IDCC 0567 · En vigueur

Convention collective nationale de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie et activités qui s'y rattachent

L'IDCC 567 régit les salariés de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie et activités qui s'y rattachent. Repères pratiques sur les savoir-faire de luxe, les risques chimiques, la sûreté en boutique et les diplômes.

IDCC
0567
Secteur
Industrie
Date de création
05/02/1968

Présentation

La convention collective nationale de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie et activités qui s'y rattachent (IDCC 567) régit les salariés des ateliers de fabrication de bijoux et d'objets précieux, des commerces de détail spécialisés, et des ateliers de réparation et restauration. Elle couvre un secteur où se mêlent savoir-faire artisanaux de très haut niveau et exigences de sécurité particulières liées à la manipulation de métaux et pierres précieux.

Champ d'application

  • la fabrication de bijoux et joyaux en métaux et pierres précieux ;
  • l'orfèvrerie (objets d'art, services de table en métaux précieux) ;
  • les commerces de détail de bijouterie-joaillerie ;
  • les ateliers de sertissage, gravure, polissage spécialisés ;
  • les activités de réparation et restauration d'objets précieux.

Le commerce de gros de pierres précieuses peut relever d'autres conventions. L'horlogerie dispose souvent d'une convention spécifique. La maroquinerie (IDCC 1539) couvre les articles en cuir, distincts de la bijouterie.

Catégories couvertes

Ouvriers (joailliers, sertisseurs, polisseurs, graveurs, monteurs, designers d'atelier), vendeurs (vendeuses spécialisées, vendeurs experts en gemmologie), techniciens et agents de maîtrise (chefs d'atelier, responsables qualité), cadres (designers, gemmologues, directeurs de boutique). Classification valorisant les savoir-faire et les qualifications spécialisées.

Spécificités notables

  • Savoir-faire artisanaux : la bijouterie-joaillerie française repose sur des compétences de très haut niveau (sertissage à griffes, polissage main, gravure, monture), valorisées par la classification et la rémunération ;
  • Diplômes structurants : CAP art et techniques de la bijouterie, joaillerie, sertissage, polissage ; BMA bijou ; diplôme de gemmologue ; brevet de maîtrise (BM bijouterie) ;
  • Risques chimiques : acides (décapage, dorure), métaux lourds (plomb, cadmium dans certaines soudures), poussières métalliques — captage à la source, EPI, suivi médical renforcé ;
  • Risques mécaniques : tours, perceuses, polisseuses — protections, formation ;
  • Risque visuel : travail de précision continue — éclairage adapté, surveillance ophtalmologique recommandée ;
  • Sûreté : manipulation de valeurs importantes, protocoles de stockage et de transport sécurisé, formation à la gestion des incidents (vol, agression) ;
  • Travail le samedi systématique en commerce de détail ;
  • Prévoyance et frais de santé de branche.

Pour les montants exacts, consultez la version en vigueur sur Légifrance.

Champ d'application

Cette convention concerne principalement les entreprises classées sous les codes NAF suivants :

32.11Z 32.12Z 32.13Z 47.77Z

Liste indicative — votre convention réelle peut différer selon l'activité principale réellement exercée et les éventuels accords d'entreprise.

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Points clés

  • IDCC 567 : convention collective nationale de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie et activités qui s'y rattachent.
  • Champ couvert : ateliers de fabrication de bijoux et joyaux, orfèvrerie, commerces de détail spécialisés, ateliers de sertissage/gravure/polissage, réparation et restauration.
  • Hors champ : commerce de gros pierres précieuses (autres conventions), horlogerie (convention propre fréquemment), maroquinerie (IDCC 1539).
  • Catégories : ouvriers (joailliers, sertisseurs, polisseurs, graveurs), vendeurs spécialisés, techniciens et agents de maîtrise, cadres (designers, gemmologues).
  • Diplômes : CAP bijouterie/joaillerie/sertissage/polissage, BMA bijou, diplôme de gemmologue, BM.
  • Savoir-faire : très haut niveau (sertissage griffes, polissage main, gravure), valorisé par la classification.
  • Risques chimiques : acides, métaux lourds, poussières métalliques. Captage, EPI, suivi médical.
  • Risque visuel : éclairage adapté, surveillance ophtalmologique recommandée.
  • Sûreté : valeurs importantes, protocoles de stockage et transport sécurisé.
  • Vérification du rattachement : bulletin de paie obligatoire mentionnant la convention (article R3243-1 du Code du travail).

Cas pratiques

Cas n° 1 — Sertisseur exposé aux poussières métalliques

Un sertisseur manipule au quotidien des métaux précieux (or, platine), du cadmium présent dans certaines soudures à bas point de fusion, et inhale des poussières fines lors du polissage. Le cadmium est classé CMR (cancérogène). L'employeur doit évaluer le risque chimique au DUERP, mettre en place un captage à la source au poste de travail (aspiration), fournir des EPI respiratoires si nécessaire et organiser un suivi médical renforcé (articles R.4412-1 et suivants du Code du travail). Substituer le cadmium dans les soudures est l'une des mesures de prévention recommandées.

Cas n° 2 — Reclassification après acquisition d'expertise

Un joaillier acquiert progressivement la maîtrise du sertissage micro-pavé et de techniques de haute joaillerie. La convention 567 fait reposer la classification sur le niveau réel de qualification et de savoir-faire. Le salarié peut demander à son employeur un entretien pour faire reconnaître la maîtrise de ces techniques et obtenir un repositionnement. En cas de refus injustifié, le conseil de prud'hommes peut être saisi pour un reclassement et un rappel de salaire.

Cas n° 3 — Vendeuse face à un cas de sûreté

Une vendeuse en boutique de joaillerie subit une tentative de vol avec menace. L'événement constitue un accident du travail à déclarer dans les 24 heures à l'employeur, qui le déclare à la CPAM dans les 48 heures. Au-delà des soins (suivi psychologique notamment), l'employeur doit avoir évalué le risque au DUERP, formé le personnel à la gestion des incidents, mis en place des dispositifs de sécurité (sas, alarme, vidéosurveillance, bouton d'alerte). Un manquement peut être qualifié de faute inexcusable, ouvrant droit à une indemnisation complémentaire.

Questions fréquentes

L'IDCC 567 est l'identifiant ministériel de la convention collective nationale de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie et activités qui s'y rattachent. Elle régit les salariés des ateliers de fabrication, des commerces de détail spécialisés et des ateliers de réparation et restauration.

Le secteur valorise les CAP (art et techniques de la bijouterie, joaillerie, sertissage, polissage), le BMA (brevet des métiers d'art) bijou, le diplôme de gemmologue, le BM (brevet de maîtrise) bijouterie. Ces qualifications structurent la classification conventionnelle et la rémunération.

Oui. Le cadmium présent dans certaines soudures à bas point de fusion est classé CMR. Les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail imposent une évaluation du risque, la substitution si possible, un captage à la source, des EPI respiratoires et un suivi médical renforcé pour les agents exposés.

Oui. L'employeur doit évaluer le risque d'agression/vol au DUERP, former le personnel à la gestion des incidents, mettre en place des dispositifs de sécurité (sas, alarme, vidéosurveillance, bouton d'alerte). En cas d'incident, l'événement constitue un accident du travail et l'employeur doit organiser un soutien psychologique. Un manquement peut être qualifié de faute inexcusable.

Oui. La convention 567 fait reposer la classification sur le niveau réel de qualification et de savoir-faire. L'acquisition de techniques avancées (sertissage micro-pavé, haute joaillerie) peut justifier un repositionnement. En cas de refus injustifié de l'employeur, le conseil de prud'hommes peut être saisi.

Oui en commerce de détail (les boutiques sont ouvertes le samedi). Le repos hebdomadaire de 35 heures consécutives doit néanmoins être respecté, par un repos en début de semaine. Les heures effectuées au-delà de la durée légale ou conventionnelle ouvrent droit à majoration ou repos compensateur.
Cette fiche a une vocation informative. La convention collective réellement applicable à votre situation peut différer (accord d'entreprise, dérogation, multi-activité). Vérifiez la mention « Convention collective applicable » sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail) ou demandez-la à votre employeur. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 03/06/2026.