Concours de caporal SPP
Les QCM d'admissibilité

Module 2 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 2 : QCM d'admissibilité 14 min de lecture

2.1 QCM sur texte : repérer et analyser l'information

Premier écrit d'admissibilité, commun aux deux concours externes, le questionnaire à partir d'un texte ne demande aucune connaissance technique : il vérifie que vous savez lire vite et juste. C'est aussi l'épreuve où l'on perd le plus de points par précipitation, parce que les questions peuvent avoir plusieurs bonnes réponses. Ce chapitre présente le cadre de l'épreuve, une méthode de lecture et un texte d'entraînement rédigé pour la formation.

L'épreuve en quatre repères

1 heure

Durée fixée par le décret

Coefficient 1

Comme le second QCM

Commune

Aux deux concours externes

Moins de 5/20

Note éliminatoire

1

Ce que dit le texte, ce que dit la note de cadrage

Le décret n° 2020-1474 du 30 novembre 2020, qui fixe les modalités d'organisation des concours de sapeurs-pompiers professionnels, prévoit pour les deux concours externes de caporal une première épreuve d'admissibilité identique. Son intitulé réglementaire est repris mot pour mot par la note de cadrage des centres de gestion organisateurs :

« Un questionnaire à choix multiples à partir d'un texte ou dossier documentaire. Ce questionnaire a pour objet d'apprécier la capacité du candidat à repérer et analyser les informations contenues dans un texte. »

— Décret n° 2020-1474, intitulé cité par la note de cadrage indicative du 13 janvier 2023

Le texte réglementaire s'arrête là : 1 heure, coefficient 1, épreuve anonyme, note inférieure à 5 sur 20 éliminatoire, comme pour toutes les épreuves. Il n'existe pas de programme pour cette épreuve.

Tout le reste vient d'une note de cadrage indicative élaborée par les centres de gestion organisateurs pour le compte des SDIS, datée du 13 janvier 2023. Elle précise elle-même qu'elle « ne constitue pas un texte réglementaire dont les candidats pourraient se prévaloir ». On y lit notamment que :

  • les textes proposés « varient généralement de 800 à 1 200 mots maximum au total (soit 80 lignes environ) » ;
  • ils sont le plus souvent des articles de presse liés à l'actualité « au sens large », sans obligation de rapport avec le métier de sapeur-pompier ;
  • le QCM « pourra contenir, à titre indicatif, une trentaine de questions » ;
  • chaque question peut avoir une ou plusieurs réponses exactes, parmi 3 à 6 propositions environ.

Retenez la hiérarchie des sources : le décret fixe l'épreuve, la note de cadrage éclaire sur sa forme habituelle, et le sujet du jour fixe le barème. Le chapitre épreuves, coefficients et notes éliminatoires replace cette épreuve dans l'ensemble du concours.

2

Ce que l'épreuve évalue vraiment

La note de cadrage insiste sur un point qui surprend beaucoup de candidats : ce QCM « n'est pas une épreuve de français ». On ne vous interroge pas sur la grammaire ou l'orthographe pour elles-mêmes, mais sur votre capacité à comprendre un texte « correspondant à un enseignement de niveau 3 ».

Concrètement, la note distingue deux familles de questions :

Analyse et reformulation

Sens du titre, thèse défendue ou réfutée par l'auteur, arguments mobilisés, informations explicites du texte, reformulation d'une idée.

Vocabulaire

Sens d'un mot dans le texte, synonymes et antonymes, mots de même famille, sens propre ou sens figuré.

Surtout, la note précise que les questions « ne font pas appel à des connaissances extérieures au texte ». C'est une règle de méthode décisive : si une proposition est vraie dans la réalité mais ne figure pas dans le texte, elle n'est pas la réponse attendue. Beaucoup d'erreurs viennent de candidats qui répondent avec ce qu'ils savent, et non avec ce qu'ils ont lu.

Pour le vocabulaire, la difficulté est inverse : il faut juger le sens d'un mot dans son contexte. Un même mot peut avoir un sens courant et un sens différent dans la phrase du texte ; la question porte toujours sur le second.

3

Une méthode de lecture en trois passages

Une heure pour lire un texte d'environ 80 lignes et répondre à une trentaine de questions laisse peu de marge. Une méthode éprouvée consiste à ne pas lire le texte une seule fois de façon linéaire, mais en trois passages de nature différente. La répartition proposée ci-dessous est indicative.

PassageObjectifDurée indicative
1. Lecture de survolTitre, chapeau, intertitres, première et dernière phrase de chaque paragraphe : repérer le sujet, la thèse et le plan de l'auteur.5 minutes
2. Lecture des questionsParcourir toutes les questions sans répondre, pour savoir ce qu'il faudra chercher ; souligner les mots du texte qu'elles citent.5 minutes
3. Lecture active et réponsesRelire le texte paragraphe par paragraphe et répondre aux questions au fur et à mesure, en revenant à la ligne exacte pour chaque réponse.40 minutes
VérificationRevenir sur les questions laissées en suspens et vérifier le report sur la feuille de réponses.10 minutes

Pendant la lecture active, annotez le sujet : un trait dans la marge pour chaque argument, un cercle autour des mots de liaison (« pourtant », « en revanche », « ainsi ») qui signalent un changement de sens, un point d'interrogation à côté des mots que vous ne connaissez pas. Les connecteurs sont précieux : une question sur la thèse de l'auteur se résout souvent grâce au « mais » qui introduit sa véritable position.

Quand un mot vous est inconnu, ne paniquez pas : relisez la phrase entière et celle qui suit. Le contexte permet presque toujours d'éliminer au moins une proposition.

— Publicité —
4

Répondre à un QCM à réponses multiples

La principale difficulté de l'épreuve tient au barème. La note de cadrage indique que chaque question comporte « une ou plusieurs bonnes réponses sans que pour autant soit précisé au candidat le nombre de bonnes réponses attendues », et que le barème « peut prévoir » des pénalités en cas d'absence de réponse, de mauvaise réponse ou de réponse incomplète. Ces principes sont indiqués sur le sujet : lisez-les avant toute chose.

Avec un tel barème, la bonne attitude consiste à examiner chaque proposition comme une affirmation autonome, vraie ou fausse au regard du texte, au lieu de chercher « la » bonne réponse. Une méthode simple :

  1. lire l'énoncé en entier, en repérant les mots qui changent tout (« selon l'auteur », « ne… pas », « toujours », « seulement ») ;
  2. pour chaque proposition, retrouver la phrase du texte qui la confirme ou la contredit ;
  3. cocher toutes celles qui sont confirmées, et seulement celles-là ;
  4. se méfier des propositions qui reprennent les mots du texte en changeant le sens (une nuance, une négation, un sujet inversé).

Les formulations absolues (« toujours », « jamais », « tous ») sont rarement exactes dans un texte d'opinion nuancé ; elles ne sont pas fausses par principe pour autant. Seul le texte tranche.

Enfin, la note de cadrage rappelle que « le doute ne profite pas au candidat » : une case mal remplie, en partie effacée ou à la fois noircie et barrée est toujours corrigée à son désavantage. Suivez à la lettre la consigne de remplissage donnée le jour de l'épreuve (cocher ou noircir), et gardez quelques minutes pour reporter proprement vos réponses.

5

Texte d'entraînement : « La rue redevient cyclable »

Le texte ci-dessous a été rédigé pour cette formation ; il est fictif et plus court que ceux du concours. Il permet de s'exercer aux deux familles de questions.

La rue redevient cyclable

Dans la ville moyenne de Verbelles, le vélo avait presque disparu des habitudes. Pendant trente ans, les rues avaient été dessinées pour la voiture, et les rares cyclistes passaient pour des originaux ou des imprudents. Depuis peu, pourtant, le paysage change : aux heures de pointe, les bandes cyclables tracées l'an dernier ne désemplissent plus.

Les partisans de ce retour y voient une victoire du bon sens. Le vélo ne coûte presque rien, il ne pollue pas et il permet, sur de courtes distances, d'arriver plus vite qu'en voiture. Ses adversaires dénoncent au contraire une mode, portée par quelques quartiers aisés, qui oublierait les habitants des communes voisines, contraints de prendre leur voiture faute de transports en commun.

La vérité se situe sans doute entre ces deux camps. Le vélo ne remplacera pas la voiture pour tous les trajets ; mais là où il devient possible, il rend à la rue une fonction qu'elle avait perdue : celle d'un lieu où l'on se croise, et pas seulement d'un couloir où l'on passe.

Question 1 — Quelle position l'auteur défend-il ?

A. Le vélo doit remplacer la voiture en ville. B. Le vélo ne convient pas à tous les trajets, mais il améliore la vie de la rue là où il est possible. C. Le retour du vélo n'est qu'une mode. D. Les deux camps ont une part de raison.

Réponses attendues : B et D. Le troisième paragraphe, introduit par « La vérité se situe sans doute entre ces deux camps », donne la position de l'auteur. A est contredite (« ne remplacera pas la voiture pour tous les trajets ») ; C est la thèse des adversaires, que l'auteur rapporte sans la reprendre.

Question 2 — Dans le texte, le mot « couloir » est employé :

A. Au sens propre, pour désigner un passage dans un bâtiment. B. Au sens figuré, pour désigner une rue où l'on ne fait que passer. C. Comme synonyme de « bande cyclable ».

Réponse attendue : B. L'auteur oppose la rue comme « lieu où l'on se croise » à la rue comme « couloir où l'on passe » : l'image est figurée. C est un piège de proximité, le mot « bande cyclable » apparaissant ailleurs dans le texte.

Question 3 — Selon le texte, que reprochent les adversaires du vélo ?

A. Le vélo serait dangereux. B. Le mouvement profiterait surtout à quelques quartiers aisés. C. Il oublierait les habitants des communes voisines sans transports en commun. D. Le vélo coûterait trop cher.

Réponses attendues : B et C. A n'est pas un reproche des adversaires : le texte dit seulement que les cyclistes « passaient pour des imprudents » autrefois. D est contredite (« ne coûte presque rien »). Une réponse qui ne cocherait que B serait incomplète.

— Publicité —
6

S'entraîner d'ici au concours

Cette épreuve se prépare par la régularité plus que par le volume. Une séance courte, trois ou quatre fois par semaine, est plus efficace qu'un long entraînement la veille du concours. Quelques pistes, à adapter à votre emploi du temps :

  • lire chaque jour un article de fond d'environ 800 à 1 200 mots dans un quotidien ou un magazine d'actualité, puis résumer en deux phrases la thèse de l'auteur et ses arguments ;
  • relever les mots inconnus et chercher leur sens dans un dictionnaire, en notant le sens qu'ils ont dans la phrase ;
  • fabriquer ses propres questions sur un article, à la manière de la note de cadrage (sens du titre, thèse, arguments, vocabulaire) : c'est le meilleur moyen de comprendre comment on piège un lecteur pressé ;
  • s'entraîner en temps limité sur une heure, avec une feuille de réponses, pour prendre l'habitude du report.

La lecture d'actualité sert aussi plus tard dans le concours : l'entretien avec le jury, présenté au chapitre entretien avec le jury, suppose de suivre la vie publique et celle des services d'incendie et de secours.

Si vous vous présentez au premier concours, votre second QCM porte sur des problèmes de mathématiques (chapitre 2.2) ; au second concours, sur les activités de l'équipier de sapeur-pompier volontaire (chapitre 2.3).

Quatre pièges à reconnaître

1

La connaissance extérieure

Une proposition vraie dans la réalité mais absente du texte.

2

La thèse rapportée

L'auteur cite une opinion qu'il ne partage pas.

3

Les mots du texte, le sens changé

Une négation ou une nuance glissée dans une formule familière.

4

La réponse incomplète

Une seule case cochée alors que deux propositions sont exactes.

Sources

  • Décret n° 2020-1474 du 30 novembre 2020 fixant les modalités d'organisation des concours et examens professionnels des cadres d'emplois de sapeurs-pompiers professionnels — Légifrance
  • Note de cadrage indicative « Caporal de sapeurs-pompiers professionnels, concours externes, questionnaire à choix multiples à partir d'un texte ou dossier documentaire », élaborée par les centres de gestion organisateurs pour le compte des SDIS, 13 janvier 2023
  • Texte d'entraînement « La rue redevient cyclable » : texte fictif rédigé pour cette formation

À retenir

  • Épreuve commune aux deux concours externes : 1 heure, coefficient 1, anonyme, note inférieure à 5 sur 20 éliminatoire.
  • Pas de programme : l'épreuve évalue la capacité à repérer et analyser les informations d'un texte.
  • Longueur des textes, nombre de questions et barème relèvent de la note de cadrage indicative et du sujet, pas du décret.
  • Les questions ne font pas appel à des connaissances extérieures au texte : seul le texte tranche.
  • Une question peut avoir plusieurs bonnes réponses : jugez chaque proposition séparément.
  • Lisez les principes du barème sur le sujet et respectez la consigne de remplissage : le doute ne profite pas au candidat.

Sommaire de la formation