Convention Laboratoires de Biologie Médicale 2026 (IDCC 959) : Salaires et Droits

Mise à jour : 08/08/2026 Convention collective

Technicien de laboratoire, secrétaire médicale, infirmier préleveur, coursier, qualiticien ou biologiste salarié : environ 47 500 salariés — dont 84 % de femmes — travaillent dans les laboratoires de biologie médicale privés, sous la convention collective nationale des laboratoires de biologie médicale extra-hospitaliers du 3 février 1978 (IDCC 959, brochure 3114). Une branche méconnue du grand public, mais qui vit au rythme des gardes du week-end, des prélèvements à l'aube et des astreintes de nuit.

Cette page part d'un constat que vous ne trouverez nulle part ailleurs, et qui commande absolument la lecture de votre bulletin de paie : trois grilles de salaires circulent en même temps dans la branche, et elles n'ont pas du tout la même valeur juridique. Une seule est opposable à tous les laboratoires — celle du 11 janvier 2024, étendue —, et c'est précisément celle dont douze coefficients sont aujourd'hui passés sous le SMIC. L'accord plus favorable du 10 juin 2026 n'était, lui, pas étendu : il ne s'impose qu'aux laboratoires adhérents des organisations patronales signataires. Savoir dans quel cas vous êtes change concrètement votre minimum.

Au-delà des salaires, la convention est riche là où on l'attend : elle encadre précisément les gardes et les astreintes — 30 % du salaire horaire réel, 45 % le dimanche, avec des plafonds de fréquence qui font office de garde-fous —, les majorations de nuit et du dimanche, et offre un maintien de salaire maladie dès la première année de présence là où la loi exige un an. Elle est en revanche muette sur le 13ᵉ mois et sur les congés d'ancienneté des non-cadres, malgré ce qu'affirment plusieurs sites de paie. Tout ce qui suit est vérifié article par article sur les textes officiels.

ÉTAPE 0 : Qui relève de l'IDCC 959 (et qui n'en relève pas) ?

La convention couvre les laboratoires de biologie médicale privés extra-hospitaliers (code NAF 86.90B), quelle que soit leur taille ou leur appartenance à un groupe, et l'ensemble de leur personnel — cadres comme non-cadres :

🔬 Plateaux techniques et sites de prélèvement Techniciens A, B et C, automaticiens, personnel de tri et de pré-analytique
💉 Accueil, prélèvement, logistique Secrétaires médicales — premier poste de la branche —, infirmiers préleveurs, coursiers, personnel d'entretien
🧑‍⚕️ Encadrement et fonctions support Biologistes salariés, qualiticiens, informaticiens — la branche est fortement structurée par l'accréditation Cofrac

⚠️ N'en relèvent pas : les laboratoires intégrés à un établissement de santé, qui suivent le régime de leur établissement d'accueil — statut de la fonction publique hospitalière dans un CHU ou un centre hospitalier, CCN 51 (IDCC 29) dans un établissement privé non lucratif adhérent à la FEHAP, convention de l'hospitalisation privée (IDCC 2264) dans une clinique à but lucratif ; les laboratoires de recherche et de l'industrie pharmaceutique (IDCC 176) ; et les laboratoires d'analyses vétérinaires, hors champ. Le critère décisif est simple : un laboratoire privé autonome relève de l'IDCC 959, un laboratoire hébergé suit son établissement. La convention appliquée figure obligatoirement sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).

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1. Trois grilles en circulation : laquelle s'applique à vous ?

C'est la question à régler avant toute autre. Depuis dix-huit mois, la branche a produit trois documents salariaux successifs, et la confusion est totale sur le web — beaucoup de sites publient la grille la plus récente comme si elle valait pour tout le monde. Ce n'est pas le cas. Voici leur statut réel :

  • Étendue — opposable à tous
    Accord du 11 janvier 2024, effet au 1ᵉʳ janvier 2024, étendu par arrêté du 3 avril 2024 (JORF du 18 avril 2024). C'est le socle juridique de la branche : il s'impose à tous les laboratoires, adhérents ou non, sans condition d'effectif. C'est aussi celui dont douze coefficients sont désormais sous le SMIC.
  • Sans force obligatoire
    Recommandation patronale du 15 décembre 2025, effet annoncé au 1ᵉʳ janvier 2026. Ce n'est pas un accord collectif : émise unilatéralement par les organisations patronales, non négociée avec les syndicats, ni déposée ni étendue, elle ne crée aucune obligation. Elle ne relevait d'ailleurs que les coefficients 135 à 230, et son plus haut échelon (1 865,72 €) est lui-même repassé sous le SMIC dès juin 2026.
  • Signée, non étendue
    Accord du 10 juin 2026, effet au 1ᵉʳ juin 2026, signé par les quatre organisations patronales et par la CFDT, FO et l'UNSA. Négocié en réponse à la revalorisation du SMIC, il rétablit la conformité de tout le bas de grille — mais il n'était pas étendu au 8 août 2026. Il ne s'impose donc qu'aux laboratoires adhérents d'une organisation patronale signataire. L'extension a été demandée.
Comment savoir quelle grille vous concerne

Posez la question à votre employeur ou à votre CSE : le laboratoire adhère-t-il à l'une des quatre organisations patronales de la branche (SDBIO, Les Biologistes Médicaux, SNMB ou SLBC) ? Si oui, la grille du 10 juin 2026 vous est due. Si non — ou en cas de doute —, c'est la grille étendue de 2024 qui fait foi, complétée par le SMIC là où elle est dépassée. Et dans tous les cas, une règle ne souffre aucune exception : aucun salarié ne peut être payé sous le SMIC, soit 1 867,02 € bruts mensuels pour un temps plein depuis le 1ᵉʳ juin 2026. Le simulateur de la section 4 fait le calcul dans les deux hypothèses.

2. La grille étendue du 11 janvier 2024 — le socle opposable à tous

Les minima sont exprimés directement en euros, coefficient par coefficient, sur une base de 151,67 heures mensuelles. À noter pour les lecteurs attentifs au texte : l'article 13 de la convention évoque encore une « valeur du point » et un calcul du salaire mensuel sur 169 heures — deux rédactions héritées de 1978 jamais toilettées. Aucune valeur du point n'existe en pratique, et ce sont les accords salaires qui s'appliquent.

Coefficient Emplois concernés Horaire Minimum mensuel
135Entretien, coursier à l'embauche11,65 €1 767,20 € SMIC*
150Entretien, coursier après 6 mois11,67 €1 769,97 € SMIC*
160Entretien confirmé11,70 €1 774,66 € SMIC*
170Entretien + gestion des stocks11,72 €1 777,78 € SMIC*
180Entretien + stocks, après 1 an11,74 €1 780,91 € SMIC*
200Entretien + stocks, après 5 ans11,81 €1 791,84 € SMIC*
210Secrétaire, informaticien à l'embauche11,86 €1 798,09 € SMIC*
220Secrétaire après 2 ans11,97 €1 815,28 € SMIC*
230Secrétaire après 3 ans12,06 €1 829,34 € SMIC*
240Technicien C confirmé, technicien B, qualiticien12,43 €1 885,58 €
250Secrétaire spécialisée, infirmier préleveur, technicien B12,82 €1 944,94 €
260Secrétaire spécialisée après 1 an, infirmier après 1 an13,20 €2 002,74 €
270Secrétaire senior, infirmier après 3 ans, technicien B13,59 €2 060,54 €
280Technicien B, qualiticien, informaticien13,97 €2 118,34 €
290Technicien B au plafond, qualiticien, informaticien14,36 €2 177,71 €
300Technicien A14,51 €2 201,14 €
310Technicien A15,00 €2 274,56 €
350Technicien A au plafond16,90 €2 563,57 €
400Cadre — biologiste position I18,45 €2 798,04 €
500Cadre — position I confirmée23,08 €3 500,61 €
600Cadre — position II (direction de LBM)27,72 €4 204,70 €
800Cadre — position III (15 ans de pratique)36,98 €5 608,31 €

Salaires minima bruts, base 151,67 h. Accord du 11 janvier 2024 relatif aux salaires minima, effet au 1ᵉʳ janvier 2024, étendu par arrêté du 3 avril 2024 (JORF du 18 avril 2024)texte sur Légifrance. Correspondances emplois : annexe III (classification non-cadres, révisée par l'accord du 20 mars 2008) et annexe IV (cadres).

* Douze coefficients sous le SMIC : le minimum conventionnel est inopérant

Depuis la revalorisation du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 € bruts mensuels), tous les coefficients jusqu'au 230 inclus sont inférieurs au SMIC dans la grille étendue — l'écart atteignant 99,82 € au coefficient 135. Le premier coefficient réellement opérant est le 240 (1 885,58 €). Concrètement, dans un laboratoire non adhérent, tout le personnel d'entretien, les coursiers et les secrétaires des trois premiers échelons doivent être remontés au SMIC. Autre chiffre qui donne la mesure du tassement : entre le coefficient 135 et le coefficient 200, l'écart de grille n'est que de 24,64 € — six échelons pour vingt-cinq euros.

3. La grille du 10 juin 2026 — plus favorable, mais non étendue

Négocié en trois séances (10 février, 26 mars et 6 mai 2026) puis signé le 10 juin, cet accord répond directement à la hausse du SMIC : il relève l'ensemble des coefficients et rétablit la conformité du bas de grille — de justesse, le coefficient 135 ne dépassant le SMIC que de 4,59 €. Signe que la branche a intégré le caractère structurel de ce rattrapage, l'accord comporte une clause de revoyure à 45 jours en cas de nouvelle revalorisation du SMIC. Il engage aussi les partenaires sociaux à finaliser la refonte des classifications avant le 31 décembre 2026 — la grille actuelle datant, pour l'essentiel, de 1978.

Coefficient Horaire Minimum mensuel Gain vs grille étendue
13512,34 €1 871,61 €+ 104,41 €
15012,35 €1 873,12 €+ 103,15 €
16012,36 €1 874,64 €+ 99,98 €
17012,37 €1 876,16 €+ 98,38 €
18012,38 €1 877,67 €+ 96,76 €
20012,39 €1 879,19 €+ 87,35 €
21012,40 €1 880,71 €+ 82,62 €
22012,45 €1 888,29 €+ 73,01 €
23012,55 €1 903,46 €+ 74,12 €
24012,61 €1 912,56 €+ 26,98 €
25013,00 €1 971,71 €+ 26,77 €
26013,40 €2 032,38 €+ 29,64 €
27013,78 €2 090,01 €+ 29,47 €
28014,16 €2 147,65 €+ 29,31 €
29014,56 €2 208,32 €+ 30,61 €
30014,72 €2 232,58 €+ 31,44 €
31015,21 €2 306,90 €+ 32,34 €
35017,14 €2 599,62 €+ 36,05 €
40018,54 €2 811,96 €+ 13,92 €
50023,19 €3 517,22 €+ 16,61 €
60027,86 €4 225,52 €+ 20,82 €
80037,16 €5 636,05 €+ 27,74 €

Accord du 10 juin 2026 relatif aux salaires minima, effet au 1ᵉʳ juin 2026, signé par SDBIO, Les Biologistes Médicaux, SNMB et SLBC côté employeurs, par la CFDT, FO et l'UNSA côté salariés (la FNIC-CGT n'est pas signataire) — texte publié par la commission paritaire de la branche. Non étendu au 8 août 2026 : applicable aux seuls laboratoires adhérents d'une organisation patronale signataire, l'extension ayant été demandée. Vérifiez le statut à jour sur Légifrance avant de vous en prévaloir.

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4. Simulateur : votre minimum applicable et votre prime d'ancienneté

Cet outil répond aux deux questions qui décident de votre paie : quel minimum vous est réellement dû — selon la grille applicable et le plancher SMIC — et combien vaut votre prime d'ancienneté, qui s'ajoute par-dessus et se calcule sur le minimum conventionnel de votre coefficient.

Votre situation

0 an9 ans20 ans
MINIMUM MENSUEL BRUT TOTAL
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Estimation indicative pour un temps plein (net ≈ 78 % du brut). La prime d'ancienneté est calculée sur le minimum conventionnel du coefficient, conformément à l'article 14, et s'ajoute au salaire : elle ne peut jamais servir à atteindre le minimum. Les majorations de nuit, de dimanche et les indemnités d'astreinte viennent encore en supplément.

5. Classification : coefficients et emplois repères

La classification repose toujours sur l'annexe III de 1978, révisée en 2008 — sans critères classants ni niveaux modernes. Elle progresse essentiellement par diplôme et par ancienneté dans l'emploi, ce qui explique le tassement du bas de grille. Les partenaires sociaux se sont engagés à la refondre avant fin 2026.

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Le personnel technique : trois catégories

Technicien C — bac technique minimum, exécute les examens de routine : coefficients 210 puis 225 après un an, 240 à trois ans.
Technicien B — DUT, BTS ou équivalent, toutes manipulations de sa discipline et maintenance des appareils : 240 à 290.
Technicien A — haut niveau de compétence issu de la catégorie B, met en œuvre les techniques nouvelles : 300 à 350.

Les techniciens représentent 35 % des salariés de la branche.

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Préleveurs, secrétaires et fonctions support

Infirmier préleveur (emploi créé en 2008) : 250 à l'embauche, 260 après un an, 270 après trois ans — avec une disposition à connaître : +10 points si vous avez l'expérience du prélèvement des enfants de moins de 5 ans.
Secrétaire : 210 → 220 → 230 ; spécialisée (comptabilité, tiers payant) 250 → 260 ; senior 270.
Qualiticien et informaticien : 240 à 290.

La secrétaire médicale est le premier poste de la branche : 27,5 % des effectifs.

Côté cadres (annexe IV), la progression suit le diplôme et l'expérience : position I pour un médecin, pharmacien ou vétérinaire sans spécialisation, position I confirmée après un an, position II pour les titulaires d'un CES ou d'un DES — pouvant exercer comme directeur ou directeur adjoint de laboratoire, avec des majorations pouvant atteindre 150 points pour les formations complémentaires — et position III après au moins quinze ans de pratique. La grille salariale ne publie toutefois que quatre échelons cadres (400, 500, 600 et 800) : les coefficients intermédiaires de la position II majorée n'ont aucun montant conventionnel.

Des coefficients sans montant : ne laissez pas votre employeur interpoler

Plusieurs échelons de la classification n'apparaissent dans aucune grille de salaires : le coefficient 225 (technicien C après un an) et le coefficient 210 du technicien C, le coefficient 260 du technicien B, le coefficient 240 du secrétariat, ainsi que les coefficients cadres entre 601 et 750. On ne peut pas appliquer à un technicien C au coefficient 210 le montant de la ligne « secrétariat 210 » : ce sont deux classifications distinctes. En cas de doute sur votre positionnement, demandez par écrit la référence exacte de la ligne de grille appliquée. Utile à savoir pour situer votre négociation : 84 % des salariés de la branche ont un coefficient inférieur ou égal à 300.

6. La prime d'ancienneté — et les primes qui n'existent pas

L'article 14 institue une prime d'ancienneté par paliers de trois ans, l'un des rares avantages salariaux automatiques de la branche : 3 % après 3 ans, 6 % après 6 ans, 9 % après 9 ans, 12 % après 12 ans et 15 % après 15 ans, ce dernier taux constituant le plafond. Deux règles en commandent l'application, et elles sont régulièrement mal appliquées :

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L'assiette est le minimum, pas votre salaire

La prime se calcule sur le salaire minimum conventionnel du coefficient occupé, proportionnellement aux heures effectives et hors majorations d'heures supplémentaires — pas sur votre rémunération réelle. Un salarié payé au-dessus de la grille ne voit donc pas sa prime augmenter d'autant.

Elle s'ajoute, elle ne comble pas

La prime ne peut jamais être intégrée dans la comparaison au minimum conventionnel — les accords salaires de 2024 et de 2026 le rappellent expressément. Elle doit figurer distinctement, en plus du minimum applicable. Bonne nouvelle en cas d'arrêt : maladie professionnelle, accident du travail et congé maternité sont assimilés à du temps de présence.

À côté de cette prime, la branche prévoit une indemnité de tutorat pour les salariés encadrant un contrat de professionnalisation, égale à 1/29ᵉ du salaire du coefficient 290. En revanche — et c'est important face aux fiches génériques qui circulent — la convention ne prévoit ni 13ᵉ mois, ni prime de secrétariat, ni prime de fonction, ni indemnité de transport ou de blanchissage. Le remboursement de 50 % des abonnements de transports publics relève du seul régime légal, et l'entretien des tenues professionnelles de l'obligation de sécurité de l'employeur, pas d'une indemnité de branche. Si vous percevez l'un de ces éléments, il vient de votre contrat, d'un accord d'entreprise ou d'un usage.

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7. Gardes, astreintes, nuit et dimanche : le cœur du métier

C'est la partie la plus développée de la convention, et pour cause : les laboratoires participent à la continuité de l'offre de biologie médicale. Une précision juridique s'impose d'emblée, car elle est souvent escamotée : l'obligation de permanence ne vient pas de la convention collective mais de l'article L6212-3 du Code de la santé publique et des arrêtés territoriaux. La convention, elle, se borne à encadrer et rémunérer les gardes et astreintes qui en découlent — ce qu'elle fait avec précision.

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La garde : présence sur site

Le salarié est présent sur le lieu de travail : la garde constitue du temps de travail effectif, intégralement rémunéré comme tel. Pour les salariés dont la majorité du temps est passée en garde, l'amplitude peut être portée à 12 heures, rémunérées comme travail effectif, avec une durée hebdomadaire plafonnée à 40 heures en moyenne sur 12 semaines.

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L'astreinte : disponibilité à domicile

Le salarié doit pouvoir intervenir sans être sur son lieu de travail : ce n'est pas du temps de travail effectif, mais l'indemnisation est chiffrée par la convention — au minimum 30 % du salaire horaire réel, prime d'ancienneté incluse. Une forfaitisation est possible, à condition d'être au moins égale au résultat du calcul en pourcentage.

Situation Contrepartie conventionnelle Assiette
Astreinte ordinaire30 % minimumSalaire horaire réel, prime d'ancienneté incluse
Astreinte le dimanche ou un jour férié45 % minimumIdem
Travail le dimanche50 % minimumSalaire horaire réel, prime d'ancienneté incluse
Travail un jour férié (hors 1ᵉʳ mai)50 % minimumIdem — substitution possible en repos, d'un commun accord
1ᵉʳ mai travaillé100 %Régime légal — la substitution en repos est exclue par l'arrêté d'extension
Nuit — 22 h à 5 h25 % minimumSalaire horaire réel, prime d'ancienneté incluse
Soirée et petit matin — 20 h-22 h et 5 h-7 h10 % minimumIdem
Travailleur de nuit — repos compensateur2,5 % des heuresHeures effectuées sur la période de nuit, avec information mensuelle obligatoire annexée au bulletin
Intervention pendant une astreinteFrais de transport pris en charge
Le samedi n'ouvre droit à aucune majoration conventionnelle : c'est un jour ouvrable ordinaire dans cette branche.

CCN 959, article 9 (durée du travail), issu de l'accord ARTT du 11 octobre 1999 et de l'avenant du 2 février 2005 sur le travail de nuit et du dimanche : article 9 consolidé · art. 9.1.5.7 (majorations de nuit) · art. 9.1.5.6 (repos compensateur) · art. 9.1.6 (dimanche et jours fériés). Chiffrez vos heures majorées avec notre calculateur de majorations nuit / dimanche / férié.

Des plafonds de fréquence qui font office de garde-fous

La convention ne se contente pas d'indemniser : elle limite. Les astreintes de nuit ne peuvent excéder huit par période de quatre semaines consécutives, et trois par semaine. Les astreintes de jour sont plafonnées à un dimanche et un jour férié par période de quatre semaines. Et surtout, tous types confondus, un salarié ne peut jamais être mobilisé plus de six jours consécutifs, gardes et astreintes comprises. Deux repères complémentaires sur la nuit : est « travailleur de nuit » celui qui accomplit au moins 3 heures de nuit deux fois par semaine, ou 270 heures sur douze mois — et la plage majorée (20 h - 7 h) est plus large que la période de nuit (21 h - 6 h). Vous pouvez donc percevoir la majoration de 10 % sans avoir le statut de travailleur de nuit.

Les travailleurs de nuit bénéficient enfin d'un ensemble de garanties souvent ignorées : pause de 30 minutes rémunérée, priorité d'attribution des postes de jour, prise en compte des obligations familiales, surveillance médicale renforcée à une périodicité inférieure à six mois, et affectation de jour de droit en cas de maternité. La durée maximale du poste de nuit est de 8 heures, portée à 12 heures pour les activités d'urgence ou de continuité médicale.

8. Durée du travail et temps partiel

Au-delà des 35 heures légales, la convention pose des bornes propres à un métier de flux continu : 10 heures de travail effectif par jour au maximum, une amplitude journalière plafonnée à 12 heures — le Code du travail ne fixe aucun plafond d'amplitude, c'est donc un véritable apport conventionnel —, un repos quotidien de 11 heures réductible à 9 heures, et une pause de 30 minutes dès 6 heures de travail, rémunérée si le salarié reste à disposition. Le contingent d'heures supplémentaires est fixé à 130 heures par an, porté à 150 heures dans les laboratoires de moins de 8 salariés équivalent temps plein. La modulation est possible sur douze mois, avec des semaines comprises entre 28 et 42 heures, et les cycles plafonnés à douze semaines.

Le temps partiel fait l'objet d'un accord dédié du 19 juin 2014, étendu, qui déroge au plancher légal de 24 heures : la durée minimale est de 16 heures par semaine, abaissée à 8 heures pour les personnels d'entretien, de coursier et de prélèvement — une dérogation assumée au regard des contraintes horaires du secteur. En contrepartie, l'accord impose à l'employeur des horaires réguliers et regroupés sur des journées ou demi-journées complètes, limite à quatre par an le nombre d'avenants de complément d'heures par salarié, et pose une règle protectrice : le refus d'un changement d'horaire ou d'heures complémentaires ne peut justifier ni sanction ni licenciement.

Une disposition périmée encore très diffusée

Plusieurs sites présentent encore comme applicable un « repos compensateur obligatoire de 50 % au-delà de 41 heures ». Cette règle reprend l'ancien article L212-5-1 du Code du travail, abrogé par la loi du 20 août 2008. Elle n'a plus cours. De même, la numérotation « article 1.3 à 1.6 » qu'on rencontre parfois correspond à l'accord ARTT de 1999 avant son intégration : les articles applicables sont numérotés 9.1.3 à 9.1.6.

9. Congés et événements familiaux

Les congés payés suivent strictement le minimum légal — 30 jours ouvrables, période de référence du 1ᵉʳ juin au 31 mai, régime de fractionnement identique à la loi. Un point mérite toutefois d'être signalé, car il est réellement favorable : les absences pour maladie jusqu'à deux mois sur la période de référence sont assimilées à du travail effectif pour le calcul des congés, alors que le Code du travail n'assimile pas la maladie non professionnelle.

Congés d'ancienneté : ils n'existent pas pour les non-cadres

Plusieurs sites de paie diffusent pour cette branche un barème « +1 jour à 10 ans, +2 jours à 15 ans, +3 jours à 20 ans ». Ce barème n'existe pas dans la convention — il est vraisemblablement recopié d'un autre texte. La seule disposition de congés d'ancienneté figure à l'annexe IV et vise les cadres : les cadres d'un indice égal ou supérieur à 600 justifiant de plus de trois ans de présence bénéficient de 33 jours ouvrables. Double condition cumulative, et rien pour les non-cadres.

Les congés pour événements familiaux de l'article 20 comportent de vrais avantages — mais aussi deux lignes désormais dépassées par la loi. Le tableau ci-dessous indique, pour chaque situation, la règle réellement applicable :

Événement Convention (art. 20) Minimum légal À appliquer
Mariage ou PACS du salarié4 jours — 5 après 1 an4 joursConvention si ≥ 1 an
Mariage d'un enfant1 jour — 2 après 1 an1 jourConvention si ≥ 1 an
Mariage d'un frère ou d'une sœur1 jour (après 1 an)néantConvention — avantage pur
Naissance ou adoption3 jours3 jourséquivalent
Décès du conjoint, partenaire ou concubin5 jours3 joursConvention (+2 j)
Décès d'un enfant5 jours12 jours (14 si l'enfant avait moins de 25 ans)Loi
Décès des parents ou beaux-parents3 jours3 jourséquivalent
Décès d'un frère ou d'une sœur3 jours3 jourséquivalent
Annonce d'un handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant2 jours10 joursLoi

CCN 959, article 20 ; minima légaux : article L3142-4 du Code du travail, disposition d'ordre public. Ces jours n'entraînent aucune réduction de rémunération et sont assimilés à du travail effectif pour le calcul des congés annuels. Sur le décès d'un enfant et l'annonce d'un handicap, le barème conventionnel de la branche est aujourd'hui inférieur à la loi : c'est le minimum légal qui s'impose.

Deux autres points à connaître. Le congé pour enfant malade ne comporte aucun avantage conventionnel : la convention renvoie purement au Code du travail, soit trois jours par an non rémunérés (cinq si l'enfant a moins d'un an ou si vous avez trois enfants de moins de 16 ans). En revanche, la maternité ouvre deux droits réellement propres à la branche : à partir de deux mois avant le début du congé légal, la salariée enceinte peut quitter son poste avec une demi-heure d'avance rémunérée chaque jour — il n'existe aucun équivalent légal —, et le temps passé aux consultations prénatales obligatoires en dehors des horaires de travail est rémunéré, là où la loi ne couvre que les absences sur le temps de travail.

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10. Période d'essai, préavis, licenciement et retraite

La convention ne connaît que deux catégories : cadre et non-cadre. La période d'essai (article 8) est de 2 mois pour les non-cadres — ce qui est plus favorable que le plafond légal de 3 mois applicable aux techniciens et agents de maîtrise — et de 4 mois pour les cadres. Point important : l'article 8 ne prévoit aucun renouvellement, et depuis la loi du 25 juin 2008, le renouvellement suppose un accord de branche étendu qui l'autorise expressément. À défaut de clause, il n'est pas ouvert dans la branche. Les délais de prévenance, eux, reprennent strictement le régime légal.

Situation Préavis conventionnel Comparaison
Démission — non-cadre, moins de 6 mois15 joursAucun préavis légal : la CCN est la source du droit
Démission — non-cadre, plus de 6 mois1 moisIdem
Démission — cadre3 moisIdem
Licenciement — non-cadre, moins de 2 ans1 moisIdentique au légal
Licenciement — non-cadre, 2 ans et plus2 moisIdentique au légal
Licenciement — cadre3 moisPlus favorable (+1 mois)

Pendant le préavis, la convention accorde 2 heures par jour de recherche d'emploi — un avantage purement conventionnel, aucune disposition légale ne le prévoyant. Elles sont payées en cas de licenciement et non rémunérées en cas de démission. Calculez vos dates avec notre calculateur de préavis.

Indemnité de licenciement : aucun avantage conventionnel

Soyons clairs, contrairement à ce que laissent entendre plusieurs fiches : la formule de l'article 21 — 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà — est strictement identique au barème légal depuis le décret du 25 septembre 2017, qui a rattrapé la convention. Les cadres relèvent du même article : pas d'indemnité majorée. Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers. Chiffrez votre situation avec notre simulateur d'indemnité de licenciement.

Le véritable avantage conventionnel de la branche se situe ailleurs : dans l'indemnité de départ volontaire à la retraite de l'annexe II. Elle ouvre un droit dès deux ans d'ancienneté, quand le barème légal n'accorde rien avant dix ans, et reste supérieure à toutes les tranches :

Ancienneté Convention (annexe II) Barème légal Écart
2 à 3 ans0,2 moisaucun droit+ 0,2
3 à 5 ans0,3 à 0,4 moisaucun droit+ 0,3 à 0,4
5 à 10 ans1 moisaucun droit+ 1
10 à 15 ans1,5 mois0,5 mois+ 1
15 à 20 ans2 mois1 mois+ 1
20 à 25 ans2,5 mois1,5 mois+ 1
25 à 30 ans3 mois1,5 mois+ 1,5
30 à 35 ans3,5 mois2 mois+ 1,5
35 ans et plus4 mois2 mois+ 2

Annexe II de la CCN, modifiée par l'avenant du 5 mai 2004 et l'avenant 2014-1 du 10 février 2014 — texte sur Légifrance. Le renvoi exprès de l'annexe IV rend ce barème applicable aux cadres malgré l'intitulé de l'annexe. Salaire de référence identique à celui de l'indemnité de licenciement. En cas de mise à la retraite à l'initiative de l'employeur, la convention ne comporte aucune clause dédiée : c'est le régime légal qui s'applique.

11. Maladie, prévoyance et frais de santé

C'est l'apport conventionnel le plus récent, et il est significatif. L'article 18 bis, créé par l'avenant du 17 octobre 2024 et étendu par arrêté du 16 mai 2025, organise le maintien de salaire en cas de maladie ou d'accident avec une caractéristique majeure : il ouvre le droit dès la première année de présence, là où la mensualisation légale exige un an d'ancienneté.

Ancienneté Carence maladie Carence accident du travail Maintien à 90 % Puis à 66,66 %
Moins d'un an7 joursaucune30 jours30 jours
1 à 5 ans3 joursaucune30 jours30 jours
6 à 10 ans3 joursaucune40 jours40 jours
11 à 15 ans3 joursaucune50 jours50 jours
16 à 20 ans3 joursaucune60 jours60 jours
21 à 25 ans3 joursaucune70 jours70 jours
26 à 30 ans3 joursaucune80 jours80 jours
31 ans et plus3 joursaucune90 jours90 jours

CCN 959, article 18 bis, issu de l'avenant du 17 octobre 2024, étendu par arrêté du 16 mai 2025 (JORF du 12 juin 2025) — applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 aux adhérents des organisations signataires et depuis le 1ᵉʳ juillet 2025 à tous. Durées appréciées par période de 12 mois glissants. Conditions : justifier l'arrêt sous 48 heures, être indemnisé par la Sécurité sociale, être soigné en France, dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen. Le maintien porte sur le salaire brut, indemnités journalières et prestations de prévoyance financées par l'employeur déduites, dans la limite de la rémunération nette que vous auriez perçue en travaillant. Estimez votre part Sécurité sociale avec notre calculateur d'IJSS.

Deux détails d'application méritent d'être connus : l'ancienneté s'apprécie au premier jour de l'absence, mais si vous changez de tranche pendant l'arrêt, vous bénéficiez immédiatement du crédit supérieur ; et le dispositif s'applique également aux salariés relevant du régime local d'Alsace-Moselle.

Côté prévoyance, deux avenants du 17 octobre 2024 ont refondu les régimes non-cadres et cadres, en portant notamment la franchise d'incapacité à 30 jours pour rétablir l'équilibre du régime. Les garanties décès vont de 130 % à 150 % du traitement annuel pour les non-cadres et de 270 % à 300 % pour les cadres, avec des majorations par personne à charge. La cotisation non-cadres, de 2,36 %, est intégralement à la charge de l'employeur ; celle des cadres est répartie. À noter toutefois : nous n'avons pas trouvé d'arrêté d'extension pour ces deux avenants — à défaut, ils ne s'imposent qu'aux adhérents des organisations signataires. Le régime frais de santé, lui, est bien étendu : l'avenant du 9 janvier 2025, étendu par arrêté du 4 juillet 2025, fixe la cotisation « salarié seul » à 2,03 % du plafond mensuel en régime général (1,41 % en Alsace-Moselle), avec une participation patronale d'au moins 50 %, la gratuité à partir du troisième enfant, et une règle utile : toute cotisation supplémentaire liée à un régime d'entreprise plus favorable est entièrement à la charge de l'employeur.

12. Diplômes et certificat de prélèvement : le cadre réglementaire

Particularité de cette branche : une partie des conditions d'exercice ne relève pas de la convention mais du Code de la santé publique. L'exercice de la profession de technicien de laboratoire médical est subordonné à la détention soit d'un diplôme d'État, soit d'un titre de formation figurant sur une liste fixée par arrêté (article L4352-2), et suppose un enregistrement obligatoire — et gratuit — auprès d'un service désigné du ministère de la santé. Il n'existe pas d'ordre professionnel pour ces techniciens : le dispositif repose sur cet enregistrement administratif.

Cette liste de diplômes a été réformée par un arrêté du 26 mai 2025 : elle est désormais organisée en neuf catégories et intègre notamment les BTSA, jusqu'alors absents. Le changement de rédaction est également notable — on passe des personnes « employées en qualité de » à celles « exerçant la profession et en porter le titre ». Pour les prélèvements sanguins, un certificat de capacité spécifique est requis, défini par l'arrêté du 13 mars 2006 : formation théorique et stage pratique, avec des objectifs pédagogiques et des critères d'évaluation fixés en annexe. Il autorise le prélèvement au laboratoire, au domicile du patient ou en établissement de soins.

Côté branche, l'opérateur de compétences est l'OPCO EP. Les données de branche montrent un effort de formation modeste et en repli : 10 h 30 de formation par salarié en moyenne — 3 h 30 seulement dans les laboratoires de moins de 50 salariés —, 1 463 stagiaires financés en 2023, en baisse de 20 % sur un an, dont 55 % de contrats d'apprentissage. Trois quarts des laboratoires accueillent au moins un stagiaire, et une indemnité de tutorat conventionnelle récompense les salariés encadrants.

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13. Une branche en contraction et en concentration accélérée

Comprendre le contexte économique aide à lire les négociations salariales. Après le pic de l'épidémie — 53 182 salariés en 2021 —, la branche a perdu des effectifs deux années de suite : 47 508 salariés au 31 décembre 2023, soit −5,4 % en un an, avec un solde embauches-départs négatif de 3 000 puis 2 700 postes, et un recours à l'intérim divisé par quatre. La masse salariale a reculé de 7 %, pour représenter 21 % du chiffre d'affaires. En parallèle, les remboursements de soins en laboratoire ont chuté de 20,5 % en 2022 puis de 34,5 % en 2023, la fin du dépistage massif du SARS-CoV-2 expliquant l'essentiel de ce reflux.

Le second mouvement est structurel : la concentration. La part des salariés travaillant dans un laboratoire de 200 salariés ou plus est passée de 40,5 % en 2019 à 66,5 % en 2023, tandis que celle des petites structures de moins de 50 salariés tombait de 10 % à 4 %. Deux tiers de la branche travaillent désormais dans de grandes structures, avec une taille moyenne de site de douze salariés. Enfin, un protocole triennal signé en juillet 2023 entre l'Assurance maladie et les syndicats de biologistes encadre la progression des dépenses de biologie à +0,4 % par an sur 2024-2026. Ces éléments sont factuels et concomitants ; en revanche, aucune source officielle n'établit de lien de causalité direct entre ce protocole et l'évolution de l'emploi, et nous ne l'affirmerons pas.

Ce que ces chiffres changent pour vous

Deux enseignements pratiques. D'abord, 84 % des salariés de la branche ont un coefficient inférieur ou égal à 300 : l'immense majorité se situe dans la partie basse et tassée de la grille, celle-là même que le SMIC rattrape. Ensuite, pour 60 % des laboratoires les salaires sont directement indexés sur la grille conventionnelle, et parmi les 40 % disposant d'une grille interne, 63 % l'indexent tout de même sur celle de la branche. Autrement dit : dans cette branche, la grille conventionnelle ne fixe pas seulement un plancher théorique — elle détermine très concrètement les rémunérations réelles.

14. Questions fréquentes

Si votre laboratoire adhère à SDBIO, Les Biologistes Médicaux, SNMB ou SLBC : la grille du 10 juin 2026. Sinon : la grille étendue du 11 janvier 2024, la seule opposable à tous — mais dont douze coefficients sont sous le SMIC, qui prend alors le relais. Dans tous les cas, aucun salarié ne peut être payé moins de 1 867,02 € bruts mensuels à temps plein.

Au minimum 30 % du salaire horaire réel, prime d'ancienneté incluse, porté à 45 % le dimanche et les jours fériés, avec prise en charge des frais de transport en cas d'intervention. Attention à la distinction : une garde (présence sur site) est du temps de travail effectif intégralement rémunéré, pas une astreinte. Une forfaitisation est possible, mais elle doit être au moins égale au calcul en pourcentage.

La convention pose des plafonds : 8 astreintes de nuit par période de 4 semaines et 3 par semaine au maximum ; 1 dimanche et 1 jour férié par période de 4 semaines pour les astreintes de jour ; et surtout, jamais plus de 6 jours consécutifs tous types confondus, gardes et astreintes comprises. Ces limites sont opposables à votre employeur.

Nuit : +25 % minimum entre 22 h et 5 h, +10 % entre 20 h-22 h et 5 h-7 h, sur le salaire horaire réel prime d'ancienneté incluse ; les travailleurs de nuit ont en plus un repos compensateur de 2,5 % des heures nocturnes. Dimanche et jours fériés : +50 % minimum, le 1ᵉʳ mai étant à +100 %. Samedi : aucune majoration conventionnelle, c'est un jour ouvrable ordinaire dans cette branche.

Non aux deux, au titre de la branche. Aucun 13ᵉ mois conventionnel, aucune prime de secrétariat, de fonction, de transport ou de blanchissage. Et aucun congé d'ancienneté pour les non-cadres : le barème « +1 j à 10 ans, +2 j à 15 ans » qui circule n'existe pas dans ce texte. Seuls les cadres d'indice ≥ 600 avec plus de 3 ans de présence ont 33 jours ouvrables. Ce que la branche donne vraiment : la prime d'ancienneté jusqu'à 15 % et le barème de départ à la retraite.

Oui, et c'est un vrai apport de la branche : l'article 18 bis ouvre le droit dès la première année, quand la loi exige un an d'ancienneté. Avec moins d'un an : 30 jours à 90 % puis 30 jours à 66,66 %, après 7 jours de carence en maladie et sans aucune carence en accident du travail. Dès un an de présence, la carence maladie tombe à 3 jours et les durées s'allongent jusqu'à 90 + 90 jours au-delà de 31 ans.

C'est le principal avantage conventionnel : le barème de l'annexe II ouvre un droit dès 2 ans d'ancienneté (la loi n'accorde rien avant 10 ans) et reste supérieur à toutes les tranches — 1 mois entre 5 et 10 ans, 2 mois entre 15 et 20 ans, jusqu'à 4 mois à partir de 35 ans. Il s'applique aux cadres comme aux non-cadres. L'indemnité de licenciement, elle, est strictement identique au barème légal.

15. Sources officielles

Données vérifiées le 8 août 2026 sur les textes officiels : les deux grilles ont été recopiées ligne à ligne depuis le texte Légifrance de l'accord de 2024 et le texte signé de l'accord de 2026, et les articles 9, 13, 14, 18 bis, 19, 20 et 21 lus directement. Nous ne publions volontairement aucun chiffre pour ce que les sources ne permettent pas de confirmer : montants des coefficients absents des grilles (225, technicien C 210, technicien B 260, secrétariat 240, cadres 601 à 750), valeur du point — qui n'existe plus en pratique —, et statut d'extension des avenants prévoyance du 17 octobre 2024, non trouvé. Le statut d'extension de l'accord du 10 juin 2026 est susceptible d'évoluer : vérifiez-le sur Légifrance. Ce site n'est pas un site gouvernemental : pour un conseil individuel, rapprochez-vous de vos représentants du personnel, d'un syndicat ou d'un avocat en droit social.

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