Article L1221-21 · En vigueur

Article L1221-21 — Renouvellement de la periode d essai - conditions

L'article L1221-21 organise le renouvellement de la période d'essai d'un CDI. Possible une fois si un accord de branche étendu le prévoit, durée totale plafonnée (4 mois employés, 6 mois agents de maîtrise et techniciens, 8 mois cadres). Stipulation contractuelle et notification préalable au salarié obligatoires.

Ce que dit l'article L1221-21

Texte officiel en vigueur depuis le 26/06/2008 :

La période d'essai d'un contrat à durée indéterminée peut être renouvelée une fois si un accord de branche étendu le prévoit. Cet accord fixe les conditions et les durées de renouvellement.

La durée de la période d'essai, renouvellement inclus, ne peut dépasser :

1° Quatre mois pour les ouvriers et employés ;

2° Six mois pour les agents de maîtrise et techniciens ;

3° Huit mois pour les cadres.

Le renouvellement doit être expressément stipulé dans la lettre d'engagement ou le contrat de travail et notifié au salarié avant l'expiration de la première période d'essai.

Source : Légifrance

Nature
Partie legislative
Partie I
Les relations individuelles de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre II Formation du contrat
Chapitre
Chapitre Ier Formation du contrat

L'article L1221-21 du Code du travail organise le renouvellement de la période d'essai : possible une fois si un accord de branche étendu le prévoit. Durée totale (renouvellement inclus) plafonnée à 4 mois (employés), 6 mois (agents de maîtrise/techniciens), 8 mois (cadres). Renouvellement obligatoirement stipulé dans le contrat et notifié au salarié avant l'expiration de la première période.

Texte officiel

« La période d'essai d'un contrat à durée indéterminée peut être renouvelée une fois si un accord de branche étendu le prévoit. Cet accord fixe les conditions et les durées de renouvellement.

La durée de la période d'essai, renouvellement inclus, ne peut dépasser :
1° Quatre mois pour les ouvriers et employés ;
2° Six mois pour les agents de maîtrise et techniciens ;
3° Huit mois pour les cadres.

Le renouvellement doit être expressément stipulé dans la lettre d'engagement ou le contrat de travail et notifié au salarié avant l'expiration de la première période d'essai. »

En clair

Si l'employeur souhaite prolonger la période d'essai au-delà de sa durée initiale, il doit respecter des conditions strictes : (1) accord de branche étendu prévoyant cette possibilité ; (2) durée totale dans les plafonds légaux ; (3) stipulation dans le contrat de travail ; (4) notification au salarié avant la fin de la première période. Sans respect de ces conditions, le renouvellement est invalide et la période d'essai prend fin à sa date initiale.

Les 4 conditions cumulatives

1. Accord de branche étendu

Un accord de branche étendu doit prévoir explicitement la possibilité de renouvellement et fixer les conditions et durées. Vérifier la convention collective applicable. Pas tous les secteurs en disposent.

2. Durées maximales légales

Renouvellement compris : 4 mois employés, 6 mois agents de maîtrise/techniciens, 8 mois cadres. Plafonds absolus, pas dépassables même par accord de branche.

3. Stipulation dans le contrat

Possibilité de renouvellement doit être expressément stipulée dans la lettre d'engagement ou le contrat de travail. Pas de renouvellement implicite. Mention claire et précise.

4. Notification avant expiration

Le renouvellement doit être notifié au salarié AVANT l'expiration de la première période d'essai. Sinon, la période d'essai prend fin à sa date initiale (transformation en CDI confirmé).

Durées maximales (renouvellement inclus)

CatégoriePériode initiale maxRenouvellement maxTotal max
Ouvriers et employés2 mois+ 2 mois4 mois
Agents de maîtrise et techniciens3 mois+ 3 mois6 mois
Cadres4 mois+ 4 mois8 mois

Accord du salarié

Outre les 4 conditions légales, la jurisprudence exige l'accord exprès du salarié au renouvellement (Cass. soc.). Modalités :

  • Acceptation explicite par le salarié (signature de l'avenant)
  • Acceptation manifeste (continuer à travailler après notification du renouvellement vaut acceptation tacite)
  • Le silence du salarié face à un renouvellement non explicitement accepté pose des questions juridiques
  • Bonne pratique : avenant écrit signé par les deux parties avant la date du renouvellement

Conséquences d'un renouvellement irrégulier

Si l'une des conditions n'est pas respectée (absence d'accord de branche, dépassement des plafonds, stipulation manquante, notification tardive, défaut d'accord du salarié) : le renouvellement est invalide. Conséquences : (1) la période d'essai prend fin à sa date initiale ; (2) la rupture intervenue pendant le « pseudo-renouvellement » est requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse ; (3) indemnités barème Macron (L1235-3) + dommages-intérêts ; (4) le salarié devient titulaire d'un CDI consolidé sans période d'essai.

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Pour les employeurs : vérifier l'accord de branche applicable AVANT toute clause de renouvellement dans les contrats. Notifier le renouvellement par LRAR ou remise contre décharge, avec accusé de réception du salarié. Pour les salariés : examiner attentivement les conditions du renouvellement, ne pas signer sous pression, possibilité de contester aux prud'hommes (12 mois, L1471-1).

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Cas pratiques

Cas 1 — Renouvellement régulier cadre (4 mois + 4 mois)

Un cadre est en période d'essai initiale de 4 mois. La convention collective de la métallurgie (étendue) prévoit la possibilité d'un renouvellement. L'employeur notifie le renouvellement de 4 mois supplémentaires 2 semaines avant la fin de la 1re période, par LRAR. Le cadre signe un avenant. Application de L1221-21 : conditions remplies. Renouvellement valide. Durée totale 8 mois (plafond cadre). Salarié peut être confirmé ou rompu pendant ce nouvelle période, avec délai de prévenance renforcé selon présence (L1221-25).

Cas 2 — Convention sans clause de renouvellement

Une entreprise du commerce de détail veut renouveler la période d'essai d'une vendeuse (2 mois + 2 mois). Mais la convention collective du commerce de détail ne prévoit aucun renouvellement. Violation de L1221-21 1re condition : le renouvellement n'est pas possible. Tenter de l'imposer est illégal. La période d'essai prend fin à sa date initiale (2 mois). Si l'employeur veut continuer à évaluer, il doit confirmer ou rompre avant l'échéance. Renouvellement nul, requalification possible.

Cas 3 — Notification tardive : renouvellement invalide

Un employeur notifie le renouvellement de la période d'essai d'un technicien (3 mois + 3 mois) le 1er avril alors que la première période finit le 31 mars (= déjà expirée). Violation de L1221-21 4e condition : notification après l'expiration de la 1re période. Renouvellement nul. La période d'essai est terminée. Le salarié est devenu titulaire d'un CDI consolidé sans période d'essai. Si rupture intervient après : licenciement sans cause réelle et sérieuse, indemnités barème Macron.

Cas 4 — Stipulation manquante dans le contrat

Un employé est embauché avec une période d'essai de 2 mois. Le contrat ne mentionne pas la possibilité de renouvellement. Au bout de 2 mois, l'employeur veut renouveler. Violation de L1221-21 3e condition : stipulation manquante dans le contrat initial. Renouvellement impossible. La période d'essai prend fin à sa date initiale. Bonne pratique pour l'employeur : prévoir systématiquement la clause de renouvellement dans tous les contrats (même sans intention immédiate de l'utiliser).

Cas 5 — Renouvellement avec accord du salarié

Un agent de maîtrise est en période d'essai initiale de 3 mois. L'employeur notifie le renouvellement avec un avenant écrit, signé par les deux parties. Application de L1221-21 + jurisprudence (accord salarié) : avenant écrit avec acceptation expresse. Renouvellement parfaitement valable. La durée totale est de 6 mois maximum. Conditions de rupture pendant la période renouvelée : délai de prévenance allongé (2 semaines, L1221-25). Bonne pratique pour la sécurité juridique des deux parties.

Cas 6 — Cadre supérieur 8 mois : limite absolue

Un cadre dirigeant signe une période d'essai de 4 mois renouvelable une fois. Au bout de 4 mois, l'employeur souhaite renouveler pour 5 mois supplémentaires (durée totale 9 mois). Violation de L1221-21 2e condition : dépassement du plafond légal de 8 mois pour les cadres. Renouvellement limité à 4 mois maximum. Tenter une période plus longue est illégal. Au-delà de 8 mois, le salarié est en CDI consolidé sans période d'essai. Plafonds absolus, non dépassables même par accord de branche ou contrat.

4 conditions cumulatives à vérifier

(1) Accord de branche étendu autorisant le renouvellement (vérifier la convention collective applicable). (2) Durée totale respectant les plafonds : 4 mois employés, 6 mois agents maîtrise/techniciens, 8 mois cadres. (3) Stipulation expresse dans le contrat initial (clause de renouvellement). (4) Notification AVANT l'expiration de la 1re période (LRAR + accord du salarié recommandés). Sans une seule de ces conditions : renouvellement nul, CDI consolidé. Bonne pratique : avenant écrit signé par les deux parties.

Questions fréquentes

Oui, une fois et sous conditions strictes (L1221-21) : (1) un accord de branche étendu prévoit la possibilité de renouvellement et en fixe les conditions ; (2) la durée totale (renouvellement inclus) respecte les plafonds légaux : 4 mois pour ouvriers/employés, 6 mois pour agents de maîtrise/techniciens, 8 mois pour cadres ; (3) la possibilité de renouvellement est expressément stipulée dans la lettre d'engagement ou le contrat de travail ; (4) le renouvellement est notifié au salarié avant l'expiration de la première période.

Renouvellement inclus, la durée totale ne peut dépasser : 4 mois pour les ouvriers et employés (2 mois initial + 2 mois renouvellement) ; 6 mois pour les agents de maîtrise et techniciens (3+3) ; 8 mois pour les cadres (4+4). Plafonds absolus, non dépassables même par accord de branche ou contrat de travail. Au-delà : période d'essai invalide, CDI consolidé sans période d'essai.

Oui, la jurisprudence (Cass. soc. constante) exige l'accord exprès du salarié au renouvellement. Modalités : signature d'un avenant écrit (bonne pratique pour la sécurité juridique), acceptation manifeste (continuer à travailler après notification), ou acceptation explicite par mail/courrier. Le silence du salarié pose des questions juridiques. Bonne pratique : avenant écrit signé par les deux parties avant la date du renouvellement, avec mention de l'accord du salarié.

Notification au salarié AVANT l'expiration de la première période d'essai. Forme libre mais LRAR ou remise contre décharge recommandée pour la preuve. Mention explicite : invocation de la clause de renouvellement, nouvelle durée, nouvelle date de fin. Idéalement, avenant signé par les deux parties. Information du salarié au moins quelques jours avant la fin de la 1re période pour permettre une discussion.

Le renouvellement est nul. Conséquences : (1) la période d'essai prend fin à sa date initiale ; (2) le salarié devient titulaire d'un CDI consolidé sans période d'essai ; (3) toute rupture intervenue pendant le 'pseudo-renouvellement' est requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse ; (4) indemnités barème Macron (L1235-3) + dommages-intérêts éventuels + indemnités de rupture classiques (préavis, congés payés). Action prud'homale dans les 12 mois (L1471-1).

Non, c'est une simple possibilité ouverte à l'employeur. Si l'évaluation est concluante avant la fin de la période initiale, l'employeur peut confirmer le salarié sans renouvellement. Si l'évaluation est négative, l'employeur peut rompre la période d'essai avec délai de prévenance approprié (L1221-25). Le renouvellement n'est utile que si l'évaluation n'est pas encore tranchée et nécessite plus de temps.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 05/06/2026.