Convention Collective des Fleuristes et des Animaux Familiers 2026 (IDCC 1978) : Salaires, Dimanche et Droits
Fleuriste en boutique, vendeur en animalerie, toiletteur, éducateur canin, agent animalier d'un refuge, petsitter salarié : tous relèvent de la convention collective nationale des fleuristes, de la vente et des services des animaux familiers (IDCC 1978, brochure 3010) — un texte de 1997 entièrement actualisé par l'accord du 29 septembre 2020, étendu fin 2021, et l'une des branches les plus actives de France en négociation salariale.
Cette page raconte d'abord un été que votre bulletin de paie a peut-être traversé sans que vous le voyiez : du 1ᵉʳ juin au 31 juillet 2026, les deux premiers coefficients de la grille étaient sous le SMIC (de 12,66 € et 2,36 €), qui s'y substituait. L'accord du 10 mars 2026, étendu par arrêté du 17 juillet 2026, a remis toute la grille au-dessus au 1ᵉʳ août — mais le premier coefficient ne dépasse le SMIC que de 15,16 €, et les dix premiers coefficients tiennent dans 94,11 € d'écart.
Vous trouverez aussi les règles que la branche est presque seule à pratiquer : un dimanche jamais majoré mais compensé par au moins 11 week-ends garantis par an, 7 jours fériés chômés payés au choix de l'employeur avec doublement du salaire s'ils sont travaillés, le vrai régime du 1ᵉʳ mai — jour de la plus grosse recette et de la plus grande insécurité juridique du métier —, des heures supplémentaires qui démarrent à 12,5 % dans les petites boutiques, une prime d'ancienneté de 3 à 15 %, et la classification de 2025 qui reconnaît officiellement les métiers de petsitter et de promeneur de chiens. Chaque chiffre est daté et sourcé sur Légifrance ou les PDF signés des accords.
ÉTAPE 0 : êtes-vous bien couvert par l'IDCC 1978 ?
La convention couvre trois secteurs définis à l'article 1.1 : le commerce de détail de fleurs naturelles, le commerce de détail d'animaux familiers vivants et de leurs produits, et les services aux animaux familiers (toilettage, éducation-dressage, pension, garde, refuges). Le critère de rattachement est l'activité principale réellement exercée, jamais le seul code NAF — et les confusions de frontière sont nombreuses.
Le réflexe fiable : la convention applicable figure sur votre bulletin de paie. En cas de doute, c'est l'activité principale réelle de l'employeur qui commande (art. 1.1).
Sommaire
- Une grille qui a couru après le SMIC
- Grille de salaires étendue au 1ᵉʳ août 2026
- Simulateur : minimum + prime d'ancienneté
- Classification 2025 : du CAP au petsitter
- Prime d'ancienneté — et pas de 13ᵉ mois
- Dimanche : 11 week-ends garantis par an
- Jours fériés et 1ᵉʳ mai
- Temps de travail et heures supplémentaires
- Simulateur : vos heures supplémentaires
- Essai, préavis, licenciement, retraite
- Maladie, maternité, frais de santé
- Congés payés et congés familiaux
- ACACED, apprentissage et loi animaux de 2021
- Ce que nous ne publions pas
- FAQ
- Sources officielles
1. Une grille qui a couru après le SMIC tout l'été 2026
La branche négocie vite et souvent — deux accords de salaires en 2023, deux textes en 2024 —, mais le bas de sa grille colle au SMIC de si près que chaque revalorisation légale la rattrape. La séquence récente mérite d'être datée précisément, parce qu'elle détermine ce que votre employeur vous devait mois par mois. En mars 2024, un premier accord est signé sans FO, qui le juge insuffisant et obtient la réouverture des négociations : l'accord du 28 octobre 2024, étendu le 2 janvier 2025, programme une grille à double détente — +2 % au 1ᵉʳ février 2025, puis +1 % au 1ᵉʳ mai 2025. C'est cette grille de mai 2025 qui était encore en vigueur quand le SMIC est passé à 1 867,02 € le 1ᵉʳ juin 2026.
- 21 mars 2024 — accord de salaires signé sans FGTA-FO, étendu le 28 juin 2024 ; FO obtient la réouverture des négociations.
- 28 octobre 2024 — accord « à double détente », étendu par arrêté du 2 janvier 2025 (JORF du 25 janvier) : +2 % au 1ᵉʳ février 2025, +1 % au 1ᵉʳ mai 2025 (coefficient 110 à 1 854,36 €).
- 1ᵉʳ juin 2026 — le SMIC passe à 1 867,02 € : les coefficients 110 (1 854,36 €) et 120 (1 864,66 €) passent sous le SMIC, qui s'y substitue.
- 10 mars 2026 — nouvel accord de salaires (+1,5 % uniforme), signé cette fois par les cinq organisations syndicales.
- 17 juillet 2026 — arrêté d'extension publié au JORF du 22 juillet : la grille s'impose à toute la branche depuis le 1ᵉʳ août 2026.
Vérifiez vos bulletins de juin et juillet 2026
Si vous étiez payé au coefficient 110 ou 120 à temps plein, votre brut de juin et de juillet 2026 devait être porté à 1 867,02 € (le SMIC), et non laissé à 1 854,36 € ou 1 864,66 €. L'écart — jusqu'à 12,66 € par mois — se réclame en rappel de salaire. Depuis le 1ᵉʳ août, le minimum du coefficient 110 est de 1 882,18 €.
2. Grille de salaires étendue — en vigueur depuis le 1ᵉʳ août 2026
La grille unique des trois secteurs compte 7 niveaux de 3 échelons, soit 21 coefficients (110 à 730), pour 151,67 heures mensuelles. La colonne de droite rappelle la grille précédente (2ᵉ palier de l'accord du 28 octobre 2024, en vigueur du 1ᵉʳ mai 2025 au 31 juillet 2026), avec les deux coefficients que le SMIC avait absorbés. À noter : le bas de grille est très tassé — du coefficient 110 au coefficient 410, dix coefficients se tiennent en 94,11 € —, l'écart ne se creuse vraiment qu'à partir du niveau IV échelon 2, puis explose au niveau VII (cadres).
| Niveau.Échelon | Coefficient | Depuis le 01/08/2026 étendu | Du 01/05/2025 au 31/07/2026 |
|---|---|---|---|
| I.1 | 110 | 1 882,18 € | 1 854,36 1 867,02* € |
| I.2 | 120 | 1 892,63 € | 1 864,66 1 867,02* € |
| I.3 | 130 | 1 903,08 € | 1 874,96 € |
| II.1 | 210 | 1 913,55 € | 1 885,27 € |
| II.2 | 220 | 1 924,00 € | 1 895,57 € |
| II.3 | 230 | 1 934,46 € | 1 905,87 € |
| III.1 | 310 | 1 944,91 € | 1 916,17 € |
| III.2 | 320 | 1 955,37 € | 1 926,47 € |
| III.3 | 330 | 1 965,83 € | 1 936,78 € |
| IV.1 | 410 | 1 976,29 € | 1 947,08 € |
| IV.2 | 420 | 2 018,11 € | 1 988,29 € |
| IV.3 | 430 | 2 059,93 € | 2 029,49 € |
| V.1 | 510 | 2 159,27 € | 2 127,36 € |
| V.2 | 520 | 2 274,30 € | 2 240,69 € |
| V.3 | 530 | 2 394,55 € | 2 359,16 € |
| VI.1 | 610 | 2 514,79 € | 2 477,63 € |
| VI.2 | 620 | 2 692,56 € | 2 652,77 € |
| VI.3 | 630 | 2 953,97 € | 2 910,32 € |
| VII.1 | 710 | 3 701,61 € | 3 646,91 € |
| VII.2 | 720 | 3 910,74 € | 3 852,95 € |
| VII.3 | 730 | 4 078,05 € | 4 017,78 € |
Sources : accord du 10 mars 2026 relatif aux salaires minima conventionnels (KALITEXT000054554019), étendu par arrêté du 17 juillet 2026, JORF du 22 juillet 2026, applicable le 1ᵉʳ jour du mois suivant la parution, soit le 1ᵉʳ août 2026 ; accord du 28 octobre 2024, 2ᵉ palier au 1ᵉʳ mai 2025 (KALITEXT000050974856, étendu par arrêté du 02/01/2025, JORF 25/01/2025). Montants bruts mensuels, base 151,67 h. * Cases marquées : minima passés sous le SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 €), qui s'y substituait jusqu'au 31 juillet 2026.
Attention aux grilles périmées en ligne
À la mi-août 2026, plusieurs sites présentaient encore la grille de mai 2025 comme actuelle — en laissant deux coefficients sous le SMIC — ou annonçaient l'accord du 10 mars 2026 « en attente d'extension » alors que l'arrêté est paru au Journal officiel du 22 juillet 2026. D'autres prêtent à la branche « 45 000 salariés » : les données URSSAF exploitées par l'observatoire de la branche en comptaient environ 20 900 (voir la section effectifs des sources).
3. Simulateur : votre minimum conventionnel, prime d'ancienneté comprise
Sélectionnez votre coefficient et votre ancienneté : le simulateur calcule votre minimum de grille au 1ᵉʳ août 2026, la prime d'ancienneté due (3 à 15 % du minimum de l'emploi, versée mensuellement, proratisée à temps partiel) et le total à comparer à votre bulletin. La prime est un élément de salaire distinct qui s'ajoute au minimum de grille — renseignez votre salaire de base actuel pour obtenir un verdict.
Minimum conventionnel + prime d'ancienneté
Constantes du 15/08/2026 : grille de l'accord du 10/03/2026 étendu (effet 01/08/2026), prime d'ancienneté art. 9.2 (3/6/9/12/15 % du minimum de l'emploi), SMIC 1 867,02 €. Résultat indicatif, base 151,67 h.
4. Classification 2025 : du CAP fleuriste au petsitter, une grille refondue
L'accord du 23 avril 2025, étendu par arrêté du 18 septembre 2025 (JORF du 26 septembre 2025), a remplacé la classification de 2018. La grille unique — commune aux fleuristes, aux animaleries et aux services — classe les emplois sur 7 niveaux selon l'autonomie, la responsabilité, la poly-compétence, la technicité et le niveau de compétences requis. Fait notable : elle intègre officiellement les nouveaux métiers du secteur des services aux animaux — petsitter, promeneur de chiens — aux côtés du toiletteur, de l'éducateur canin et de l'agent animalier-gardien.
| Niveau | Profil | Certifications repères |
|---|---|---|
| I | Emplois sans qualification exigée (tâches simples) | ACACED possible |
| II | Titulaires d'une certification qualifiante | CAP fleuriste, CAP vente en animalerie, CTM toiletteur, ACACED |
| III | Qualifiés avec expérience | CAP + environ 2 ans d'expérience, CESCCAM, TEPAC |
| IV | Qualifiés expérimentés | BP fleuriste, BTM, Bac pro commerce |
| V | Techniciens supérieurs / agents de maîtrise | BTS, Brevet de Maîtrise, MOF |
| VI | Responsables (cadres intermédiaires) | Diplôme de niveau 5 + responsabilités |
| VII | Cadres | Formation supérieure |
Source : accord du 23 avril 2025 relatif aux classifications professionnelles (KALITEXT000051927509), étendu par arrêté du 18 septembre 2025, JORF du 26 septembre 2025. Un avenant n° 2 du 11 mars 2026 (harmonisation des passages entre coefficients du niveau I) a été signé ; son extension n'était pas parue à la date de rédaction.
Des progressions d'échelon automatiques — vérifiez votre coefficient
La classification prévoit des passages d'échelon liés à l'expérience : 6 mois au coefficient inférieur pour passer de l'échelon 1 à l'échelon 2, puis de l'échelon 2 à l'échelon 3, et 24 mois pour atteindre l'échelon 3 aux niveaux III et IV. Deux emplois permanents de même niveau (fleuriste-livreur, vendeur-toiletteur…) valent l'échelon supérieur, et la poly-compétence doit être formalisée au contrat avec classement au coefficient le plus élevé. Un salarié bloqué à son coefficient d'embauche depuis des années a souvent un rattrapage à demander — chaque échelon du bas de grille vaut environ 10 € par mois, mais le niveau et l'échelon conditionnent aussi la prime d'ancienneté.
5. Prime d'ancienneté de 3 à 15 % — et pas de 13ᵉ mois
C'est l'avantage financier le plus solide de la convention. L'article 9.2 accorde une prime mensuelle de 3 % après 3 ans de présence effective, 6 % après 6 ans, 9 % après 9 ans, 12 % après 12 ans et 15 % après 15 ans. Elle se calcule sur le salaire minimum conventionnel de l'emploi — pas sur votre salaire réel —, elle est proratisée pour les temps partiels et s'applique aux trois secteurs de la branche depuis le 1ᵉʳ juillet 2020 (les associations de protection animale l'ont rejointe par une montée en charge organisée par l'accord du 30 juin 2017). Concrètement, au coefficient 210, la prime vaut 57,41 € par mois à 3 ans et 287,03 € à 15 ans — soit plus de 3 400 € par an.
Deux précisions pour la lecture du bulletin. D'abord, la prime étant un élément de salaire distinct calculé sur le minimum, elle doit apparaître clairement — un salaire global « prime incluse » égal au minimum de grille doit vous alerter. Ensuite, la convention ne prévoit ni 13ᵉ mois, ni prime de fin d'année, ni congés d'ancienneté : si votre boutique en verse, c'est un usage ou un accord d'entreprise, dont le fondement mérite d'être vérifié avant d'en réclamer le maintien.
6. Dimanche : jamais majoré, mais 11 week-ends garantis par an
Le dimanche est le premier jour de vente des fleuristes, et la loi le sait : les magasins de fleurs naturelles et les établissements de la branche bénéficient d'une dérogation permanente de droit au repos dominical (articles L3132-12 et R3132-5 du Code du travail) — l'employeur n'a besoin d'aucune autorisation pour ouvrir. En contrepartie, la convention a fait un choix original : aucune majoration de salaire pour le dimanche ordinaire, mais une garantie de repos créée par l'avenant du 3 novembre 2022, étendu par arrêté du 2 février 2024 (JORF du 10 février 2024).
La règle des 4 semaines (article 7.1)
Tout salarié dont le repos hebdomadaire est donné par roulement a droit à 2 jours de repos consécutifs comportant un dimanche (samedi-dimanche ou dimanche-lundi) :
- régulièrement toutes les 4 semaines ;
- à défaut, toutes les 4 semaines en moyenne sur l'année — les dimanches compris dans les congés payés ne comptant pas dans ce calcul.
L'avenant chiffre lui-même l'objectif : « au minimum 11 week-ends par an ». Si la contrepartie tombe un jour férié, une veille de férié ou un événement d'intérêt pour l'entreprise (Saint-Valentin, fête des mères…), elle est déplacée sur la semaine qui précède ou qui suit, ou à une autre date d'un commun accord.
Attention aux résumés anciens qui circulent encore : la version de 2020 de l'article 7.1 accordait ce week-end toutes les 8 semaines seulement — la règle a doublé de valeur en 2022-2024. Le repos hebdomadaire minimal reste d'un jour et demi consécutif par semaine, et il demeure interdit de faire travailler un salarié plus de six jours par semaine. Comptez vos week-ends sur l'année : moins de 11, c'est un manquement opposable.
7. Jours fériés et 1ᵉʳ mai : 7 fériés payés, une journée doublée — et une loi en suspens
L'article 7.6 organise un système à deux vitesses assumé : sur les 11 jours fériés légaux, l'employeur fixe en début d'année, par roulement, 7 jours fériés chômés et payés lorsqu'ils tombent un jour habituellement travaillé. Si l'un de ces 7 jours — ou le 1ᵉʳ mai — est finalement travaillé, le salarié reçoit au choix de l'employeur soit une journée de congé supplémentaire dans les deux semaines qui précèdent ou suivent, soit une majoration de salaire de 100 %. Les 4 fériés restants sont travaillés et payés aux conditions normales, sans majoration conventionnelle.
Reste le cas du 1ᵉʳ mai — le jour du muguet, la plus grosse recette de l'année pour un fleuriste. S'il est travaillé, la loi impose de verser, en plus du salaire, une indemnité égale à son montant (article L3133-6) : la journée est payée double, et la compensation conventionnelle s'y articule. Mais le paradoxe est ailleurs : le Code du travail réserve le travail du 1ᵉʳ mai aux « établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail » — et les tribunaux ont jugé à plusieurs reprises qu'une boutique de fleurs n'en faisait pas partie, condamnant des fleuristes qui avaient fait travailler leurs salariés ce jour-là.
Où en est la « loi 1ᵉʳ mai » à la mi-août 2026 ?
Un projet de loi visant à sécuriser le travail volontaire du 1ᵉʳ mai dans les commerces de détail alimentaire et de fleurs — volontariat écrit du salarié et rémunération au moins doublée — a été adopté par le Sénat le 16 juin 2026, mais n'était pas encore voté par l'Assemblée nationale ni promulgué au 15 août 2026. Tant que la loi n'est pas publiée, l'emploi de salariés le 1ᵉʳ mai dans une boutique de fleurs reste juridiquement risqué pour l'employeur, même volontaire et payé double. Nous mettrons cette page à jour à la promulgation.
8. Temps de travail : 35 heures, nuit occasionnelle doublée, heures sup à 12,5 %
La durée de référence est de 35 heures hebdomadaires. L'article 7.1 (dans sa version issue de l'avenant du 3 novembre 2022, corrigé en 2024) fixe le repos quotidien à 11 heures, réductible à 9 heures dans des cas exceptionnels propres au métier — commandes urgentes, salons, arrivages imprévus d'animaux — avec une contrepartie de 2 heures de repos supplémentaires ou une compensation financière. Toute séquence de plus de 6 heures ouvre droit à une pause d'au moins 30 minutes, repas compris (l'arrêté d'extension rappelant que les 20 minutes consécutives légales restent garanties).
9. Simulateur : vos heures supplémentaires au barème de la branche
Le barème dérogatoire de l'article 7.2 dépend de la taille de l'entreprise — cas rare dans le commerce de détail. Indiquez votre salaire de base, la taille de la boutique et vos heures au-delà de 35 heures sur une semaine : le simulateur applique les trois étages de majoration.
Heures supplémentaires — article 7.2
Constantes du 15/08/2026 : art. 7.2 de la CCN (accord du 29/09/2020 étendu) — 12,5 %/25 %/50 % (≤ 20 salariés) ou 25 %/25 %/50 % (> 20 salariés), taux horaire = salaire mensuel / 151,67. Hors exonérations fiscales et sociales des heures supplémentaires.
10. Essai, préavis, licenciement, retraite : ce que la convention change vraiment
La période d'essai (art. 3.2) est de 2 mois pour les employés, 3 mois pour les techniciens et agents de maîtrise, 4 mois pour les cadres — avec une règle peu commune : le renouvellement n'est possible que dans les entreprises de moins de 50 salariés (+1 mois pour les employés, porté à +2 mois dans les boutiques de moins de 11 salariés ; +1 mois pour les techniciens ; +2 mois pour les cadres). Dans une enseigne de 50 salariés et plus, l'essai ne se renouvelle jamais.
| Catégorie | Démission (< 6 mois / au-delà) | Licenciement (< 6 mois / 6 mois-2 ans / > 2 ans) |
|---|---|---|
| Employés | 15 jours / 1 mois | 15 jours / 1 mois / 2 mois |
| Techniciens - agents de maîtrise | 1 mois / 2 mois | 1 mois / 2 mois / 2 mois |
| Cadres | 2 mois / 3 mois | 2 mois / 3 mois / 3 mois |
Source : art. 6.3 de la CCN (accord du 29/09/2020 étendu, KALITEXT000043234383). Pendant le préavis : 2 heures par jour de recherche d'emploi, dans la limite d'un mois (deux mois pour les cadres).
L'indemnité de licenciement (art. 6.6) reprend strictement le barème légal — un quart de mois par année jusqu'à 10 ans, un tiers au-delà — avec une exception ciblée : les cadres d'au moins 50 ans comptant 10 ans d'ancienneté en qualité de cadre touchent une majoration de 10 % (50 à 55 ans) ou 15 % (55 ans et plus). Le départ volontaire à la retraite (art. 6.7) est en revanche nettement au-dessus de la loi : 1 mois de salaire entre 10 et 14 ans d'ancienneté, 1,5 mois de 15 à 19 ans, 2 mois de 20 à 29 ans, 2,5 mois à partir de 30 ans pour les non-cadres — et 1 / 2 / 2,5 / 3 mois pour les cadres, contre 0,5 / 1 / 1,5 / 2 mois au barème légal. L'arrêté d'extension a réservé le préavis de départ volontaire (2 mois dans le texte) : il ne peut excéder le préavis légal applicable au salarié.
11. Maladie, maternité, frais de santé : l'ancienneté de branche compte
Le maintien de salaire de l'article 8.1 a une particularité rare : le droit est ouvert dès un an d'ancienneté dans l'entreprise, ou deux ans d'ancienneté dans la branche pour les salariés récemment embauchés — précieux dans un secteur de TPE où l'on change souvent de boutique sans changer de métier. Après une franchise de 3 jours (aucune en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, indemnisés dès le premier jour), l'indemnisation — sous déduction des IJSS et dans la limite du net habituel — progresse avec l'ancienneté :
| Ancienneté | 1ʳᵉ période à 90 % | 2ᵉ période à 70 % |
|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours |
| 21 à 24 ans | 70 jours | 70 jours |
| 25 à 29 ans | 80 jours | 80 jours |
| 30 ans et plus | 90 jours | 90 jours |
Source : art. 8.1 de la CCN (KALIARTI000043234483) — le taux de la seconde période est bien de 70 %, au-dessus des 66,66 % du régime légal. Un barème équivalent s'applique par tranches d'ancienneté de branche. Au-delà de 6 mois d'absence, la rupture reste possible si le remplacement définitif est nécessaire, avec indemnités de préavis et de licenciement.
La maternité (art. 8.3) est couverte au salaire maintenu, sous déduction des IJSS, à partir de 2 ans d'ancienneté — et dès le 4ᵉ mois de grossesse, la salariée bénéficie de 15 minutes de retard le matin et 15 minutes d'avance le soir, payées, en plus des absences rémunérées pour les examens médicaux. Côté frais de santé, l'accord du 13 juin 2022, étendu le 24 octobre 2022, impose une couverture obligatoire pour tous les salariés, avec une cotisation du régime général de 1,43 % du plafond mensuel de la sécurité sociale, financée au moins à 50 % par l'employeur. Un régime de prévoyance de branche existe depuis un accord de 2016 et un avenant santé d'octobre 2025 a été signé ; leurs garanties chiffrées ne sont pas publiées ici (voir la section suivante).
12. Congés payés et congés familiaux : ce que dit la convention, ce que la loi impose en plus
Les congés payés suivent le droit commun — 2,5 jours ouvrables par mois, période de référence du 1ᵉʳ juin au 31 mai, 24 jours ouvrables au plus à prendre entre le 1ᵉʳ mai et le 31 octobre — avec les jours de fractionnement classiques (1 jour pour 3 à 5 jours pris hors période, 2 jours à partir de 6). L'employeur fixe le calendrier, de préférence avant le 30 mars. La convention ne prévoit pas de congés d'ancienneté. Les congés pour événements familiaux (art. 7.5) sont ouverts sans condition d'ancienneté, en jours ouvrés, avec un bonus original : 1 jour de déplacement supplémentaire quand l'événement a lieu à 500 km ou plus du domicile.
| Événement | CCN (art. 7.5, jours ouvrés) | Minimum légal 2026 | Ce qui s'applique |
|---|---|---|---|
| Mariage du salarié | 5 jours | 4 jours | CCN (5 j) |
| Pacs du salarié | 4 jours | 4 jours | Identique |
| Mariage d'un enfant | 1 jour | 1 jour | Identique |
| Naissance ou adoption | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Décès d'un enfant | 5 jours | 12 jours ouvrables (14 si l'enfant a moins de 25 ans ou est lui-même parent) + congé de deuil de 8 jours | LOI |
| Décès du conjoint, partenaire ou concubin | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Décès des parents, beaux-parents, frère, sœur | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Décès des grands-parents | 1 jour | — | CCN (1 j) |
| Annonce d'un handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant | 2 jours | 5 jours | LOI |
| Déménagement | 1 jour (1 fois tous les 2 ans) | — | CCN (1 j) |
Sources : art. 7.5 de la CCN (KALIARTI000043234480) ; minima légaux : art. L3142-4 du Code du travail (modifié par la loi n° 2020-692 du 8 juin 2020 pour le deuil d'un enfant et par la loi n° 2023-622 du 19 juillet 2023 pour l'annonce d'un handicap) et L3142-1-1 (congé de deuil). Le salarié bénéficie toujours de la disposition la plus favorable : sur le décès d'un enfant et l'annonce d'un handicap, le tableau conventionnel de 2020 est dépassé par la loi.
13. ACACED, apprentissage et loi de 2021 : le cadre réglementaire des métiers de l'animal
Travailler avec des animaux de compagnie ne relève pas que de la convention collective. L'article L214-6-1 du code rural impose, pour l'exercice à titre commercial des activités de vente, de garde, d'éducation, de dressage ou de gestion d'un refuge, qu'au moins une personne en contact direct avec les animaux détienne l'ACACED — l'attestation de connaissances pour les animaux de compagnie d'espèces domestiques — ou une certification équivalente. Vendeur en animalerie, éducateur canin, petsitter, agent animalier : l'attestation, délivrée par espèce (chien, chat, autres), doit être actualisée périodiquement, et la classification de 2025 la valorise en classant ses titulaires au niveau II. La convention ne dit pas qui finance la formation : elle relève des dispositifs de droit commun (plan de développement des compétences, OPCO EP — l'opérateur de compétences de la branche).
Le secteur de la vente d'animaux vit par ailleurs une mutation réglementaire majeure : la loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale interdit depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 la cession de chiens et de chats en animalerie — seule reste possible la présentation d'animaux de refuges et d'associations en vue de leur adoption. Les rayons vivants se recentrent sur les autres espèces, et les emplois du secteur glissent vers le conseil, les produits et les services — le mouvement même que la classification de 2025 acte en créant les emplois repères de petsitter et de promeneur de chiens. Enfin, la branche est un gros employeur d'apprentis (CAP puis BP fleuriste notamment, positionnés aux niveaux II et IV de la classification) ; l'extension de l'accord de 2020 a rappelé que les règles conventionnelles d'apprentissage s'appliquent sous réserve des limites d'âge légales.
14. Ce que nous ne publions pas — et pourquoi
Cette page ne contient que des valeurs relues sur Légifrance, les PDF signés des accords ou les arrêtés d'extension. Les points suivants existent ou circulent, mais nous ne les publions pas en l'état :
- Les garanties et taux du régime de prévoyance (accord du 13 mai 2016) et le contenu de l'avenant frais de santé du 24 octobre 2025 : textes non lus dans leur version en vigueur — seul le principe du régime santé de 2022 (1,43 % PMSS, moitié employeur) est publié.
- L'assiette exacte de comparaison au minimum conventionnel (quelles primes peuvent ou non y être intégrées) : les accords de salaires ne la définissent pas — nous indiquons seulement que la prime d'ancienneté est un élément de salaire distinct calculé sur le minimum.
- L'extension de l'avenant n° 2 du 11 mars 2026 aux classifications : signé par toutes les organisations, mais aucun arrêté constaté à la date de rédaction — mentionné sans contenu détaillé.
- L'impact chiffré de la loi de 2021 sur l'emploi des animaleries : aucune donnée fiable de branche — nous décrivons la règle, pas ses effets supposés.
- Les effectifs « actuels » : le panorama de l'observatoire (OPCO EP) exploite des données URSSAF de 2020 — environ 20 900 salariés et 9 600 établissements employeurs, 9 salariés sur 10 dans des boutiques de moins de 11 personnes. Le chiffre de « 45 000 salariés » repris par des agrégateurs est incompatible avec ces données.
- La liste exhaustive des réserves de l'arrêté d'extension du 17 décembre 2021 : quatre réserves identifiées (apprentissage, ancienneté, préavis de retraite, pause), la liste complète n'ayant pas été relue dans l'arrêté lui-même.
FAQ — Convention des fleuristes et des animaux familiers
Les huit questions les plus posées sur l'IDCC 1978, avec des réponses datées du 15 août 2026.
Sources officielles
Toutes les valeurs de cette page ont été vérifiées le 15 août 2026 sur les documents suivants :
- Convention collective nationale des fleuristes, de la vente et des services des animaux familiers (IDCC 1978, brochure 3010) du 21 janvier 1997, actualisée par l'accord du 29 septembre 2020, étendu par arrêté du 17 décembre 2021 (JORF du 23 décembre 2021) — Légifrance, conteneur KALICONT000005635507.
- Accord du 10 mars 2026 relatif aux salaires minima conventionnels, étendu par arrêté du 17 juillet 2026 (JORF du 22 juillet 2026), applicable au 1ᵉʳ août 2026.
- Accord du 28 octobre 2024 relatif aux salaires (paliers des 1ᵉʳ février et 1ᵉʳ mai 2025), étendu par arrêté du 2 janvier 2025 (JORF du 25 janvier 2025).
- Accord du 23 avril 2025 relatif aux classifications professionnelles, étendu par arrêté du 18 septembre 2025 (JORF du 26 septembre 2025).
- Avenant du 3 novembre 2022 relatif au repos hebdomadaire (PDF signé, BOCC 2023-01), étendu par arrêté du 2 février 2024 (JORF du 10 février 2024).
- Accord du 13 juin 2022 relatif aux frais de santé, étendu par arrêté du 24 octobre 2022 (JORF du 8 novembre 2022).
- Articles lus sur Légifrance : 3.2 et 6.3 (essai, préavis), 6.6 et 6.7 (licenciement, retraite), 7.1, 7.2, 7.5, 7.6 (temps de travail, heures supplémentaires, congés familiaux, jours fériés), 8.1 et 8.3 (maladie, maternité), 9.2 (prime d'ancienneté).
- Loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale ; art. L214-6-1 du code rural (ACACED).
- Panorama de branche OPCO EP (édition 2022, données URSSAF 2020) : 9 635 établissements employeurs, 20 853 salariés.
- Sénat — projet de loi sur le travail du 1ᵉʳ mai dans certains commerces, adopté en première lecture le 16 juin 2026.
- code.travail.gouv.fr — ministère du Travail (fiche IDCC 1978, minima légaux de comparaison).