Convention collective nationale des industries de la chaussure et des articles chaussants
L'IDCC 1580 régit les salariés de la fabrication industrielle de chaussures et d'articles chaussants. Repères pratiques sur les diplômes, les TMS, les colles néoprènes et la recomposition du secteur.
Présentation
La convention collective nationale des industries de la chaussure et des articles chaussants (IDCC 1580) a été signée le 7 mars 1962. Elle régit les salariés des entreprises de fabrication industrielle de chaussures et d'articles chaussants : chaussures cuir, chaussures de ville, de sport, de sécurité, chaussons, pantoufles. Le secteur a connu une forte recomposition liée à la concurrence internationale, avec un recentrage français sur le haut de gamme, la chaussure technique et la chaussure de sécurité.
Champ d'application
- la fabrication de chaussures en cuir (ville, sport, mode) ;
- la fabrication de chaussures de sécurité et techniques (EPI) ;
- la fabrication de chaussons, pantoufles et chaussures d'intérieur ;
- certaines activités d'assemblage et finition de chaussures.
L'industrie des cuirs et peaux (tannage) relève de l'IDCC 207. La maroquinerie relève de l'IDCC 1539. Le commerce de détail de la chaussure peut relever de l'IDCC 1483 (habillement) ou de conventions distinctes selon l'activité. Les chaussures de sport spécialisées peuvent suivre les mêmes filières mais relever de réseaux distincts.
Catégories couvertes
Ouvriers (piqueurs, monteurs, finisseurs, contrôleurs qualité, opérateurs sur machines), techniciens et agents de maîtrise (chefs d'équipe, modélistes, prototypistes), cadres (designers, responsables de production, R&D). Classification par coefficients.
Spécificités notables
- Recomposition du secteur : forte concurrence internationale, recentrage français sur le luxe (haute chaussure), la chaussure technique (sécurité, sport, médicale) et les marques de niche ;
- Diplômes : CAP chaussure et maroquinerie, BMA bottier-modéliste, brevet de maîtrise — valorisés par la classification ;
- TMS : gestes répétitifs (piqûre machine, montage), posture assise prolongée — prévention obligatoire au DUERP. Les TMS peuvent être reconnus en maladie professionnelle (tableau 57 du régime général) ;
- Risques chimiques : colles néoprènes, solvants (toluène, cétones), produits de finition — captage à la source, EPI, suivi médical renforcé pour les agents exposés à des CMR (articles R.4412-1 et suivants du Code du travail) ;
- Risques mécaniques : presses, machines à piquer, butoirs de finition — formation, protections ;
- Bruit en ateliers de production — protection auditive selon les seuils ;
- Prévoyance et frais de santé de branche.
Pour les montants exacts, consultez la version en vigueur sur Légifrance.
Champ d'application
Cette convention concerne principalement les entreprises classées sous les codes NAF suivants :
15.20Z
Liste indicative — votre convention réelle peut différer selon l'activité principale réellement exercée et les éventuels accords d'entreprise.
Points clés
- IDCC 1580 : convention collective nationale des industries de la chaussure et des articles chaussants, signée le 7 mars 1962.
- Champ couvert : fabrication de chaussures cuir, de sport, de sécurité, chaussons et pantoufles, articles chaussants, assemblage et finition.
- Hors champ : tannage des cuirs (IDCC 207), maroquinerie (IDCC 1539), commerce de détail (IDCC 1483 ou conventions distinctes), articles de sport (IDCC 1517).
- Catégories : ouvriers (piqueurs, monteurs, finisseurs), techniciens et agents de maîtrise (modélistes), cadres (designers, R&D).
- Diplômes : CAP chaussure et maroquinerie, BMA bottier-modéliste, brevet de maîtrise.
- Recomposition du secteur : luxe, chaussure technique (sécurité, sport, médicale), marques de niche face à la concurrence internationale.
- TMS reconnus (tableau 57 du régime général) — prévention obligatoire au DUERP.
- Risques chimiques : colles néoprènes, solvants — captage, EPI, suivi médical renforcé pour les CMR.
- Risques mécaniques : presses, machines à piquer, butoirs — formation, protections.
- Vérification du rattachement : bulletin de paie obligatoire mentionnant la convention (article R3243-1 du Code du travail).
Cas pratiques
Cas n° 1 — Piqueuse de chaussure et TMS
Une piqueuse en chaussure développe une tendinopathie du poignet après des années de couture intensive. Les TMS liés aux gestes répétitifs sont reconnus comme maladies professionnelles via le tableau n° 57 du régime général. L'employeur doit évaluer le risque au DUERP, fournir un matériel ergonomique (assise réglable, repose-pied, pédale à hauteur adaptée), organiser des rotations de tâches et former aux gestes et postures. Un manquement peut être qualifié de faute inexcusable, ouvrant droit à une indemnisation complémentaire.
Cas n° 2 — Colles et solvants en assemblage
Un monteur utilise quotidiennement des colles néoprènes et des solvants pour assembler chaussures et semelles. Plusieurs solvants (toluène, n-hexane) sont des agents chimiques dangereux, certains classés CMR. Les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail imposent : substitution si possible (colles à base aqueuse), captage à la source, EPI respiratoires adaptés, suivi médical renforcé. Une pathologie liée à l'exposition (asthme, atteintes neurologiques) peut être reconnue en maladie professionnelle.
Cas n° 3 — Reclassement après évolution des techniques
Une modéliste acquiert progressivement la maîtrise des outils de CAO 3D (modélisation chaussure assistée par ordinateur). La convention 1580 fait reposer la classification sur le niveau réel de qualification et de savoir-faire. La salariée peut demander à son employeur un entretien pour faire reconnaître la maîtrise des nouveaux outils et obtenir un repositionnement. En cas de refus injustifié, le conseil de prud'hommes peut être saisi pour un reclassement et un rappel de salaire.
Questions fréquentes
Page mise à jour le 05/06/2026.