Convention Collective des Pompes Funèbres 2026 (IDCC 759) : Salaires, Astreintes et Droits

Mise à jour : 21/08/2026 Convention collective

Conseiller funéraire, maître de cérémonie, chauffeur-porteur, agent de chambre funéraire, agent de crématorium, marbrier, thanatopracteur salarié : environ 20 000 salariés accompagnent chaque année les familles endeuillées sous la convention collective nationale des pompes funèbres du 1ᵉʳ mars 1974 (IDCC 759, brochure 3269) — le texte social d'une profession réglementée, habilitée par les préfectures, qui ne ferme jamais vraiment : les permanences décès tournent 24 heures sur 24.

Cette page publie d'abord ce qu'aucun concurrent ne chiffre : le tarif exact des astreintes. L'accord de 2018 les indexe sur le SMIC — avec celui du 1ᵉʳ juin 2026, une nuit d'astreinte vaut 13 €, un week-end complet 38 €, dans la limite de 180 nuits par an et de 2 week-ends par mois, toute intervention étant payée porte à porte, trajet compris. Ce même SMIC a d'ailleurs rattrapé la grille signée en janvier : le niveau I à l'embauche (1 864 €) est passé 3,02 € sous le SMIC — un rappel que même une branche qui revalorise chaque année peut se faire doubler en six mois.

Vous trouverez aussi la grille complète — dont l'originalité est d'intégrer la progression à l'ancienneté directement dans les minima (sept colonnes, de l'embauche à 25 ans) —, le vrai régime du dimanche (+75 %), des fériés et de la nuit, les diplômes obligatoires du funéraire et leur réforme de 2026, le maintien maladie avec son piège de carence, et le paradoxe le plus humain du droit du travail français : ce que la convention des professionnels du deuil prévoit pour leurs propres deuils. Chaque chiffre est vérifié sur Légifrance ou le PDF signé de l'accord.

ÉTAPE 0 : êtes-vous bien couvert par l'IDCC 759 ?

La convention couvre les entreprises exerçant « l'activité de pompes funèbres et/ou de soins au défunt » (art. 010), en métropole et dans les DOM — code NAF usuel 96.03Z. Le funéraire mêle pourtant public et privé, et plusieurs métiers voisins relèvent d'autres textes.

🕊️ IDCC 759 — Pompes funèbres Opérateurs funéraires privés habilités : agences et réseaux, chambres funéraires, crématoriums exploités par des sociétés privées (y compris en délégation de service public), marbrerie funéraire, thanatopracteurs salariés — tous ces emplois figurent dans la classification de branche.
🏛️ Régies municipales : hors convention Les régies municipales de pompes funèbres et les crématoriums exploités en régie publique emploient des agents publics territoriaux : statut de la fonction publique, pas de convention collective. Même métier, droits très différents.
💐 Fleuriste : tout dépend de la boutique Le fleuriste salarié d'une agence funéraire relève de l'IDCC 759 (emploi repère de la classification) ; une boutique de fleurs autonome relève de la convention des fleuristes (IDCC 1978). Le critère est l'activité principale de l'employeur.
🪨 Marbrerie : funéraire ou bâtiment ? La marbrerie funéraire (caveaux, monuments, gravure) adossée à une activité de pompes funèbres relève de l'IDCC 759 — ses emplois sont décrits aux niveaux 1 à 3 de la classification. Une marbrerie de bâtiment ou de décoration sans activité funéraire relève d'une autre branche selon son activité principale réelle : vérifiez votre bulletin de paie.

Le réflexe fiable : la convention applicable est mentionnée obligatoirement sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).

1. Une branche qui négocie chaque année — et une grille rattrapée en six mois

Contrairement à beaucoup de branches que nous avons auditées, le funéraire tient sa négociation annuelle : accords de salaires en 2023, 2024, 2025 et 2026, chacun étendu dans les mois qui suivent. L'année 2024 a en outre modernisé la mécanique : l'accord du 17 janvier 2024 sur les salaires minima hiérarchiques (SMH) a remplacé l'ancien système « base + points » de 1996 par des barèmes en euros, avec une règle d'assiette stricte. Mais la course contre le SMIC reste serrée : l'avenant signé le 13 janvier 2026 (+2 % en moyenne) plaçait le premier niveau à 1 864 € — et la revalorisation du SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 l'a dépassé de 3,02 €.

  • 17 janvier 2024 — accord SMH (nouvelle mécanique de minima, assiette stricte) et avenant salaires 2024, étendus en mai 2024.
  • 14 janvier 2025 — avenant salaires 2025 (+2 % moyen), étendu par arrêté du 17 mars 2025 (JORF du 29 mars 2025).
  • 13 janvier 2026 — avenant salaires 2026 (+2 % moyen), effet rétroactif au 1ᵉʳ janvier 2026, étendu par arrêté du 7 avril 2026 (JORF du 10 avril 2026), sans réserve.
  • 1ᵉʳ juin 2026 — le SMIC passe à 1 867,02 € : le niveau I à l'embauche (1 864 €) passe dessous ; le niveau II.1 à l'embauche n'est plus qu'à +3,98 €.
  • 21 août 2026 — aucun avenant correctif signé : sur le niveau I à l'embauche, c'est le SMIC qui est dû.

L'assiette du minimum : deux éléments, pas un de plus

Pour vérifier le respect du minimum, l'accord SMH de 2024 ne retient que le salaire de base et le 13ᵉ mois s'il existe (mensualisé). Tout le reste est exclu : majorations de dimanche, de nuit et de jours fériés, heures supplémentaires, primes d'ancienneté ou d'assiduité d'entreprise, primes de conditions de travail, paniers, indemnités de déplacement, épargne salariale. Autrement dit, vos dimanches majorés ne peuvent jamais servir à « boucher » un salaire de base trop bas. Pour les rémunérations variables, la garantie annuelle vaut SMH × 12.

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2. Grille 2026 étendue : la progression d'ancienneté est DANS la grille

C'est l'originalité de la branche : plutôt qu'une prime d'ancienneté, la grille intègre sept colonnes de progression selon l'ancienneté dans l'emploi — embauche, 3, 5, 10, 15, 20 et 25 ans. À chaque palier franchi, votre minimum augmente automatiquement, sans rien demander. Les cadres n'ont que deux colonnes (embauche et 3 ans). La case barrée est celle que le SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 a rendue inapplicable.

CollègeNiveau Embauche3 ans5 ans10 ans15 ans20 ans25 ans
Ouvriers / EmployésI1 864
1 867,02*
1 9211 9401 9802 0192 0602 102
Ouvriers / EmployésII.11 8711 9281 9471 9872 0272 0682 110
Ouvriers / EmployésII.21 8901 9471 9672 0062 0472 0882 131
Ouvriers / EmployésIII.11 9091 9671 9872 0272 0682 1102 152
Ouvriers / EmployésIII.21 9281 9862 0062 0472 0882 1312 174
Techniciens / AMIV.12 0062 0672 0882 1312 1742 2172 262
Techniciens / AMIV.22 0632 1262 1472 1912 2362 2812 327
CadresV.12 5012 577
CadresV.22 6672 748
CadresVI.12 9493 038
CadresVI.23 4753 579
CadresVII.14 2884 418

Source : avenant du 13 janvier 2026 relatif aux barèmes nationaux de salaires minima — PDF signé lu intégralement (signataires : FFPF et FNF côté employeurs ; CFDT Interco, CFE-CGC, SECI et FO côté salariés), effet au 1ᵉʳ janvier 2026, étendu par arrêté du 7 avril 2026, JORF du 10 avril 2026 (conteneur Légifrance KALICONT000005635490). Montants bruts mensuels, base 151,67 h ; ancienneté appréciée dans l'emploi. * Niveau I à l'embauche (1 864 €) : inférieur au SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 €), qui s'y substitue.

Ni prime d'ancienneté, ni 13ᵉ mois de branche : méfiez-vous des faux barèmes

Un site de paie très référencé publie pour cette branche une grille inventée (aucune de ses valeurs n'existe dans l'avenant étendu), une « prime d'ancienneté 3/6/9 % », un « 13ᵉ mois versé en décembre », un « congé de Toussaint » et une « prime de pénibilité » : rien de tout cela n'existe dans les textes. L'ancienneté passe par la grille ; le 13ᵉ mois, s'il existe chez vous, relève du contrat ou de l'usage — et compte alors dans l'assiette du minimum.

3. Simulateur : votre minimum selon votre niveau et votre ancienneté

Sélectionnez votre niveau et votre ancienneté dans l'emploi : le simulateur donne votre minimum 2026 (avec le SMIC en plancher) et vérifie votre salaire selon la règle d'assiette — base plus 13ᵉ mois mensualisé, rien d'autre.

Salaire minimum hiérarchique — avenant du 13 janvier 2026

Votre minimum brut mensuel

Constantes du 21/08/2026 : grille SMH de l'avenant du 13/01/2026 étendu (paliers embauche/3/5/10/15/20/25 ans — cadres : embauche/3 ans) ; assiette de l'accord SMH du 17/01/2024 ; SMIC 1 867,02 €. Résultat indicatif, base 151,67 h.

4. Astreintes 24/7 : le tarif exact que personne ne publie

Un décès ne prévient pas : les transports de corps avant mise en bière et les permanences téléphoniques font de l'astreinte le quotidien du métier. L'accord du 7 décembre 2018 — qui a remplacé l'ancien article 320 — l'encadre avec une précision rare, mais ses montants étant indexés sur le SMIC mensuel (et arrondis à l'euro supérieur), aucun site ne les publie actualisés. Les voici, calculés au SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 :

Type d'astreinteFraction du SMIC mensuelMontant au SMIC du 01/06/2026Limites
Nuit (fermeture du soir → réouverture du matin)1/15013 €Maximum 180 par an
Jour (pause méridienne)1/7503 €Maximum 180 par an
Week-end (vendredi soir → lundi matin) ou jour férié en semaine1/5038 €Maximum 2 week-ends par mois
Majoration : nuit précédant ou suivant un jour férié+1/300+7 €

Source : accord du 7 décembre 2018 relatif aux astreintes, étendu, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2019 (Légifrance KALIARTI000038551237). Montants = fractions du SMIC mensuel brut 151,67 h (1 867,02 € : 1/150 = 12,45 € ; 1/750 = 2,49 € ; 1/50 = 37,34 € ; 1/300 = 6,22 €), arrondies à l'euro supérieur — ils augmenteront automatiquement à chaque hausse du SMIC.

Les protections qui vont avec

  • Prévenance de 15 jours calendaires au minimum (1 jour franc en cas d'urgence imprévisible), moyens fournis (téléphone, véhicule le cas échéant), fiche de suivi des interventions.
  • L'intervention est du travail effectif de bout en bout : du premier contact téléphonique jusqu'au retour au domicile, trajet compris — rémunérée ou récupérée aux taux en vigueur, en plus de l'indemnité d'astreinte.
  • Interdictions : pas d'astreinte la nuit précédant ou suivant une absence prévisible (congés, formation, récupération), ni pendant une suspension du contrat. Comptez vos astreintes : plus de 180 nuits dans l'année ou plus de 2 week-ends dans le mois, c'est un manquement opposable.

5. Simulateur : ce que doivent rapporter vos astreintes du mois

Indiquez vos astreintes du mois : le simulateur calcule l'indemnisation due au SMIC en vigueur et vérifie les plafonds conventionnels.

Indemnités d'astreinte — accord du 7 décembre 2018

Indemnités d'astreinte du mois

Constantes du 21/08/2026 : SMIC 1 867,02 € → nuit 13 €, jour 3 €, week-end/férié 38 €, majoration nuit-férié 7 € (fractions 1/150, 1/750, 1/50, 1/300, arrondies à l'euro supérieur). Les interventions pendant l'astreinte se paient en plus, comme du travail effectif.

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6. Dimanche, jours fériés, nuit : les vraies majorations de la branche

Le funéraire travaille quand les autres se reposent, et la convention le rémunère — avec des taux précis que les sites de paie écorchent régulièrement. Retenez le triptyque : dimanche +75 %, férié travaillé en régime d'heures supplémentaires, nuit ponctuelle doublée — et une asymétrie surprenante pour les travailleurs de nuit réguliers.

📅 Dimanche : +75 % (article 317) Dimanche travaillé pendant votre repos hebdomadaire : majoration de 75 % + repos compensateur dans les 6 jours. Dimanche inclus dans votre horaire normal : heures comptées majorées de 75 %, sans récupération. Pas « +100 % » comme on le lit parfois.
🎆 Jours fériés : régime d'heures supplémentaires (article 318) Férié travaillé : au choix, paiement majoré de 25 ou 50 % selon le cas, ou repos équivalent majoré. Fériés chômés payés dès un an d'ancienneté (ou sous condition de présence avant/après).
🌙 Nuit ponctuelle : +100 % (article 315.1) Les heures effectuées entre 21 h et 6 h nécessitant un déplacement hors du domicile — le transport de corps de nuit typiquement — sont payées double.
🛌 Travailleur de nuit régulier : du repos, pas d'argent (article 315.2) Paradoxe méconnu : le salarié en horaire de nuit habituel n'a aucune majoration salariale de branche — sa contrepartie est exclusivement en repos (1 nuit par tranche de 270 heures de nuit, 6 au maximum par an), avec volontariat, suivi médical renforcé et pause de 20 minutes par 6 heures.

Côté durées : 35 heures depuis l'accord du 16 février 2000 (annualisation possible sur 1 600 heures, forfait de 215 jours pour les cadres autonomes), maximum 10 heures par jour et 48 heures par semaine, contingent d'heures supplémentaires de 220 heures (150 en modulation, 200 pour les chauffeurs de route), repos hebdomadaire en principe le dimanche — l'exception étant, précisément, l'objet de l'article 317.

7. Classification et diplômes : un métier sous licence

La classification de l'accord du 25 avril 1996 organise 7 niveaux en trois collèges, par pesée de l'emploi réellement occupé : porteur qualifié (niveau I), porteur-chauffeur et hôte de chambre funéraire (II.1), chauffeur-porteur et maître de cérémonie (II.2), agent de chambre funéraire et agent de crématorium (III.1), marbrier confirmé (III.2), conseiller funéraire et thanatopracteur diplômé (IV.1), conseiller autonome et responsable de point de vente (IV.2), puis les cadres (responsable d'antenne, directeur de centre de profit, cadres dirigeants). Mais dans le funéraire, la classification ne suffit pas : la loi conditionne l'exercice même du métier à des diplômes nationaux.

FonctionDiplôme exigé (CGCT, décret n° 2012-608)
Maître de cérémonie70 heures de formation théorique + examen national
Conseiller funéraire140 heures de théorie + 140 heures de formation pratique en entreprise
Dirigeant / gestionnaire d'entreprise funéraireDiplôme de conseiller funéraire + 70 heures complémentaires (et non « 140 h dirigeant », erreur fréquente)
ThanatopracteurDiplôme national de thanatopracteur (théorie + pratique, numerus clausus)

Sources : art. L2223-25-1 et D2223-55-2 et suivants du code général des collectivités territoriales, issus du décret n° 2012-608 du 30 avril 2012 ; arrêté du 15 juillet 2025, applicable au 1ᵉʳ janvier 2026 : validité des épreuves écrites limitée à 12 mois, note éliminatoire à l'oral relevée de 5 à 7/20, nouvelles pondérations (écrit 50 %, pratique 20 %, oral 30 %). La formation d'adaptation du porteur relève du décret n° 95-653 du 9 mai 1995.

8. Essai, préavis, licenciement, retraite : lisez bien les seuils d'âge

La période d'essai (art. 214) est longue pour le secteur : 3 mois pour tous les non-cadres — ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise — et 4 mois pour les cadres, renouvelable d'un commun accord. Le préavis (art. 222) est de 2 semaines entre 3 et 6 mois d'ancienneté, 1 mois de 6 mois à 2 ans, 2 mois au-delà (3 mois dès 1 an pour les cadres), avec des majorations d'âge en cas de licenciement : +1 mois après 50 ans, +2 mois après 55 ans — et un mois de plus si vous êtes tenu par une clause de non-concurrence, laquelle exige une contrepartie au moins égale à l'indemnité de licenciement d'un salarié de même catégorie à 20 ans d'ancienneté. Le salarié licencié dispose de 40 heures payées par mois pour rechercher un emploi.

Licenciement : le barème conventionnel perd contre la loi

L'article 223.2 prévoit, dès 2 ans : 10 % de mois par année jusqu'à 4 ans, 25 % de 4 à 12 ans, puis 35 % (non-cadres, plafond 9 mois) ou 40 % (cadres, plafond 12 mois). Recalculé sur toute la carrière, ce barème reste inférieur ou égal à l'indemnité légale (1/4 puis 1/3 de mois) dans la quasi-totalité des cas pour les non-cadres — à 20 ans d'ancienneté : 5,2 mois conventionnels contre 5,83 mois légaux. La convention garantit elle-même que le légal s'applique. Ses vrais plus sont ailleurs : une indemnité complémentaire de +1 mois après 50 ans ou +2 mois après 55 ans (art. 223.4, dès 5 ans d'ancienneté), et une indemnité de départ volontaire en retraite égale à la moitié de l'indemnité conventionnelle de licenciement, avec un plancher de 1/10 de mois par année (+1/15 au-delà de 10 ans) — soit environ 2,67 mois à 20 ans, contre 1,5 mois au barème légal (art. 224).

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9. Maladie, prévoyance, santé : attention au piège de la carence

Avec un an d'ancienneté, l'article 341.4 garantit 90 % du salaire brut pendant 30 jours puis 75 % pendant 60 jours, ces durées augmentant de 10 et 5 jours par tranche supplémentaire de 5 ans d'ancienneté, indemnités journalières comprises et sur les 12 mois glissants. Le piège est dans le point de départ : la convention ne fait courir l'indemnisation qu'à compter du 11ᵉ jour d'absence — or la loi de mensualisation, plus favorable, impose le 8ᵉ jour : c'est elle qui s'applique, et un service de paie qui appliquerait la carence conventionnelle vous devrait trois jours. Aucune carence en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle (hors trajet), ni en cas de maternité. Après 6 mois d'arrêt, l'employeur peut constater la rupture (avec indemnités et priorité de réembauche d'un an) — jamais pendant un arrêt AT/MP indemnisé.

Côté régimes collectifs : un régime de frais de santé de branche est obligatoire depuis le 1ᵉʳ janvier 2016 (accords de 2015-2016, étendus en 2017) — panier au moins égal au minimum légal, part patronale d'au moins 50 %, libre choix de l'organisme assureur par l'entreprise, portabilité. La prévoyance complémentaire est obligatoire pour le personnel confirmé à temps complet, et l'accord du 10 décembre 2024, étendu par arrêté du 5 mars 2025 (JORF du 18 mars 2025), permet d'assimiler certains agents de maîtrise aux cadres pour la protection sociale complémentaire. Enfin, l'accord astreintes rappelle expressément les règles de manutention du code du travail (art. R4541-9) — dans un métier où le port de charges est quotidien.

10. Congés — et le paradoxe des professionnels du deuil

Aux congés payés légaux (30 jours ouvrables) s'ajoutent des congés d'ancienneté : +2 jours ouvrables à 10 ans de présence, +4 jours à 20 ans (art. 331.4), et les jours de fractionnement classiques. Les congés spéciaux de l'article 332, révisés en 2019, sont payés dès l'embauche — avec un dispositif enfant malade parmi les plus généreux du commerce et des services : 5 jours payés par an pour un enfant de moins de 16 ans sur certificat, complétables par 15 jours sans solde.

ÉvénementCCN 759 (art. 332)Minimum légal 2026Ce qui s'applique
Mariage ou Pacs du salarié6 jours4 joursCCN
Naissance ou adoption3 jours3 joursIdentique
Annonce d'un handicap chez un enfant3 jours5 joursLOI
Décès d'un enfant5 jours12 jours ouvrables (14 si moins de 25 ans ou lui-même parent) + congé de deuil de 8 joursLOI
Décès du conjoint ou concubin3 jours3 joursIdentique — le minimum
Décès d'un ascendant, descendant, frère, sœur (du salarié ou du conjoint), beaux-parents3 jours3 joursIdentique
Mariage d'un enfant2 jours1 jourCCN
Maladie d'un enfant de moins de 16 ans5 jours payés par an (+15 jours sans solde possibles)3 jours non rémunérésCCN — un des meilleurs régimes
Déménagement1 jour (2 jours en cas de mobilité interne)CCN
Événement à plus de 500 km+1 jour de déplacementCCN

Sources : art. 332, révisé par l'avenant du 8 février 2019 (KALIARTI000038709631) ; minima légaux : art. L3142-4 (lois n° 2020-692 du 8 juin 2020 et n° 2023-622 du 19 juillet 2023) et L3142-1-1 du Code du travail. Le paradoxe mérite d'être écrit : la convention de ceux qui organisent les obsèques des autres n'accorde, pour la mort de leur propre conjoint ou parent, que le minimum légal de 3 jours — et son congé « décès d'un enfant » de 2019 a été dépassé par la loi de 2020, qui s'applique à sa place.

11. La branche en chiffres : petite, dispersée, essentielle

Le dernier panorama officiel de l'observatoire de branche (OPCO EP, données 2020) comptait 19 989 salariés répartis dans 4 972 établissements employeurs — plus de 9 salariés sur 10 travaillant dans des structures de moins de 50 personnes — au sein d'un secteur des services funéraires (code NAF 96.03Z) d'environ 27 000 emplois. Côté patronal, le paysage a changé : la CPFM, souvent encore citée, est devenue la Fédération Nationale du Funéraire (FNF) en 2023, qui cosigne les accords avec la Fédération Française des Pompes Funèbres (FFPF).

≈ 20 000
salariés de la branche (panorama officiel, données 2020)
4 972
établissements employeurs
9 / 10
salariés dans des établissements de moins de 50 personnes
24/7
permanences décès — jusqu'à 180 nuits d'astreinte par an et par salarié

12. Ce que nous ne publions pas — et pourquoi

Cette page ne contient que des valeurs relues sur Légifrance, le PDF signé de l'avenant 2026 ou le texte intégral de la convention. Les points suivants existent ou circulent, mais nous ne les publions pas en l'état :

  • La grille 2025 ligne à ligne : une seule source secondaire exploitable, avec une incohérence mineure sur une case — seuls les bornes (1 836 € à 4 352 €) et le taux (+2 %) sont cités.
  • Les cotisations chiffrées du régime frais de santé (montants du socle 2016 et leurs revalorisations) et le détail des garanties de l'accord prévoyance du 10 décembre 2024 : textes non relus dans une version à jour — seuls les mécanismes sont publiés.
  • Le rattachement conventionnel des marbreries non funéraires : aucun texte de départage solide — nous renvoyons au critère de l'activité principale réelle.
  • L'effectif « 27 100 emplois en 2024 » : il porte sur le secteur NAF 96.03Z, plus large que la branche — les deux périmètres sont distingués dans le texte.
  • Les faux avantages d'agrégateurs, démontés faute de tout fondement : grille inventée, prime d'ancienneté « 3/6/9 % », « 13ᵉ mois de décembre », « congé de Toussaint », « prime de pénibilité 50-100 € », « dimanche +100 % » (le vrai taux : 75 %), « maintien 90 % pendant 90 jours » (le vrai : 90 % × 30 j + 75 % × 60 j).

FAQ — Convention des pompes funèbres

Les huit questions les plus posées sur l'IDCC 759, avec des réponses datées du 21 août 2026.

Celle de l'avenant du 13 janvier 2026, applicable rétroactivement au 1er janvier 2026 et étendu par arrêté du 7 avril 2026 publié au Journal officiel du 10 avril 2026 : elle s'impose à toutes les entreprises de la branche. Originalité : la progression à l'ancienneté est intégrée dans la grille, avec sept colonnes (embauche, 3, 5, 10, 15, 20 et 25 ans dans l'emploi), de 1 864 € au niveau I à l'embauche jusqu'à 4 418 € au niveau VII. Attention : depuis la hausse du SMIC du 1er juin 2026, le niveau I à l'embauche (1 864 €) est passé 3,02 € sous le SMIC de 1 867,02 €, qui s'y substitue.

Ni l'un ni l'autre au niveau de la branche. L'ancienneté est directement intégrée dans la grille de salaires, qui progresse automatiquement par paliers à 3, 5, 10, 15, 20 et 25 ans dans l'emploi — les barèmes de prime d'ancienneté de 3, 6 ou 9 % publiés par certains sites sont inventés. Le 13e mois n'est pas obligatoire : s'il existe dans votre entreprise par contrat ou usage, il est dû, et c'est d'ailleurs le seul élément qui compte, avec le salaire de base, dans la comparaison au minimum conventionnel.

L'accord du 7 décembre 2018 indexe les indemnités sur le SMIC mensuel, arrondies à l'euro supérieur. Avec le SMIC du 1er juin 2026 (1 867,02 €) : une astreinte de nuit vaut 1/150 du SMIC, soit 13 € ; une astreinte de jour (pause méridienne) 1/750, soit 3 € ; une astreinte de week-end ou de jour férié 1/50, soit 38 € ; et l'astreinte de nuit qui précède ou suit un jour férié est majorée de 1/300, soit 7 € de plus. Les plafonds : 180 astreintes de nuit et 180 de jour par an au maximum, et jamais plus de 2 week-ends d'astreinte par mois. Toute intervention est du temps de travail effectif, payé ou récupéré, du premier contact jusqu'au retour au domicile, trajet compris.

Le dimanche travaillé est majoré de 75 % : s'il tombe pendant votre repos hebdomadaire, vous avez droit en plus à un repos compensateur dans les 6 jours ; s'il fait partie de votre horaire normal, les heures sont comptées majorées de 75 %. Les jours fériés travaillés sont traités en heures supplémentaires : paiement majoré de 25 ou 50 % ou repos équivalent majoré, au choix. Le travail de nuit ponctuel nécessitant un déplacement entre 21 h et 6 h est payé double (+100 %). En revanche, le travailleur de nuit régulier n'a droit qu'à une contrepartie en repos (une nuit par tranche de 270 heures de nuit) : aucune majoration de salaire de branche — un point que beaucoup ignorent.

Depuis le décret du 30 avril 2012, le code général des collectivités territoriales impose un diplôme national pour trois fonctions : le maître de cérémonie (70 heures de formation théorique), le conseiller funéraire (140 heures de théorie plus 140 heures de formation pratique) et le dirigeant ou gestionnaire d'entreprise funéraire (diplôme de conseiller funéraire plus 70 heures complémentaires — et non « 140 heures dirigeant » comme on le lit souvent). Le thanatopracteur doit détenir le diplôme national de thanatopracteur. Un arrêté du 15 juillet 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026, a réformé les examens : note éliminatoire à l'oral relevée de 5 à 7 sur 20 et validité des écrits limitée à 12 mois.

Avec un an d'ancienneté, l'article 341.4 garantit 90 % du salaire brut pendant 30 jours puis 75 % pendant 60 jours, ces durées étant augmentées de 10 et 5 jours par tranche supplémentaire de 5 ans d'ancienneté. Attention au point de départ : la convention ne fait courir l'indemnisation qu'à partir du 11e jour d'absence, mais la loi de mensualisation, plus favorable, impose une indemnisation dès le 8e jour — c'est elle qui s'applique. Aucune carence en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle (hors trajet), ni en cas de maternité.

L'article 332, révisé en 2019, accorde 6 jours ouvrables pour le mariage ou le Pacs du salarié, 5 jours pour le décès d'un enfant, 5 jours payés par an pour la maladie d'un enfant de moins de 16 ans sur certificat (complétables par 15 jours sans solde), et 3 jours pour la naissance, l'annonce d'un handicap, le décès du conjoint, d'un ascendant, d'un descendant, d'un frère, d'une sœur ou des beaux-parents. Paradoxe des professionnels du deuil : pour la perte de leur propre conjoint ou parent, la convention n'offre que le minimum légal de 3 jours ; et pour le décès d'un enfant, la loi de 2020 — 12 à 14 jours plus un congé de deuil de 8 jours — a dépassé les 5 jours conventionnels : c'est elle qui s'applique.

La convention couvre les entreprises privées de pompes funèbres et de soins aux défunts : agences, chambres funéraires, crématoriums exploités par des sociétés privées, marbrerie funéraire et thanatopracteurs salariés — la classification décrit tous ces emplois. En revanche, les régies municipales de pompes funèbres et les crématoriums en régie publique emploient des agents publics territoriaux, hors convention collective. Le fleuriste salarié d'une agence funéraire relève de l'IDCC 759 (c'est un emploi repère de la classification), tandis qu'une boutique de fleurs autonome relève de la convention des fleuristes (IDCC 1978). Pour une marbrerie sans activité funéraire, c'est l'activité principale réelle qui détermine la convention — vérifiez votre bulletin de paie.
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Sources officielles

Toutes les valeurs de cette page ont été vérifiées le 21 août 2026 sur les documents suivants :

  • Convention collective nationale des pompes funèbres du 1ᵉʳ mars 1974 (IDCC 759, brochure 3269), étendue par arrêté du 17 décembre 1993 (JORF du 28 janvier 1994) — Légifrance, texte intégral consulté article par article.
  • Avenant du 13 janvier 2026 relatif aux barèmes nationaux de salaires minima — PDF signé lu intégralement, effet au 1ᵉʳ janvier 2026, étendu par arrêté du 7 avril 2026 (JORF du 10 avril 2026) ; avenant du 14 janvier 2025 (étendu le 17 mars 2025) pour l'historique.
  • Accord du 17 janvier 2024 relatif aux salaires minima hiérarchiques (assiette du minimum), étendu par arrêté du 17 mai 2024.
  • Accord du 7 décembre 2018 relatif aux astreintes, étendu, en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2019.
  • Articles du texte de base lus : 010 (champ), 214 (essai), 222 et 223 (préavis, licenciement), 224 (retraite), 317 et 318 (dimanche, fériés), 315 (nuit), 331.4 (congés d'ancienneté), 332 (congés spéciaux, avenant du 8 février 2019), 341.4 (maladie) ; classification de l'accord du 25 avril 1996 ; accord du 16 février 2000 (35 heures).
  • Protection sociale : accords frais de santé des 5 octobre 2015 et 17 mai 2016 (étendus par arrêté du 28 avril 2017) ; accord « catégorie objective » du 10 décembre 2024, étendu par arrêté du 5 mars 2025 (JORF du 18 mars 2025).
  • Diplômes du funéraire : décret n° 2012-608 du 30 avril 2012 et arrêté du 15 juillet 2025 (code général des collectivités territoriales).
  • Panorama de branche des services funéraires — OPCO EP (édition 2022, données 2020, PDF lu).
  • code.travail.gouv.fr — ministère du Travail (fiche IDCC 759, minima légaux de comparaison).
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