Article R4721-5 · En vigueur

Article R4721-5 — Tableau des dispositions à mise en demeure préalable et délais minimaux

L'article R4721-5 établit le tableau des dispositions santé-sécurité pour lesquelles l'inspection du travail doit adresser une mise en demeure préalable avant de verbaliser, avec le délai minimum d'exécution correspondant (8 jours, 1 mois ou 3 mois).

Ce que dit l'article R4721-5

Texte officiel en vigueur depuis le 02/06/2025 :

Le tableau ci-après détermine les dispositions de la présente partie qui donnent lieu à l'application de la procédure de mise en demeure préalable ainsi que le délai minimum d'exécution :

Source : Légifrance

Nature
Partie réglementaire
Partie IV
Santé et sécurité au travail
Livre
Livre VII
Titre
Titre II — Mises en demeure et demandes de vérification
Chapitre
Chapitre Ier — Mises en demeure
Section
Section 2 — Mise en demeure préalable de l'agent de contrôle de l'inspection du travail

L'article R4721-5 liste les obligations pour lesquelles l'inspection du travail doit d'abord mettre en demeure avant de sanctionner, et fixe pour chacune un délai minimum d'exécution. C'est la « carte » des situations où l'employeur bénéficie d'un temps de régularisation avant tout procès-verbal.

Ce que dit l'article R4721-5

Texte officiel en vigueur au 2 juin 2025 :

Le tableau ci-après détermine les dispositions de la présente partie qui donnent lieu à l'application de la procédure de mise en demeure préalable ainsi que le délai minimum d'exécution :

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Pour certaines infractions à la réglementation santé-sécurité, la loi impose à l'agent de contrôle de l'inspection du travail de ne pas verbaliser immédiatement : il doit d'abord adresser une mise en demeure et laisser un délai minimum à l'employeur pour se mettre en conformité. R4721-5 recense ces dispositions dans un tableau et fixe, pour chacune, ce délai plancher (8 jours, 1 mois ou 3 mois).

L'intérêt de cet article est très pratique : il permet de savoir, obligation par obligation, si l'on bénéficie d'un délai de régularisation et lequel. À noter que ce délai est un minimum : l'agent peut accorder davantage, jamais moins.

Quelques délais fixés par le tableau (extrait sourcé Légifrance)

Domaine viséDélai minimum
Obligations relatives aux lieux de travail (titre II, livre II)8 jours
Formation des secouristes en atelier dangereux (R4224-15)1 mois
Principes généraux d'utilisation des équipements de travail (R4321-1 à R4321-5)8 jours
Équipements de protection individuelle (R4323-91 à R4323-94)8 jours
Passages et allées de circulation (R4323-12)3 mois
Voies de circulation des équipements mobiles (R4323-50)3 mois
Mesures relatives aux épisodes de chaleur intense (R4463-1)8 jours
Risques chimiques — débordements (R4412-17)1 mois
Local dédié à l'allaitement (L1225-32)1 mois

Extrait non exhaustif. Le tableau complet et à jour figure sur Légifrance (version issue du décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, qui a notamment ajouté les mesures « chaleur intense »).

Qui est concerné ?

  • Tous les employeurs susceptibles d'un contrôle sur ces obligations.
  • Les services HSE, qui peuvent s'appuyer sur ce tableau pour prioriser les mises en conformité.
  • Les agents de contrôle de l'inspection du travail, tenus d'appliquer la procédure préalable pour ces dispositions.

Ce que cela implique en pratique

  • Identifier si l'obligation en cause figure au tableau (délai de régularisation) ou non (verbalisation possible sans délai).
  • Réagir dans le délai imparti, qui ne peut être inférieur au minimum du tableau.
  • Documenter la mise en conformité pour la justifier auprès de l'inspection.

Le mécanisme complète l'article R4721-1 (situations dangereuses ouvrant la mise en demeure de l'administration) et s'inscrit dans le contrôle de l'obligation de sécurité de l'article L4121-1.

Risques en cas de non-respect

Passé le délai sans régularisation, l'agent de contrôle peut dresser procès-verbal et l'employeur s'expose aux sanctions pénales prévues, notamment par l'article L4741-1. Pour les dispositions hors tableau, ou en cas de danger grave et imminent, la mise en demeure préalable n'est pas requise : la réaction de l'inspection peut être immédiate.

Articles connexes du Code du travail

L'article R4721-5 se lit en lien avec :

  • Article R4721-1 — les situations dangereuses ouvrant droit à mise en demeure.
  • Article L4121-1 — l'obligation générale de sécurité.
  • Article R4141-3 — la formation à la sécurité, dont certains volets figurent au tableau.
Publicité

Cas pratiques

Cas n°1 — EPI non conformes

Un contrôle relève des équipements de protection individuelle non conformes (articles R4323-91 à R4323-94). Ces dispositions figurent au tableau de R4721-5 avec un délai minimum de 8 jours : l'agent de contrôle met l'employeur en demeure de régulariser sous ce délai plancher avant toute verbalisation.

Cas n°2 — Voies de circulation d'engins mobiles

Les voies de circulation des équipements mobiles (R4323-50) sont inadaptées. Le tableau prévoit ici un délai minimum de 3 mois, tenant compte de l'ampleur des travaux d'aménagement souvent nécessaires. L'employeur dispose donc d'au moins trois mois pour se mettre en conformité.

Cas n°3 — Danger grave et imminent : pas de délai

Face à un danger grave et imminent (par exemple un risque de chute de hauteur non protégé), la logique de délai de R4721-5 ne s'applique pas : l'inspection peut réagir immédiatement (arrêt de travaux, référé). Le tableau ne concerne que les dispositions soumises à la procédure de mise en demeure préalable.

Questions fréquentes

Il liste, dans un tableau, les obligations santé-sécurité pour lesquelles l'agent de contrôle de l'inspection du travail doit d'abord mettre en demeure l'employeur avant de verbaliser, et fixe pour chacune un délai minimum d'exécution.

Selon la disposition en cause : 8 jours, 1 mois ou 3 mois. Il s'agit de délais planchers : l'agent peut en accorder de plus longs, jamais de plus courts.

Non. Seules les dispositions figurant au tableau de R4721-5 ouvrent droit à la procédure de mise en demeure préalable. Pour les autres, ou en cas de danger grave et imminent, la réaction de l'inspection peut être immédiate.

Oui. Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 a fait évoluer le tableau, en y intégrant notamment les mesures relatives aux épisodes de chaleur intense (article R4463-1).

Passé le délai sans mise en conformité, l'agent de contrôle peut dresser procès-verbal, exposant l'employeur aux sanctions pénales prévues, notamment par l'article L4741-1.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 08/07/2026.