Article L1225-4 · En vigueur

Article L1225-4 — Interdiction d emploi pendant 8 semaines autour de l accouchement

L'article L1225-4 interdit à tout employeur d'employer une salariée pendant 8 semaines totales au cours desquelles sont incluses les 6 semaines obligatoires après l'accouchement. Interdiction d'ordre public absolu, à laquelle ni la salariée ni l'employeur ne peuvent renoncer.

Ce que dit l'article L1225-4

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Il est interdit d'employer la salariée pendant une durée totale de huit semaines au cours desquelles sont incluses les six semaines après l'accouchement.

Source : Légifrance

Nature
Partie legislative
Partie I
Les relations individuelles de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre II Formation et execution du contrat
Chapitre
Chapitre V Maternite et adoption

L'article L1225-4 du Code du travail interdit à tout employeur d'employer une salariée pendant 8 semaines autour de l'accouchement, dont 6 semaines obligatoires après la naissance. C'est une protection de santé publique absolue : interdiction d'ordre public, à laquelle ni la salariée ni l'employeur ne peuvent renoncer, même par accord mutuel.

Texte officiel

« Il est interdit d'employer la salariée pendant une durée totale de huit semaines au cours desquelles sont incluses les six semaines après l'accouchement. »

En clair

L'interdiction d'emploi est absolue pendant 8 semaines au total autour de l'accouchement, dont 6 obligatoirement après la naissance. C'est une protection physique de la mère et de l'enfant. Différent du congé maternité légal (16 semaines minimum), qui peut être plus long mais dont les 8 semaines de L1225-4 constituent le noyau obligatoire incompressible.

Structure du congé maternité

Congé maternité standard (1er-2e enfant)
  • Total : 16 semaines
  • 6 semaines avant accouchement (congé prénatal)
  • 10 semaines après accouchement (congé postnatal)
  • Noyau L1225-4 : 8 semaines obligatoires (2 avant + 6 après ou variable)
Congé maternité (3e enfant et +)
  • Total : 26 semaines
  • 8 semaines avant accouchement
  • 18 semaines après accouchement
  • Noyau L1225-4 : 8 semaines incluses
Naissances multiples (jumeaux)
  • Total : 34 semaines
  • 12 semaines avant accouchement
  • 22 semaines après accouchement
Triplés et +
  • Total : 46 semaines
  • 24 semaines avant accouchement
  • 22 semaines après accouchement

Période de protection : ordre public absolu

PériodeRègle
6 semaines après l'accouchementInterdiction absolue d'emploi. Pas de dérogation possible. Même si la salariée souhaite reprendre, l'employeur ne peut pas l'employer. Protection physiologique de la mère (cicatrisation, allaitement).
2 semaines supplémentairesAvant ou après les 6 semaines post-natales selon les modalités du congé maternité, complétant les 8 semaines totales.
Suspension du contrat de travailPendant ces 8 semaines, le contrat de travail est suspendu. La salariée perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale, complétées éventuellement par l'employeur selon la convention collective.
Retour anticipé impossibleMême demande écrite de la salariée pour revenir avant les 6 semaines : refus de l'employeur obligatoire (sinon il commet une infraction pénale).
Maintien des droitsAncienneté maintenue, congés payés acquis sur la période, retour à son poste ou équivalent (L1225-25), garantie d'augmentation salariale (L1225-26).

Sanctions pénales et civiles

Faire travailler une salariée pendant la période d'interdiction d'emploi expose l'employeur à :

  • Sanction pénale : amende de la 5e classe (1 500 €, R1227-7), portée à 3 000 € en cas de récidive
  • Dommages-intérêts à la salariée pour préjudice moral et atteinte à sa santé (jurisprudence : 3 000 à 15 000 € selon gravité)
  • Faute inexcusable en cas de complication médicale liée au retour prématuré (L4131-4) : majoration de la rente AT/MP + indemnisation des préjudices
  • Discrimination liée à la grossesse en cas de pression pour revenir tôt : nullité de toute sanction (L1132-1)

Articulation avec la protection contre le licenciement

Combinée avec l'article L1225-4, la protection contre le licenciement de la salariée enceinte (L1225-4-1) est encore plus étendue : interdiction de licencier pendant toute la grossesse, pendant le congé maternité et les 10 semaines qui suivent son retour. Exception très limitée : faute grave non liée à la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour motif étranger. Tout licenciement violant cette protection est nul de plein droit (L1225-5).

Pendant les 8 semaines : que perçoit la salariée ?

La salariée bénéficie de :

  • Indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) : 100 % du salaire journalier de base, plafonné au PASS. Pas de jour de carence pour la maternité.
  • Complément employeur selon la convention collective (souvent maintien du salaire net intégral)
  • Acquisition de congés payés normale (2,5 jours/mois)
  • Maintien de la mutuelle et des prestations sociales
  • Possibles primes de naissance si prévues par accord collectif

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Pour préparer son congé maternité : déclaration de grossesse à la CPAM (1er et 4e mois), information de l'employeur (LRAR recommandée), examens médicaux obligatoires sur le temps de travail (L1225-16). Allocation de base de la PAJE (Prestation d'Accueil du Jeune Enfant) versée par la CAF.

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Cas pratiques

Cas 1 — Retour anticipé refusé par l'employeur

Une salariée, mère pour la 2e fois, demande à reprendre son travail 3 semaines après l'accouchement (raisons financières, ennui à la maison). Application de L1225-4 : l'employeur doit refuser. Les 6 semaines post-natales sont d'ordre public absolu. Même la demande explicite de la salariée ne peut autoriser un retour anticipé. L'employeur qui accepterait commettrait une infraction pénale (1 500 € d'amende). La salariée doit attendre la fin des 6 semaines minimum.

Cas 2 — Pression pour retour anticipé : sanction

Une cadre RH reçoit plusieurs appels et mails de son employeur lui demandant de revenir au travail 4 semaines après l'accouchement (« urgence projet », « on a besoin de toi », « tu vas perdre ton poste »). Violation de L1225-4 + L1132-1 : pression discriminatoire liée à la grossesse. La salariée peut : (1) refuser tranquillement et reprendre à la date légale ; (2) saisir le Défenseur des droits ; (3) saisir les prud'hommes pour dommages-intérêts pour discrimination (~ 5 000 à 15 000 €). Plainte pénale possible pour harcèlement.

Cas 3 — Congé pris en intégralité (16 semaines)

Une salariée prend l'intégralité de son congé maternité 1er enfant : 6 semaines avant + 10 semaines après. Total 16 semaines. Application de L1225-4 + L1225-17 : protection bien plus large que les 8 semaines minimum de L1225-4 (qui sont incluses dans les 16 semaines). Pendant tout le congé, suspension du contrat, IJSS de la CPAM, maintien des droits, retour à son poste garanti. Augmentation salariale obligatoire à proportion des augmentations générales (L1225-26).

Cas 4 — Complications médicales : prolongation

Une salariée a un accouchement difficile avec complications (césarienne avec infection, anémie sévère). Le médecin prescrit une prolongation du congé postnatal de 4 semaines supplémentaires pour récupération. Application combinée L1225-4 + L1225-21 (état pathologique) : prolongation possible jusqu'à 4 semaines maximum prescrites par le médecin. L'interdiction d'emploi vaut pour la totalité de la période (8 + 4 = 12 semaines). Salaire maintenu via IJSS + complément employeur selon convention.

Cas 5 — Allaitement et reprise après les 8 semaines

Une salariée reprend son travail 8 semaines après l'accouchement (limite légale L1225-4). Elle souhaite continuer d'allaiter. Application de L1225-4 + L1225-30 : reprise du travail autorisée. La salariée bénéficie d'1 heure par jour pendant 1 an pour allaiter son enfant (sur le temps de travail, sans réduction de rémunération si l'employeur fournit un local approprié). À défaut de local : 2 × 30 min de pause. Aménagements souples possibles selon les accords d'entreprise.

Cas 6 — Sanction pénale et civile

Un employeur fait travailler une salariée 5 semaines après son accouchement. Elle développe une thrombose veineuse profonde imputable à la reprise précoce. Application de L1225-4 + L4131-4 (faute inexcusable) : multiples sanctions cumulatives. (1) Amende pénale 1 500 € (R1227-7). (2) Faute inexcusable reconnue : majoration de la rente AT + indemnisation des préjudices personnels (~ 35 000 €). (3) Dommages-intérêts pour préjudice moral et atteinte à la dignité (~ 8 000 €). (4) Possible plainte pour mise en danger d'autrui (1 an + 15 000 €). Total : ~ 50 000 € pour l'employeur + dossier pénal.

5 protections essentielles autour de la maternité

(1) Interdiction d'emploi 8 semaines totales, dont 6 obligatoires après l'accouchement (L1225-4). (2) Congé maternité légal 16 semaines (26 si 3e enfant et plus). (3) Protection contre le licenciement pendant toute la grossesse, le congé et les 10 semaines suivant le retour (L1225-4-1). (4) Retour au poste ou poste équivalent garanti avec maintien des avantages (L1225-25). (5) Augmentation salariale obligatoire au moins égale aux augmentations générales accordées pendant l'absence (L1225-26). Toute violation = nullité + dommages-intérêts hors barème.

Questions fréquentes

8 semaines totales d'interdiction d'emploi autour de l'accouchement (L1225-4), dont 6 semaines obligatoires après la naissance. Cette interdiction d'ordre public absolu ne peut être levée même par accord entre la salariée et l'employeur. Le congé maternité légal complet est plus long : 16 semaines pour le 1er ou 2e enfant, 26 semaines à partir du 3e, 34 semaines pour des jumeaux, 46 semaines pour des triplés et plus.

Non. Les 6 semaines post-natales sont d'ordre public absolu. Même si la salariée le demande expressément (raisons financières, ennui, motivation professionnelle), l'employeur doit refuser. Un employeur qui accepterait commettrait une infraction pénale (amende de 1 500 €, R1227-7). Cette protection vise la santé physique de la mère (cicatrisation, allaitement, récupération physiologique).

Toute pression (mails, appels, menaces sur le poste) pour un retour anticipé constitue une discrimination liée à la grossesse (L1132-1) cumulée avec une violation de L1225-4. Sanctions : amende pénale, dommages-intérêts pour préjudice moral (5 000 à 15 000 €), action devant le Défenseur des droits, prud'hommes pour discrimination. Conserver tous les écrits comme preuves.

Indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) : 100 % du salaire journalier de base, plafonné au PASS, sans jour de carence. Complément employeur selon la convention collective (souvent maintien du salaire net intégral). Acquisition normale de congés payés. Maintien de la mutuelle et des prestations sociales. Possible prime de naissance si prévue par accord.

Possible prolongation du congé postnatal jusqu'à 4 semaines supplémentaires sur prescription médicale (L1225-21). L'interdiction d'emploi est étendue à toute cette période prolongée. Salaire maintenu via IJSS + complément employeur. En cas de complications imputables à un retour prématuré ordonné par l'employeur : faute inexcusable (L4131-4) avec majoration de la rente AT/MP et indemnisation des préjudices personnels.

Oui. Articulation possible avec : congé pathologique prénatal (2 semaines max) si grossesse difficile, congé d'allaitement (1h/jour pendant 1 an, L1225-30), congé parental d'éducation après le congé maternité (jusqu'à 3 ans, L1225-47). La salariée bénéficie aussi de la protection contre le licenciement pendant toute la grossesse, le congé maternité et les 10 semaines suivant le retour (L1225-4-1).
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 02/06/2026.