Convention collective nationale de l'industrie de la maroquinerie, articles de voyage, chasse, sellerie, gainerie, bracelets en cuir
L'IDCC 1539 régit les salariés de la maroquinerie, des articles de voyage, de la sellerie et de la gainerie. Repères pratiques sur les savoir-faire de luxe, les risques chimiques (colles) et la prévention des TMS.
Présentation
La convention collective nationale de l'industrie de la maroquinerie, articles de voyage, chasse, sellerie, gainerie, bracelets en cuir (IDCC 1539) a été signée le 9 octobre 1989. Elle régit les salariés des entreprises de fabrication d'articles de maroquinerie de luxe et de série : sacs à main, portefeuilles, valises, ceintures, bracelets en cuir, articles de chasse et de sellerie.
Champ d'application
- la maroquinerie (sacs à main, petits articles, ceintures) ;
- les articles de voyage (valises, sacs de voyage) ;
- les articles de chasse et de sellerie ;
- la gainerie (étuis, écrins) ;
- les bracelets en cuir (notamment pour l'horlogerie).
L'industrie des cuirs et peaux (tannage, mégisserie) relève de l'IDCC 207. La fabrication de chaussures relève d'une convention distincte. Le commerce de détail d'articles de maroquinerie relève d'autres conventions selon l'activité dominante.
Catégories couvertes
Ouvriers (coupeurs, piqueurs, monteurs, finisseurs, sertisseurs), techniciens et agents de maîtrise (chefs d'équipe, contrôleurs qualité, modélistes), cadres (responsables d'atelier, designers, directeurs de production). Classification par coefficients, valorisant les savoir-faire artisanaux et l'expérience.
Spécificités notables
- Savoir-faire artisanaux : la maroquinerie de luxe française repose sur des compétences de haute valeur ajoutée (coupe à la main, piqûre sellier, finitions à la cire), valorisées par la classification et la rémunération ;
- Formation continue renforcée : transmission des gestes, écoles internes de certains grands ateliers, certifications professionnelles (CAP maroquinerie, CAP sellier-harnacheur, BMA, brevet de maîtrise) ;
- Risques mécaniques : machines à coudre industrielles, presses, refendeuses — formation à la sécurité, protections ;
- Risques chimiques : colles, solvants, produits de finition — captage à la source, ventilation, EPI, suivi médical renforcé si exposition à des CMR (articles R.4412-1 et suivants du Code du travail) ;
- TMS : gestes répétitifs, posture assise prolongée — prévention obligatoire au DUERP ;
- Pression sur les délais en haute couture : pics de production saisonniers (collections), recours possible à l'aménagement du temps de travail ;
- Prévoyance et frais de santé de branche.
Pour les montants exacts, consultez la version en vigueur sur Légifrance.
Champ d'application
Cette convention concerne principalement les entreprises classées sous les codes NAF suivants :
15.12Z
Liste indicative — votre convention réelle peut différer selon l'activité principale réellement exercée et les éventuels accords d'entreprise.
Points clés
- IDCC 1539 : convention collective nationale de l'industrie de la maroquinerie, articles de voyage, chasse, sellerie, gainerie, bracelets en cuir, signée le 9 octobre 1989.
- Champ couvert : maroquinerie, articles de voyage, chasse et sellerie, gainerie, bracelets en cuir (notamment horlogerie).
- Hors champ : industrie des cuirs et peaux (IDCC 207), chaussures (convention propre), commerce de détail.
- Catégories : ouvriers (coupeurs, piqueurs, monteurs, finisseurs), techniciens et agents de maîtrise, cadres (designers, responsables d'atelier).
- Savoir-faire : maroquinerie de luxe valorisée par la classification (coupe main, piqûre sellier, finitions à la cire).
- Formation : CAP maroquinerie, CAP sellier-harnacheur, BMA, brevet de maîtrise. Écoles internes pour certains grands ateliers.
- Risques mécaniques : machines à coudre industrielles, presses, refendeuses.
- Risques chimiques : colles, solvants, produits de finition — captage, EPI, suivi médical.
- TMS : gestes répétitifs et posture assise — prévention obligatoire au DUERP.
- Vérification du rattachement : bulletin de paie obligatoire mentionnant la convention (article R3243-1 du Code du travail).
Cas pratiques
Cas n° 1 — Piqueuse exposée aux colles et solvants
Une piqueuse manipule régulièrement des colles néoprènes et des solvants pour le montage des pièces de cuir. Plusieurs composants sont des irritants ou des sensibilisants cutanés et respiratoires reconnus. L'employeur doit évaluer le risque chimique au DUERP, mettre en place un captage à la source au poste, fournir des gants nitrile et une protection respiratoire si nécessaire, tenir les fiches de données de sécurité à disposition. Une dermite ou un asthme professionnel peut être reconnu en maladie professionnelle.
Cas n° 2 — Reclassement après évolution des missions
Un monteur en maroquinerie acquiert progressivement des compétences en piqûre sellier (cousure main caractéristique du haut de gamme). La convention 1539 fait reposer la classification sur le niveau réel de qualification, d'autonomie et de savoir-faire. Le salarié peut demander à son employeur un entretien pour faire reconnaître la maîtrise de cette technique et obtenir un repositionnement. En cas de refus injustifié, le conseil de prud'hommes peut être saisi pour un reclassement et un rappel de salaire.
Cas n° 3 — TMS d'un coupeur
Un coupeur développe une tendinopathie au poignet et à l'épaule après des années de découpe à la presse et de manipulation de peaux. Les TMS liés aux gestes répétitifs et au port de charges peuvent être reconnus comme maladies professionnelles (tableau 57 du régime général). L'employeur doit évaluer ce risque au DUERP, fournir un matériel ergonomique (tables réglables, postes adaptés), former aux gestes et postures et organiser des rotations. Un manquement peut être qualifié de faute inexcusable.
Questions fréquentes
Page mise à jour le 29/05/2026.