Article L1221-13 · En vigueur

Article L1221-13 — Registre unique du personnel - obligation employeur

L'article L1221-13 impose la tenue d'un registre unique du personnel (RUP) dans tout établissement employant des salariés. Inscription chronologique de tous les salariés au moment de l'embauche, mentions obligatoires fixées par décret, mentions indélébiles, conservation 5 ans après le départ.

Ce que dit l'article L1221-13

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Un registre unique du personnel est tenu dans tout établissement où sont employés des salariés.

Les noms et prénoms de tous les salariés sont inscrits dans l'ordre des embauches.

Ces mentions sont portées sur le registre au moment de l'embauche et de façon indélébile.

Les mentions à porter sur le registre concernant les salariés sont déterminées par voie réglementaire.

Source : Légifrance

Nature
Partie legislative
Partie I
Les relations individuelles de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre II Formation du contrat
Chapitre
Chapitre Ier Formation du contrat

L'article L1221-13 du Code du travail impose à tout établissement employant des salariés de tenir un registre unique du personnel. Document obligatoire qui regroupe les informations sur tous les salariés (nom, date d'embauche, qualification, type de contrat, etc.), tenu de manière indélébile et à disposition de l'inspection du travail. Outil central de transparence et de contrôle administratif.

Texte officiel

« Un registre unique du personnel est tenu dans tout établissement où sont employés des salariés.

Les noms et prénoms de tous les salariés sont inscrits dans l'ordre des embauches.

Ces mentions sont portées sur le registre au moment de l'embauche et de façon indélébile.

Les mentions à porter sur le registre concernant les salariés sont déterminées par voie réglementaire. »

En clair

Le registre unique du personnel (RUP) est un document fondamental tenu par tout établissement employant au moins 1 salarié. Il liste tous les salariés présents ou ayant été présents (ordre chronologique des embauches), avec un ensemble d'informations standardisées. Outil de contrôle de l'inspection du travail, de l'URSSAF et du CSE. Sa tenue est obligatoire et son défaut est sanctionné.

Les mentions obligatoires (D1221-23)

CatégorieInformations
Identité du salariéNom, prénoms, nationalité, date de naissance, sexe, numéro de Sécurité sociale
ContratDate d'embauche, date de sortie le cas échéant, type de contrat (CDI, CDD, intérim, apprentissage, contrat de professionnalisation), durée du contrat
EmploiQualification, classification conventionnelle, fonctions occupées
Salariés étrangers hors UEType et numéro du titre autorisant le travail, date de délivrance, autorité l'ayant délivré
IntérimairesNom et adresse de l'entreprise de travail temporaire (ETT)
Mineurs en formationSpécification du contrat d'apprentissage ou de professionnalisation
StagiairesMention spécifique (depuis 2014)

Forme du registre

Forme libre
  • Papier ou électronique (depuis 2007)
  • Pas de modèle imposé par la loi
  • Tenu par établissement (et non par entreprise globale si plusieurs sites)
  • Logiciels de paie incluent généralement le RUP
Conditions de tenue
  • Inscription au moment de l'embauche
  • Mentions indélébiles (modification = trace conservée)
  • Conservation des données 5 ans après le départ du salarié
  • Mise à disposition immédiate sur demande

Qui peut consulter le registre ?

  • Inspecteurs du travail : accès immédiat lors des contrôles
  • Contrôleurs URSSAF : vérification de la déclaration des cotisations
  • Membres du CSE : consultation à leur demande dans le cadre de leurs missions
  • Officiers de police judiciaire dans le cadre d'enquêtes (notamment travail dissimulé)
  • Délégués syndicaux sous certaines conditions
  • Salariés concernés individuellement peuvent demander à consulter les mentions qui les concernent

Sanctions du défaut de tenue

(1) Amende contraventionnelle de la 4e classe (750 € par mention manquante, R1227-7) ; multiplication par le nombre de salariés non inscrits ; (2) Présomption de travail dissimulé (L8221-5) si plusieurs salariés non déclarés sur le RUP — sanctions pénales (3 ans + 45 000 €, L8224-1) ; (3) Régularisation URSSAF rétroactive (5 ans) ; (4) Délit d'entrave aux fonctions du CSE (L2317-1) si refus de consultation ; (5) Possible sanction de l'inspection du travail en cas de manquement systémique.

Articulation avec d'autres registres

Le RUP doit être distingué de d'autres registres spécifiques :

  • Registre des accidents du travail bénins (R441-15 CSS)
  • Registre des observations et infractions (présence inspection du travail)
  • Registre des dangers graves et imminents (L4131-2)
  • Registre des médecines du travail (visites médicales)
  • Document unique d'évaluation des risques (DUERP) (R4121-1)
  • BDESE (Base de Données Économiques, Sociales et Environnementales) — pour les entreprises de 50+ salariés

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Le RUP est généré automatiquement par les logiciels de paie modernes. Pour les TPE/PME : modèles téléchargeables sur service-public.fr et URSSAF. Mise à jour à chaque embauche/sortie. Conservation 5 ans après le départ du salarié.

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Cas pratiques

Cas 1 — PME : RUP via logiciel de paie

Une PME de 25 salariés utilise un logiciel de paie qui génère automatiquement le RUP. Chaque embauche déclenche l'ajout d'une ligne (toutes mentions obligatoires). Chaque départ enregistre la date de sortie. Application de L1221-13 + D1221-23 : RUP conforme. Format électronique accepté depuis 2007. Consultable immédiatement par l'inspecteur du travail lors d'un contrôle. Conservation 5 ans après le départ de chaque salarié.

Cas 2 — Absence de RUP : sanction

Un commerce indépendant employant 4 salariés ne tient aucun registre unique du personnel. Contrôle de l'inspection du travail. Violation de L1221-13 : amende contraventionnelle de la 4e classe (750 € × nombre de mentions manquantes). Mise en demeure de constituer le RUP sous 1 mois. Renseignements rétroactifs à partir des bulletins de paie et DPAE. Si récidive : possible présomption de travail dissimulé avec sanctions pénales aggravées.

Cas 3 — Salarié étranger hors UE : mentions supplémentaires

Une entreprise embauche un ingénieur algérien titulaire d'un titre de séjour autorisant le travail. Application de L1221-13 + D1221-23 : mentions supplémentaires obligatoires sur le RUP : type et numéro du titre, date de délivrance, autorité l'ayant délivré (préfecture). Copie du titre conservée dans le dossier RH. En cas de défaut : risque de sanction pour emploi de travailleur étranger sans titre (L8251-1 : 5 ans + 15 000 € par salarié).

Cas 4 — Consultation du RUP par le CSE

Les élus CSE souhaitent vérifier l'effectif de l'entreprise pour les seuils sociaux (mise en place du CSE central, obligation OETH, etc.). Demande de consultation du RUP. Application de L1221-13 + missions CSE : consultation de droit pour le CSE dans le cadre de ses missions. Refus de l'employeur = délit d'entrave (L2317-1 : 7 500 € d'amende). Le CSE peut analyser la structure de l'effectif (CDI, CDD, intérim, apprentissage, mineurs, étrangers) pour son rôle représentatif.

Cas 5 — Salariés non inscrits = présomption travail dissimulé

Inspection URSSAF dans un restaurant : constat que 3 salariés présents ne figurent pas sur le RUP, sans DPAE ni bulletin de paie. Application de L1221-13 + L8221-5 (travail dissimulé) : présomption forte de travail dissimulé. Sanctions cumulées : (1) amende pénale 3 ans + 45 000 € (L8224-1) ; (2) régularisation URSSAF sur 5 ans (cotisations dues + majorations 40 % + pénalités) ; (3) indemnité forfaitaire 6 mois par salarié (L8223-1) ; (4) fermeture temporaire possible. Coût total potentiel : 100 000 € et plus.

Cas 6 — Conservation des données 5 ans

Un salarié parti il y a 3 ans demande une attestation pour faire valoir ses droits à la retraite. Application de L1221-13 : conservation obligatoire des mentions le concernant pendant 5 ans après son départ. L'employeur retrouve facilement les informations dans le RUP archivé. Délivrance de l'attestation. Au-delà de 5 ans, l'archivage RH peut conserver les données mais ce n'est plus obligatoire au titre du RUP (vérifier les obligations spécifiques retraite, paie, fiscal).

4 obligations clés du RUP

(1) Tenu dans tout établissement employant des salariés (au moins 1 salarié). (2) Inscription au moment de l'embauche avec mentions complètes (identité, contrat, emploi). (3) Forme libre : papier ou électronique. Logiciels de paie modernes le génèrent automatiquement. (4) Conservation 5 ans après le départ du salarié. Accès : inspection du travail, URSSAF, CSE, OPJ, et salarié pour ses propres mentions. Sanctions du défaut : amende 750 € par mention manquante, présomption de travail dissimulé (jusqu'à 3 ans + 45 000 €), délit d'entrave CSE.

Questions fréquentes

Tout établissement employant au moins 1 salarié. Pas de seuil minimum d'effectif. L'obligation s'applique aux entreprises privées, associations, secteur public (avec spécificités), particuliers employeurs (avec simplifications via le CESU). Pour les entreprises multi-sites : un RUP par établissement. Pas de modèle imposé : format papier ou électronique au choix de l'employeur (depuis 2007).

Selon D1221-23 : identité du salarié (nom, prénoms, nationalité, date de naissance, sexe, numéro de Sécurité sociale) ; contrat (date d'embauche, date de sortie, type de contrat - CDI/CDD/intérim/apprentissage/professionnalisation, durée) ; emploi (qualification, classification conventionnelle) ; pour les salariés étrangers hors UE : type et numéro du titre autorisant le travail ; pour les intérimaires : nom et adresse de l'ETT ; pour les stagiaires : mention spécifique.

Forme libre : papier ou électronique (depuis 2007). Pas de modèle imposé. Les logiciels de paie modernes génèrent automatiquement le RUP à partir des données salariés. Pour les TPE/PME : modèles téléchargeables sur service-public.fr et URSSAF. Tenu par établissement (et non par entreprise globale en cas de multi-sites). Mentions indélébiles : modification = trace de l'ancienne valeur conservée.

Inspecteurs du travail (accès immédiat lors des contrôles), contrôleurs URSSAF, membres du CSE (consultation à leur demande dans le cadre de leurs missions), officiers de police judiciaire dans le cadre d'enquêtes, délégués syndicaux sous certaines conditions. Salariés individuellement pour leurs propres mentions. Refus de consultation à l'inspection du travail ou au CSE = délit d'entrave (sanctions pénales).

Les mentions concernant un salarié doivent être conservées pendant 5 ans après son départ de l'établissement. Cette conservation permet les contrôles URSSAF rétroactifs (prescription 5 ans en cas de travail dissimulé), les vérifications pour les retraites des anciens salariés, les contentieux éventuels. Au-delà de 5 ans, l'archivage RH peut continuer mais ce n'est plus obligatoire au titre du RUP (autres obligations possibles : paie 5 ans, fiscal 10 ans, etc.).

(1) Amende contraventionnelle de la 4e classe : 750 € par mention manquante (R1227-7), multipliée par le nombre de salariés non inscrits ; (2) présomption de travail dissimulé (L8221-5) si plusieurs salariés non déclarés - sanctions pénales 3 ans + 45 000 € (L8224-1) ; (3) régularisation URSSAF rétroactive sur 5 ans avec majorations et pénalités ; (4) délit d'entrave aux fonctions du CSE en cas de refus de consultation (L2317-1) ; (5) responsabilité civile en cas de préjudice.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 05/06/2026.