Sécurité Incendie

Installations techniques et système de sécurité incendie

Module 3 / 5

Module 3 : Installations techniques et système de sécurité incendie 24 min de lecture

3.1 Le Système de Sécurité Incendie (SSI) et ses catégories

Quand un détecteur s'allume au plafond, ce n'est pas un simple voyant : c'est le maillon visible d'une chaîne technique qui relie la détection à la mise en sécurité de tout le bâtiment. Cette chaîne porte un nom : le Système de Sécurité Incendie, le SSI. Ce chapitre vous apprend à le lire, à le décomposer et à reconnaître sa catégorie — pour savoir, sur le terrain, ce que votre tableau peut faire et ne pas faire.

La chaîne du SSI : de la détection à la mise en sécurité

1. Détection (SDI)

Détecteurs et déclencheurs manuels repèrent le sinistre.

2. Traitement (CMSI)

Le centralisateur reçoit l'info et décide des actions.

3. Mise en sécurité (SMSI)

Compartimentage, désenfumage, évacuation, arrêts.

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Le SSI : un ensemble, pas un boîtier

Le Système de Sécurité Incendie (SSI) est l'ensemble des matériels qui, à partir d'informations sur un début d'incendie, déclenchent et coordonnent la mise en sécurité du bâtiment. Ce n'est pas un seul appareil : c'est un système qui se décompose en deux grands sous-ensembles.

  • Le Système de Détection Incendie (SDI) : tout ce qui sert à repérer le feu — détecteurs automatiques, déclencheurs manuels, et le tableau de signalisation qui reçoit ces informations.
  • Le Système de Mise en Sécurité Incendie (SMSI) : tout ce qui sert à agir une fois le feu détecté — les actionneurs qui ferment les portes, ouvrent les exutoires de fumée, déclenchent l'alarme et coupent certaines installations.

Entre les deux, un organe central fait le lien : le centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI). Il reçoit l'information de détection et commande les fonctions de mise en sécurité. C'est le cerveau du dispositif.

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Détecteurs et déclencheurs : comment le feu est repéré

La détection peut être automatique (le matériel repère seul un phénomène) ou manuelle (un occupant signale le feu). Les deux coexistent dans la plupart des établissements.

Côté détection automatique, on distingue plusieurs technologies, chacune adaptée à un type de phénomène :

  • Détecteurs de fumée : ils réagissent aux particules de combustion en suspension. Très répandus, ils repèrent souvent un feu couvant avant les flammes.
  • Détecteurs de chaleur : ils réagissent à une élévation de température. Utilisés là où la fumée ou les poussières fausseraient un détecteur de fumée (cuisines, locaux techniques).
  • Détecteurs de flamme : ils réagissent au rayonnement d'une flamme. Réservés à des risques particuliers où le feu se développe rapidement et sans fumée préalable.

Côté détection manuelle, les déclencheurs manuels (les boîtiers à membrane que l'on brise ou enfonce le long des circulations) permettent à toute personne de signaler immédiatement un départ de feu. Enfin, les diffuseurs d'alarme (sonores, et parfois lumineux) transmettent l'ordre d'évacuation aux occupants.

Réflexe terrain : je vérifie le type de détecteur avant de juger une alarme. Une alarme issue d'un détecteur de chaleur en cuisine ne se traite pas comme une alarme issue d'un détecteur de fumée dans un couloir. Le type d'origine oriente la levée de doute.
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Les fonctions de mise en sécurité

Une fois le feu détecté, le CMSI déclenche une ou plusieurs fonctions de mise en sécurité. Ce sont les actions concrètes qui protègent les occupants et limitent la propagation.

  • Le compartimentage : fermeture des portes coupe-feu et clapets pour cloisonner le bâtiment en volumes étanches au feu et aux fumées. On empêche le sinistre de gagner les zones voisines.
  • Le désenfumage : évacuation des fumées par des exutoires, ouvrants ou ventilateurs. Les fumées tuent plus souvent que les flammes ; les évacuer maintient des cheminements praticables.
  • L'évacuation : déclenchement de l'alarme sonore pour ordonner aux occupants de quitter les lieux, et déverrouillage éventuel des issues.
  • Les arrêts techniques : coupure ou mise en sécurité de certaines installations (ventilation de confort, ascenseurs renvoyés au niveau d'accès, etc.) pour ne pas alimenter ou propager le sinistre.
La fumée est le premier danger. Un local enfumé devient mortel et impraticable bien avant que les flammes n'arrivent. Le désenfumage et le compartimentage ne sont pas des options : ce sont les fonctions qui sauvent les voies d'évacuation.
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Les catégories de SSI, de A à E

Tous les bâtiments n'ont pas le même niveau d'exigence. On classe donc les SSI en cinq catégories, de A à E, selon leur complexité et l'étendue de leurs fonctions.

  • Catégorie A : la plus complète et la plus exigeante. Elle associe une détection automatique étendue à un dispositif de mise en sécurité riche, piloté par un CMSI. C'est le niveau attendu là où le risque pour les personnes est le plus élevé.
  • Catégories B, C, D : des niveaux intermédiaires, qui assurent de moins en moins de fonctions automatiques et de coordination à mesure que l'on descend l'alphabet.
  • Catégorie E : la plus simple. Les fonctions de mise en sécurité sont réduites au minimum.

Plus on va vers A, plus le système est complet, automatisé et coordonné ; plus on va vers E, plus il est élémentaire. La catégorie dépend du type d'établissement, de son effectif et de son risque — elle est définie par la réglementation applicable à chaque bâtiment.

Les catégories de SSI : du plus complet au plus simple
CatégorieNiveau d'exigencePrincipe
ALe plus completDétection automatique étendue + mise en sécurité riche pilotée par CMSI.
BÉlevéFonctions de mise en sécurité importantes, coordination réduite par rapport à A.
CIntermédiaireFonctions automatiques moins étendues.
DRéduitMise en sécurité limitée à quelques fonctions.
ELe plus simpleFonctions de mise en sécurité au minimum.

Lecture qualitative : A = le plus exigeant, E = le plus élémentaire. La catégorie est fixée par la réglementation propre à chaque type d'établissement.

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Équipements d'alarme et lecture du tableau de signalisation

Le SSI s'accompagne d'un équipement d'alarme dont le rôle est de prévenir les occupants et de leur ordonner l'évacuation. Le degré d'automatisme et de sophistication de cet équipement varie, là encore, selon le type d'établissement et son risque.

Sur le terrain, l'agent dialogue avec le tableau de signalisation du SDI : il indique l'état du système (veille, alarme, dérangement), localise la zone d'où vient l'information et permet les acquittements. Savoir lire ce tableau, c'est savoir où regarder en premier quand une alarme se déclenche.

Réflexe terrain : je localise la zone sur le tableau avant de me déplacer. Une alarme sans localisation, c'est du temps perdu. Le tableau me dit où aller lever le doute — je pars vers la bonne zone, pas au hasard.
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Ce que l'agent vérifie sur son SSI

Connaître son SSI, c'est pouvoir réagir vite et juste. Avant et pendant le service, l'agent garde en tête quelques vérifications de base.

  • Le tableau de signalisation est en position de veille, sans dérangement non traité.
  • Je sais où se trouve le CMSI et le tableau, et je sais lire l'état affiché.
  • Je connais la catégorie de mon SSI et donc les fonctions de mise en sécurité dont il dispose.
  • Les déclencheurs manuels sont accessibles, signalés et non obstrués.
  • Tout dérangement est consigné et signalé : un SSI en dérangement ne protège pas pleinement.
Pour approfondir le risque incendie côté prévention et organisation : Sensibilisation risques incendie
À retenir
  • Le SSI est un ensemble, pas un boîtier : il associe la détection (SDI) et la mise en sécurité (SMSI), reliés par le CMSI.
  • La détection est automatique (détecteurs de fumée, chaleur, flamme) ou manuelle (déclencheurs manuels). Les diffuseurs d'alarme transmettent l'ordre d'évacuer.
  • Les fonctions de mise en sécurité : compartimentage, désenfumage, évacuation, arrêts techniques. La fumée est le premier danger.
  • Les catégories de SSI vont de A à E : A = le plus complet et exigeant, E = le plus simple.
  • Le tableau de signalisation indique l'état du système et localise la zone : je localise avant de me déplacer.
  • Je connais ma catégorie, je sais lire mon tableau, et je consigne tout dérangement : un SSI en dérangement protège mal.