Travail au Froid & à la Chaleur

Travail au Froid / Travail à la Chaleur

Module 4 : Prévention, EPI et conduite à tenir

Module 4 : Prévention & secours 28 min de lecture

4.3 Conduite à tenir en urgence : coup de chaleur, hypothermie, premiers gestes

Reconnaître les signes précoces, déclencher la chaîne de secours, poser les bons gestes — et éviter ceux qui aggravent. Synthèse des protocoles INRS, Croix-Rouge française et Direction Générale de la Santé, avec disclaimer essentiel.

Disclaimer important. Travail-Industrie n'est pas un organisme de formation agréé. Cette page de sensibilisation ne remplace en aucun cas la formation SST (Sauveteur Secouriste du Travail), le PSC1 ou les recommandations officielles du SAMU et de la Croix-Rouge française. Les gestes décrits ici doivent être pratiqués par un secouriste formé. En cas de doute : appelez le 15 (SAMU) immédiatement.
Arbre de décision : suspicion de coup de chaleur
⚠️ Signe d'alerte vital — appel 15 immédiat

Perte de connaissance, désorientation, propos incohérents, agressivité inhabituelle, convulsions, peau rouge sèche brûlante (arrêt de la sudation).

Signes intermédiaires — mise au repos urgente

Maux de tête intenses, vertiges, nausées, vomissements, crampes musculaires importantes, soif extrême. Surveillance rapprochée, appel 15 si non-amélioration sous 15 minutes.

Signes mineurs — vigilance

Fatigue, soif modérée, sueur abondante, urines foncées. Retrait du poste, ombre, eau fraîche, surveillance par le binôme.

En cas de doute : 15 (SAMU) ou 112

Le coup de chaleur grave (température centrale > 40 °C) tue en 30 à 60 minutes sans refroidissement actif. Mieux vaut un appel injustifié qu'un appel tardif.

1

Reconnaître précocement le coup de chaleur

Le coup de chaleur (CDC) est la conséquence d'une défaillance du système de thermorégulation : le corps n'arrive plus à évacuer la chaleur produite par le métabolisme et celle reçue de l'environnement. La température centrale dépasse 40 °C, les cellules nerveuses et musculaires commencent à dénaturer, et le décès survient en moins d'une heure sans refroidissement actif rapide. Selon Santé Publique France, le coup de chaleur d'exercice tue chaque année 5 à 15 travailleurs en France, principalement dans le BTP, l'agriculture et l'industrie lourde.

La reconnaissance précoce est la seule arme contre la mortalité. Elle repose sur la connaissance des signes par tous les salariés exposés et l'organisation d'une surveillance pair-à-pair. L'INRS, la Direction Générale de la Santé et la Croix-Rouge française convergent sur une distinction entre signes mineurs, signes intermédiaires et signes d'alerte vitale.

Signes mineurs
  • Soif modérée
  • Fatigue inhabituelle
  • Sueur abondante
  • Urines foncées
  • Pâleur
  • Crampes musculaires légères
Signes intermédiaires
  • Maux de tête intenses
  • Vertiges, étourdissements
  • Nausées, vomissements
  • Crampes importantes
  • Syncope brève (épuisement)
  • Soif extrême insatiable
Alerte vitale (CDC)
  • Peau rouge, sèche, brûlante
  • Arrêt de la sudation
  • Confusion, propos incohérents
  • Agressivité inhabituelle
  • Perte de connaissance
  • Convulsions

« L'arrêt de la transpiration sur peau rouge et brûlante chez un travailleur exposé à la chaleur est un signe d'extrême gravité. Il signe l'effondrement de la thermorégulation. Le pronostic vital est engagé en moins de trente minutes sans refroidissement actif. »

— Société Française de Médecine d'Urgence (SFMU), recommandations 2024.
2

Chaîne de secours : les 7 minutes décisives

La chaîne de secours en milieu professionnel suit toujours le schéma « Protéger — Alerter — Secourir » enseigné en formation SST. Dans le cas du coup de chaleur, le facteur temps est cardinal : chaque minute compte. Les recommandations internationales (Korey Stringer Institute) et la SFMU retiennent un objectif de refroidissement actif dans les 7 à 10 minutes suivant la reconnaissance des signes d'alerte vitale.

Séquence chronométrée — coup de chaleur grave
T+0
Reconnaissance des signes alarme
Le binôme ou le SST identifie les signes vitaux. Alerte verbale immédiate à l'encadrement.
T+1
Appel au 15 (SAMU) ou 112
Description : âge, sexe, signes, durée d'exposition, température ambiante. Localisation précise (coordonnées GPS si chantier).
T+2
Mise à l'ombre, déshabillage
Retrait des EPI, des vêtements lourds. Allongement strict en position horizontale, jambes surélevées si conscient.
T+3
Refroidissement actif
Linge humide sur cou, aisselles, aines (grandes artères). Ventilation manuelle ou ventilateur. Brumisation. Eau tempérée 15-20°C, pas glacée.
T+5
Hydratation si conscient
Gorgées d'eau fraîche, par petites quantités. Jamais si l'opérateur n'est pas pleinement conscient. Position latérale de sécurité si trouble de conscience.
T+7
Surveillance continue jusqu'à arrivée SAMU
Conscience, respiration, pouls, température (si thermomètre). Réévaluation toutes les 2 minutes. Documenter pour transmission à l'équipe médicale.

L'appel au 15 doit être structuré : se présenter, donner la localisation précise (adresse, étage, point d'accès véhicule, coordonnées GPS pour les chantiers isolés), décrire les signes en termes simples, donner l'âge et le sexe approximatifs. Le médecin régulateur du SAMU déclenche les moyens : SMUR si signes vitaux, ambulance privée sinon. Ne pas raccrocher avant l'accord du régulateur.

La position du blessé est dictée par son état de conscience : conscient = position assise ou semi-assise, jambes surélevées ; inconscient mais respirant = position latérale de sécurité (PLS) — sur le côté, tête basculée en arrière pour libérer les voies aériennes ; inconscient et non respirant = réanimation cardio-pulmonaire (RCP) immédiate selon protocole SST.

3

Ce qu'il NE faut PAS faire — erreurs classiques

Le coup de chaleur fait partie des pathologies où les réflexes spontanés sont souvent dangereux. Plusieurs gestes intuitifs, ancrés dans la culture populaire, aggravent l'état du blessé voire précipitent son décès. La formation insiste donc autant sur les gestes à faire que sur ceux à éviter.

⚠️ Eau glacée brutale

Plonger ou immerger dans l'eau glacée provoque une vasoconstriction réflexe massive : la chaleur ne s'évacue plus, le risque de collapsus cardiovasculaire est majoré. L'eau doit être tempérée à 15-20°C, appliquée par linges humides.

⚠️ Alcool, café fort

L'alcool est un faux ami : il dilate les vaisseaux cutanés (sensation de chaleur trompeuse), aggrave la déshydratation par effet diurétique, et altère la conscience — ce qui interdit ensuite l'hydratation orale.

⚠️ Antipyrétiques (paracétamol, aspirine)

Les antipyrétiques agissent sur les fièvres infectieuses en bloquant les médiateurs centraux. Le coup de chaleur n'est pas une fièvre — c'est un échec mécanique de la thermorégulation. Le paracétamol est inefficace et toxique pour le foie déjà stressé.

⚠️ Massage, frictions

Les frictions « pour faire revenir à la circulation » sont inutiles et risquent de déclencher des troubles du rythme cardiaque sur un cœur déjà sollicité. Ne pas masser.

⚠️ Faire boire un inconscient

Le réflexe de déglutition est aboli en cas d'altération de la conscience : le liquide passe dans les voies aériennes, fausse route, pneumopathie d'inhalation. Jamais de boisson chez un patient confus ou inconscient.

⚠️ Reprendre le travail

Même après amélioration apparente, la reprise immédiate du travail est interdite. Le coup de chaleur fragilise pendant plusieurs jours. Repos prescrit par le médecin, retour progressif sous suivi.

Une erreur fréquente sur les chantiers est de minimiser les signes pour éviter de bloquer un chantier ou d'inquiéter le client. Cette logique est destructrice : tout signe d'alerte vitale impose l'arrêt et l'appel au 15. La responsabilité du chef d'équipe est pénalement engagée s'il dissimule un coup de chaleur (mise en danger délibérée d'autrui, article 223-1 du Code pénal, jusqu'à 1 an de prison et 15 000 € d'amende).

— Publicité —
4

Hypothermie sévère et gelures : conduite à tenir

L'hypothermie sévère se définit par une température centrale inférieure à 32 °C. Elle est observée sur les agents portuaires, les marins, les ouvriers BTP en hiver, les agents de chambre froide après incident d'enfermement, et chez les personnes en errance retrouvées par les équipes de prévention. À l'inverse du coup de chaleur, l'évolution est plus lente — mais les gestes inadaptés peuvent provoquer un arrêt cardiaque réflexe.

Trois pièges classiques sont à connaître :

  • Paradoxe du déshabillage. En phase d'hypothermie sévère, certains patients ressentent une vague de chaleur paradoxale et tentent de retirer leurs vêtements. Ce comportement signe une atteinte centrale et impose un secours en urgence.
  • Collapsus à l'extraction. Sortir un patient hypotherme d'un environnement froid et le mettre debout déclenche un afflux brutal de sang froid vers le cœur (chute du retour veineux) et un risque de fibrillation ventriculaire. Toute manipulation doit être strictement horizontale et très douce.
  • Trouble du rythme cardiaque. Le cœur hypotherme est extrêmement sensible. Les manœuvres brusques, le réchauffement périphérique brutal (immersion eau chaude) déclenchent fibrillation. La règle : réchauffement progressif, central d'abord (tronc), périphérique ensuite (membres).

Le protocole consolidé retenu par la SFMU et la Croix-Rouge française se déroule en trois temps :

Protocole hypothermie sévère
  1. Phase 1 — Mise en sécurité. Sortir du froid en position strictement horizontale, sur un brancard ou une couverture. Pas de mise debout. Appel 15 immédiat.
  2. Phase 2 — Réchauffement passif. Retrait des vêtements humides en coupant si nécessaire (pas de manipulation des membres). Couverture de survie côté métallisé vers l'intérieur, puis couvertures épaisses. Local à 20-22 °C minimum.
  3. Phase 3 — Réchauffement actif central (par les médecins). En milieu hospitalier : bouillottes au tronc (jamais aux membres), boissons chaudes par voie orale si pleinement conscient, oxygène réchauffé, perfusion réchauffée. Pas de friction des extrémités.

Les gelures (engelures du 3e degré) atteignent les extrémités les plus exposées : doigts, orteils, nez, oreilles. Le tissu congèle et la peau devient blanche cireuse puis violacée à la décongélation. Le protocole standard :

  • Réchauffement progressif en bain d'eau tempérée à 37-39 °C pendant 30 minutes, jamais plus chaud (risque de brûlure de la peau anesthésiée).
  • Jamais frotter avec de la neige (vieille croyance dangereuse) ni avec les mains : abrasion + congélation prolongée.
  • Jamais utiliser une source de chaleur sèche directe (radiateur, sèche-cheveux, feu) : brûlures sur peau anesthésiée.
  • Antalgique selon avis médical (douleurs intenses au dégel).
  • Transport médicalisé urgent — la gelure profonde évolue souvent vers la nécrose et l'amputation si la prise en charge tarde.

« Une hypothermie même profonde n'est jamais déclarée morte sans réchauffement préalable. Le pronostic neurologique peut être étonnamment bon après une heure d'arrêt circulatoire en hypothermie. Le réchauffement est donc une priorité, même en apparence d'inconscience prolongée. »

— Recommandations européennes ERC (European Resuscitation Council) 2021.
5

Hyponatrémie d'effort : un piège différentiel

L'hyponatrémie d'effort (ou intoxication par l'eau) est une pathologie peu connue mais en augmentation, qui constitue le piège différentiel majeur du coup de chaleur. Elle survient chez des travailleurs qui, bien informés sur l'hydratation, boivent abondamment de l'eau pure (sans apport en sodium) lors d'efforts prolongés en ambiance chaude. Le sodium plasmatique chute, l'eau passe dans les cellules — y compris les cellules cérébrales — et provoque un œdème cérébral aux symptômes superposables au coup de chaleur.

Les signes sont quasi identiques : maux de tête, nausées, vomissements, confusion, voire convulsions. La différenciation clinique est impossible sur le terrain — seul un dosage sanguin du sodium (ionogramme) au SAMU ou aux urgences tranchera. Cette difficulté impose une règle protectrice :

Règle de prévention. Au-delà de 1,5 litre d'eau pure par heure pendant plus de 3 heures consécutives, le risque d'hyponatrémie devient significatif. L'hydratation prolongée doit comporter un apport en sodium : bouillons, biscuits salés, pain salé, boissons isotoniques équilibrées (à ne pas confondre avec les sodas).

Une conséquence pratique est que les services médicaux d'urgence devront prélever un ionogramme en urgence pour tout patient présentant des signes neurologiques sur fond d'hydratation intense et prolongée. Sur le terrain, en attente du SAMU, la conduite est identique à celle du coup de chaleur (ombre, position horizontale, surveillance), mais sans réhydratation orale tant que le diagnostic n'est pas posé.

Cette pathologie illustre une vérité plus large : « plus n'est pas mieux » en matière d'hydratation. L'hydratation efficace est proportionnée (3 à 5 L/jour selon l'effort et la chaleur), fractionnée (un verre toutes les 15-20 minutes plutôt qu'un litre d'un coup), et diversifiée (eau + apport sodé).

— Publicité —
6

Articulation SST, référent canicule et déclaration AT

L'efficacité de la chaîne des secours repose sur la présence effective de Sauveteurs Secouristes du Travail (SST) formés et recyclés. L'article R4224-15 du Code du travail impose un SST dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux, et au moins un sur chaque chantier où sont occupés au moins 20 salariés pendant plus de 15 jours. Sur les postes à risque thermique majeur, la CARSAT recommande un ratio d'un SST pour 10 salariés exposés, voire 1 pour 5 en alerte rouge canicule.

Le décret n° 2025-482 a introduit la notion de « SST-référent canicule » : un SST désigné nommément, formé spécifiquement aux pathologies thermiques, en charge du déclenchement opérationnel des mesures pendant les épisodes d'alerte. Sa mission inclut la veille terrain, le déclenchement de la chaîne secours en cas de signe d'alerte, la traçabilité des incidents et la liaison avec le médecin du travail.

Tout coup de chaleur ou hypothermie sévère survenu pendant ou à l'occasion du travail constitue un accident du travail au sens de l'article L411-1 du Code de la Sécurité sociale. L'employeur doit en faire la déclaration sous 48 heures à la CPAM (DAT — déclaration d'accident du travail), même s'il ne reconnaît pas la responsabilité de l'événement. La déclaration tardive ou omise est passible d'amende et d'une majoration des cotisations AT-MP.

Plusieurs maladies professionnelles peuvent également être reconnues en lien avec le risque thermique :

  • Tableau MP n° 100 — Cancers cutanés provoqués par les goudrons et brais (lien indirect avec l'exposition solaire).
  • Cataracte des verriers et fondeurs — Reconnaissance en MP par tableau spécifique (n° 71 régime général).
  • Tableau (en discussion) sur les cancers cutanés UV professionnels — Évolution attendue d'ici 2027 selon la HCSP.
  • Pathologies cardiovasculaires graves imputables au stress thermique : reconnaissance possible hors tableau en système complémentaire (article L461-1 alinéa 4 CSS), sous réserve d'expertise CRRMP.

Enfin, tout incident grave doit faire l'objet d'un retour d'expérience formel (REX) : analyse des causes (méthode des 5 pourquoi, arbre des causes ISO 31000), partage des enseignements à l'équipe, plan d'action pour éviter la récidive, mise à jour du DUERP et présentation au CSE. Sans REX, l'incident risque de se reproduire — et la responsabilité de l'employeur est alors aggravée par défaut d'apprentissage.

Bonne pratique CARSAT. Tenir un registre des incidents thermiques (presque accidents compris) saison après saison. Ces données permettent l'analyse statistique, l'ajustement des seuils de déclenchement et la justification, en cas de contentieux, de la démarche d'amélioration continue de l'employeur.
7

Organisation matérielle des secours et exercices de simulation

L'efficacité réelle de la chaîne secours dépend de l'organisation matérielle préalable et de la répétition par exercices. Un protocole théoriquement parfait s'effondre en situation réelle si les acteurs n'ont jamais répété et si le matériel n'est pas en place.

Trousse de secours thermique. Distincte de la trousse de secours générale, la trousse thermique doit contenir : couverture de survie en quantité suffisante (1 par binôme à risque), brumisateur portable, packs réfrigérants ou poches d'eau froide, thermomètre infrarouge frontal (mesure rapide non invasive), boissons isotoniques en sachets de réhydratation, gourde d'eau tempérée. L'INRS, dans la note ED 6328, recommande la présence d'une trousse thermique par équipe exposée, à moins de 100 mètres du poste.

Localisation et signalisation des secours. Les zones de premiers secours doivent être clairement identifiées (pictogramme blanc sur fond vert ISO 7010 E003) et accessibles en moins de 2 minutes depuis tout poste à risque thermique. Sur les chantiers BTP linéaires, plusieurs points secours dispersés sont préférables à un point central éloigné. Les coordonnées GPS du poste doivent être affichées pour faciliter l'orientation du SAMU.

Liste téléphonique d'urgence. Au-delà du 15, 18 et 112, la liste doit inclure : médecin du travail (téléphone direct), responsable HSE, référent canicule, infirmière d'entreprise (si présente), CHU de référence avec service d'accueil d'urgence. Cette liste doit être affichée à chaque poste secours et disponible sur smartphone des SST.

Plan d'évacuation médical. Sur les sites isolés (chantiers ruraux, sites industriels en zone non urbaine, plateformes offshore et nucléaires), le plan d'évacuation par hélicoptère doit être anticipé : DZ (drop zone) identifiée, gardiens du site formés au guidage, liaison radio avec les centres SAMU. Le délai d'arrivée d'un SMUR est de 15 à 45 minutes en milieu rural — c'est précisément le délai au-delà duquel le coup de chaleur grave devient mortel sans refroidissement immédiat sur place.

Exercices de simulation. La recommandation conjointe INRS / OPPBTP est d'organiser au moins un exercice canicule par saison sur les sites exposés. Le scénario : un salarié simule un coup de chaleur grave, les SST sont chronométrés sur leur capacité à enchaîner Protéger/Alerter/Secourir. Le débrief identifie les défaillances (matériel manquant, lenteur de l'appel, position inadaptée, refroidissement insuffisant). Sans exercice, la première application réelle est aussi la première occasion de découvrir les défauts du système — souvent au prix d'une vie.

Enfin, la traçabilité des secours est essentielle. Chaque intervention (même mineure) doit faire l'objet d'une fiche d'événement horodatée, signée par le SST intervenu, archivée pendant 5 ans. Cette fiche est demandée systématiquement par la CARSAT en cas d'analyse statistique et par le procureur en cas de poursuite pénale après accident grave. Elle protège l'employeur qui a fait le nécessaire et expose celui qui a improvisé.

Bonne pratique. Réaliser un retour d'expérience à chaud dans les 24 heures suivant tout incident thermique, même mineur. Les enseignements sont précieux pour ajuster les seuils de déclenchement et les protocoles. Un REX réalisé plusieurs semaines après l'événement perd 60 % de sa valeur informative (effet d'oubli et de reconstruction).
Récapitulatif visuel : conduite à tenir selon scénario
Coup de chaleur
  1. Alerter : 15 SAMU, donner localisation précise
  2. Protéger : ombre, ventilation, déshabiller
  3. Refroidir : linges humides cou/aisselles/aines, eau 15-20°C
  4. Hydrater si conscient (gorgées), PLS si inconscient
  5. Surveiller jusqu'à l'arrivée du SMUR
PAS d'eau glacée — PAS d'alcool — PAS de paracétamol
Hypothermie sévère
  1. Alerter : 15 SAMU, signaler hypothermie
  2. Manipuler en horizontal très doucement, jamais debout
  3. Couper les vêtements humides sans agiter les membres
  4. Couvrir : couverture survie + couvertures épaisses
  5. Réchauffer le tronc, jamais les membres
PAS d'eau chaude sur les membres — PAS de neige sur gelures — PAS de friction

En cas de doute sur la nature du malaise (CDC, hypothermie, hyponatrémie) : appel 15 ou 112 et description précise des circonstances. Le régulateur SAMU oriente la conduite.

À retenir
  • Signe vital coup de chaleur : peau rouge sèche brûlante (arrêt sudation), confusion, propos incohérents, perte de connaissance. Appel 15 immédiat.
  • Chaîne secours Protéger — Alerter — Secourir : objectif refroidissement actif dans les 7-10 min. Linges humides cou/aisselles/aines, eau 15-20°C (jamais glacée), ombre, PLS si inconscient.
  • Interdits absolus coup de chaleur : eau glacée brutale, alcool, paracétamol/aspirine, frictions, faire boire un inconscient, reprendre le travail immédiatement.
  • Hypothermie sévère : manipulation strictement horizontale, réchauffement progressif du tronc puis des membres. Pas de friction des gelures, pas de bain chaud sur les extrémités gelées.
  • Hyponatrémie d'effort : piège différentiel du coup de chaleur — symptômes proches mais cause inverse. Ne pas hydrater à l'eau pure tant que le diagnostic n'est pas posé.
  • Tout incident grave = déclaration AT sous 48 h + REX formel + plan d'action. Travail-Industrie n'est pas un organisme de formation agréé : cette page ne remplace ni le SST ni la formation PSC1.
Sommaire de la formation