Module 3 / 4 · Sommaire complet de la formation
3.1 Épreuves physiques : natation, parcours professionnel adapté, endurance
Entre l'écrit et l'oral, les candidats admissibles passent la préadmission : trois épreuves physiques communes aux deux concours externes de caporal. Elles pèsent autant que l'entretien, coefficient 4, et une seule défaillance peut suffire à éliminer. Ce chapitre explique ce que fixent les textes, comment la note est calculée et comment se préparer sans se mettre en danger.
La préadmission en trois épreuves, un seul essai chacune
Natation, 50 m nage libre
Non notée : réussite ou échec
Parcours professionnel adapté
Six étapes, noté sur 20
Endurance (Luc Léger)
Navette sur 20 m, notée sur 20
Une pause d'une heure au moins sépare chaque épreuve (arrêté du 30 novembre 2020).
Ce que disent les textes
Deux textes encadrent la préadmission. Le décret n° 2020-1474 du 30 novembre 2020, qui organise les concours des cadres d'emplois de sapeurs-pompiers professionnels, pose le principe : pour les concours externes de caporal, « l'épreuve de préadmission comprend les épreuves physiques communes aux différents cadres d'emplois de sapeurs-pompiers professionnels. La moyenne des notes obtenues est affectée d'un coefficient 4 » (article 3).
Le détail figure dans un arrêté du 30 novembre 2020 relatif aux épreuves physiques communes aux concours externes de recrutement des sapeurs-pompiers professionnels. Il liste trois épreuves : « une épreuve de natation (50 mètres en nage libre) », « une épreuve de parcours professionnel adapté » et « une épreuve d'endurance cardio-respiratoire (Luc Léger) ». Il précise que « le candidat n'a droit qu'à un seul essai par épreuve » et qu'« une pause d'une heure au moins devra séparer chacune des épreuves ».
Les brochures des centres de gestion organisateurs reprennent ces règles. Celle de la session 2025, publiée par le centre de gestion de la Gironde et ses partenaires, rappelle que ces épreuves « visent à évaluer les capacités des candidats à exercer les missions dévolues à un sapeur-pompier professionnel, en particulier son endurance et sa résistance physique ».
« Peuvent seuls être autorisés à se présenter aux épreuves de pré-admission les candidats déclarés admissibles par le jury. »
— Brochure d'information du concours de caporal, session 2025 (centres de gestion organisateurs)
Autrement dit, on n'accède au bassin et à la piste qu'après avoir franchi les deux QCM d'admissibilité, étudiés au module 2. Les épreuves physiques sont communes aux deux concours : le premier concours (diplômés) et le second (ouvert aux sapeurs-pompiers volontaires) passent exactement les mêmes.
La natation : une épreuve à valider, pas à noter
La première épreuve est un 50 mètres en nage libre. L'arrêté fixe un temps maximum de « 50 secondes pour les hommes et d'une minute pour les femmes ». Elle n'entre pas dans la note : elle se valide ou non.
La brochure de la session 2025 est explicite : « L'épreuve de natation n'est pas notée. Le candidat valide cette épreuve s'il la réalise dans le temps prévu. S'il ne la valide pas, il est éliminé. » Un excellent parcours et un très bon Luc Léger ne rattrapent donc pas un 50 mètres manqué.
La même brochure décrit le déroulement : le candidat saute ou plonge du bord et réalise le parcours « sans arrêt » ; dans un bassin de 25 mètres, il doit toucher le mur au virage. Elle précise aussi la tenue admise (maillot de bain, bonnet autorisé, aucun autre accessoire). Ces modalités pratiques peuvent varier d'une session à l'autre : relisez celles de votre convocation.
Le parcours professionnel adapté (PPA)
Le parcours professionnel adapté reproduit des efforts du métier. D'après l'arrêté, il comprend six étapes et se réalise avec une charge dorsale de « 22 kg plus ou moins 500 grammes ». La brochure de la session 2025 précise que cette charge est fixée sur un dossard d'appareil respiratoire isolant (ARI) et qu'elle est portée pendant toute la durée de l'épreuve.
Selon la brochure, le chronomètre démarre dès que le candidat se met en mouvement ; « chaque étape doit être validée par le candidat pour qu'il puisse poursuivre le parcours à l'étape suivante », et un examinateur l'accompagne pour lui signaler les fautes à corriger immédiatement. La note, sur 20, dépend donc du temps total, et chaque erreur non corrigée coûte des secondes.
Les étapes, décrites en détail dans l'arrêté et reprises dans la brochure, enchaînent sur une piste de 18 mètres des efforts de suspension, de transport de charges, de montée de marche, de traction et de franchissement. Leur description exacte, les masses et les dimensions des agrès figurent dans ces documents : c'est eux qu'il faut lire, et non une description de seconde main, parce qu'un détail mal compris (une zone d'appui, un nombre de répétitions) fait perdre du temps le jour J.
Un conseil pratique : reconstituez le parcours à l'entraînement, étape par étape, avec des charges comparables et sous l'œil d'un tiers qui joue l'examinateur. L'objectif n'est pas seulement la force, mais l'enchaînement sans faute.
L'endurance cardio-respiratoire : le Luc Léger
La troisième épreuve est un test d'endurance en navette : l'arrêté le désigne comme l'épreuve de « Luc Léger », une course en allers-retours sur 20 mètres « au rythme d'une bande sonore ». La vitesse augmente par paliers ; le candidat s'arrête quand il ne parvient plus à tenir le rythme.
La note sur 20 dépend du palier atteint, selon un barème fixé par l'arrêté. L'arrêté prévoit des « barèmes de notation, distincts pour les hommes et les femmes » ; il ne prévoit pas de distinction selon l'âge. La brochure de la session 2025 reproduit ce barème dans sa partie programme : consultez-le pour connaître le palier correspondant à la note que vous visez.
L'épreuve se prépare sur plusieurs mois : l'endurance progresse lentement, et un gain d'un ou deux paliers change nettement la note. Une application ou un enregistrement audio du test permet de s'entraîner dans les conditions du rythme sonore.
Le calcul de la note et le seuil éliminatoire
La note des épreuves physiques ne tient compte que de deux épreuves. L'arrêté l'énonce ainsi : « la note finale des épreuves physiques est obtenue en opérant la moyenne, au centième par défaut, des notes attribuées au candidat aux épreuves de parcours professionnel adapté et d'endurance cardio-respiratoire ». La natation, elle, ne compte qu'en réussite ou échec.
Cette moyenne est ensuite affectée du coefficient 4. Elle est aussi soumise à un seuil : selon la brochure de la session 2025, « toute note moyenne inférieure à 8 sur 20 aux épreuves PPA et Luc Léger est éliminatoire ». Le décret n° 2020-1474 regroupe les notes éliminatoires des concours en son article 54.
| Situation (exemples fictifs) | Natation | PPA | Luc Léger | Résultat |
|---|---|---|---|---|
| Candidat A | Validée | 11 | 9 | Moyenne 10 : poursuit vers l'entretien |
| Candidat B | Validée | 6 | 9 | Moyenne 7,5 : éliminé (sous 8) |
| Candidat C | Non validée | 15 | 14 | Éliminé à la natation |
L'exemple du candidat B montre qu'une épreuve faible peut être compensée par l'autre, mais seulement jusqu'à un certain point. D'où l'intérêt de ne délaisser ni le parcours ni l'endurance.
Dispenses et préparation physique
Le décret prévoit deux cas de dispense (article 50) : la blessure en service, justifiée par une attestation administrative et un certificat médical, et la grossesse ou la période postnatale, justifiée par un certificat médical. Dans ces deux cas, « les candidats sont crédités, au titre des épreuves physiques, d'une note égale à la moyenne des notes obtenues par l'ensemble des candidats de même sexe à ces épreuves, dans la limite de 10 sur 20 ». Les pièces sont à produire avant les épreuves, selon les modalités de la convocation.
Pour la préparation, quelques principes généraux, présentés comme conseils et non comme exigences du concours :
- Consulter un médecin avant de reprendre un entraînement intense, surtout après une longue période sans activité.
- Progresser graduellement : augmenter la charge, la durée ou l'intensité par petites étapes, avec des jours de récupération.
- Travailler les trois épreuves : natation technique, force et gainage pour le parcours, endurance fractionnée et continue pour le Luc Léger.
- S'entraîner dans les conditions réelles quelques semaines avant : parcours chronométré avec une charge dorsale comparable, test navette complet, 50 mètres en bassin.
Avant le jour des épreuves physiques
Sources
- Décret n° 2020-1474 du 30 novembre 2020 fixant les modalités d'organisation des concours et examens professionnels des cadres d'emplois de sapeurs-pompiers professionnels, articles 3, 50 et 54 — Légifrance
- Arrêté du 30 novembre 2020 relatif aux épreuves physiques communes aux concours externes ouverts pour le recrutement de sapeurs-pompiers professionnels — Légifrance
- Brochure d'information du concours externe de caporal de sapeurs-pompiers professionnels, session 2025 (centre de gestion de la Gironde et centres de gestion partenaires) — cdg33.fr
À retenir
- Trois épreuves communes aux deux concours : natation 50 m, parcours professionnel adapté, Luc Léger ; un seul essai chacune.
- La natation n'est pas notée mais élimine si le temps (50 s hommes, 1 min femmes) n'est pas tenu.
- Le PPA compte six étapes avec une charge dorsale de 22 kg ; le Luc Léger est une navette de 20 m au rythme sonore.
- Note physique = moyenne du PPA et du Luc Léger, coefficient 4.
- Une moyenne inférieure à 8 sur 20 à ces deux épreuves est éliminatoire (brochure 2025 ; décret, art. 54).
- Dispenses possibles pour blessure en service ou grossesse, avec une note plafonnée à 10 sur 20 (art. 50).