Article L3142-22 · En vigueur

Article L3142-22 — Retour au poste après congé de proche aidant

L'article L3142-22 garantit au salarié qui revient d'un congé de proche aidant ou d'une période d'activité à temps partiel (L3142-20) le retour à son emploi ou à un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente. Protection contre toute dégradation du poste ou du salaire.

Ce que dit l'article L3142-22

Texte officiel en vigueur depuis le 10/08/2016 :

A l'issue du congé ou de la période d'activité à temps partiel mentionnée à l'article L. 3142-20, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie I
Les relations individuelles de travail
Livre
Livre Ier
Titre
Titre IV : Congés payés et autres congés
Chapitre
Chapitre II : Autres congés
Section
Section 4 : Congé de proche aidant

L'article L3142-22 du Code du travail garantit au salarié le retour à son emploi ou à un emploi similaire après un congé de proche aidant ou une période d'activité à temps partiel pour proche aidant. Cette garantie sécurise le salarié qui interrompt ou réduit son activité professionnelle pour accompagner un proche dépendant.

Texte officiel

« A l'issue du congé ou de la période d'activité à temps partiel mentionnée à l'article L. 3142-20, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente. »

En clair

Le congé de proche aidant (L3142-16 et suivants) permet à un salarié de suspendre son contrat ou de passer à temps partiel pour s'occuper d'un proche dépendant. À l'issue du congé, le salarié bénéficie d'une garantie forte : retour automatique à son poste ou à un emploi équivalent, sans aucune dégradation de salaire ou de fonctions.

Les modalités du congé de proche aidant

Congé à temps plein
  • Suspension totale du contrat
  • Durée max : 3 mois renouvelables (1 an au total sur la carrière)
  • Pas de rémunération par l'employeur (allocation AJPA versée par la CAF possible)
Temps partiel
  • Activité à temps partiel à la place du congé complet
  • Quotité fixée par accord (minimum 20 % de l'horaire normal)
  • Salaire calculé au prorata du temps travaillé

La garantie de retour

L'article L3142-22 prévoit deux garanties cumulatives :

GarantieDétail
Retour à l'emploi initialEn priorité, le salarié retrouve le poste qu'il occupait avant le congé. Mêmes responsabilités, mêmes conditions, même lieu.
Ou emploi similaireSi l'emploi initial n'existe plus (réorganisation), emploi similaire avec qualification équivalente. Le caractère similaire s'apprécie par : qualification, classification, lieu, fonctions.
Rémunération au moins équivalenteLe salaire à la reprise doit être au moins égal à celui d'avant le congé, intégrant les augmentations générales et individuelles intervenues pendant l'absence.

Cas particulier des temps partiels

Pour le salarié qui a choisi de passer à temps partiel pour s'occuper d'un proche aidé (en vertu de L3142-20), l'article L3142-22 garantit le retour à temps plein à l'issue de la période. Le salarié récupère son contrat initial sans devoir négocier de nouvelles conditions.

Protection contre les sanctions

Le salarié bénéficie d'une protection contre les sanctions liées au congé de proche aidant (combinaison de L3142-22 et L1132-1 qui prohibe la discrimination liée à la situation de famille). Tout licenciement, mutation forcée, blocage d'augmentation lié à la prise du congé est nul de plein droit.

Différence avec le congé sabbatique

Le congé de proche aidant et le congé sabbatique (L3142-28) sont deux dispositifs distincts :

  • Congé de proche aidant : 3 mois renouvelables (1 an max sur la carrière), motif obligatoire (proche dépendant), justification médicale requise, allocation AJPA possible
  • Congé sabbatique : 6 à 11 mois, pas de motif requis, condition d'ancienneté 36 mois + 6 ans d'activité, pas d'allocation

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Pour préparer un congé de proche aidant, contactez votre service RH, votre médecin traitant pour le certificat médical, et la CAF pour l'allocation AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant).

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Cas pratiques

Cas 1 — Retour après 6 mois de congé proche aidant

Une cadre commerciale prend un congé de proche aidant de 6 mois pour accompagner sa mère atteinte d'Alzheimer. À l'issue du congé, elle reprend automatiquement son poste de chef de secteur. Pendant son absence, son entreprise a augmenté les salaires de 4 %. Application de L3142-22 : reprise à son poste avec salaire revalorisé de 4 %, sans démarche particulière.

Cas 2 — Retour à temps plein après mi-temps

Un cadre commercial passe à 50 % pendant 12 mois pour s'occuper de son père dépendant. À l'issue, il récupère son contrat à temps plein de plein droit (L3142-22). Pas de nouvel avenant, pas de négociation. Son salaire reprend automatiquement le montant plein avec les augmentations intervenues entre-temps.

Cas 3 — Retour à un poste subalterne : illégal

Une salariée revient d'un congé de proche aidant de 8 mois. Son employeur lui propose un poste subalterne (perte de 1 coefficient, baisse de 250 €/mois) en invoquant une « réorganisation ». Manquement à L3142-22 : la salariée doit retrouver son emploi ou un emploi similaire avec rémunération équivalente. Saisine des prud'hommes : rétablissement de la situation antérieure + rappel de salaire + dommages-intérêts.

Cas 4 — Emploi initial supprimé

Un salarié revient de congé proche aidant. Son poste a été supprimé pour réorganisation. L'employeur lui propose un emploi similaire (même classification, même rémunération, même lieu). Conformément à L3142-22, cette proposition est valable. Le salarié peut refuser un poste qui ne serait pas « similaire » au sens jurisprudentiel (qualification, classification, lieu, fonctions). L'inadéquation peut donner lieu à dommages-intérêts.

Cas 5 — Protection contre le licenciement

Une employeuse veut licencier une salariée à son retour de congé de proche aidant. Aucun motif sérieux objectif. Discrimination présumée (lien temporel avec le congé). Combinaison de L3142-22 + L1132-1 + L1132-4. Licenciement nul de plein droit : réintégration de droit + paiement intégral des salaires perdus depuis l'éviction.

Cas 6 — Maintien des droits à formation

Pendant un congé de proche aidant de 5 mois, le salarié continue à acquérir des droits CPF (puisque l'absence est assimilée à du temps de travail effectif pour les congés payés et l'ancienneté). À son retour, il bénéficie d'un entretien professionnel (L6315-1) pour examiner les éventuels aménagements et formations utiles. Continuité du parcours professionnel garantie.

Pour le salarié : 3 vigilances au retour

(1) Vérifier le poste de retour : identique au départ ou similaire (qualification, classification, lieu, fonctions) ? (2) Contrôler le salaire : doit intégrer les augmentations générales et individuelles intervenues pendant le congé. (3) Conserver les preuves du contrat initial (avant départ) pour pouvoir invoquer L3142-22 en cas de manquement. Délai de prescription : 2 ans pour exécution du contrat, 5 ans pour discrimination liée à la situation de famille.

Questions fréquentes

Au retour de l'emploi qu'on occupait avant le congé (priorité) OU d'un emploi similaire si le poste initial n'existe plus, avec une rémunération au moins équivalente. La similitude s'apprécie par la qualification, la classification, le lieu et les fonctions. Le salaire intègre les augmentations intervenues pendant l'absence.

3 mois renouvelables, dans la limite d'un an sur la carrière professionnelle (L3142-19). Possibilité de fractionnement (par périodes minimales d'une journée) ou de passage à temps partiel (L3142-20) en alternative au congé complet. Renouvellement après un délai minimal entre deux congés.

Non, le contrat est suspendu et l'employeur ne verse pas de salaire. Mais le salarié peut bénéficier de l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) versée par la CAF (à hauteur de 66 jours maximum sur la carrière). Pour le temps partiel, salaire au prorata du temps travaillé.

Non, sauf si le poste initial n'existe plus (réorganisation, suppression). Dans ce cas, l'employeur doit proposer un emploi similaire (qualification équivalente, salaire au moins équivalent). Une proposition qui dégraderait la situation du salarié constitue un manquement à L3142-22, sanctionné par les prud'hommes.

Très difficilement. La proximité temporelle entre le retour et le licenciement crée une présomption de discrimination liée à la situation de famille (L1132-1). Le licenciement doit être justifié par des motifs objectifs sans lien avec le congé. À défaut, nullité du licenciement (L1132-4) avec réintégration + paiement intégral des salaires perdus.

Oui. La période de congé de proche aidant est intégralement prise en compte pour le calcul de l'ancienneté dans l'entreprise (L3142-23). Le salarié continue à acquérir des droits CPF, à bénéficier de l'entretien professionnel à son retour (L6315-1), et conserve tous les avantages liés à l'ancienneté à son retour.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 29/05/2026.