Module 5 / 5 · Sommaire complet
5.2 Le Plan de Prévention du Risque Routier (PPRR)
Le PPRR est le document opérationnel qui traduit l'évaluation du risque routier inscrite dans le DUERP en actions concrètes, mesurables et planifiées. Structuré autour des quatre axes du code de bonnes pratiques « risque mission » adopté par la CNAMTS en 2003, il constitue la feuille de route de l'entreprise pour réduire durablement les accidents de la route professionnels, qu'ils surviennent en mission ou sur le trajet domicile-travail.
Qu'est-ce que le PPRR ?
Le Plan de Prévention du Risque Routier (PPRR) est un document structure qui formalise l'ensemble de la démarche de prévention du risque routier au sein de l'entreprise. Il identifie les risques, définit les mesures de prévention, désigne les responsables et fixe un calendrier de mise en œuvre. C'est le passage de l'évaluation (DUERP) à l'action concrète.
Origine : les codes de bonnes pratiques de 2003 et 2004
Le code de bonnes pratiques « risque mission » organise la prévention autour de quatre domaines : la gestion des déplacements, la gestion des véhicules, la gestion des communications mobiles et la gestion des compétences des conducteurs. Un second code, adopté le 28 janvier 2004, traite du risque trajet.
Ce sont ces deux codes — et non une « recommandation R467 », référence que l'on voit circuler à tort sur ce sujet alors qu'elle porte en réalité sur la pose et la maintenance des panneaux solaires — qui constituent le texte de référence de la prévention du risque routier professionnel. Ils n'ont pas force de loi, mais décrivent précisément ce qu'on attend d'un employeur au titre de son obligation de sécurité et servent de grille de lecture aux contrôleurs de sécurité des CARSAT.
Statut juridique du PPRR
Le PPRR n'est pas légalement obligatoire en tant que document autonome. En revanche, l'obligation de prévenir le risque routier découle de l'obligation générale de sécurité de l'employeur (articles L4121-1 et suivants du Code du travail). En cas d'accident, l'absence de PPRR peut être retenue comme un élément à charge par les tribunaux pour caractériser le manquement à l'obligation de sécurité ou la faute inexcusable. Ce que l'employeur doit pouvoir démontrer, depuis l'arrêt Air France du 25 novembre 2015, c'est qu'il a pris toutes les mesures nécessaires : un plan écrit, daté et suivi est le moyen le plus simple d'en apporter la preuve.
Lien avec le DUERP
Le DUERP (Document unique d'évaluation des risques professionnels) identifie et cote les risques. Le PPRR opérationnalisé cette évaluation en définissant les actions concrètes pour chaque risque identifie. Les deux documents sont complémentaires : le DUERP est le diagnostic, le PPRR est le plan de traitement. Le programme annuel de prévention (PAP), annexe obligatoire du DUERP pour les entreprises de 50 salariés et plus, peut intégrer les actions du PPRR ou y faire référence.
Les 4 axes du plan de prévention
Pilier 1
Pilier 2
Pilier 3
Pilier 4
Une démarche participative
Le PPRR ne se rédige pas seul dans un bureau. Il doit être élaboré en associant les salariés concernes, les représentants du personnel (CSE), le service de prévention et santé au travail, et le cas échéant le gestionnaire de flotte. Sa réussite repose sur l'implication de la direction et sur la consultation des conducteurs qui connaissent la réalité du terrain.
Pilier 1 — Management des déplacements
Le premier pilier du PPRR repose sur un principe fondamental de la prévention : le risque le plus faible est celui auquel on n'est pas expose. Avant de sécuriser un déplacement, la question prioritaire est de savoir s'il est réellement nécessaire. L'objectif est triple : éviter les déplacements inutiles, réduire les distances parcourues et organiser les déplacements restants pour minimiser le risque.
Objectif : éviter, réduire, organiser
Cette hiérarchie reprend les principes généraux de prévention de l'article L4121-2 du Code du travail. Appliquée au risque routier, elle se décline en trois niveaux d'action :
1. Éviter
Supprimer le déplacement. Visioconférence, téléconférence, télétravail, envoi par transporteur. Chaque déplacement évite est un risque élimine à 100 %.
2. Réduire
Diminuer la distance et la fréquence. Regrouper les rendez-vous, optimiser les tournées, privilégier le train sur les longs trajets (fatigue réduite, pas de conduite).
3. Organiser
Sécuriser les déplacements maintenus. Planifier les itinéraires, prévoir les pauses, adapter les horaires, appliquer la politique de nuitée pour les longs trajets.
Actions concrètes
| Action | Niveau | Mise en œuvre |
|---|---|---|
| Visioconférence systématique pour les réunions non stratégiques | Éviter | Déploiement d'outils de visioconférence, politique RH |
| Regroupement des rendez-vous par zone géographique | Réduire | CRM avec planification géographique, coordination commerciale |
| Privilège du train pour les trajets > 300 km | Réduire | Politique de voyage, abonnement ferroviaire, comparatif temps réel porte-à-porte |
| Planification des itinéraires avant départ | Organiser | Fiche mission, GPS pré-programme, itinéraire valide |
| Politique de nuitée : pas plus de 600 km/jour ou 6h de conduite | Organiser | Note de service, budget hébergement, validation manager |
| Marges horaires intégrées aux plannings | Organiser | +15 min par trajet, pas de RDV enchaînés sans pause |
| Pas de départ avant 5h ni après 21h | Organiser | Charte interne, adaptation des horaires de réunion |
Indicateurs de suivi
Checklist des bonnes pratiques
Ce qu'il faut mesurer, et comment
La réduction de l'exposition est le levier le plus efficace, parce qu'il agit sur le premier des neuf principes généraux de prévention : éviter le risque. C'est aussi le seul dont l'effet se mesure directement, sans hypothèse ni modèle — le kilométrage professionnel annuel par salarié, avant et après. Faites ce calcul sur vos propres données plutôt que de citer une moyenne : il sera plus convaincant en comité de direction, et opposable en cas de contrôle.
Pilier 2 — Gestion du parc véhicules
Un véhicule bien choisi, correctement entretenu et adapte à l'usage professionnel est un facteur de sécurité majeur. Le deuxième pilier du PPRR couvre l'ensemble du cycle de vie du véhicule : sélection, équipement, entretien courant, gestion des pneumatiques, aménagement des véhicules utilitaires et politique de renouvellement.
Choix des véhicules : la sécurité comme critère premier
Lors de l'acquisition ou de la location de véhicules de service, la sécurité doit figurer parmi les critères prioritaires du cahier des charges, au même titre que le coût et la consommation. Les équipements de sécurité active et passive sauvent des vies et réduisent la gravité des accidents.
Euro NCAP
Exiger un minimum de 4 étoiles Euro NCAP pour tout véhicule de flotte.ESP obligatoire
Système anti-patinage électronique. Obligatoire sur les VN depuis 2014, vérifier sur les VO.AEB (freinage auto)
Freinage automatique d'urgence, obligatoire sur tous les véhicules neufs depuis juillet 2024. Les travaux de l'IIHS montrent une forte réduction des collisions par l'arrière.Caméra de recul
Indispensable sur les utilitaires, dont la visibilité arrière est nulle dès que le volume de chargement est fermé.Politique d'entretien
Un véhicule mal entretenu est un danger pour son conducteur et pour les autres usagers de la route. La politique d'entretien doit être formalisée, tracée et suivie. Chaque véhicule doit disposer d'un carnet d'entretien à jour et faire l'objet de révisions selon le planning constructeur.
Pneumatiques : un enjeu sous-estime
Les pneumatiques sont le seul point de contact entre le véhicule et la route. Des pneus sous-gonfles, uses ou inadaptés à la saison augmentent considérablement les distances de freinage et le risque d'aquaplaning. La pression doit être vérifiée chaque mois (et avant tout long trajet), les pneus remplaces des que la profondeur de sculpture atteint 3 mm (limite légale : 1,6 mm, mais la performance chute drastiquement sous 3 mm). Les pneus hiver ou 4 saisons sont obligatoires du 1er novembre au 31 mars dans les zones de montagne (loi Montagne II, décret du 16 octobre 2020).
Politique de renouvellement
Un véhicule vieillissant accumule les risques : équipements de sécurité obsolètes, usure mécanique, fiabilité décroissante. La politique de renouvellement doit fixer des seuils clairs : âge maximum (5 à 7 ans pour un VP, 7 à 10 ans pour un VU), kilométrage maximum (150 000 à 200 000 km), ou combinaison des deux.
Aménagement des véhicules utilitaires (VU)
Les VU méritent une attention particulière. L'absence de cloison de séparation entre l'espace de chargement et l'habitacle est un facteur de gravité majeur en cas de choc frontal : les objets transportes deviennent des projectiles. L'arrimage des charges (sangles, barres, casiers) est une obligation réglementaire (Code de la route, articles R312-19 et suivants).
Plan d'entretien type
| Action | Fréquence | Responsable | Indicateur |
|---|---|---|---|
| Check-list quotidienne (éclairage, pneus, niveaux) | Quotidienne | Conducteur | Taux de remplissage |
| Vérification pression des pneumatiques | Mensuelle | Conducteur / Gestionnaire flotte | Date de dernier contrôle |
| Révision constructeur (vidange, filtres, freins) | Selon planning constructeur | Gestionnaire flotte | Respect du planning |
| Contrôle technique | Tous les 2 ans (annuel après 4 ans pour VU) | Gestionnaire flotte | Taux conformité CT |
| Remplacement pneumatiques | Quand sculpture < 3 mm | Gestionnaire flotte | Profondeur mesurée |
| Montage pneus hiver / 4 saisons | Avant le 1er novembre | Gestionnaire flotte | Respect échéance |
| Vérification arrimage VU (cloison, sangles, casiers) | Hebdomadaire | Conducteur / Chef d'équipe | Conformité check-list |
| Renouvellement du véhicule | Selon seuil âge/km | Direction / Gestionnaire flotte | Âge moyen de la flotte |
Le coût de la non-maintenance
Un véhicule mal entretenu coûte plus cher qu'un véhicule bien entretenu : pannes, immobilisations, dépannages, accidents, sur-consommation de carburant, usure prématurée. Le raisonnement est le même que pour la maintenance industrielle : l'entretien préventif planifié coûte moins cher que la réparation subie : moins d'immobilisations, moins de dépannages, moins de sur-consommation. Là encore, le calcul se fait sur les factures de la flotte, pas sur une moyenne de secteur.
Pilier 3 — Compétences des conducteurs
Avoir le permis de conduire ne signifie pas être un conducteur compétent en contexte professionnel. Les contraintes spécifiques du déplacement en mission (horaires atypiques, véhicule inconnu, pression du temps, itinéraires varies) nécessitent des compétences complémentaires que l'entreprise doit évaluer et entretenir.
Sensibilisation vs. formation certifiante
Ce site propose des contenus de sensibilisation à la sécurité routière. Il ne délivre pas de formations certifiantes au sens de Qualiopi, du Code du travail ou du CPF. Les actions décrites ci-dessous relèvent de la politique interne de l'entreprise et doivent être dispensées par des organismes habilites (centres de formation agréés, prestataires certifies Qualiopi) pour les formations à caractère obligatoire ou ouvrant droit à une certification.
Évaluation des compétences de conduite
L'évaluation des compétences de conduite permet d'identifier les besoins individuels de formation ou de sensibilisation. Elle peut prendre la forme d'un audit de conduite (en véhicule avec un formateur), d'un test théorique (questionnaire sur le Code de la route et les risques routiers) ou d'une analyse des sinistres (historique des accidents et infractions du conducteur). L'objectif n'est pas de sanctionner mais d'adapter les actions de prévention.
Stages post-permis et eco-conduite
Les stages de perfectionnement (conduite défensive, conduite sur circuit, eco-conduite) permettent d'améliorer les réflexes, de prendre conscience des limites du véhicule et de réduire la consommation de carburant. L'eco-conduite est un levier doublement vertueux : elle réduit les émissions de CO2 et le budget carburant tout en favorisant une conduite plus souple, plus anticipée et donc plus sure. Les entreprises qui ont déployé des formations d'éco-conduite en retirent un double bénéfice mesurable : la consommation de carburant, qui se lit directement sur les cartes carburant, et le nombre de sinistres matériels déclarés à l'assureur de flotte.
Accueil des nouveaux conducteurs
Tout nouveau salarié amené à conduire dans le cadre professionnel doit bénéficier d'un accueil spécifique : prise en main du véhicule attribue (commandes, dimensions, angles morts), présentation des itinéraires habituels, rappel des règles internes (téléphone, vitesse, pauses), remise du protocole de conduite. Cette phase d'intégration est critique : un conducteur sur un véhicule et des trajets qu'il ne connaît pas est plus expose au risque.
Sensibilisation régulière
La sensibilisation doit être récurrente, pas ponctuelle. Les comportements à risque (fatigue, alcool, téléphone — voir les modules 3 et 4 de cette formation) doivent faire l'objet de rappels réguliers : réunions d'équipe, affichage, campagnes internes, témoignages. L'objectif est de maintenir la vigilance et de lutter contre la banalisation du risque qui s'installe avec la routine.
Plan de compétences type
| Action | Public cible | Fréquence | Format |
|---|---|---|---|
| Audit de conduite individuel | Grands rouleurs (> 25 000 km/an) | Tous les 3 ans | En véhicule, 2h, avec formateur |
| Stage eco-conduite | Tous les conducteurs | A l'embauche + tous les 5 ans | 1 journée, théorie + pratique |
| Accueil nouveau conducteur | Nouveau salarié / nouveau véhicule | A chaque affectation | 1h, prise en main + règles internes |
| Sensibilisation risques routiers | Tous les salariés conducteurs | Annuelle | 1h, atelier collectif ou e-learning |
| Sensibilisation téléphone au volant | Conducteurs + managers | Semestrielle | 15 min, rappel en réunion d'équipe |
| Stage post-sinistre | Conducteur implique dans un AT route | Après chaque accident responsable | 1/2 journée, analyse + conduite |
| Campagne interne (affichage, témoignages) | Ensemble du personnel | 2 fois par an (printemps / automne) | Affiches, vidéos, intranet |
La sensibilisation n'est pas une formation au sens de Qualiopi
Les actions de sensibilisation internes (réunions, affiches, e-learning non certifiant) ne se substituent pas aux formations professionnelles certifiantes. Si l'entreprise souhaite faire valoir les heures de formation au titre du plan de développement des compétences, elle doit recourir à un organisme certifie Qualiopi et formaliser un programme conforme aux exigences du Code du travail (articles L6313-1 et suivants). Les contenus de ce site relèvent exclusivement de la sensibilisation.
Pilier 4 — Gestion des communications
Le téléphone au volant est implique dans 1 accident corporel sur 10 en France. Dans le contexte professionnel, la pression de joignabilité permanente pousse les salariés à décrocher en conduisant. Le quatrième pilier du PPRR vise à couper ce lien toxique entre conduite et communication, en instaurant des règles claires, applicables et inscrites dans le fonctionnement quotidien de l'entreprise.
Protocole téléphone au volant
Le principe est simple et non négociable : il est interdit de joindre un salarié dont on sait qu'il conduit. Cette règle engage non seulement le conducteur (qui ne doit pas répondre) mais aussi l'appelant (manager, collègue, client) qui ne doit pas solliciter un salarié en déplacement. L'employeur qui tolère ou encourage les appels vers un salarié au volant engage sa responsabilité pénale et civile en cas d'accident (jurisprudence Cour de cassation, chambre criminelle, 2 mars 2010).
"L'employeur qui impose ou tolère l'usage du téléphone au volant par ses salariés manque à son obligation de sécurité. Sa responsabilité peut être engagée en cas d'accident, y compris sur le fondement de la faute inexcusable."
Messagerie vocale professionnelle
Chaque conducteur doit disposer d'un message d'absence spécifique "en déplacement" : "Bonjour, je suis actuellement en déplacement et ne peux pas prendre votre appel. Je vous rappellerai des mon arrivée. En cas d'urgence, contactez [numéro du service]." Ce message déculpabilise le conducteur qui ne répond pas et informe l'appelant. Certaines entreprises déploient des applications qui activent automatiquement le mode "conduite" lorsque le téléphone détecte un déplacement à plus de 20 km/h.
Plages de joignabilité
Définir des plages horaires de joignabilité permet d'organiser la communication sans compromettre la sécurité. Exemple : le commercial est joignable de 8h à 9h (avant ses rendez-vous), de 12h à 13h (pause déjeuner) et de 17h à 18h (fin de tournée). En dehors de ces créneaux, l'appel bascule sur la messagerie. Le manager s'engage à ne pas appeler en dehors de ces plages sauf urgence absolue (et l'urgence absolue ne justifie jamais de répondre au volant — il faut s'arrêter).
Inscription dans le règlement intérieur
Pour être opposable et sanctionnable, l'interdiction du téléphone au volant doit figurer dans le règlement intérieur de l'entreprise (ou dans une note de service annexée). Le règlement doit préciser : l'interdiction d'utiliser le téléphone en conduisant (y compris kit mains-libres dans certaines entreprises), l'interdiction de joindre un collègue dont on sait qu'il conduit, les sanctions disciplinaires encourues (avertissement, mise à pied, licenciement en cas de récidive). Cette formalisation protège juridiquement l'employeur et donne une base de sanction en cas de manquement.
GPS : règles d'utilisation
Le GPS est un outil de sécurité lorsqu'il est utilise correctement, et un distracteur dangereux lorsqu'il est manipule en roulant. La règle est claire : programmation avant le départ, pas de reprogrammation en roulant. En cas de besoin de modifier l'itinéraire, le conducteur doit s'arrêter dans un endroit sur (aire de repos, parking) pour reprogrammer le GPS. Les commandes vocales sont tolérées mais ne dispensent pas de garder les yeux sur la route.
Règles de communication et mise en œuvre
| Règle | Mise en œuvre | Sanction interne possible |
|---|---|---|
| Interdiction d'utiliser le téléphone en conduisant | Règlement intérieur, charte conducteur, affichage véhicule | Avertissement (1re fois), mise à pied (récidive) |
| Interdiction de joindre un salarié au volant | Note de service, consigne managers, plages de joignabilité | Rappel à l'ordre, avertissement |
| Activation messagerie vocale "en déplacement" | Configuration standard, application auto-détection | Rappel à l'ordre |
| Respect des plages de joignabilité | Agenda partage, créneaux bloques, signature e-mail | Rappel à l'ordre (appelant), avertissement (récidive) |
| GPS programme avant le départ uniquement | Procédure de préparation de mission, fiche trajet | Rappel à l'ordre |
| Arrêt obligatoire pour reprogrammer le GPS | Consigne conducteur, sensibilisation | Avertissement si constate |
| Interdiction du kit mains-libres (option renforcée) | Charte conducteur, note de direction | Avertissement |
Responsabilité de l'employeur
Si un salarié provoque un accident en répondant à un appel de son manager, l'entreprise est co-responsable. La jurisprudence est constante : l'employeur qui sollicite, tolère ou ne prévient pas l'usage du téléphone au volant manque à son obligation de sécurité. L'inscription formelle de l'interdiction dans le règlement intérieur, la mise en place de plages de joignabilité et la formation des managers sont les trois piliers de la protection juridique de l'entreprise sur ce sujet.
Outils gratuits liés à ce chapitre
- Générateur de DUERP — le plan de prévention découle directement de l'évaluation : les deux documents se tiennent.
- Calculateur de taux AT/MP — pour chiffrer le retour sur investissement du plan auprès de la direction.
- Simulateur de frais de route — pour arbitrer entre nuitée d'hôtel et retour tardif sur une base chiffrée.
Sources de ce chapitre
- Codes de bonnes pratiques « risque mission » (5 novembre 2003) et « risque trajet » (28 janvier 2004), adoptés au sein de la commission AT/MP de la CNAMTS — Assurance Maladie.
- Code du travail : L4121-1, L4121-2 (les neuf principes généraux de prévention), R4741-1 ; Code de la route : R312-19 (arrimage), R412-6-1 (téléphone) — Légifrance.
- Décret n° 2020-1264 du 16 octobre 2020 (équipements hivernaux obligatoires du 1er novembre au 31 mars dans les communes concernées).
- Cass. soc., 25 novembre 2015, n° 14-24.444 (l'employeur doit prouver qu'il a pris toutes les mesures nécessaires).
Vérification des acquis
Deux questions pour valider votre compréhension du chapitre.