Convention Collective des Pompes Funèbres 2026 (IDCC 759) : Salaires, Astreintes et Droits
Conseiller funéraire, maître de cérémonie, chauffeur-porteur, agent de chambre funéraire, agent de crématorium, marbrier, thanatopracteur salarié : environ 20 000 salariés accompagnent chaque année les familles endeuillées sous la convention collective nationale des pompes funèbres du 1ᵉʳ mars 1974 (IDCC 759, brochure 3269) — le texte social d'une profession réglementée, habilitée par les préfectures, qui ne ferme jamais vraiment : les permanences décès tournent 24 heures sur 24.
Cette page publie d'abord ce qu'aucun concurrent ne chiffre : le tarif exact des astreintes. L'accord de 2018 les indexe sur le SMIC — avec celui du 1ᵉʳ juin 2026, une nuit d'astreinte vaut 13 €, un week-end complet 38 €, dans la limite de 180 nuits par an et de 2 week-ends par mois, toute intervention étant payée porte à porte, trajet compris. Ce même SMIC a d'ailleurs rattrapé la grille signée en janvier : le niveau I à l'embauche (1 864 €) est passé 3,02 € sous le SMIC — un rappel que même une branche qui revalorise chaque année peut se faire doubler en six mois.
Vous trouverez aussi la grille complète — dont l'originalité est d'intégrer la progression à l'ancienneté directement dans les minima (sept colonnes, de l'embauche à 25 ans) —, le vrai régime du dimanche (+75 %), des fériés et de la nuit, les diplômes obligatoires du funéraire et leur réforme de 2026, le maintien maladie avec son piège de carence, et le paradoxe le plus humain du droit du travail français : ce que la convention des professionnels du deuil prévoit pour leurs propres deuils. Chaque chiffre est vérifié sur Légifrance ou le PDF signé de l'accord.
ÉTAPE 0 : êtes-vous bien couvert par l'IDCC 759 ?
La convention couvre les entreprises exerçant « l'activité de pompes funèbres et/ou de soins au défunt » (art. 010), en métropole et dans les DOM — code NAF usuel 96.03Z. Le funéraire mêle pourtant public et privé, et plusieurs métiers voisins relèvent d'autres textes.
Le réflexe fiable : la convention applicable est mentionnée obligatoirement sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).
Sommaire
- Une grille rattrapée par le SMIC en six mois
- Grille 2026 : l'ancienneté intégrée aux minima
- Simulateur : votre minimum selon l'ancienneté
- Astreintes 24/7 : le tarif exact
- Simulateur : vos astreintes du mois
- Dimanche, fériés, nuit : les majorations
- Classification et diplômes obligatoires
- Essai, préavis, licenciement, retraite
- Maladie, prévoyance, santé
- Congés — et le paradoxe du deuil
- La branche en chiffres
- Ce que nous ne publions pas
- FAQ
- Sources officielles
1. Une branche qui négocie chaque année — et une grille rattrapée en six mois
Contrairement à beaucoup de branches que nous avons auditées, le funéraire tient sa négociation annuelle : accords de salaires en 2023, 2024, 2025 et 2026, chacun étendu dans les mois qui suivent. L'année 2024 a en outre modernisé la mécanique : l'accord du 17 janvier 2024 sur les salaires minima hiérarchiques (SMH) a remplacé l'ancien système « base + points » de 1996 par des barèmes en euros, avec une règle d'assiette stricte. Mais la course contre le SMIC reste serrée : l'avenant signé le 13 janvier 2026 (+2 % en moyenne) plaçait le premier niveau à 1 864 € — et la revalorisation du SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 l'a dépassé de 3,02 €.
- 17 janvier 2024 — accord SMH (nouvelle mécanique de minima, assiette stricte) et avenant salaires 2024, étendus en mai 2024.
- 14 janvier 2025 — avenant salaires 2025 (+2 % moyen), étendu par arrêté du 17 mars 2025 (JORF du 29 mars 2025).
- 13 janvier 2026 — avenant salaires 2026 (+2 % moyen), effet rétroactif au 1ᵉʳ janvier 2026, étendu par arrêté du 7 avril 2026 (JORF du 10 avril 2026), sans réserve.
- 1ᵉʳ juin 2026 — le SMIC passe à 1 867,02 € : le niveau I à l'embauche (1 864 €) passe dessous ; le niveau II.1 à l'embauche n'est plus qu'à +3,98 €.
- 21 août 2026 — aucun avenant correctif signé : sur le niveau I à l'embauche, c'est le SMIC qui est dû.
L'assiette du minimum : deux éléments, pas un de plus
Pour vérifier le respect du minimum, l'accord SMH de 2024 ne retient que le salaire de base et le 13ᵉ mois s'il existe (mensualisé). Tout le reste est exclu : majorations de dimanche, de nuit et de jours fériés, heures supplémentaires, primes d'ancienneté ou d'assiduité d'entreprise, primes de conditions de travail, paniers, indemnités de déplacement, épargne salariale. Autrement dit, vos dimanches majorés ne peuvent jamais servir à « boucher » un salaire de base trop bas. Pour les rémunérations variables, la garantie annuelle vaut SMH × 12.
2. Grille 2026 étendue : la progression d'ancienneté est DANS la grille
C'est l'originalité de la branche : plutôt qu'une prime d'ancienneté, la grille intègre sept colonnes de progression selon l'ancienneté dans l'emploi — embauche, 3, 5, 10, 15, 20 et 25 ans. À chaque palier franchi, votre minimum augmente automatiquement, sans rien demander. Les cadres n'ont que deux colonnes (embauche et 3 ans). La case barrée est celle que le SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 a rendue inapplicable.
| Collège | Niveau | Embauche | 3 ans | 5 ans | 10 ans | 15 ans | 20 ans | 25 ans |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ouvriers / Employés | I | 1 864 1 867,02* | 1 921 | 1 940 | 1 980 | 2 019 | 2 060 | 2 102 |
| Ouvriers / Employés | II.1 | 1 871 | 1 928 | 1 947 | 1 987 | 2 027 | 2 068 | 2 110 |
| Ouvriers / Employés | II.2 | 1 890 | 1 947 | 1 967 | 2 006 | 2 047 | 2 088 | 2 131 |
| Ouvriers / Employés | III.1 | 1 909 | 1 967 | 1 987 | 2 027 | 2 068 | 2 110 | 2 152 |
| Ouvriers / Employés | III.2 | 1 928 | 1 986 | 2 006 | 2 047 | 2 088 | 2 131 | 2 174 |
| Techniciens / AM | IV.1 | 2 006 | 2 067 | 2 088 | 2 131 | 2 174 | 2 217 | 2 262 |
| Techniciens / AM | IV.2 | 2 063 | 2 126 | 2 147 | 2 191 | 2 236 | 2 281 | 2 327 |
| Cadres | V.1 | 2 501 | 2 577 | — | — | — | — | — |
| Cadres | V.2 | 2 667 | 2 748 | — | — | — | — | — |
| Cadres | VI.1 | 2 949 | 3 038 | — | — | — | — | — |
| Cadres | VI.2 | 3 475 | 3 579 | — | — | — | — | — |
| Cadres | VII.1 | 4 288 | 4 418 | — | — | — | — | — |
Source : avenant du 13 janvier 2026 relatif aux barèmes nationaux de salaires minima — PDF signé lu intégralement (signataires : FFPF et FNF côté employeurs ; CFDT Interco, CFE-CGC, SECI et FO côté salariés), effet au 1ᵉʳ janvier 2026, étendu par arrêté du 7 avril 2026, JORF du 10 avril 2026 (conteneur Légifrance KALICONT000005635490). Montants bruts mensuels, base 151,67 h ; ancienneté appréciée dans l'emploi. * Niveau I à l'embauche (1 864 €) : inférieur au SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 €), qui s'y substitue.
Ni prime d'ancienneté, ni 13ᵉ mois de branche : méfiez-vous des faux barèmes
Un site de paie très référencé publie pour cette branche une grille inventée (aucune de ses valeurs n'existe dans l'avenant étendu), une « prime d'ancienneté 3/6/9 % », un « 13ᵉ mois versé en décembre », un « congé de Toussaint » et une « prime de pénibilité » : rien de tout cela n'existe dans les textes. L'ancienneté passe par la grille ; le 13ᵉ mois, s'il existe chez vous, relève du contrat ou de l'usage — et compte alors dans l'assiette du minimum.
3. Simulateur : votre minimum selon votre niveau et votre ancienneté
Sélectionnez votre niveau et votre ancienneté dans l'emploi : le simulateur donne votre minimum 2026 (avec le SMIC en plancher) et vérifie votre salaire selon la règle d'assiette — base plus 13ᵉ mois mensualisé, rien d'autre.
Salaire minimum hiérarchique — avenant du 13 janvier 2026
Constantes du 21/08/2026 : grille SMH de l'avenant du 13/01/2026 étendu (paliers embauche/3/5/10/15/20/25 ans — cadres : embauche/3 ans) ; assiette de l'accord SMH du 17/01/2024 ; SMIC 1 867,02 €. Résultat indicatif, base 151,67 h.
4. Astreintes 24/7 : le tarif exact que personne ne publie
Un décès ne prévient pas : les transports de corps avant mise en bière et les permanences téléphoniques font de l'astreinte le quotidien du métier. L'accord du 7 décembre 2018 — qui a remplacé l'ancien article 320 — l'encadre avec une précision rare, mais ses montants étant indexés sur le SMIC mensuel (et arrondis à l'euro supérieur), aucun site ne les publie actualisés. Les voici, calculés au SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 :
| Type d'astreinte | Fraction du SMIC mensuel | Montant au SMIC du 01/06/2026 | Limites |
|---|---|---|---|
| Nuit (fermeture du soir → réouverture du matin) | 1/150 | 13 € | Maximum 180 par an |
| Jour (pause méridienne) | 1/750 | 3 € | Maximum 180 par an |
| Week-end (vendredi soir → lundi matin) ou jour férié en semaine | 1/50 | 38 € | Maximum 2 week-ends par mois |
| Majoration : nuit précédant ou suivant un jour férié | +1/300 | +7 € | — |
Source : accord du 7 décembre 2018 relatif aux astreintes, étendu, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2019 (Légifrance KALIARTI000038551237). Montants = fractions du SMIC mensuel brut 151,67 h (1 867,02 € : 1/150 = 12,45 € ; 1/750 = 2,49 € ; 1/50 = 37,34 € ; 1/300 = 6,22 €), arrondies à l'euro supérieur — ils augmenteront automatiquement à chaque hausse du SMIC.
Les protections qui vont avec
- Prévenance de 15 jours calendaires au minimum (1 jour franc en cas d'urgence imprévisible), moyens fournis (téléphone, véhicule le cas échéant), fiche de suivi des interventions.
- L'intervention est du travail effectif de bout en bout : du premier contact téléphonique jusqu'au retour au domicile, trajet compris — rémunérée ou récupérée aux taux en vigueur, en plus de l'indemnité d'astreinte.
- Interdictions : pas d'astreinte la nuit précédant ou suivant une absence prévisible (congés, formation, récupération), ni pendant une suspension du contrat. Comptez vos astreintes : plus de 180 nuits dans l'année ou plus de 2 week-ends dans le mois, c'est un manquement opposable.
5. Simulateur : ce que doivent rapporter vos astreintes du mois
Indiquez vos astreintes du mois : le simulateur calcule l'indemnisation due au SMIC en vigueur et vérifie les plafonds conventionnels.
Indemnités d'astreinte — accord du 7 décembre 2018
Constantes du 21/08/2026 : SMIC 1 867,02 € → nuit 13 €, jour 3 €, week-end/férié 38 €, majoration nuit-férié 7 € (fractions 1/150, 1/750, 1/50, 1/300, arrondies à l'euro supérieur). Les interventions pendant l'astreinte se paient en plus, comme du travail effectif.
6. Dimanche, jours fériés, nuit : les vraies majorations de la branche
Le funéraire travaille quand les autres se reposent, et la convention le rémunère — avec des taux précis que les sites de paie écorchent régulièrement. Retenez le triptyque : dimanche +75 %, férié travaillé en régime d'heures supplémentaires, nuit ponctuelle doublée — et une asymétrie surprenante pour les travailleurs de nuit réguliers.
Côté durées : 35 heures depuis l'accord du 16 février 2000 (annualisation possible sur 1 600 heures, forfait de 215 jours pour les cadres autonomes), maximum 10 heures par jour et 48 heures par semaine, contingent d'heures supplémentaires de 220 heures (150 en modulation, 200 pour les chauffeurs de route), repos hebdomadaire en principe le dimanche — l'exception étant, précisément, l'objet de l'article 317.
7. Classification et diplômes : un métier sous licence
La classification de l'accord du 25 avril 1996 organise 7 niveaux en trois collèges, par pesée de l'emploi réellement occupé : porteur qualifié (niveau I), porteur-chauffeur et hôte de chambre funéraire (II.1), chauffeur-porteur et maître de cérémonie (II.2), agent de chambre funéraire et agent de crématorium (III.1), marbrier confirmé (III.2), conseiller funéraire et thanatopracteur diplômé (IV.1), conseiller autonome et responsable de point de vente (IV.2), puis les cadres (responsable d'antenne, directeur de centre de profit, cadres dirigeants). Mais dans le funéraire, la classification ne suffit pas : la loi conditionne l'exercice même du métier à des diplômes nationaux.
| Fonction | Diplôme exigé (CGCT, décret n° 2012-608) |
|---|---|
| Maître de cérémonie | 70 heures de formation théorique + examen national |
| Conseiller funéraire | 140 heures de théorie + 140 heures de formation pratique en entreprise |
| Dirigeant / gestionnaire d'entreprise funéraire | Diplôme de conseiller funéraire + 70 heures complémentaires (et non « 140 h dirigeant », erreur fréquente) |
| Thanatopracteur | Diplôme national de thanatopracteur (théorie + pratique, numerus clausus) |
Sources : art. L2223-25-1 et D2223-55-2 et suivants du code général des collectivités territoriales, issus du décret n° 2012-608 du 30 avril 2012 ; arrêté du 15 juillet 2025, applicable au 1ᵉʳ janvier 2026 : validité des épreuves écrites limitée à 12 mois, note éliminatoire à l'oral relevée de 5 à 7/20, nouvelles pondérations (écrit 50 %, pratique 20 %, oral 30 %). La formation d'adaptation du porteur relève du décret n° 95-653 du 9 mai 1995.
8. Essai, préavis, licenciement, retraite : lisez bien les seuils d'âge
La période d'essai (art. 214) est longue pour le secteur : 3 mois pour tous les non-cadres — ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise — et 4 mois pour les cadres, renouvelable d'un commun accord. Le préavis (art. 222) est de 2 semaines entre 3 et 6 mois d'ancienneté, 1 mois de 6 mois à 2 ans, 2 mois au-delà (3 mois dès 1 an pour les cadres), avec des majorations d'âge en cas de licenciement : +1 mois après 50 ans, +2 mois après 55 ans — et un mois de plus si vous êtes tenu par une clause de non-concurrence, laquelle exige une contrepartie au moins égale à l'indemnité de licenciement d'un salarié de même catégorie à 20 ans d'ancienneté. Le salarié licencié dispose de 40 heures payées par mois pour rechercher un emploi.
Licenciement : le barème conventionnel perd contre la loi
L'article 223.2 prévoit, dès 2 ans : 10 % de mois par année jusqu'à 4 ans, 25 % de 4 à 12 ans, puis 35 % (non-cadres, plafond 9 mois) ou 40 % (cadres, plafond 12 mois). Recalculé sur toute la carrière, ce barème reste inférieur ou égal à l'indemnité légale (1/4 puis 1/3 de mois) dans la quasi-totalité des cas pour les non-cadres — à 20 ans d'ancienneté : 5,2 mois conventionnels contre 5,83 mois légaux. La convention garantit elle-même que le légal s'applique. Ses vrais plus sont ailleurs : une indemnité complémentaire de +1 mois après 50 ans ou +2 mois après 55 ans (art. 223.4, dès 5 ans d'ancienneté), et une indemnité de départ volontaire en retraite égale à la moitié de l'indemnité conventionnelle de licenciement, avec un plancher de 1/10 de mois par année (+1/15 au-delà de 10 ans) — soit environ 2,67 mois à 20 ans, contre 1,5 mois au barème légal (art. 224).
9. Maladie, prévoyance, santé : attention au piège de la carence
Avec un an d'ancienneté, l'article 341.4 garantit 90 % du salaire brut pendant 30 jours puis 75 % pendant 60 jours, ces durées augmentant de 10 et 5 jours par tranche supplémentaire de 5 ans d'ancienneté, indemnités journalières comprises et sur les 12 mois glissants. Le piège est dans le point de départ : la convention ne fait courir l'indemnisation qu'à compter du 11ᵉ jour d'absence — or la loi de mensualisation, plus favorable, impose le 8ᵉ jour : c'est elle qui s'applique, et un service de paie qui appliquerait la carence conventionnelle vous devrait trois jours. Aucune carence en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle (hors trajet), ni en cas de maternité. Après 6 mois d'arrêt, l'employeur peut constater la rupture (avec indemnités et priorité de réembauche d'un an) — jamais pendant un arrêt AT/MP indemnisé.
Côté régimes collectifs : un régime de frais de santé de branche est obligatoire depuis le 1ᵉʳ janvier 2016 (accords de 2015-2016, étendus en 2017) — panier au moins égal au minimum légal, part patronale d'au moins 50 %, libre choix de l'organisme assureur par l'entreprise, portabilité. La prévoyance complémentaire est obligatoire pour le personnel confirmé à temps complet, et l'accord du 10 décembre 2024, étendu par arrêté du 5 mars 2025 (JORF du 18 mars 2025), permet d'assimiler certains agents de maîtrise aux cadres pour la protection sociale complémentaire. Enfin, l'accord astreintes rappelle expressément les règles de manutention du code du travail (art. R4541-9) — dans un métier où le port de charges est quotidien.
10. Congés — et le paradoxe des professionnels du deuil
Aux congés payés légaux (30 jours ouvrables) s'ajoutent des congés d'ancienneté : +2 jours ouvrables à 10 ans de présence, +4 jours à 20 ans (art. 331.4), et les jours de fractionnement classiques. Les congés spéciaux de l'article 332, révisés en 2019, sont payés dès l'embauche — avec un dispositif enfant malade parmi les plus généreux du commerce et des services : 5 jours payés par an pour un enfant de moins de 16 ans sur certificat, complétables par 15 jours sans solde.
| Événement | CCN 759 (art. 332) | Minimum légal 2026 | Ce qui s'applique |
|---|---|---|---|
| Mariage ou Pacs du salarié | 6 jours | 4 jours | CCN |
| Naissance ou adoption | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Annonce d'un handicap chez un enfant | 3 jours | 5 jours | LOI |
| Décès d'un enfant | 5 jours | 12 jours ouvrables (14 si moins de 25 ans ou lui-même parent) + congé de deuil de 8 jours | LOI |
| Décès du conjoint ou concubin | 3 jours | 3 jours | Identique — le minimum |
| Décès d'un ascendant, descendant, frère, sœur (du salarié ou du conjoint), beaux-parents | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Mariage d'un enfant | 2 jours | 1 jour | CCN |
| Maladie d'un enfant de moins de 16 ans | 5 jours payés par an (+15 jours sans solde possibles) | 3 jours non rémunérés | CCN — un des meilleurs régimes |
| Déménagement | 1 jour (2 jours en cas de mobilité interne) | — | CCN |
| Événement à plus de 500 km | +1 jour de déplacement | — | CCN |
Sources : art. 332, révisé par l'avenant du 8 février 2019 (KALIARTI000038709631) ; minima légaux : art. L3142-4 (lois n° 2020-692 du 8 juin 2020 et n° 2023-622 du 19 juillet 2023) et L3142-1-1 du Code du travail. Le paradoxe mérite d'être écrit : la convention de ceux qui organisent les obsèques des autres n'accorde, pour la mort de leur propre conjoint ou parent, que le minimum légal de 3 jours — et son congé « décès d'un enfant » de 2019 a été dépassé par la loi de 2020, qui s'applique à sa place.
11. La branche en chiffres : petite, dispersée, essentielle
Le dernier panorama officiel de l'observatoire de branche (OPCO EP, données 2020) comptait 19 989 salariés répartis dans 4 972 établissements employeurs — plus de 9 salariés sur 10 travaillant dans des structures de moins de 50 personnes — au sein d'un secteur des services funéraires (code NAF 96.03Z) d'environ 27 000 emplois. Côté patronal, le paysage a changé : la CPFM, souvent encore citée, est devenue la Fédération Nationale du Funéraire (FNF) en 2023, qui cosigne les accords avec la Fédération Française des Pompes Funèbres (FFPF).
12. Ce que nous ne publions pas — et pourquoi
Cette page ne contient que des valeurs relues sur Légifrance, le PDF signé de l'avenant 2026 ou le texte intégral de la convention. Les points suivants existent ou circulent, mais nous ne les publions pas en l'état :
- La grille 2025 ligne à ligne : une seule source secondaire exploitable, avec une incohérence mineure sur une case — seuls les bornes (1 836 € à 4 352 €) et le taux (+2 %) sont cités.
- Les cotisations chiffrées du régime frais de santé (montants du socle 2016 et leurs revalorisations) et le détail des garanties de l'accord prévoyance du 10 décembre 2024 : textes non relus dans une version à jour — seuls les mécanismes sont publiés.
- Le rattachement conventionnel des marbreries non funéraires : aucun texte de départage solide — nous renvoyons au critère de l'activité principale réelle.
- L'effectif « 27 100 emplois en 2024 » : il porte sur le secteur NAF 96.03Z, plus large que la branche — les deux périmètres sont distingués dans le texte.
- Les faux avantages d'agrégateurs, démontés faute de tout fondement : grille inventée, prime d'ancienneté « 3/6/9 % », « 13ᵉ mois de décembre », « congé de Toussaint », « prime de pénibilité 50-100 € », « dimanche +100 % » (le vrai taux : 75 %), « maintien 90 % pendant 90 jours » (le vrai : 90 % × 30 j + 75 % × 60 j).
FAQ — Convention des pompes funèbres
Les huit questions les plus posées sur l'IDCC 759, avec des réponses datées du 21 août 2026.
Sources officielles
Toutes les valeurs de cette page ont été vérifiées le 21 août 2026 sur les documents suivants :
- Convention collective nationale des pompes funèbres du 1ᵉʳ mars 1974 (IDCC 759, brochure 3269), étendue par arrêté du 17 décembre 1993 (JORF du 28 janvier 1994) — Légifrance, texte intégral consulté article par article.
- Avenant du 13 janvier 2026 relatif aux barèmes nationaux de salaires minima — PDF signé lu intégralement, effet au 1ᵉʳ janvier 2026, étendu par arrêté du 7 avril 2026 (JORF du 10 avril 2026) ; avenant du 14 janvier 2025 (étendu le 17 mars 2025) pour l'historique.
- Accord du 17 janvier 2024 relatif aux salaires minima hiérarchiques (assiette du minimum), étendu par arrêté du 17 mai 2024.
- Accord du 7 décembre 2018 relatif aux astreintes, étendu, en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2019.
- Articles du texte de base lus : 010 (champ), 214 (essai), 222 et 223 (préavis, licenciement), 224 (retraite), 317 et 318 (dimanche, fériés), 315 (nuit), 331.4 (congés d'ancienneté), 332 (congés spéciaux, avenant du 8 février 2019), 341.4 (maladie) ; classification de l'accord du 25 avril 1996 ; accord du 16 février 2000 (35 heures).
- Protection sociale : accords frais de santé des 5 octobre 2015 et 17 mai 2016 (étendus par arrêté du 28 avril 2017) ; accord « catégorie objective » du 10 décembre 2024, étendu par arrêté du 5 mars 2025 (JORF du 18 mars 2025).
- Diplômes du funéraire : décret n° 2012-608 du 30 avril 2012 et arrêté du 15 juillet 2025 (code général des collectivités territoriales).
- Panorama de branche des services funéraires — OPCO EP (édition 2022, données 2020, PDF lu).
- code.travail.gouv.fr — ministère du Travail (fiche IDCC 759, minima légaux de comparaison).