Renversement de la grue et opérations interdites : ce que le test exige de savoir

Le renversement est le risque que toute la partie « stabilité » du programme cherche à éviter ; les opérations interdites sont celles qu'on ne fait jamais, même « pour dépanner ». Ensemble : 11 des 38 points du thème « Exploitation ».

Ce que vérifie le test théorique R490

Cette fiche couvre 11 points sur 100, dans le thème « Exploitation des grues de chargement » (38 points) :

  • Renversement de la grue (4 pts)
  • Opérations interdites (7 pts)

Source : R.490A, barème du test théorique, p. 25 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.

Deux sujets, 11 points sur 100

Le barème du test théorique R.490A attribue 4 points au « renversement de la grue » et 7 points aux « opérations interdites » (p. 25). Le référentiel de connaissances les range dans deux rubriques : les risques liés à l'utilisation de la grue, où le renversement de la grue et la retombée ou le renversement de la charge sont les deux premiers risques de la liste, et l'exploitation, où figurent les opérations interdites (annexe 2, rubriques F et G, p. 22). Le renversement s'appuie sur ce que vous avez vu dans les thèmes de stabilité : conditions d'équilibre, règles de stabilisation, courbes de charge (rubriques C et D, p. 21).

Schéma de côté d'un camion équipé d'une grue de chargement : stabilisateurs sortis et en appui sur des plaques, porteur horizontal, charge au crochet, et deux risques de renversement en rouge, le stabilisateur sur sol meuble et la charge trop loin sol : nature et déclivité à contrôler avant de stabiliser portée : plus elle augmente, moins la charge admise est grande 1 2 3
Schéma de principe, sans échelle et sans valeur chiffrée. 1 : stabilisateur sorti et en appui, sur une plaque si le sol l'exige. 2 : la charge admise se lit sur la courbe de charge du constructeur, à la portée réellement utilisée. 3 : stabilisateur de l'autre côté, lui aussi sorti : un seul côté stabilisé ne vaut pas une grue stabilisée.

Renversement de la grue : d'où vient le risque, comment on l'évite

Le référentiel ne donne pas de liste de causes toute faite : il énumère les connaissances à maîtriser, et c'est leur assemblage qui forme la prévention. Reprenez-les dans l'ordre où vous les utilisez sur le terrain.

  1. Choisir l'emplacement et poser le porteur. Le texte cite parmi les risques ceux de l'environnement, dont la « déclivité et nature du terrain » (R.490A, p. 22). La mise en configuration d'exploitation commence par le « positionnement du porteur » (p. 22).
  2. Déployer les stabilisateurs et les mettre en appui. Le texte parle de « déploiement et mise en appui des stabilisateurs, réglage de l'horizontalité, déploiement de la grue » (p. 22). La grille pratique y consacre 5 points : « stabiliser le porteur et déplier la grue de chargement » (p. 26). Ce que le texte ne dit pas, c'est une pression de sol, une longueur de sortie ou des dimensions de plaques : ces valeurs viennent de la notice du constructeur et des consignes du site.
  3. Vérifier les contacts avec le sol. La vérification visuelle porte sur « l'état de la grue et de ses contacts avec le sol (stabilisateurs…) afin de déceler les anomalies et d'en informer son responsable hiérarchique » (p. 23).
  4. Lire la courbe de charge. Le référentiel demande d'utiliser « les courbes de charges fournies par le constructeur en fonction des masses à lever » (p. 21) et de vérifier « l'adéquation de la grue aux opérations de levage à réaliser (charge, portée…) » (p. 23). La grille pratique y met 10 points, le plus gros barème du thème « prise de poste » (p. 26).
  5. S'appuyer sur les dispositifs de sécurité, sans les neutraliser. Le texte cite le limiteur de moment « et son asservissement à la configuration de la grue », le limiteur de pression et le dispositif de contrôle de la position de transport, puis les « risques liés à la neutralisation de ces dispositifs » (p. 21). Leur bon fonctionnement se vérifie à la prise de poste (p. 23 ; 5 points en pratique, p. 26).
  6. Replier en position de transport avant de rouler. Les règles de position de la flèche et des stabilisateurs lors des déplacements font partie du programme (p. 21) ; la fin de poste commence par « replier la grue de chargement en position de transport » (p. 23).

Ce que dit le Code du travail en parallèle. L'employeur prend des mesures pour éviter le basculement, le renversement, le déplacement et le glissement inopinés d'un équipement mobile (R4323-39). Il est interdit de soulever une charge supérieure à celle marquée sur l'appareil (R4323-33).

Attention à la nuance : la R.490A précise que la vérification d'adéquation faite par le conducteur à la prise de poste n'est pas l'examen d'adéquation de l'arrêté du 1er mars 2004, qui relève de la responsabilité du chef d'établissement (nota, p. 23).

Le vent, l'orage, la neige, le gel

Les conditions climatiques font partie des risques de la liste (« vent, orage, neige, gel… », p. 22) et la prise de poste prévoit d'évaluer leur « impact sur les manutentions prévues (coup de vent, orage…) » (p. 23). La R.490A ne donne aucune vitesse de vent limite : la règle se lit dans la notice du constructeur et dans les consignes du site. Elle cite aussi la « surface au vent » parmi les caractéristiques d'une charge à évaluer (p. 21) : une charge de même masse mais plus étendue prend plus de vent. La fiche lignes électriques, énergies et chutes traite le climat plus en détail.

Opérations interdites : ce que le texte cite, ce que le Code du travail ajoute

La liste du référentiel est introductive : « survol de personnes avec une charge, levage de personnel sans équipement spécifique, remplissage d'une benne lorsque celle-ci est suspendue, … » (R.490A, p. 22). Les points de suspension signifient qu'elle n'est pas limitative. Le tableau distingue ce que le référentiel cite de ce que le Code du travail précise.

Quatre situations interdites en pictogrammes barrés : une personne sous une charge suspendue, une personne levée sur une palette au crochet, une benne remplie alors qu'elle est suspendue, et une charge tirée en oblique Survol de personnesLevage de personnel Benne remplie suspendueTraction en oblique
Pictogrammes explicatifs, non réglementaires. Les trois premiers cas sont cités par la R.490A (p. 22) ; le quatrième vient du Code du travail (R4323-45).
Opérations interdites : texte du référentiel et Code du travail (R.490A, p. 22 ; Code du travail).
OpérationCe que disent les textes
Survol de personnes avec une chargeCité par la R.490A (p. 22). Le Code du travail pose le principe d'une absence de charge au-dessus des personnes, sauf si le déroulement des travaux l'exige, auquel cas un mode opératoire est défini et appliqué (R4323-36). Au test théorique, retenez la formulation du référentiel : c'est une opération interdite.
Levage de personnel sans équipement spécifiqueCité par la R.490A (p. 22). Le levage de personnes n'est permis qu'avec un équipement de travail et des accessoires prévus à cette fin (R4323-31). Deux dérogations strictes existent (R4323-32) : impossibilité technique ou risque plus important d'utiliser un équipement conçu pour cela, ou évacuation en urgence ; elles ne sont pas un usage courant de la grue.
Remplissage d'une benne suspendueCité par la R.490A (p. 22). Le texte ne détaille pas le motif ; la ligne du référentiel suffit pour le test.
Lever plus que la charge marquéeInterdit de soulever une charge supérieure à la charge marquée sur l'appareil (R4323-33). La charge admise dépend de la portée : voir la courbe de charge.
Soulever ou tirer en oblique, balancer pour déposer plus loinInterdit, sauf appareil conçu à cette fin (R4323-45).
Laisser une charge suspendueAucune charge suspendue à l'arrêt (R4323-35), et aucune charge laissée suspendue sans surveillance, sauf accès à la zone de danger empêché et charge maintenue en toute sécurité (R4323-44).
Manœuvrer pendant qu'on accroche ou décrocheAucune manœuvre tant que le travailleur qui accroche ou décroche n'a pas donné son accord (R4323-42).
Neutraliser un dispositif de sécuritéLe référentiel demande de connaître les « risques liés à la neutralisation de ces dispositifs » (p. 21). Le test attend donc : on ne neutralise pas le limiteur de moment ni les autres dispositifs.

Conduite à tenir quand quelque chose ne va pas

Le référentiel demande de connaître la « conduite à tenir en cas d'incident ou de défaillance de la grue » (G, p. 22), de vérifier le fonctionnement des dispositifs de sécurité à la prise de poste et de « rendre compte des anomalies et dysfonctionnements » en fin de poste (p. 23). L'idée directrice : on n'utilise pas une grue dont un dispositif de sécurité ne fonctionne pas, et on informe son responsable.

Les pièges du test

  • « Je ne sors que deux stabilisateurs, la charge est légère. » Le texte parle de mise en appui des stabilisateurs et de configuration d'exploitation ; la courbe de charge du constructeur vaut pour la configuration prévue, pas pour une configuration allégée au gré de l'opérateur.
  • « La grue est stable, donc je peux lever ce que je veux. » La stabilité ne dispense pas de la courbe de charge : on lit la charge admise à la portée utilisée. Lever plus que la charge marquée est interdit (R4323-33).
  • « Le limiteur de moment sonne, je le neutralise pour finir. » Faux : la neutralisation des dispositifs de sécurité est un risque que le référentiel demande de connaître (p. 21).
  • « Survol de personnes : c'est interdit seulement sous la charge en mouvement. » Le référentiel cite l'opération sans nuance de vitesse ; une charge ne passe pas au-dessus des personnes (R4323-36 prévoit seulement un mode opératoire défini quand le déroulement des travaux l'exige).
  • Confondre « adéquation de la grue » et « examen d'adéquation ». Le conducteur vérifie la charge et la portée à la prise de poste ; l'examen d'adéquation de l'arrêté du 1er mars 2004 relève du chef d'établissement (nota, p. 23).
  • « Un sol dur n'a pas besoin de calage. » Le texte ne fixe aucune règle de plaques ; il demande de tenir compte de la nature et de la déclivité du terrain et de contrôler l'appui. La réponse type du test est « selon la notice du constructeur et les consignes du site ».

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui peut faire renverser une grue de chargement ?

Les facteurs à contrôler : l'appui des stabilisateurs et l'horizontalité, la nature et la déclivité du terrain, la charge et la portée par rapport à la courbe de charge, et le climat (R.490A, p. 21-22).

Quelles opérations sont interdites ?

Le référentiel cite le survol de personnes, le levage de personnel sans équipement spécifique et le remplissage d'une benne suspendue (p. 22), avec une liste ouverte. Le Code du travail ajoute notamment la charge supérieure à la charge marquée (R4323-33) et la traction en oblique (R4323-45).

Peut-on lever une personne avec le crochet ou une palette ?

Non, sauf avec un équipement et des accessoires prévus pour cela (R4323-31). Les dérogations du R4323-32 sont strictes.

Que fait le limiteur de moment ?

C'est un dispositif de sécurité asservi à la configuration de la grue ; le référentiel demande de connaître les risques de sa neutralisation (p. 21) et de vérifier son fonctionnement à la prise de poste (p. 23).

Combien de points au test ?

Renversement : 4 points ; opérations interdites : 7 points, sur 100 (p. 25). Seuil de réussite : 70/100.

S'entraîner sur ce thème

Sources : recommandation R.490A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, A2|1 B, C, D, E, p. 21 ; F et G, p. 22 ; A2|2 A et B, p. 22-23 ; barème du test théorique, p. 25 ; grille pratique A3|2, p. 26 ; matériel, p. 28) ; Code du travail, art. R4323-31, R4323-32, R4323-33, R4323-35, R4323-36, R4323-39, R4323-42, R4323-44 et R4323-45 ; arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage (cité par le nota de la R.490A, p. 23). Racines officielles : legifrance.gouv.fr, inrs.fr, ameli.fr. La mise à jour 2026 de la recommandation ne modifie que le volet médical. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R490.