Sécurité Incendie

Gérer une situation et faire vivre la sécurité

Module 5 / 5

Module 5 : Gérer une situation et faire vivre la sécurité 22 min de lecture

5.1 Évacuation, assistance aux personnes et gestion de la panique

Quand l'alarme sonne, tout se joue en quelques minutes. L'évacuation n'est pas une fuite désordonnée : c'est une manœuvre organisée, avec des rôles précis, des cheminements identifiés et un point de rassemblement. Ce chapitre vous donne les réflexes de terrain pour faire sortir tout le monde, assister ceux qui ne peuvent pas se débrouiller seuls et tenir la panique à distance.

Le circuit d'une évacuation (schéma de principe)

Guide-file

En tête, il ouvre la marche et mène vers la sortie.

Cheminement balisé

Issues et dégagements signalés, désenfumés.

Serre-file

En queue, il vérifie que personne ne reste.

Point de rassemblement

Comptage et information des secours.

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Déclencher et organiser l'évacuation

Dès qu'un sinistre est confirmé, l'évacuation est ordonnée sans attendre. Une fois l'alarme générale déclenchée, l'objectif est simple : mettre toutes les personnes en sécurité, hors de la zone de danger, le plus vite possible et dans l'ordre.

L'évacuation suppose une organisation préparée à l'avance, connue de tous :

  • Des consignes affichées et des plans d'évacuation visibles, qui indiquent les cheminements et les sorties.
  • Des chargés d'évacuation désignés (guide-file, serre-file) qui ont un rôle précis le jour J.
  • Des exercices réguliers qui rendent le réflexe automatique, pour que personne n'hésite quand l'alarme sonne.
L'agent ne « propose » pas d'évacuer : quand la consigne est donnée, on évacue. Hésiter ou attendre « de voir » fait perdre les minutes les plus précieuses.
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Guide-file et serre-file : deux rôles complémentaires

L'évacuation d'un groupe repose sur deux fonctions clés, attribuées à l'avance.

Le guide-file se place en tête : il ouvre la marche, indique le chemin vers la sortie et entraîne le groupe vers le point de rassemblement. C'est lui qui donne le sens et le rythme.

Le serre-file ferme la marche : il s'assure que personne ne reste en arrière, vérifie les locaux qu'il traverse (bureaux, sanitaires) et ferme les portes derrière le groupe pour ralentir la propagation du feu et des fumées. C'est le dernier rempart contre l'oubli d'une personne.

Guide-file et serre-file ne sont pas forcément des agents de sécurité : ce sont souvent des salariés volontaires et formés. L'agent de sécurité incendie, lui, coordonne l'ensemble et fait le lien avec les secours.
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Cheminements, sorties et point de rassemblement

On n'évacue pas n'importe où ni n'importe comment. Les cheminements d'évacuation mènent aux issues et aux dégagements prévus à cet effet, balisés et désenfumés. Ces chemins doivent rester en permanence dégagés — c'est un point que l'agent vérifie au quotidien.

Tout le monde converge ensuite vers un point de rassemblement : un lieu sûr, situé à l'écart du bâtiment et hors de portée du sinistre, où l'on regroupe les personnes évacuées. C'est là que se fait le comptage et que l'on attend les consignes.

Jamais d'ascenseur pour évacuer. En cas d'incendie, un ascenseur peut s'arrêter au niveau du feu, se remplir de fumée ou tomber en panne avec ses occupants à l'intérieur. On évacue par les escaliers, point.
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Compter et informer les secours

Au point de rassemblement, l'évacuation n'est pas finie : il faut savoir si tout le monde est sorti. C'est tout l'enjeu du comptage.

Le comptage consiste à vérifier la présence des personnes évacuées, secteur par secteur, à partir de ce que savent les guide-files et serre-files. L'objectif est de répondre à une seule question décisive : manque-t-il quelqu'un, et si oui, où était-il vu pour la dernière fois ?

Cette information est capitale pour les sapeurs-pompiers à leur arrivée. Savoir qu'une personne manque et dans quelle zone oriente immédiatement leur recherche et peut sauver une vie.

Réflexe terrain : je vérifie le comptage avant d'annoncer « tout le monde est sorti ». Une affirmation non vérifiée transmise aux secours est plus dangereuse qu'un doute clairement énoncé.
Checklist : les gestes de l'évacuation
MomentGeste clé
Alarme déclenchéeJ'ordonne l'évacuation, j'oriente vers les sorties, je garde mon calme et ma voix posée.
Pendant le trajetGuide-file en tête, serre-file en queue, portes fermées derrière, escaliers uniquement.
Au point de rassemblementRegroupement, comptage par secteur, identification des éventuels manquants.
Arrivée des secoursJe transmets : sinistre, zone, personnes manquantes et leur dernière localisation.
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Assister les personnes à mobilité réduite

Toutes les personnes présentes ne peuvent pas évacuer de la même façon. Les personnes à mobilité réduite (en fauteuil, âgées, blessées, mais aussi temporairement gênées) demandent une assistance spécifique, anticipée.

Sans ascenseur disponible, ces personnes ne peuvent pas toujours descendre les escaliers seules. La réponse repose sur une notion clé : les espaces d'attente sécurisés (EAS). Ce sont des zones, généralement à proximité des escaliers, conçues pour mettre une personne à l'abri du feu et des fumées en attendant l'arrivée des secours qui la prendront en charge.

Le rôle de l'agent est de repérer ces personnes, les conduire ou les faire conduire vers un espace d'attente sécurisé, de noter précisément leur emplacement et de transmettre cette information aux sapeurs-pompiers. Une personne en attente sécurisée signalée aux secours est une personne prise en charge ; une personne oubliée est un drame.

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Gérer le stress, la panique et les personnes bloquées

Une foule qui panique est un danger en soi : bousculades, chutes, blocages aux issues, mouvements contraires. La gestion de la panique fait partie du métier.

Quelques principes simples limitent le risque de mouvement de panique :

  • Une attitude calme et ferme : l'agent rassure par son comportement. Une voix posée, des consignes claires et répétées valent mieux que des cris.
  • Des consignes courtes et directives : indiquer la sortie, le sens, sans débat — les gens suivent une direction claire.
  • Fluidifier les flux : éviter les goulots d'étranglement, répartir vers plusieurs sorties quand c'est possible.

Reste le cas des personnes restées bloquées (coincées par les fumées, par une porte, ou en attente sécurisée). L'agent ne se transforme pas en sauveteur improvisé au péril de sa vie : il localise, signale aux secours et sécurise l'accès. Le sauvetage en milieu enfumé est l'affaire des sapeurs-pompiers équipés pour cela.

Pour formaliser un dysfonctionnement constaté pendant une évacuation ou un exercice : Rapport d'incident / presque-accident
À retenir
  • L'évacuation est ordonnée sans attendre dès le sinistre confirmé : on évacue, on ne « propose » pas d'évacuer.
  • Guide-file en tête, serre-file en queue qui vérifie que personne ne reste et ferme les portes derrière le groupe.
  • On suit les cheminements balisés vers le point de rassemblement — et jamais d'ascenseur pour évacuer.
  • Le comptage répond à une question : manque-t-il quelqu'un, et où ? Cette info est décisive pour les secours.
  • Personnes à mobilité réduite : conduite vers un espace d'attente sécurisé, emplacement noté et transmis aux pompiers.
  • Face à la panique : calme, consignes claires, flux fluidifiés. Les personnes bloquées sont localisées et signalées, le sauvetage revient aux secours.