Convention Collective des Institutions de Retraite Complémentaire et de Prévoyance 2026 (IDCC 1794) : Salaires et Droits

Mise à jour : 20/08/2026 Convention collective

Gestionnaire de comptes retraite, conseillère qui liquide les pensions Agirc-Arrco, actuaire d'une institution de prévoyance, informaticien d'un groupe de protection sociale : environ 28 000 salariés relèvent de la convention collective nationale du personnel des institutions de retraite complémentaire et de prévoyance du 9 décembre 1993 (IDCC 1794, brochure 3276), étendue en 1994 et élargie aux institutions de prévoyance en 1995.

Cette page s'ouvre sur un paradoxe que la branche préférerait taire : les salariés qui liquident vos retraites ont vu leurs propres minima rattrapés par le SMIC. Après deux années sans aucun accord de salaires (2023 et 2024), la revalorisation de mars 2025 — étendue en mai 2025 — n'a pas suffi : cinq niveaux de la grille restent sous le SMIC mensuel depuis le 1ᵉʳ juin 2026, et aucun accord 2026 n'était publié à la date de rédaction, alors que l'agenda social de la branche prévoyait cette négociation au premier semestre. La grille ne « se sauve » qu'en annuel, grâce à un mécanisme que les comparateurs n'expliquent jamais : une rémunération versée sur 13 mois, complétée par une allocation de vacances d'environ une demi-mensualité.

Le reste du texte est nettement plus généreux que le droit commun, et chaque valeur en a été vérifiée sur Légifrance : une indemnité de licenciement de 35 à 40 % de mois par année (majorée de 30 à 50 % selon l'âge, plafonnée à 18 mois), une allocation de départ en retraite qui atteint 9 mois de salaire, un préavis porté à 6 mois après 55 ans, le maintien du plein salaire net trois mois en cas de maladie, des congés d'ancienneté, et jusqu'à 11 jours payés par an pour enfant malade. Vous trouverez aussi la mécanique de classification par pesée en points, la répartition réelle des effectifs — et les chiffres d'une branche qui a perdu 12 % de ses salariés en neuf ans.

ÉTAPE 0 : êtes-vous bien couvert par l'IDCC 1794 ?

L'article 1ᵉʳ couvre les structures employeurs assurant la gestion des institutions de retraite complémentaire Agirc-Arrco et des institutions de prévoyance régies par le livre IX du code de la sécurité sociale — en pratique, les salariés des groupes de protection sociale. Le monde de l'assurance et de la protection sociale est éclaté entre plusieurs conventions, et le critère de départage est le statut juridique de l'employeur, pas le métier exercé.

🏛️ IDCC 1794 — Institutions de retraite complémentaire et de prévoyance Personnel des structures gérant la retraite complémentaire obligatoire Agirc-Arrco et des institutions de prévoyance paritaires (code de la sécurité sociale, livre IX) : gestion des comptes, liquidation des pensions, action sociale, prévoyance collective d'entreprise.
🩺 Retraite de base et régime général : IDCC 218 Les agents des CPAM, CAF, URSSAF et CARSAT — la Sécurité sociale et la retraite de base — relèvent de la convention des organismes de Sécurité sociale (IDCC 218), au fonctionnement très différent (valeur de point, 14 mois).
🛡️ Assureurs et mutuelles : autres textes Le même poste d'actuaire relève de l'IDCC 1794 dans une institution de prévoyance, de la convention des sociétés d'assurances (IDCC 1672) dans un assureur de droit commercial, et de la mutualité (IDCC 2128) dans une mutuelle du code de la mutualité.
🤝 Intermédiaires : courtage et agents généraux Les cabinets de courtage d'assurances (IDCC 2247) et les agences générales d'assurances (IDCC 2335) distribuent les contrats mais ne gèrent ni retraite complémentaire ni institution paritaire : autres branches, autres grilles.

Le réflexe fiable : la convention applicable est mentionnée obligatoirement sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail).

1. Le paradoxe : les salariés qui liquident vos retraites, rattrapés par le SMIC

La branche négocie peu, et tard. Le dernier accord de salaires avant 2025 datait du 25 mars 2022 (modifié le 25 mai 2022) : il fixait la RMMG de la classe 1A à 1 604 € et comportait une clause de garantie d'augmentation des salaires réels. Puis plus rien pendant deux ans : aucun accord de salaires en 2023 ni en 2024, pendant que le SMIC augmentait — au point que plusieurs niveaux de la grille sont passés sous le minimum légal. L'accord du 21 mars 2025 a remis les compteurs partiellement à niveau (+12,4 % sur la classe 1A en trois ans, quand le SMIC progressait davantage), mais il a aussi suspendu pour 2025 la clause de garantie des salaires réels. Et le rendez-vous suivant n'a pas été honoré à temps.

  • 25 mars 2022 — accord RMMG (1A à 1 604 €), modifié le 25 mai 2022, étendu le 27 juillet 2022, avec garantie d'augmentation des salaires réels.
  • 2023-2024 — aucun accord de salaires : la grille reste gelée deux ans et le SMIC la rattrape.
  • 21 mars 2025 — accord RMMG 2025 (1A à 1 803 €), effet rétroactif au 1ᵉʳ janvier 2025, étendu par arrêté du 27 mai 2025 (JORF du 31 mai 2025) — mais clause de garantie des salaires réels suspendue pour 2025.
  • 20 novembre 2025 — l'accord d'agenda social 2026 programme la négociation « RMMG 2026 » au premier semestre 2026.
  • 1ᵉʳ juin 2026 — le SMIC passe à 1 867,02 € : 5 niveaux de la grille sont en dessous (1A, 1B, 1C, 2A, 2B).
  • 20 août 2026 — aucun accord RMMG 2026 publié : la grille de 2025 reste la seule applicable.

Ce que ça change sur votre bulletin

Sur les niveaux 1A, 1B (1 803 €), 1C (1 819 €), 2A (1 829 €) et 2B (1 854 €), l'employeur doit compléter chaque mois jusqu'au SMIC de 1 867,02 € — le 13ᵉ mois ne compte pour le contrôle du SMIC que le mois où il est versé. Sur l'année en revanche, les 13 mensualités remettent tous les niveaux au-dessus du SMIC annuel : 13 × 1 803 € = 23 439 €, contre 22 404,24 € pour douze mois de SMIC — avant même l'allocation de vacances.

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2. Grille RMMG complète étendue — 8 classes, niveaux A à D

La grille croise la classe de l'emploi (1 à 8, déterminée par pesée en points — voir la section classification) et le niveau de maîtrise atteint dans l'emploi (A à D). Toutes les combinaisons n'existent pas : la classe 1 s'arrête au niveau C, la classe 7 commence au niveau B et la classe 8 au niveau C — les niveaux 7A, 8A et 8B n'existent pas, et une grille qui les affiche est inventée. Les montants s'entendent bruts mensuels pour un temps complet, versés 13 fois par an (dernière colonne : l'équivalent annuel sur 13 mois, hors allocation de vacances).

Classe / NiveauRMMG mensuelleÉquivalent sur 13 mois
1A1 803 1 867,02*23 439 €
1B1 803 1 867,02*23 439 €
1C1 819 1 867,02*23 647 €
2A1 829 1 867,02*23 777 €
2B1 854 1 867,02*24 102 €
2C1 87424 362 €
2D1 95925 467 €
3A1 87724 401 €
3B1 95225 376 €
3C2 06926 897 €
3D2 21128 743 €
4A2 06826 884 €
4B2 15127 963 €
4C2 29729 861 €
4D2 34430 472 €
5A2 36530 745 €
5B2 43631 668 €
5C2 69835 074 €
5D3 08540 105 €
6A2 95538 415 €
6B3 07239 936 €
6C3 18941 457 €
6D3 38043 940 €
7B4 05652 728 €
7C4 29955 887 €
7D4 60159 813 €
8C5 33769 381 €
8D5 55172 163 €

Source : accord du 21 mars 2025 relatif à la rémunération minimale mensuelle garantie (KALITEXT000051787131), effet au 1ᵉʳ janvier 2025, étendu par arrêté du 27 mai 2025, JORF du 31 mai 2025 — dernier texte de salaires de la branche au 20 août 2026. * Niveaux inférieurs au SMIC mensuel du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 €), qui s'y substitue chaque mois — écarts de 13,02 € (2B) à 64,02 € (1A/1B). Le niveau 2C ne dépasse le SMIC que de 6,98 €.

3. Le mécanisme : 13 mensualités, allocation de vacances, assiette du minimum

Trois règles de l'annexe IV et de l'article 21 font la vraie valeur de la grille, et elles échappent à la plupart des comparateurs. D'abord, la rémunération est versée sur 13 mois, le treizième étant proratisé en cas d'année incomplète (annexe IV, art. 6.2) : le minimum annuel réel vaut donc 13 fois la RMMG. Ensuite, l'allocation de vacances (art. 21) ajoute environ une demi-mensualité : versée au plus tard le 1ᵉʳ juillet, elle vaut 50 % du douzième des appointements annuels de la période de référence (primes et indemnités comprises), avec un minimum fixé à 62 % de la base de calcul de la prime d'ancienneté, un prorata sous un an d'ancienneté (appréciée au 31 octobre), et une possibilité pour l'employeur d'y imputer les primes internes de même nature. Un salarié au minimum est donc payé, en pratique, sur l'équivalent d'environ 13,5 mensualités.

Enfin, l'assiette de la RMMG (annexe IV, art. 6.1) retient le salaire brut mensuel avec tous ses éléments contractuels, hors prime d'ancienneté, heures supplémentaires, gratifications exceptionnelles et sommes non salariales : la prime d'ancienneté s'ajoute toujours au-dessus du minimum. La branche garantit par ailleurs une évolution collective des salaires réels égale à 85 % du taux d'augmentation des RMMG (avenant n° 9) — c'est cette « clause de garantie » que l'accord de mars 2025 a expressément suspendue pour l'année 2025, un recul rarement signalé.

4. Simulateur : votre minimum réel, mensuel et annuel

Sélectionnez votre classe et votre niveau, ajoutez votre ancienneté : le simulateur calcule votre minimum mensuel (avec le SMIC en plancher sur les niveaux rattrapés), votre prime d'ancienneté, et votre minimum annuel sur 13 mensualités. Renseignez votre salaire pour un verdict de conformité.

Minimum conventionnel — accord du 21 mars 2025

Minimum mensuel + prime d'ancienneté

Constantes du 20/08/2026 : grille RMMG du 21/03/2025 étendue ; prime d'ancienneté = 1 % de la RMMG 1A (18,03 €) par année, plafonnée à 20 % (classes 1-3), 15 % (classes 4-5) et 10 % (classes 6-7), plafond de la classe 8 non prévu par le texte consulté ; SMIC 1 867,02 €/mois. Hors allocation de vacances. Résultat indicatif.

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5. Classification : une pesée en points — et une refonte enlisée

La classification (avenant n° 9 du 18 juillet 2007, étendu en 2008) fonctionne par pesée de l'emploi : cinq critères de poids égal — technicité et résolution de problèmes, impact et contribution, relations, autonomie, formation et expérience — sont chacun cotés sur six degrés valant 200, 252, 318, 400, 504 ou 640 points. L'addition donne la classe : de la classe 1 (1 000 à 1 150 points) à la classe 8 (plus de 2 650 points). La lettre A à D mesure ensuite la maîtrise effective de l'emploi par son titulaire — le temps « normal » au niveau A est de 3 à 12 mois — et le bulletin de paie doit mentionner les deux : chiffre de classe et lettre de niveau. Depuis l'accord du 25 octobre 2024 (étendu le 20 mars 2025), les cadres commencent à la classe 6, les assimilés cadres au niveau 5D, et les couvertures « cadres » peuvent être étendues dès le niveau 3D.

📊 Où se situent réellement les salariés Répartition des CDI au 31/12/2024 (profil de branche 2025) : classe 3 = 37 % des effectifs, classe 5 = 25,1 %, classe 6 = 14,2 %, classe 4 = 12,3 %, classe 7 = 5,6 %, classe 8 = 1,6 % — et la classe 1 quasi vide (0,2 %). L'essentiel de la branche se joue donc entre les classes 3 et 6.
🚧 Une refonte promise… et toujours attendue La révision de l'annexe IV « classifications et salaires » figure à l'agenda social 2026 de la branche (accord du 20 novembre 2025) — un chantier réclamé de longue date par les syndicats. À la date de rédaction, ni accord de refonte ni accord RMMG 2026 n'était publié : le bulletin de paie reste régi par la mécanique de 2007.

6. Prime d'ancienneté et garanties d'évolution : des droits opposables

La prime d'ancienneté vaut 1 % de la RMMG de la classe 1A par année de présence — soit 18,03 € par mois et par année avec la grille 2025 — plafonnée à 20 % pour les classes 1 à 3 (soit 360,60 € par mois à 20 ans), 15 % pour les classes 4 et 5, et 10 % pour les classes 6 et 7. Exclue de l'assiette de la RMMG, elle s'ajoute toujours au minimum et doit apparaître distinctement. À côté de cette prime, l'avenant n° 9 institue des garanties d'évolution rarement rencontrées ailleurs : toute augmentation individuelle au titre des performances ou des compétences doit atteindre au minimum 2 % de la RMMG (classes 1 à 3C), 3 % (3D à 5) ou 4 % (classes 6 à 8), et sur cinq ans, au moins 66 % des salariés de chaque groupe doivent avoir bénéficié d'une augmentation hors ancienneté. Des arguments concrets à opposer en entretien annuel.

7. Temps de travail : le week-end protégé et des acquis seniors uniques

L'article 30 renvoie l'essentiel de l'organisation du travail à l'annexe VII et aux accords d'entreprise, mais pose deux garanties de branche remarquables. La première : le repos hebdomadaire s'organise sur deux jours consécutifs incluant le samedi ou le lundi — le week-end de deux jours est la norme conventionnelle, et tout changement d'horaire suppose la consultation du comité social et économique. La seconde est un dispositif senior que peu de branches offrent : une réduction d'horaire payée de 2 h 30 par semaine à partir de 60 ans (ou 1 jour par mois en forfait jours), portée à 5 heures par semaine à partir de 63 ans (ou 2 jours par mois) ; les salariés en situation de handicap bénéficient des 5 heures hebdomadaires sans condition d'âge (ou 3 jours par mois). Le télétravail et les forfaits, eux, relèvent des accords d'entreprise de chaque groupe.

8. Préavis, licenciement, retraite : le trio le plus protecteur du secteur financier

La période d'essai (art. 10) est courte — 1 mois pour les employés, 2 mois pour les agents de maîtrise, 3 mois pour les cadres, renouvelable une fois au plus pour une durée au plus égale — et aucun essai ne peut être imposé après un CDD d'au moins 6 mois sur le même emploi. Le préavis (art. 14) s'allonge avec l'âge d'une façon unique : 1 mois, puis 2 mois après 2 ans d'ancienneté, 4 mois pour un salarié licencié de 45 ans et plus (avec 3 ans d'ancienneté) et 6 mois à partir de 55 ans — avec 2 heures par jour, cumulables en un forfait de 50 heures payées par mois de préavis, pour rechercher un emploi.

L'indemnité de licenciement (art. 15) est l'une des plus élevées de France : dès 2 ans de présence, 35 % du salaire mensuel par année d'ancienneté, portés à 40 % au-delà de la douzième année, le tout majoré de 30 % après 45 ans et de 50 % après 55 ans, dans la limite de 18 mois — un barème uniforme, applicable à toutes les catégories dans la version en vigueur du texte. Quant au départ en retraite (art. 17), il cumule dès 2 ans d'ancienneté une part fixe de 2 mois de salaire (minimum 2,76 fois la RMMG 1A, soit 4 976,28 € avec la grille 2025) et 1/6 de mois par année d'ancienneté, plafonné à 9 mois — les départs anticipés pour carrière longue, handicap ou pénibilité y ouvrent droit, et la retraite progressive fait l'objet d'un dispositif conventionnel dédié (salaires reconstitués à temps plein pour le calcul des indemnités). L'ironie est complète : la branche qui liquide les retraites des autres s'est écrit l'un des meilleurs régimes de fin de carrière.

9. Simulateur : vos indemnités de départ (licenciement et retraite)

Renseignez votre salaire mensuel, votre ancienneté et votre âge : le simulateur calcule l'indemnité conventionnelle de licenciement (35 %/40 %, majorations d'âge, plafond 18 mois), l'allocation de départ en retraite (part fixe + 1/6 par année, plafond 9 mois) et les compare aux barèmes légaux.

Indemnités de départ — articles 15 et 17

Licenciement (art. 15)
Départ en retraite (art. 17)

Constantes du 20/08/2026 : art. 15 (35 % / 40 % au-delà de 12 ans, +30 % après 45 ans, +50 % après 55 ans, plafond 18 mois, dès 2 ans de présence) et art. 17 (2 mois — minimum 4 976,28 € — + 1/6 de mois par année, plafond 9 mois, dès 2 ans) ; barèmes légaux : R1234-2 et D1237-1 du Code du travail. Salaire de référence indicatif (le texte retient 1/12 des appointements annuels, 13ᵉ mois compris).

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10. Maladie et protection sociale : trois mois à plein salaire net

L'article 23 garantit, pendant les trois premiers mois d'indisponibilité, une allocation portant la rémunération au plein salaire net, sous déduction des indemnités journalières de la sécurité sociale — et, selon que l'ancienneté est de un à trois ans ou supérieure à trois ans, des prestations des régimes complémentaires (seule la part patronale étant retenue au-delà de trois ans). Aucune condition d'ancienneté n'est exigée en cas d'accident du travail. En cas d'arrêts répétés pour la même maladie dans l'année civile, la durée totale d'indemnisation ne peut dépasser cette période. Aucun jour de carence conventionnel n'est exprimé dans l'article.

Côté régimes collectifs, la prévoyance et la retraite supplémentaire sont organisées par l'annexe III de la convention (dont nous ne publions pas les garanties chiffrées — voir la section « ce que nous ne publions pas »), et l'accord du 25 octobre 2024 sur les catégories objectives, étendu le 20 mars 2025, structure les couvertures santé-prévoyance des entreprises de la branche. Deux acquis sociaux de branche méritent enfin d'être connus : la dotation des activités sociales et culturelles du CSE ne peut être inférieure à 2,5 % des appointements, et une contribution supplémentaire de 0,90 % est affectée au logement (art. 8) — des taux bien supérieurs aux pratiques courantes.

11. Congés : ancienneté, événements familiaux, enfant malade payé

Au congé annuel — 25 jours ouvrés selon les sources spécialisées concordantes, l'article de base renvoyant au régime légal amélioré — s'ajoutent des majorations d'ancienneté (art. 19) : +1 jour ouvré après 3 ans, +2 après 10 ans, +3 après 15 ans et +4 après 20 ans, l'ancienneté étant appréciée au 31 octobre. Les congés exceptionnels de l'article 22 complètent le tout, avec deux dispositifs que le droit commun ignore : le déménagement (2 jours) et la rentrée scolaire en maternelle (une demi-journée).

ÉvénementCCN 1794 (art. 22, jours ouvrés)Minimum légal 2026Ce qui s'applique
Mariage ou Pacs du salarié5 jours minimum4 joursCCN
Mariage d'un enfant ou d'un ascendant1 jour1 jour (enfant)Identique
Naissance+1 jour (en sus du congé légal)3 joursCCN (cumul)
Décès du conjoint, du partenaire ou d'un enfant5 joursDécès d'un enfant : 12 jours ouvrables (14 si moins de 25 ans ou lui-même parent) + congé de deuil de 8 jours ; conjoint : 3 joursLOI pour un enfant ; CCN pour le conjoint
Décès d'un ascendant ou d'un autre descendant3 jours3 jours (parents)Identique / CCN
Décès d'un frère ou d'une sœur2 jours3 joursLOI
Décès d'un beau-frère ou d'une belle-sœur1 jourCCN
Déménagement2 joursCCN
Rentrée scolaire (maternelle)½ journéeCCN
Garde d'un enfant malade de moins de 16 ans7 jours payés par an (11 jours à partir de 3 enfants)3 jours non rémunérésCCN — un des meilleurs régimes de France
Enfant en situation de handicap (ou parent dépendant)5 jours par anCCN

Sources : art. 22 (KALIARTI000026342986) et art. 19 (majorations d'ancienneté) ; minima légaux : art. L3142-4 (lois n° 2020-692 du 8 juin 2020 et n° 2023-622 du 19 juillet 2023) et L3142-1-1 du Code du travail. Un jour supplémentaire peut s'ajouter en cas de déplacement important. Le salarié bénéficie toujours de la disposition la plus favorable — sur le décès d'un enfant et de la fratrie, c'est la loi.

12. La branche en chiffres : l'hémorragie silencieuse d'après la fusion Agirc-Arrco

Le profil de branche 2025 de l'observatoire paritaire (données au 31 décembre 2024) dessine une branche qui se contracte sans bruit, sous la pression de la réduction des coûts de gestion de la retraite complémentaire : 28 152 salariés, soit −12 % depuis 2015, avec un solde entrées-sorties de CDI négatif (1 899 embauches pour 1 994 départs). Fait révélateur du basculement du secteur : la retraite ne représente plus que 37 % des effectifs, contre 63 % pour l'assurance de personnes — les mêmes groupes vivent désormais davantage de la santé et de la prévoyance que des pensions.

28 152
salariés au 31/12/2024 (−12 % depuis 2015)
69 %
de femmes — âge moyen 45,6 ans
34 %
de cadres, 92 % de CDI
62,8 ans
âge moyen de départ à la retraite (+1,5 an depuis 2015)

Source : « Profil de branche 2025 » (18ᵉ édition, données au 31/12/2024), Observatoire des métiers et des qualifications de la branche Retraite complémentaire et Prévoyance (obsmetiers.rcp-pro.fr) — document lu intégralement. La qualification monte vite : 40,6 % des salariés ont au moins un bac+3 (31,5 % en 2015).

13. Ce que nous ne publions pas — et pourquoi

Cette page ne contient que des valeurs relues sur Légifrance ou dans les documents officiels de branche. Les points suivants circulent ou existent, mais nous ne les publions pas en l'état :

  • Des barèmes de licenciement « agents de maîtrise » et « cadres » distincts (40-50 % et 50-62,5 %) circulent sur des sites de paie : la version en vigueur de l'article 15 que nous avons lue prévoit un barème uniforme — nous ne publions que lui.
  • Les garanties et cotisations de prévoyance et de retraite supplémentaire (annexe III) : non lues dans leur version en vigueur — les taux « 1 % salarié / 7 % employeur » cités par une source syndicale unique ne sont pas repris.
  • Le détail de l'annexe VII sur la durée du travail (dont le contingent d'heures supplémentaires de 130 heures cité par les agrégateurs) : annexe non vérifiée à la source.
  • Le congé maternité porté à 26 semaines au 3ᵉ enfant et la prime de tutorat : sources uniques, non retrouvées dans les textes consultés.
  • Le périmètre détaillé de l'annexe I (sort exact des fédérations et GIE de moyens) : l'article 1ᵉʳ y renvoie, annexe non lue.
  • Un accord RMMG 2026 : rien sur Légifrance au 20 août 2026 — si l'accord promis par l'agenda social paraît, cette page sera mise à jour, comme elle le sera si la clause de garantie des salaires réels est réactivée.

FAQ — Convention des institutions de retraite complémentaire et de prévoyance

Les huit questions les plus posées sur l'IDCC 1794, avec des réponses datées du 20 août 2026.

La grille applicable reste celle de l'accord du 21 mars 2025, en vigueur depuis le 1er janvier 2025 et étendu par arrêté du 27 mai 2025 publié au Journal officiel du 31 mai 2025 : 28 niveaux de rémunération minimale mensuelle garantie (RMMG), de 1 803 € (classe 1, niveaux A et B) à 5 551 € (classe 8, niveau D), versés sur 13 mois. Aucun accord de salaires 2026 n'était publié au 20 août 2026, alors que l'agenda social de la branche prévoyait cette négociation au premier semestre. Attention : les niveaux 7A, 8A et 8B n'existent pas dans la classification — une grille qui les affiche est inventée.

Après deux ans sans accord de salaires (2023 et 2024), la revalorisation de mars 2025 n'a pas suffi à suivre le SMIC : au 1er juin 2026, cinq niveaux sont sous le SMIC mensuel de 1 867,02 € — 1A et 1B (1 803 €), 1C (1 819 €), 2A (1 829 €) et 2B (1 854 €). Chaque mois, l'employeur doit compléter jusqu'au SMIC. En revanche, sur l'année, tous les niveaux dépassent le SMIC annuel grâce aux 13 mensualités : la RMMG 1A représente 23 439 € sur 13 mois, contre 22 404,24 € pour 12 mois de SMIC — avant même l'allocation de vacances.

Oui, et mieux : l'annexe IV de la convention prévoit que la rémunération est versée sur 13 mois, le treizième étant proratisé en cas d'année incomplète. S'y ajoute une allocation de vacances, versée au plus tard le 1er juillet, égale à 50 % du douzième des appointements annuels — environ une demi-mensualité supplémentaire — avec un minimum garanti et un prorata pour les salariés ayant moins d'un an d'ancienneté. Les entreprises peuvent imputer sur cette allocation les primes internes de même nature.

L'avenant n° 9 du 18 juillet 2007 prévoit une prime d'ancienneté égale à 1 % de la RMMG de la classe 1 niveau A par année de présence — soit environ 18,03 € par mois et par année d'ancienneté avec la grille 2025 — plafonnée à 20 % pour les classes 1 à 3, 15 % pour les classes 4 et 5 et 10 % pour les classes 6 et 7. Elle s'ajoute au minimum, puisqu'elle est exclue de l'assiette de la RMMG. La branche garantit aussi une évolution collective des salaires réels égale à 85 % du taux d'augmentation des RMMG — une clause suspendue pour l'année 2025 par l'accord de mars 2025.

L'article 15 est l'un des plus favorables de France : à partir de 2 ans de présence, l'indemnité vaut 35 % du salaire mensuel par année d'ancienneté, portée à 40 % pour les années au-delà de la douzième, avec une majoration de 30 % du total après 45 ans et de 50 % après 55 ans, dans la limite de 18 mois de salaire. À 10 ans d'ancienneté, cela représente 3,5 mois de salaire contre 2,5 mois au barème légal ; à 20 ans, 7,4 mois contre environ 5,8 mois — avant toute majoration d'âge.

Dès 2 ans d'ancienneté dans une ou plusieurs entreprises de la branche, l'article 17 accorde une allocation composée d'une part fixe de 2 mois de salaire — avec un minimum de 2,76 fois la RMMG 1A, soit 4 976,28 € avec la grille 2025 — et d'un sixième de mois par année d'ancienneté, le tout plafonné à 9 mois. À 20 ans d'ancienneté et 2 500 € de salaire, cela représente environ 13 333 €, contre 3 750 € au barème légal. Elle couvre aussi les départs anticipés pour carrière longue, handicap ou pénibilité, et la retraite progressive est organisée par un article dédié.

L'article 23 garantit le maintien du plein salaire net pendant les trois premiers mois d'indisponibilité, sous déduction des indemnités journalières de la sécurité sociale et, selon l'ancienneté, des prestations des régimes complémentaires. Aucune condition d'ancienneté n'est exigée en cas d'accident du travail. En cas d'arrêts répétés pour la même maladie au cours d'une année civile, la durée totale d'indemnisation ne peut pas dépasser cette période.

La convention couvre le personnel des structures qui gèrent les institutions de retraite complémentaire Agirc-Arrco et les institutions de prévoyance régies par le livre IX du code de la sécurité sociale — en pratique, les salariés des groupes de protection sociale : gestionnaires retraite, conseillers, actuaires, informaticiens. Les agents des CPAM, CAF, URSSAF et CARSAT, qui gèrent la retraite de base et le régime général, relèvent d'une autre convention, celle des organismes de Sécurité sociale (IDCC 218). Les sociétés d'assurances (IDCC 1672), les mutuelles (IDCC 2128) et le courtage (IDCC 2247) ont aussi leurs propres textes : le critère est le statut juridique de l'employeur.
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Sources officielles

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