnerie. Un jour férié travaillé ouvre également droit à des contreparties (repos compensateur ou majoration, selon les modalités sectorielles) et le 1ᵉʳ mai reste payé double, obligation légale. Le travail de nuit — préparation matinale des étals, mareyage — est encadré avec des contreparties en repos ou en rémunération dont le détail relève des parties sectorielles. Chiffrez vos heures majorées avec notre outil de majorations dimanche/nuit/férié.
6. Durée du travail
La durée conventionnelle est de 35 heures hebdomadaires, avec les maxima de droit commun (10 heures par jour, 48 heures par semaine) et un contingent d'heures supplémentaires de 270 heures par an — nettement supérieur aux 220 heures supplétives, à l'image d'un secteur où les semaines de fêtes (Noël, Pâques, saison estivale pour la marée) concentrent l'activité. Les heures supplémentaires suivent les majorations légales (+25 % de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure, +50 % au-delà — voir notre calculateur). Le forfait annuel en jours est ouvert à l'encadrement côté boucherie, et la partie poissonnerie dispose de son propre régime d'aménagement du temps de travail, hérité des contraintes de la marée (arrivages, criées matinales). Les règles de coupures et de temps partiel figurent aux articles 51-52 du tronc commun et dans les parties sectorielles.
7. Période d'essai et préavis
| Catégorie | Essai initial | Renouvellement |
|---|---|---|
| Ouvriers / Employés | 2 mois | 1 fois (2 mois) |
| Agents de maîtrise | 3 mois | 1 fois (3 mois) |
| Cadres | 4 mois | 1 fois (4 mois) |
Les durées initiales reprennent les plafonds légaux, la convention autorisant le renouvellement (à prévoir expressément au contrat). Côté préavis (articles 56 à 59 du tronc commun), le licenciement d'un ouvrier ou employé suit une échelle de 2 semaines (moins de 6 mois d'ancienneté), 1 mois (6 mois à 2 ans) et 2 mois (au-delà de 2 ans), la démission suivant une échelle similaire qui monte jusqu'à 3 mois pour les cadres — le détail par catégorie figure aux articles cités. Calculez vos dates avec notre calculateur de préavis.
8. Licenciement et retraite
L'indemnité de licenciement (articles 60-61) est ouverte dès 8 mois d'ancienneté et suit la formule légale — 1/4 de mois de salaire par année sur les dix premières années (1/3 au-delà, comme le prévoit le Code du travail) : pas de bonus conventionnel, chiffrez votre cas avec notre simulateur d'indemnité de licenciement. La mise à la retraite par l'employeur ouvre droit à l'équivalent de l'indemnité légale de licenciement — plus favorable que l'indemnité légale de départ à la retraite — tandis que le départ volontaire suit un barème fixé dans les annexes sectorielles. En cas d'inaptitude d'origine professionnelle — un sujet réel dans des métiers exposés au froid, aux troubles musculo-squelettiques et aux coupures —, l'indemnité légale est doublée.
9. Maladie, prévoyance, mutuelle
Dans le secteur boucherie, le maintien de salaire suppose 1 an d'ancienneté : l'employeur complète alors les indemnités journalières de la Sécurité sociale pour porter la rémunération à 90 %, sur des durées qui progressent avec l'ancienneté — de 60 à 180 jours —, déduction faite des prestations de prévoyance financées par l'employeur, avec une garantie d'emploi pendant la maladie. Le volet poissonnerie a ses propres modalités dans la partie sectorielle. La branche impose par ailleurs des régimes obligatoires de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) et de frais de santé — mutuelle cofinancée à parts égales employeur/salarié, AG2R La Mondiale étant l'organisme historique recommandé du secteur boucherie. Les cotisations santé ont été actualisées par les avenants n° 5-P (poissonnerie, étendu par arrêté du 21 mai 2026) et n° 7-B (boucherie, novembre 2025) : les taux applicables figurent dans ces textes et sur votre bulletin.
10. Ce qui bouge dans la branche
La jeune branche unifiée négocie à un rythme soutenu. Après les avenants « balais » d'octobre 2025 qui ont remis à niveau grilles et régimes santé au moment de l'extension, 2026 a déjà vu deux avenants salaires étendus (8-P poissonnerie en avril, 9-B boucherie en mai), un avenant santé poissonnerie étendu (5-P, arrêté du 21 mai 2026) et deux textes signés en mars 2026 (10-TC sur le tronc commun et 11-B boucherie) dont l'extension n'était pas parue au 7 août 2026. À surveiller également : le sort de la charcuterie de détail (IDCC 953), restée hors de la fusion, dans un paysage où l'administration pousse au regroupement des branches de moins de 5 000 salariés. Nous mettrons cette page à jour à chaque avenant étendu — les grilles de ce secteur bougent généralement une à deux fois par an.
11. Questions fréquentes
12. Sources officielles
- CCN de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie, écailler, traiteur de la mer du 24 septembre 2024 (Légifrance, IDCC 3254) — étendue par arrêté du 29 septembre 2025 (JORF du 4 octobre 2025), applicable au 1ᵉʳ novembre 2025 ; remplace les ex-CCN 992 (boucherie, 1978) et 1504 (poissonnerie, 1988)
- Avenant n° 9-B du 4 février 2026 (salaires boucherie, +1,2 %), étendu par arrêté du 4 mai 2026 (JORF du 10 mai 2026) · avenant n° 8-P du 21 janvier 2026 (salaires poissonnerie), étendu par arrêté du 2 avril 2026 (JORF du 17 avril 2026) · avenants n° 2-TC à 6-P du 15 octobre 2025 (étendus fin 2025 - début 2026)
- Fiche IDCC 3254 — Code du travail numérique (Ministère du Travail) · CFBCT — Confédération française de la boucherie (notes d'application de la nouvelle CCN)
- SMIC au 1ᵉʳ juin 2026 : arrêté du 22 mai 2026 (JORF du 24 mai 2026)
Données vérifiées le 7 août 2026 sur les textes officiels. Le texte étant récent, certaines modalités (barème de la prime d'ancienneté poissonnerie, congés chiffrés, contreparties de nuit, grille poissonnerie coefficient par coefficient) restent à consulter directement dans le texte consolidé sur Légifrance. Ce site n'est pas un site gouvernemental : pour un conseil individuel, rapprochez-vous de vos représentants du personnel, d'un syndicat ou d'un avocat en droit social.