Convention collective nationale de la métallurgie
L'IDCC 3248 unifie depuis 2024 l'ensemble des conventions de la métallurgie (ex-IDCC 0650 et conventions territoriales OETAM). Repères pratiques sur la classification, les salaires minima et les droits des salariés.
Convention complète disponible
Texte intégral, grilles de salaires, dispositions détaillées
Présentation
La nouvelle convention collective nationale de la métallurgie (IDCC 3248) a été signée le 7 février 2022 et est entrée pleinement en vigueur le 1er janvier 2024. Elle remplace 76 conventions antérieures — la convention nationale des ingénieurs et cadres de 1972 ainsi que les conventions territoriales (régionales ou départementales) qui couvraient jusqu'alors les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (ETAM) de la métallurgie.
Un texte unique pour toute la branche
L'objectif de la convention 3248 est de mettre en place un statut conventionnel unifié pour l'ensemble des salariés de la métallurgie, indépendamment de leur catégorie professionnelle et de leur territoire :
- une classification unique en 18 classes d'emploi, fondée sur l'analyse de l'emploi tenu (et non plus sur des coefficients hérités des conventions antérieures) ;
- une grille de rémunération minimale unique au niveau national, négociée chaque année par les partenaires sociaux ;
- des dispositions communes en matière de durée du travail, congés, prévoyance, frais de santé, rupture du contrat et protection sociale complémentaire.
L'arrêté d'extension du 14 décembre 2022 a rendu la quasi-totalité du texte applicable à toutes les entreprises de la branche, y compris non-adhérentes aux organisations signataires.
Champ d'application
La convention métallurgie s'applique aux entreprises dont l'activité principale relève de la transformation des métaux, de la mécanique, de la construction mécanique et des industries connexes. Cela inclut notamment :
- la sidérurgie et la première transformation des métaux ;
- la mécanique industrielle, la chaudronnerie, la fabrication de machines ;
- l'automobile (constructeurs et équipementiers), le ferroviaire, l'aéronautique et le spatial, le naval ;
- la fabrication de composants électroniques et électriques, l'instrumentation, l'optique de précision ;
- les services techniques associés (maintenance industrielle, ingénierie de production).
Architecture du texte
La convention 3248 est organisée en huit chapitres et complétée par plusieurs accords autonomes (protection sociale, prévoyance, formation, dialogue social). Le texte traite notamment :
- la classification et la rémunération minimale conventionnelle ;
- la durée et l'organisation du temps de travail, y compris le forfait annuel en jours pour les cadres et certains salariés autonomes ;
- le contrat de travail (période d'essai, préavis, indemnité de licenciement, rupture conventionnelle) ;
- la santé, sécurité et conditions de travail ;
- les congés (légaux, ancienneté, événements familiaux) ;
- la protection sociale complémentaire (frais de santé et prévoyance).
Pour les montants exacts (salaire mini par classe d'emploi, indemnités de licenciement, prime de panier, etc.), consultez la version en vigueur sur Légifrance et le dernier avenant salaires.
Champ d'application
Cette convention concerne principalement les entreprises classées sous les codes NAF suivants :
24.10Z 25.11Z 25.50A 25.62A 25.62B 28.11Z 28.13Z 28.14Z 28.15Z 28.41Z 29.10Z 29.32Z 30.30Z 33.11Z 33.12Z
Liste indicative — votre convention réelle peut différer selon l'activité principale réellement exercée et les éventuels accords d'entreprise.
Points clés
- IDCC 3248 : convention collective nationale de la métallurgie, signée le 7 février 2022, en vigueur depuis le 1er janvier 2024 après arrêté d'extension du 14 décembre 2022.
- Remplace 76 conventions antérieures : la convention nationale ingénieurs et cadres de la métallurgie (ex-IDCC 0650) et l'ensemble des conventions territoriales OETAM (ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise).
- Classification unique en 18 classes d'emploi, fondée sur l'analyse de l'emploi tenu (6 critères classants) et non plus sur des coefficients hérités.
- Grille de salaires nationale : un minimum conventionnel unique par classe d'emploi, négocié annuellement (NAO). Plus de différences régionales sur le salaire mini.
- Forfait annuel en jours ouvert aux cadres et à certains salariés non-cadres autonomes, dans le cadre prévu par la convention et avec les garanties légales (suivi de la charge, droit à la déconnexion).
- Préavis et indemnité de licenciement : barèmes spécifiques à la convention, distincts du minimum légal. Vérifier dans le texte en vigueur le barème applicable à votre classe d'emploi et à votre ancienneté.
- Protection sociale complémentaire : régime conventionnel frais de santé et prévoyance avec garanties planchers et financement employeur encadré.
- Vérification du rattachement : le bulletin de paie mentionne obligatoirement la convention collective applicable (article R3243-1 du Code du travail). En cas de litige, l'activité principale réelle de l'entreprise prime sur le seul code NAF.
Cas pratiques
Cas n° 1 — Salarié reclassé dans la nouvelle classification
Un technicien de maintenance industrielle relevait, avant le 1er janvier 2024, d'une convention territoriale OETAM avec un coefficient hiérarchique. Depuis l'entrée en vigueur de l'IDCC 3248, son employeur lui notifie un positionnement dans l'une des 18 classes d'emploi. La nouvelle classification repose sur l'analyse de l'emploi réellement tenu (6 critères : complexité, autonomie, contribution, encadrement, communication, connaissances requises). Le salarié peut demander à son employeur les éléments ayant conduit à son positionnement et, en cas de désaccord, saisir les instances internes de recours puis, si besoin, le conseil de prud'hommes.
Cas n° 2 — Cadre en forfait jours en sidérurgie
Une ingénieure recrutée en CDI dans un site sidérurgique se voit proposer un forfait annuel en jours. La convention 3248 autorise ce dispositif pour les cadres et les salariés autonomes éligibles, mais la convention de forfait doit être expressément écrite, le salarié doit bénéficier d'un suivi effectif de la charge de travail et d'un entretien annuel dédié. À défaut, la jurisprudence constante de la Cour de cassation considère la convention de forfait comme privée d'effet, ouvrant droit au paiement rétroactif des heures supplémentaires accomplies.
Cas n° 3 — Comparaison ancien / nouveau régime
Lors du passage à l'IDCC 3248, certains salariés peuvent constater que des avantages individuels de l'ancienne convention (prime spécifique, indemnité, congé exceptionnel) ne sont pas repris à l'identique. La convention 3248 prévoit des mécanismes de maintien des éléments de rémunération acquis pour éviter les baisses. En cas de doute sur le maintien d'un avantage, le salarié peut demander à son employeur le calcul comparatif ancien / nouveau régime, et solliciter au besoin l'avis du CSE ou de l'inspection du travail.
Questions fréquentes
Page mise à jour le 25/05/2026.