Formation CSPS — Coordonnateur Sécurité Protection Santé
Module 3 : Documents obligatoires du CSPS
3.1 Le PGC SPS — document-cadre du chantier
Le Plan Général de Coordination Sécurité-Protection-Santé (PGC SPS) est le document de référence du CSPS. Élaboré en phase conception, joint au DCE, il fixe les règles de sécurité communes à toutes les entreprises pendant toute la durée du chantier.
Quand un PGC est-il obligatoire ?
1ère catégorie
PGC complet obligatoire (R4532-43). Sommaire détaillé, mises à jour formalisées. Annexé au DCE.
2ème catégorie
PGC obligatoire mais peut être simplifié. Annexé au DCE.
3ème catégorie
PGC non obligatoire, SAUF si présence de travaux à risques particuliers (R4532-4 — chute > 3 m, amiante, etc.).
Contenu obligatoire du PGC (R4532-44)
L'article R4532-44 définit précisément ce que doit contenir le PGC. À mémoriser pour les certifications :
- Les renseignements administratifs intéressant le chantier : MOA, MOE, CSPS, entreprises, adresses, contacts, calendrier.
- Les mesures d'organisation générale arrêtées par le CSPS pour assurer la coordination : horaires, organisation des accès, des circulations, des stockages, gestion des déchets, base vie commune.
- Les mesures de coordination prises par le CSPS et les sujétions qui en découlent pour les entreprises.
- Les sujétions découlant des interférences avec des activités d'exploitation sur le site (cas typique : extension d'usine en exploitation).
- Les mesures générales prises pour assurer le maintien du chantier en bon ordre et en état de salubrité.
- Les renseignements pratiques propres au lieu de l'opération : risques liés à l'environnement, présence de réseaux, voisinage sensible (école, hôpital, ERP).
- Les mesures spécifiques pour les travaux à risques particuliers au sens R4532-4.
- Les modalités de mise en commun des moyens (échafaudages, lignes de vie, base vie, manutention).
- Les modalités de coopération entre les entreprises, sous-traitants et travailleurs indépendants.
- L'organisation des secours et de l'évacuation.
Structure recommandée d'un PGC :
- Partie I — Présentation de l'opération : description, intervenants, calendrier prévisionnel, plans, photos site.
- Partie II — Organisation générale : accès, circulation, base vie, horaires, parking, gestion déchets, hygiène, secours.
- Partie III — Mesures de coordination par phase : analyse de coactivité par grande phase (terrassement, gros œuvre, second œuvre, finitions).
- Partie IV — Risques particuliers et mesures préventives : un chapitre par risque identifié (amiante, plomb, chute hauteur, ATEX, espace confiné, etc.).
- Partie V — Moyens communs : description, gestionnaire, modalités d'utilisation, vérifications.
- Partie VI — Annexes : plans, formulaires, fiches de risques, contacts utiles.
Élaboration et calendrier — au plus tard avec le DCE
Le PGC est élaboré par le CSPS en phase conception, sous la responsabilité du MOA. Calendrier-type :
- APS / APD : ébauche du PGC, identification des risques majeurs.
- PRO : version intermédiaire avec les premières mesures de coordination.
- DCE : version définitive jointe au dossier de consultation. Chaque entreprise candidate doit pouvoir le consulter avant de remettre son offre.
- Notification des marchés : intégration des observations issues des offres entreprises, ajustements éventuels.
- Démarrage des travaux : PGC opérationnel, communiqué à toutes les entreprises retenues.
- Pendant les travaux : mises à jour formalisées en fonction des évolutions (nouveaux sous-traitants, modifications techniques, retours d'expérience). Chaque mise à jour est tracée.
Joint au DCE — pourquoi c'est important :
- Les entreprises chiffrent leurs prestations sécurité sur la base du PGC. Sans PGC dans le DCE, elles sous-estiment systématiquement les coûts (puis veulent les ajouter en avenant — source de litiges).
- Le PGC est opposable contractuellement aux entreprises. Une entreprise qui ne respecte pas le PGC s'expose à pénalités voire résiliation.
- Le PGC oriente les choix techniques des entreprises : équipements à utiliser, types de protections, formations exigées.
- L'inspection du travail vérifie sa présence en cas de contrôle.
PGC simplifié pour les chantiers 3ème catégorie à risques particuliers
Un cas particulier important : les chantiers de 3ème catégorie ne sont pas soumis à PGC complet, mais s'ils comportent des travaux à risques particuliers (R4532-4 — chute > 3 m, amiante, plomb, ATEX, espaces confinés, etc.), le CSPS doit produire un PGC simplifié. Article R4532-43.
Contenu typique d'un PGC simplifié :
- Renseignements administratifs (MOA, CSPS, entreprises).
- Description sommaire de l'opération et du site.
- Identification des risques particuliers présents (par exemple : présence d'amiante sur les boiseries des fenêtres, travail en hauteur sur la toiture, manipulation de plomb).
- Mesures préventives spécifiques pour chaque risque (par exemple : sous-section 4 obligatoire pour amiante, ligne de vie pour la toiture, EPI lourds pour le plomb).
- Modalités de coordination pour ces interventions à risque.
- Contacts d'urgence et organisation des secours.
Exemples concrets de chantiers 3ème catégorie à PGC simplifié :
- Rénovation de salle de bain avec dépose de carrelage amianté par un artisan spécialisé + un plombier + un électricien.
- Réfection de toiture d'une maison individuelle avec chute possible > 3 m + charpentier + couvreur.
- Pose d'enseignes lumineuses en façade avec travail en hauteur + accès à des armoires électriques par 2 entreprises.
- Ravalement de façade d'une maison individuelle avec peintures au plomb et 2 entreprises (peintre + ravaleur).
Le PGC simplifié reste un document écrit, daté, signé, transmis à chaque entreprise avant son intervention. La forme peut être plus légère (quelques pages), mais le fond doit couvrir tous les risques particuliers identifiés.
Mises à jour, diffusion et conservation
Mises à jour : le PGC est un document vivant. Il doit être mis à jour à chaque :
- Arrivée d'une nouvelle entreprise ou sous-traitant.
- Modification technique significative.
- Retour d'expérience après accident ou presque-accident.
- Évolution du planning impactant la coactivité.
- Identification d'un risque non prévu.
- Au minimum, une revue tous les 6 mois sur chantiers de longue durée.
Chaque mise à jour est numérotée, datée, signée par le CSPS. Le PGC en vigueur porte un numéro de version clair. Les versions précédentes sont conservées pour traçabilité.
Diffusion :
- Remis à chaque entreprise intervenant sur le chantier (titulaires, sous-traitants, indépendants).
- Remis avec bordereau de transmission signé — c'est la preuve que l'entreprise a reçu le document.
- Mis à disposition au siège du chantier (bureau du CSPS ou base vie) en version la plus récente.
- Transmis au MOA, à l'OPC, au MOE.
- Tenu à disposition de l'inspection du travail, de la CARSAT, de la médecine du travail en cas de demande.
Conservation :
- Par le MOA : pendant 5 ans après la réception (article R4532-50).
- Par le CSPS : généralement 10 ans (durée de la responsabilité professionnelle).
- Par les entreprises : pendant 5 ans.
« Un bon PGC tient sur 50 à 150 pages selon la complexité du chantier. Un PGC de 500 pages que personne ne lit ne sert à rien. Un PGC de 5 pages qui ignore des risques majeurs est dangereux. L'art du CSPS est de trouver la justesse — assez complet pour être utile, assez concis pour être lu. »
— OPPBTP, guide pratique du PGC 2024
À retenir
- PGC obligatoire pour les chantiers 1ère et 2ème catégorie, et pour les 3ème catégorie comportant des travaux à risques particuliers (R4532-4).
- Contenu R4532-44 : organisation générale, mesures de coordination, sujétions interférences, moyens communs, secours, risques particuliers.
- Joint au DCE — les entreprises chiffrent sur cette base. Opposable contractuellement.
- Document vivant : mises à jour à chaque évolution + revue minimum tous les 6 mois.
- Conservation : 5 ans par le MOA après réception (R4532-50). Par les entreprises : 5 ans. Par le CSPS : ~ 10 ans.