Article L1262-4 · En vigueur

Article L1262-4 — Règles du noyau dur applicables aux salariés détachés

L'article L1262-4 définit le noyau dur de règles françaises applicables aux salariés détachés : égalité de traitement avec les salariés de la même branche (rémunération, durée du travail, congés, sécurité, non-discrimination…), et application de l'ensemble du droit du travail au-delà de douze mois.

Ce que dit l'article L1262-4

Texte officiel en vigueur depuis le 30/07/2020 :

I. L'employeur détachant temporairement un salarié sur le territoire national lui garantit l'égalité de traitement avec les salariés employés par les entreprises de la même branche d'activité établies sur le territoire national, en assurant le respect des dispositions légales et des stipulations conventionnelles applicables aux salariés employés par les entreprises de la même branche d'activité établies sur le territoire national, en matière de législation du travail, pour ce qui concerne les matières suivantes :

1° Libertés individuelles et collectives dans la relation de travail ;

2° Discriminations et égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;

3° Protection de la maternité, congés de maternité et de paternité et d'accueil de l'enfant, congés pour événements familiaux ;

4° Conditions de mise à disposition et garanties dues aux salariés par les entreprises exerçant une activité de travail temporaire ;

5° Exercice du droit de grève ;

6° Durée du travail, repos compensateurs, jours fériés, congés annuels payés, durée du travail et travail de nuit des jeunes travailleurs ;

7° Conditions d'assujettissement aux caisses de congés et intempéries ;

8° Rémunération au sens de l'article L. 3221-3, paiement du salaire, y compris les majorations pour les heures supplémentaires ;

9° Règles relatives à la santé et sécurité au travail, âge d'admission au travail, emploi des enfants ;

10° Travail illégal ;

11° Remboursements effectués au titre de frais professionnels correspondants à des charges de caractère spécial inhérentes à sa fonction ou à son emploi supportés par le salarié détaché, lors de l'accomplissement de sa mission, en matière de transport, de repas et d'hébergement.

II. L'employeur détachant temporairement un salarié sur le territoire national pendant une période excédant une durée de douze mois est soumis, à compter du treizième mois, aux dispositions du code du travail applicables aux entreprises établies sur le territoire national, à l'exception des dispositions du chapitre I, des sections 1, 2 et 5 du chapitre II, des chapitres III et IV du titre II, des titres III, IV et VII du livre II de la première partie du code du travail.

En cas de remplacement d'un salarié détaché par un autre salarié détaché sur le même poste de travail, la durée de détachement de douze mois mentionnée à l'alinéa précédent est atteinte lorsque la durée cumulée du détachement des salariés se succédant sur le même poste est égale à douze mois.

Lorsque l'exécution de la prestation le justifie, l'employeur mentionné au premier alinéa du II bénéficie, sur déclaration motivée adressée à l'autorité administrative préalablement à l'expiration du délai de douze mois, dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, de la prorogation de l'application des règles relevant des matières énumérées au I pour une durée d'au plus six mois supplémentaires.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II — Le contrat de travail
Titre
Titre VI — Salariés détachés temporairement
Chapitre
Chapitre II — Conditions de détachement et réglementation applicable
Section
Section 2 — Réglementation applicable

L'article L1262-4 définit le « noyau dur » du droit du travail français applicable aux salariés détachés : l'employeur étranger doit leur garantir l'égalité de traitement avec les salariés français de la même branche, sur une liste de matières (rémunération, durée du travail, sécurité…).

Ce que dit l'article L1262-4 (extraits)

Texte officiel en vigueur depuis le 30 juillet 2020 :

I. L'employeur détachant temporairement un salarié sur le territoire national lui garantit l'égalité de traitement avec les salariés [...] de la même branche d'activité établies sur le territoire national [...] pour ce qui concerne les matières suivantes : 1° Libertés individuelles et collectives [...] ; 2° Discriminations et égalité professionnelle [...] ; 3° Protection de la maternité [...] ; 5° Exercice du droit de grève ; 6° Durée du travail, repos, jours fériés, congés payés [...] ; 8° Rémunération [...] y compris les majorations pour les heures supplémentaires ; 9° Santé et sécurité au travail [...] ; 10° Travail illégal ; 11° Remboursements de frais professionnels [...].

II. L'employeur détachant [...] pendant une période excédant douze mois est soumis, à compter du treizième mois, aux dispositions du code du travail applicables aux entreprises établies [...] (avec certaines exceptions). [...]

Source : Légifrance (texte intégral)

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Un salarié détaché en France reste soumis au droit de son pays d'origine pour beaucoup d'aspects, mais l'article L1262-4 impose un socle minimal de règles françaises — le « noyau dur » — pour éviter le dumping social. L'employeur étranger doit garantir l'égalité de traitement avec les salariés français de la même branche sur des matières clés :

  • rémunération (au sens de l'article L3221-3), y compris majorations d'heures supplémentaires ;
  • durée du travail, repos, jours fériés, congés payés ;
  • santé et sécurité au travail ;
  • libertés, non-discrimination, égalité femmes-hommes, protection de la maternité ;
  • droit de grève, lutte contre le travail illégal, remboursement de certains frais professionnels.

Règle des 12 mois : au-delà de douze mois de détachement, le salarié bénéficie de l'ensemble du droit du travail français (avec quelques exceptions), et non plus du seul noyau dur. Une prorogation de 6 mois est possible sur déclaration motivée.

Qui est concerné ?

  • Les salariés détachés en France par un employeur étranger.
  • Les employeurs établis hors de France, tenus de garantir le noyau dur.
  • Les donneurs d'ordre français, dans le cadre de leur devoir de vigilance.

Ce que cela implique en pratique

  • L'employeur étranger applique au détaché les règles françaises du noyau dur (égalité de traitement avec la branche) ;
  • la rémunération doit au moins respecter les minima conventionnels français de la branche ;
  • au-delà de 12 mois (cumulés en cas de remplacement sur le même poste), l'essentiel du droit français s'applique ;
  • une prorogation de 6 mois du régime du noyau dur est possible sur déclaration motivée.

Risques en cas de non-respect

Le non-respect du noyau dur expose l'employeur étranger — et, au titre du devoir de vigilance, le donneur d'ordre français — à des sanctions administratives et au régime de lutte contre le travail illégal (article L8211-1). Le détachement irrégulier est un axe majeur des contrôles de l'inspection du travail.

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Cas pratiques

Cas n°1 — Rémunération minimale de la branche

Un salarié détaché sur un chantier en France doit percevoir au moins la rémunération prévue par la branche du BTP française, heures supplémentaires majorées comprises. C'est l'application du 8° du I de l'article L1262-4, qui impose l'égalité de traitement en matière de rémunération.

Cas n°2 — Détachement de plus de douze mois

Un détachement se prolonge au-delà de douze mois. À compter du treizième mois, le salarié bénéficie de l'ensemble du droit du travail français (sauf exceptions), conformément au II de l'article L1262-4, au-delà du seul noyau dur.

Cas n°3 — Santé et sécurité sur site

Les règles françaises de santé et sécurité au travail s'appliquent au salarié détaché (9° du I de l'article L1262-4). L'entreprise utilisatrice et l'employeur étranger doivent garantir les mêmes protections que pour les salariés établis en France.

Questions fréquentes

Un noyau dur défini à l'article L1262-4 : libertés et non-discrimination, égalité femmes-hommes, maternité, droit de grève, durée du travail et congés, rémunération (majorations d'heures supplémentaires comprises), santé-sécurité, travail illégal et remboursement de certains frais professionnels.

Oui pour la rémunération relevant du noyau dur : l'employeur garantit l'égalité de traitement avec les salariés de la même branche établis en France, ce qui inclut les minima conventionnels et les majorations d'heures supplémentaires.

À compter du treizième mois, l'employeur est soumis à l'ensemble des dispositions du code du travail applicables aux entreprises établies en France, sauf certaines exceptions. Une prorogation de six mois du régime du noyau dur est possible sur déclaration motivée.

En cas de remplacement d'un salarié détaché par un autre sur le même poste, la durée de douze mois est atteinte lorsque la durée cumulée des détachements successifs sur ce poste égale douze mois.

L'employeur étranger et, au titre du devoir de vigilance, le donneur d'ordre français s'exposent à des sanctions administratives et au régime de lutte contre le travail illégal (article L8211-1).
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 19/06/2026.