Réunions du CSE (périodicité)
Les réunions du CSE obéissent à deux régimes : au moins une fois par mois de 11 à moins de 50 salariés (art. L2315-21), au moins 6 par an au-delà de 50 (art. L2315-27). L'employeur convoque et préside ; l'ordre du jour est établi conjointement avec le secrétaire (art. L2315-29).
Les réunions du CSE sont le moment central de la vie du comité : c'est là que les élus échangent avec l'employeur, posent leurs réclamations, sont informés et consultés, votent et rendent leurs avis. La périodicité, la convocation et le déroulement de ces réunions sont strictement encadrés par le Code du travail et varient selon l'effectif de l'entreprise.
Tenir les réunions à la périodicité prévue n'est pas une simple formalité : c'est une obligation de l'employeur, sanctionnée pénalement au titre du délit d'entrave en cas de manquement. Cette prérogative existe dans toute entreprise dotée d'un CSE, soit à partir de 11 salariés.
À quoi servent les réunions du CSE ?
Selon l'effectif, la réunion remplit des fonctions différentes :
- De 11 à moins de 50 salariés : l'employeur reçoit collectivement les élus pour répondre à leurs réclamations individuelles et collectives relatives aux salaires, à l'application du Code du travail et des conventions collectives.
- Au moins 50 salariés : la réunion est le cadre des informations et consultations obligatoires (marche de l'entreprise, projets importants, santé-sécurité), des votes et des avis du comité.
Dans tous les cas, c'est en réunion que le CSE délibère, adopte des résolutions et fait inscrire ses positions au procès-verbal.
Conditions d'application
La périodicité minimale des réunions dépend de l'effectif de l'entreprise et de l'existence ou non d'un accord collectif. Le tableau ci-dessous récapitule les règles fixées par les articles L2315-21, L2315-27 et L2315-28 du Code du travail.
| Effectif | Périodicité minimale | Article |
|---|---|---|
| 11 à moins de 50 salariés | Au moins 1 fois par mois (réception collective des élus par l'employeur) | L2315-21 |
| Au moins 50 salariés (avec accord) | Nombre fixé par accord, au moins 6 réunions par an | L2315-27 |
| 50 à moins de 300 salariés (à défaut d'accord) | Au moins 1 fois tous les 2 mois | L2315-28 |
| Au moins 300 salariés (à défaut d'accord) | Au moins 1 fois par mois (une fois tous les deux mois minimum porté à un rythme mensuel par la pratique) | L2315-28 |
Les réunions de 11 à moins de 50 salariés
Dans ces entreprises, les membres de la délégation du personnel sont reçus collectivement par l'employeur au moins une fois par mois (article L2315-21). En cas d'urgence, ils peuvent en outre être reçus sur leur demande. Ils peuvent aussi être reçus, sur leur demande, soit individuellement, soit par catégorie, soit par atelier, service ou spécialité professionnelle.
Les réunions supplémentaires
Au-delà du minimum légal, des réunions supplémentaires peuvent être déclenchées (article L2315-27) :
- À la demande de la majorité des membres du comité ;
- À la suite de tout accident ayant entraîné ou ayant pu entraîner des conséquences graves ;
- En cas d'événement grave lié à l'activité de l'entreprise ayant porté atteinte ou ayant pu porter atteinte à la santé publique ou à l'environnement.
Procédure / mode d'emploi
L'organisation d'une réunion du CSE suit un déroulé précis : convocation par l'employeur, ordre du jour établi conjointement, tenue de la réunion, délibérations et votes, puis rédaction du procès-verbal. Les règles clés figurent à l'article L2315-29 du Code du travail.
1. La convocation
C'est l'employeur qui préside le CSE et qui convoque ses membres. La convocation est adressée aux membres titulaires et, pour information, aux suppléants (qui n'assistent qu'en l'absence du titulaire, article L2314-1). Aucun délai légal chiffré unique n'est fixé, mais la convocation et l'ordre du jour doivent être transmis dans un délai suffisant pour permettre aux élus de préparer la réunion (par défaut, l'ordre du jour est communiqué au moins 3 jours avant la réunion).
2. L'ordre du jour, établi conjointement
L'ordre du jour est établi conjointement par l'employeur (ou son représentant) et le secrétaire du CSE (article L2315-29). C'est une règle d'ordre public : l'employeur ne peut pas le fixer seul.
3. Le déroulement de la réunion
- Présidence : l'employeur préside et peut être assisté de collaborateurs (dans la limite prévue par les textes).
- Participants : les titulaires ; les suppléants seulement en l'absence du titulaire (L2314-1). Sur les points santé-sécurité, l'inspecteur du travail et l'agent de la Carsat sont invités.
- Secrétariat : le secrétaire du CSE assure la prise de notes en vue du procès-verbal.
4. Délibérations et votes
Le comité adopte ses résolutions et rend ses avis par un vote. L'employeur, en tant que président, ne participe pas au vote lorsque le comité est consulté en tant que délégation du personnel. Les décisions sont prises à la majorité des membres présents.
5. La visioconférence
Le recours à la visioconférence est autorisé dans les conditions de l'article L2315-4 : par accord entre l'employeur et les élus, ou, à défaut d'accord, limité à 3 réunions par an. Le dispositif doit garantir l'identification des participants et la confidentialité des votes lorsqu'ils sont prévus.
Jurisprudence
Les juridictions ont dégagé plusieurs principes structurants sur la convocation et la tenue des réunions du CSE (et, auparavant, du comité d'entreprise et des délégués du personnel).
- Établissement conjoint de l'ordre du jour. L'ordre du jour doit être arrêté conjointement par le président et le secrétaire (article L2315-29). L'employeur ne peut pas l'arrêter unilatéralement ; à défaut, la consultation menée sur la base d'un ordre du jour irrégulier peut être privée d'effet.
- Inscription de plein droit des consultations obligatoires. Lorsqu'une consultation est imposée par un texte ou un accord, elle est inscrite de plein droit à l'ordre du jour, sans que le désaccord entre président et secrétaire puisse y faire obstacle (L2315-29).
- Délai de convocation suffisant. La convocation et l'ordre du jour doivent parvenir aux élus dans un délai leur permettant de préparer utilement la réunion ; un délai manifestement insuffisant entache la régularité de la procédure de consultation.
- Irrégularité du défaut de réunion. L'absence de réunion à la périodicité prévue par la loi ou l'accord constitue un manquement de l'employeur, susceptible de caractériser un délit d'entrave et d'engager sa responsabilité.
Cas pratiques
Exemples illustratifs (situations types, anonymisées) pour comprendre la mécanique des réunions selon l'effectif et les aléas du calendrier.
Cas n° 1 — PME de 30 salariés : la réunion mensuelle
Dans une entreprise de 30 salariés, l'employeur reçoit collectivement les élus une fois par mois (article L2315-21). Les élus transmettent leurs réclamations par écrit en amont ; l'employeur y répond, par écrit, dans le délai prévu par le règlement intérieur du comité. Aucune périodicité bimestrielle ou semestrielle ne peut se substituer à ce rythme mensuel.
Cas n° 2 — Entreprise de 120 salariés sans accord
Faute d'accord fixant le nombre de réunions, le CSE d'une entreprise de 120 salariés se réunit au moins une fois tous les deux mois (article L2315-28), soit 6 réunions par an minimum. Au moins 4 d'entre elles abordent en tout ou partie la santé, la sécurité et les conditions de travail (L2315-27), avec invitation de l'inspecteur du travail et de l'agent de la Carsat.
Cas n° 3 — Accident grave : réunion supplémentaire
À la suite d'un accident ayant entraîné des conséquences graves, un élu demande la tenue d'une réunion supplémentaire. La majorité des membres soutient la demande : l'employeur convoque le comité en réunion extraordinaire (article L2315-27). L'ordre du jour, établi conjointement avec le secrétaire, porte sur l'analyse de l'accident et les mesures de prévention.
Cas n° 4 — Désaccord sur l'ordre du jour
Le secrétaire souhaite inscrire un point que l'employeur refuse. S'il s'agit d'une consultation rendue obligatoire par un texte ou un accord, le secrétaire l'inscrit de plein droit (article L2315-29). Pour les autres points, l'inscription suppose l'accord conjoint des deux ; à défaut, le point n'est pas inscrit, mais l'ordre du jour reste valable pour les autres sujets.
Questions fréquentes
Sources officielles
- Code du travail – art. L2315-21 (réception mensuelle, 11 à 50 salariés)
- Code du travail – art. L2315-27 (périodicité, réunions santé-sécurité)
- Code du travail – art. L2315-28 (périodicité à défaut d'accord)
- Code du travail – art. L2315-29 (ordre du jour conjoint)
- Code du travail – art. L2315-4 (visioconférence)
- Ministère du Travail – Le comité social et économique (CSE)
Mise à jour : 28/05/2026.