Module 3 / 4 · Sommaire complet de la formation
3.1 Tests psychotechniques : ce qui est évalué et comment s'y préparer
Les tests psychotechniques sont l'épreuve la plus mal comprise du concours de gardien de la paix. Ils ne rapportent aucun point, mais ils sont obligatoires et leurs résultats suivent le candidat jusqu'à l'entretien avec le jury. Ce chapitre explique ce que dit le texte, ce qu'il ne dit pas, et comment aborder ces deux heures sans se tromper d'objectif.
Les tests psychotechniques en quatre repères
2 heures
Durée fixée par l'arrêté du 8 mars 2022 modifié
Non notés
Aucun coefficient : ils n'entrent pas dans le total des points
Obligatoires
Toutes les épreuves de la phase d'admission doivent être passées
Transmis au jury
Interprétés par un psychologue, ils servent d'aide à la décision lors de l'entretien
Ce que dit l'arrêté du 8 mars 2022
Le texte qui organise le concours est l'arrêté du 8 mars 2022 fixant les règles d'organisation générale et la nature des épreuves des concours de gardien de la paix de la police nationale, modifié par les arrêtés du 29 janvier 2024 et du 18 mars 2024. L'ancien arrêté du 20 janvier 2020 est abrogé : les descriptions qui s'y réfèrent ne sont plus à jour.
Depuis la modification de 2024, le concours comporte une phase unique d'admission dont toutes les épreuves sont obligatoires. Les tests psychotechniques en font partie. Ils durent deux heures et ont pour objet, selon l'arrêté, de « mesurer les aptitudes intellectuelles des candidats ainsi que leur profil psychologique ».
Les tests psychotechniques visent à « mesurer les aptitudes intellectuelles des candidats ainsi que leur profil psychologique ».
— Arrêté du 8 mars 2022 modifié, description des épreuves du concours externe
Deux choses distinctes sont donc évaluées. D'un côté, des aptitudes intellectuelles : la manière de raisonner, de traiter une information, de travailler sous contrainte de temps. De l'autre, un profil psychologique : des traits de personnalité, une façon de réagir, une stabilité. Les deux volets n'appellent pas la même préparation, et la suite du chapitre les traite séparément.
Enfin, ces tests ne sont pas notés. Ils n'ont pas de coefficient et n'apparaissent pas dans le calcul du total des points présenté au chapitre coefficients et notes éliminatoires. Cela ne veut pas dire qu'ils sont sans conséquence, comme on va le voir.
Non notés, mais lus par le jury
L'arrêté prévoit que les résultats des tests sont interprétés par un psychologue, puis mis à la disposition du jury qui conduit l'entretien. Ils constituent une aide à la décision. Le jury dispose aussi du curriculum vitae détaillé que le candidat remet le jour même.
Concrètement, cela signifie que l'entretien, l'épreuve au plus fort coefficient du concours (coefficient 5), se déroule avec ces éléments sous les yeux du jury. Un résultat qui fait apparaître un point de vigilance peut orienter certaines questions. Un profil cohérent avec ce que le candidat dit de lui-même renforce au contraire la crédibilité de son discours.
Il serait donc risqué de les traiter comme une formalité. Arriver fatigué, bâcler les exercices ou répondre au hasard aux questionnaires ne coûte aucun point sur le moment, mais transmet au jury une image qui peut peser lors de l'échange de 25 minutes.
À l'inverse, il est inutile de chercher à « optimiser » un résultat que personne ne note. L'objectif réaliste est simple : travailler avec sérieux, sans stress excessif, et répondre avec sincérité. La section 5 revient sur ce dernier point, qui est le plus important.
Ce que l'on ne sait pas : le format n'est pas publié
L'arrêté fixe la durée, le caractère obligatoire et l'objet des tests. Il ne décrit ni leur nombre, ni leur nature exacte, ni leur présentation (papier ou écran), ni les consignes. Aucun document officiel accessible au public ne détaille, à la date de rédaction de ce chapitre, le contenu précis des tests utilisés au concours de gardien de la paix.
C'est un point à garder en tête face aux nombreux contenus qui prétendent reproduire « les vrais tests psychotechniques de la police ». Sans publication officielle, personne ne peut garantir qu'un exercice correspond à ce qui sera proposé le jour du concours. Les entraînements disponibles, y compris sur ce site, sont des exercices du même esprit, pas des reproductions.
Ce qui est établi
- Durée de deux heures.
- Épreuve obligatoire, non notée.
- Aptitudes intellectuelles et profil psychologique.
- Interprétation par un psychologue, transmission au jury.
Ce qui n'est pas publié
- Le nombre et le type exact d'exercices.
- Le temps accordé à chaque série.
- Le support (papier, ordinateur).
- La grille d'interprétation du psychologue.
Les consignes données le jour de l'épreuve font foi. La notice de la session, publiée par la police nationale au moment des inscriptions, est le premier document à lire pour savoir comment se déroule la journée.
Le volet « aptitudes » : se familiariser avec les familles d'exercices
Faute de format officiel, la préparation raisonnable consiste à se familiariser avec les grandes familles d'exercices couramment rencontrées dans les tests d'aptitude en général, dans les recrutements publics comme privés. Ce qui suit est une typologie générale, et non la description du contenu du concours.
| Famille d'exercices | Ce qui est sollicité | Façon de s'y habituer |
|---|---|---|
| Suites logiques | Repérer une règle dans une série de nombres, de lettres ou de figures décrites | Chercher d'abord l'écart entre deux termes, puis une alternance ou une règle double |
| Raisonnement verbal | Analogies, intrus, relations entre mots, compréhension de consignes | Lire la consigne deux fois, formuler la relation en une phrase avant de choisir |
| Calcul et raisonnement numérique | Opérations mentales, proportions, pourcentages, problèmes courts | Retravailler le calcul mental sans calculatrice, poser les données |
| Attention et concentration | Repérer vite des éléments identiques ou différents, sans erreur | S'entraîner à tenir un rythme régulier plutôt qu'à aller très vite |
| Déduction | Tirer une conclusion valable de plusieurs affirmations | Ne retenir que ce qui découle des données, pas ce que l'on sait par ailleurs |
L'intérêt d'un entraînement n'est pas d'apprendre des réponses, mais de ne pas découvrir un type d'exercice le jour J. Un candidat qui a déjà rencontré une suite logique ou un problème de proportion perd moins de temps à comprendre la consigne et garde son attention pour le raisonnement.
Pour travailler le raisonnement et le calcul, le portail quiz du site propose un QCM de raisonnement logique et de calcul pour les concours, corrigé et expliqué. Il s'agit d'un entraînement général aux concours de la fonction publique, pas d'une reproduction des tests de la police nationale.
Conseil de méthode : des séances courtes et régulières (quelques séries par semaine) valent mieux qu'une longue séance la veille. Sur ce type d'exercice, la familiarité s'acquiert par la répétition, et la fatigue fait baisser la précision.
Le volet « profil psychologique » : la sincérité avant tout
Le second objet des tests est le profil psychologique. Dans les recrutements en général, il est souvent exploré par des questionnaires où le candidat indique s'il se reconnaît ou non dans des affirmations sur son comportement, ses réactions, ses préférences. Là encore, le contenu utilisé au concours n'est pas publié : retenez l'esprit, pas un modèle.
Sur ce volet, il n'existe pas de « bonne réponse » à apprendre. La tentation est grande de se présenter comme le candidat idéal, calme en toutes circonstances et sans aucun défaut. C'est une erreur fréquente, pour deux raisons.
- La cohérence se voit. Un questionnaire de personnalité revient souvent plusieurs fois sur un même trait, formulé autrement. Des réponses contradictoires, ou systématiquement flatteuses, sont plus faciles à repérer qu'on ne le croit.
- L'entretien vient ensuite. Le jury dispose de l'interprétation du psychologue. Si le candidat se décrit à l'oral d'une manière très différente de ce qui ressort des tests, l'écart peut être relevé et interrogé.
- Le métier exige de l'authenticité. Le code de déontologie demande au policier du discernement et de rendre compte « avec fidélité et précision » : un profil construit de toutes pièces n'aide ni le jury ni le candidat à savoir si le métier lui convient.
Une préparation utile consiste plutôt à mieux se connaître : identifier ses points forts, ses points de progrès, sa façon de réagir sous la pression, avec des exemples vécus. Ce travail sert directement pour la présentation et les questions de l'entretien.
Le jour de l'épreuve : conditions physiques et gestion du temps
Deux heures de tests demandent une attention soutenue. Les conseils qui suivent relèvent du bon sens et de la méthode ; ils ne sont pas tirés d'un texte officiel, mais ils conditionnent une bonne partie de la qualité du travail rendu.
- Le sommeil d'abord. Une nuit courte fait baisser la concentration et la vitesse de raisonnement. Mieux vaut arrêter les révisions la veille au soir que les prolonger tard.
- Lire la consigne en entier. Sur un exercice inconnu, les premières secondes passées à comprendre ce qui est demandé évitent de répondre à côté sur toute une série.
- Ne pas s'acharner. Sur un exercice chronométré, bloquer longtemps sur une question coûte des questions faciles plus loin. Passer et revenir si le temps le permet.
- Garder un rythme régulier. Aller trop vite multiplie les erreurs d'inattention ; trop lentement, on n'arrive pas au bout. Le rythme se règle à l'entraînement.
- Suivre les consignes du surveillant. Ce sont elles, et non ce que l'on a lu ailleurs, qui s'appliquent le jour du concours.
Enfin, gardez à l'esprit que ces tests ne sont qu'un élément parmi d'autres. Une série moins réussie n'élimine personne. La note qui compte vraiment derrière cette épreuve est celle de l'entretien, qui se prépare dès maintenant.
Le parcours des résultats, du test à l'entretien
Tests passés
2 h, aptitudes et profil
Interprétation
Par un psychologue
Dossier du jury
Avec le CV détaillé
Entretien
Coefficient 5, aide à la décision
Aucun point n'est attribué aux tests : leur effet passe entièrement par l'entretien.
Sources
- Arrêté du 8 mars 2022 fixant les règles d'organisation générale et la nature des épreuves des concours de gardien de la paix de la police nationale, modifié par les arrêtés du 29 janvier 2024 et du 18 mars 2024 — Légifrance
- Code de la sécurité intérieure, article R. 434-5 (rendre compte avec fidélité et précision) — Légifrance
- Police nationale, pages « Nous rejoindre » et notice de chaque session — police-nationale.interieur.gouv.fr
À retenir
- Les tests psychotechniques durent 2 heures, sont obligatoires et non notés (arrêté du 8 mars 2022 modifié).
- Ils mesurent les aptitudes intellectuelles et le profil psychologique du candidat.
- Les résultats sont interprétés par un psychologue et transmis au jury de l'entretien, avec le CV détaillé.
- Le format exact des tests n'est pas publié : aucun entraînement ne peut prétendre les reproduire.
- Pour les aptitudes, se familiariser avec les familles d'exercices courantes, par séances courtes et régulières.
- Pour le profil, répondre avec sincérité et cohérence : l'écart entre les tests et le discours tenu à l'oral peut être relevé.