Heurts, visibilité, interférences et circulation : travailler en sécurité autour de la grue
Personnes sous la charge, bras de grue qui balaie une zone occupée, autre appareil dans le même secteur, dépose que le grutier ne voit pas : quatre points d'évaluation, 10 des 38 points du thème « Exploitation ».
Ce que vérifie le test théorique R490
Cette fiche couvre 10 points sur 100, dans le thème « Exploitation des grues de chargement » (38 points) :
- Heurts de personnes avec la charge (2 pts)
- Interférence avec d'autres appareils de levage (2 pts)
- Manque de visibilité (2 pts)
- Signalisation sur site et règles de circulation (4 pts)
Source : R.490A, barème du test théorique, p. 25 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Quatre points d'évaluation, une même question : qui est où ?
Le barème du test théorique R.490A attribue 2 points aux « heurts de personnes avec la charge », 2 points à l'« interférence avec d'autres appareils de levage », 2 points au « manque de visibilité » et 4 points à la « signalisation sur site et règles de circulation » (p. 25). Dans le référentiel de connaissances, ils se retrouvent dans trois rubriques : les risques de l'utilisation (heurts de personnes avec la charge, heurts de personnes avec la grue « en cours de déploiement des stabilisateurs », présence d'autres machines, voie de circulation, manque de visibilité : « défaut d'éclairage, absence de visibilité sur les zones de chargement ou de déchargement »), le déplacement sur site (signalisation, plan de circulation, consignes du chantier) et les savoir-faire de conduite (gestes, radio, charge déposée en un endroit précis et visible) (p. 21 à 23).
Heurts de personnes : avec la charge et avec la grue
Le référentiel distingue deux risques : le heurt avec la charge et le heurt avec la grue elle-même, par exemple pendant le déploiement des stabilisateurs (p. 22). Les moyens de prévention tiennent en quatre idées, toutes tirées du texte et du Code du travail.
- Pas de survol de personnes avec une charge : c'est une opération interdite du référentiel (p. 22). Le Code du travail n'admet un passage au-dessus de personnes que si le déroulement des travaux l'exige, avec un mode opératoire défini et appliqué (R4323-36).
- Balisage de la zone de déchargement : la prise de poste comprend la « vérification de la mise en place du balisage de la zone de déchargement » (p. 23).
- Accord de l'accrocheur : aucune manœuvre tant que le travailleur qui accroche ou décroche n'a pas donné son accord (R4323-42). Le rôle du chef de manœuvre, du signaleur et de l'élingueur est un point du référentiel (p. 21).
- Penser aux stabilisateurs : la zone d'évolution inclut le côté où les stabilisateurs sortent. Le texte cite expressément le risque pendant leur déploiement ; il ne donne pas de distance de sécurité chiffrée, qui dépend de la notice et du site.
Manque de visibilité : éclairage, zones non vues, guidage
Le texte nomme deux causes : le « défaut d'éclairage » et l'« absence de visibilité sur les zones de chargement ou de déchargement » (p. 22). Les solutions sont dans les savoir-faire de conduite et de télécommande :
| Situation | Réponse du référentiel |
|---|---|
| Charge prise ou déposée en un endroit visible | Premier cas de la conduite : « prendre et déposer une charge en un endroit précis et visible » (p. 23). La charge palettisée est prise à la fourche et déposée à un endroit précis et visible (p. 26). |
| Dépose en zone non visible | Le grutier est guidé : « communiquer avec le chef de manœuvre, l'élingueur et le cas échéant le signaleur au moyen des gestes et signaux conventionnels », et « communiquer par radio » (p. 23). Le matériel d'examen comprend un écran qui s'oppose à la vision directe de la charge, et deux émetteurs-récepteurs radio (p. 28). |
| Manœuvre avec télécommande (option) | « Se positionner pour avoir la meilleure vision de la manœuvre et de son environnement, tout en étant hors de la zone de risque » (p. 23 ; 10 points de l'option, p. 27). |
| Charge dont le trajet n'est pas observable | Un chef de manœuvre en communication avec le conducteur la dirige (Code du travail, R4323-41). |
À l'épreuve pratique, la charge longue et volumineuse est déposée en zone non visible : précision des manœuvres (10 points), compréhension des gestes de commandement (5 points), respect des consignes radio (5 points), soit 20 points (p. 26). Les gestes sont ceux de la norme citée par le référentiel, « FDE 52-401 » (p. 23) ; ils ne sont pas reproduits ici. C'est le chef de manœuvre ou le signaleur qui les fait, le grutier qui les comprend et les exécute.
Avant de lever : l'éclairage et la vue d'ensemble
- Éclairage insuffisant : il est cité comme source de manque de visibilité (p. 22). Les moyens d'y remédier (éclairage, guide) relèvent des consignes du site et de la notice : le texte n'en fixe pas.
- Qui parle ? Le référentiel nomme les interlocuteurs du grutier : le chef de manœuvre, l'élingueur et, le cas échéant, le signaleur (p. 23). Les rôles se répartissent avant le début de la manœuvre.
- Arrêt immédiat à l'incident : la conduite à tenir en cas d'incident ou de défaillance de la grue est un point du programme (G, p. 22).
Interférence avec d'autres appareils de levage
La R.490A ne consacre aucun paragraphe détaillé à l'interférence ; elle la place dans les « risques liés à l'environnement (présence d'autres machines, obstacles divers, déclivité et nature du terrain, lignes électriques, voie de circulation…) » (p. 22). Au test, le point vaut 2 points (p. 25). Ce qu'on peut affirmer sans rien inventer :
- Les consignes du chantier s'appliquent : plan de circulation, consignes de sécurité du site (p. 21). C'est dans ces documents que l'organisation des zones communes est fixée, pas dans la recommandation.
- La communication prime. Quand deux appareils partagent un secteur, on se coordonne avec le chef de manœuvre et les autres conducteurs avant de lever : le référentiel demande de savoir communiquer par gestes, signaux et radio (p. 23).
- La zone d'évolution d'une grue comprend flèche, charge et stabilisateurs : c'est ce volume qui peut recouper celui d'un autre appareil ou d'un obstacle. Le texte ne donne pas de distance minimale entre appareils : la réponse attendue renvoie à la notice et aux consignes.
Signalisation sur site et règles de circulation
Le point vaut 4 points, le plus lourd de cette fiche. Le référentiel le résume ainsi : « règles de signalisation sur site (plan de circulation et consignes propres au chantier…) » (p. 21), juste après « règles relatives à la position de la flèche et des stabilisateurs lors des déplacements ». Autrement dit, on circule avec la grue en position de transport, en respectant le plan et les consignes du site.
- Connaître les lieux et les consignes avant d'y conduire : l'autorisation de conduite suppose que le conducteur ait connaissance des lieux et des instructions du site (protocole de sécurité, plan de prévention, plan de circulation, consignes de sécurité de l'entreprise, règles de conduite des engins ; R.490A, § 3|4, p. 14-15).
- Replier la grue en position de transport avant tout déplacement ; le dispositif de contrôle de la position de transport est un des dispositifs de sécurité cités (p. 21).
- Suivre le plan de circulation et la signalisation du site ; en cas de doute sur une voie, un passage ou une zone, on demande à son responsable plutôt que d'improviser.
- Respecter le balisage de la zone de déchargement, vérifié à la prise de poste (p. 23).
Le Code du travail ajoute des règles de circulation à la charge de l'employeur, que le conducteur applique : règles de circulation adéquates pour un équipement mobile dans une zone de travail (R4323-51), mesures pour éviter que des travailleurs à pied se trouvent dans la zone d'évolution (R4323-52) et voies de gabarit suffisant, libres de tout obstacle (R4323-50). Une grue sur camion est un équipement de travail mobile : ces règles lui sont applicables.
Pour le même sujet vu avec un engin de chantier (angles morts, caméras, marche arrière), voir la fiche R482 heurts de personnes et visibilité : autre engin, autres règles de test, à ne pas confondre avec la grue de chargement.
Les pièges du test
- « Le grutier voit tout, il n'a pas besoin de guide. » Faux pour la dépose en zone non visible : l'épreuve pratique la prévoit avec écran, gestes de commandement et radio (p. 26 et 28).
- « N'importe qui peut me guider. » Le référentiel nomme les interlocuteurs du grutier (chef de manœuvre, élingueur, signaleur) et demande de comprendre leurs gestes et signaux conventionnels (p. 23).
- « Le balisage, c'est l'affaire du chef de chantier. » Il est organisé par l'employeur, mais sa présence se vérifie à la prise de poste (p. 23) : le conducteur ne lève pas si la zone n'est pas balisée.
- « On circule flèche dépliée sur quelques mètres. » Les règles de position de la flèche et des stabilisateurs lors des déplacements sont un point du programme (p. 21) ; la position de transport est contrôlée par un dispositif de sécurité.
- « La recommandation donne la distance entre deux grues. » Non : elle cite la présence d'autres machines sans chiffre. Toute valeur vient de la notice ou des consignes du site.
Questions fréquentes
Qui guide le grutier quand il ne voit pas la charge ?
Le chef de manœuvre, l'élingueur ou le signaleur, par gestes conventionnels ou par radio (p. 22-23). Si le trajet de la charge n'est pas observable, un chef de manœuvre en communication avec lui la dirige (R4323-41).
Comment se passe la dépose en zone non visible à l'examen ?
Charge longue déposée à un endroit précis et non visible : 10 points de précision, 5 de gestes de commandement, 5 de consignes radio (p. 26). Un écran empêche la vision directe de la charge (p. 28).
Peut-on passer une charge au-dessus de personnes ?
Le survol de personnes avec une charge est une opération interdite du référentiel (p. 22) ; le Code du travail ne l'admet qu'avec un mode opératoire défini quand le déroulement des travaux l'exige (R4323-36).
Que contient le référentiel sur la signalisation ?
Plan de circulation et consignes du chantier (p. 21), balisage de la zone de déchargement vérifié à la prise de poste (p. 23). Le point vaut 4 points au test théorique.
Que faire avec un autre appareil dans la zone ?
Appliquer les consignes du chantier et se coordonner avec le chef de manœuvre ; le texte cite la présence d'autres machines sans fixer de distance (p. 22).
Sources : recommandation R.490A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, A2|1 A, E, F, G, p. 21-22 ; A2|2 A, B, D, p. 22-23 ; barème du test théorique, p. 25 ; grilles pratiques A3|2, p. 26-27 ; matériel, p. 28 ; autorisation de conduite, § 3|4, p. 14-15) ; Code du travail, art. R4323-36, R4323-41, R4323-42, R4323-50, R4323-51 et R4323-52. Racines officielles : legifrance.gouv.fr, inrs.fr, ameli.fr. La mise à jour 2026 de la recommandation ne modifie que le volet médical. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R490.