AGIRC-ARRCO Tranche 1
Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO — Tranche 1 (≤ 1 PMSS)
Cotisation obligatoire de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO sur la part de salaire ≤ 1 PMSS. Taux global 7,87 % en 2026 (3,15 % salarial + 4,72 % patronal), génère des points retraite pour tous les salariés du privé.
Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin
AGIRC-ARRCO T1 Complémentaire AGIRC-ARRCO - Tranche 1 Retraite complémentaire T1 AGIRC-ARRCO Tranche 1Qu'est-ce que c'est ?
La ligne AGIRC-ARRCO Tranche 1 correspond à la cotisation de retraite complémentaire obligatoire versée par tous les salariés du secteur privé sur la part de leur rémunération inférieure ou égale à 1 PMSS (Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale).
Contrairement à la retraite de base (gérée par l'Assurance Retraite et apparaissant sur la ligne « Vieillesse plafonnée / déplafonnée »), la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO fonctionne par acquisition de points : les cotisations versées chaque mois permettent d'acheter des points retraite, dont la somme déterminera plus tard le montant de la pension complémentaire.
Cette cotisation est obligatoire : aucun salarié du privé ne peut s'y soustraire. Elle s'ajoute à la retraite de base de la Sécurité sociale pour constituer la retraite globale (régime de base + régime complémentaire).
Comment c'est calculé ?
Le taux global de cotisation AGIRC-ARRCO sur la Tranche 1 (rémunération ≤ 1 PMSS) est de 7,87 % en 2026. Ce taux est dit « contractuel » car il intègre déjà le taux d'appel de 127 % appliqué au taux de calcul des points (6,20 % × 127 % ≈ 7,87 %).
Cette cotisation est répartie selon une clé 40/60 entre le salarié et l'employeur :
- Part salariale : 3,15 % de la T1 (40 % du taux global)
- Part patronale : 4,72 % de la T1 (60 % du taux global)
Exemple chiffré au 1er janvier 2026 (à titre indicatif) — pour un salarié dont le brut mensuel est de 2 500 € (inférieur au PMSS) :
- Assiette T1 : 2 500 €
- Cotisation salariale : 2 500 € × 3,15 % = 78,75 € (apparaît en déduction sur le bulletin)
- Cotisation patronale : 2 500 € × 4,72 % = 118,00 € (versée par l'employeur)
- Total versé à l'AGIRC-ARRCO : 196,75 €
Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?
La cotisation AGIRC-ARRCO Tranche 1 concerne tous les salariés du secteur privé, sans exception de statut :
- Salariés non-cadres — depuis l'origine de l'ARRCO (1961)
- Salariés cadres — depuis l'origine de l'AGIRC (1947), puis intégrés au régime unique en 2019
- Apprentis — cotisent à l'AGIRC-ARRCO sur leur rémunération réelle
- Dirigeants assimilés salariés (gérants minoritaires de SARL, présidents de SAS…)
- Intérimaires — au même titre que les salariés permanents
La répartition de la charge est partagée entre le salarié et l'employeur selon la clé légale 40/60 :
- Salarié : 3,15 % retenu sur le brut (ligne visible sur le bulletin)
- Employeur : 4,72 % versé directement à l'AGIRC-ARRCO (souvent visible dans la colonne « Part employeur » du bulletin)
Cas particulier — fonction publique : les agents publics titulaires ne cotisent pas à l'AGIRC-ARRCO mais à l'IRCANTEC (régime distinct). Les contractuels de droit public cotisent également à l'IRCANTEC. Les agents publics qui rejoignent le privé conservent leurs droits IRCANTEC acquis.
À quoi sert cette cotisation ?
Les cotisations AGIRC-ARRCO financent le régime de retraite complémentaire obligatoire des salariés du secteur privé. Elles s'ajoutent à la retraite de base versée par l'Assurance Retraite (CNAV).
Le mécanisme repose sur l'acquisition de points retraite :
- Chaque mois, les cotisations versées (parts salariale + patronale) sont converties en points en les divisant par le « prix d'achat du point » (ou salaire de référence).
- Au moment de la liquidation de la retraite, le total des points accumulés est multiplié par la valeur de service du point en euros.
- Le résultat correspond au montant annuel brut de la pension complémentaire AGIRC-ARRCO.
La valeur du point et le prix d'achat sont revalorisés chaque année (généralement au 1er novembre) par décision des partenaires sociaux.
Le régime AGIRC-ARRCO est géré paritairement par les organisations syndicales et patronales représentatives, sans intervention directe de l'État. C'est un régime par répartition : les cotisations versées aujourd'hui par les actifs financent les pensions servies aux retraités actuels.
Au-delà de la pension de retraite, l'AGIRC-ARRCO finance également :
- La réversion au conjoint survivant (sous conditions)
- Des dispositifs d'action sociale (aide aux aidants, prévention santé, accompagnement des fins de carrière)
Évolutions récentes
Le régime de retraite complémentaire des salariés du privé est le fruit d'une longue histoire paritaire, marquée par deux étapes fondatrices et une fusion récente :
- 1947 — Création de l'AGIRC (Association Générale des Institutions de Retraite des Cadres) par la convention collective nationale du 14 mars 1947. Elle institue un régime obligatoire pour les cadres sur la tranche de rémunération au-dessus du plafond de la Sécurité sociale.
- 1961 — Création de l'ARRCO (Association des Régimes de Retraite Complémentaire) le 8 décembre 1961, qui généralise la retraite complémentaire à tous les salariés non-cadres.
- 1972 — La loi n° 72-1223 du 29 décembre 1972 rend l'adhésion obligatoire à un régime de retraite complémentaire pour tous les salariés du secteur privé.
- 1er janvier 2019 — Fusion AGIRC + ARRCO en un régime unique « AGIRC-ARRCO », appliquée à tous les salariés cadres et non-cadres. Création de deux tranches uniques : T1 (≤ 1 PMSS) et T2 (1 à 8 PMSS).
- 1er janvier 2019 — Suppression de la GMP (Garantie Minimale de Points), qui assurait aux cadres un minimum de 120 points AGIRC par an même en cas de rémunération faible. Disparue avec la fusion.
- 1er janvier 2019 — Création des contributions CEG (Contribution d'Équilibre Général) et CET (Contribution d'Équilibre Technique) pour assurer la pérennité financière du nouveau régime unifié.
Depuis la fusion, le régime AGIRC-ARRCO continue d'évoluer : revalorisations annuelles du point, accords des partenaires sociaux (notamment l'accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023 qui a aligné les règles de l'âge à taux plein avec celles du régime général).
Cas pratiques
Trois situations concrètes (exemples à vocation pédagogique, à titre indicatif en 2026) :
Cas 1 — Salarié cadre rémunéré 3 500 € brut/mois
Le brut (3 500 €) est inférieur au PMSS 2026 : la totalité du salaire est sur la Tranche 1. Pas de cotisation T2 pour ce salarié.
- Cotisation salariale T1 : 3 500 € × 3,15 % = 110,25 € (déduite du brut)
- Cotisation patronale T1 : 3 500 € × 4,72 % = 165,20 € (à la charge de l'employeur)
Cas 2 — Salarié non-cadre au SMIC
Pour un salarié à temps plein rémunéré au SMIC mensuel (largement inférieur au PMSS), la totalité du brut est en T1.
- La cotisation salariale AGIRC-ARRCO T1 s'applique au taux de 3,15 % du brut
- L'employeur verse 4,72 % du brut
- Le salarié acquiert chaque mois des points retraite proportionnels à son brut, qui s'accumulent jusqu'à la liquidation de sa retraite
Cas 3 — Dirigeant assimilé salarié (Président de SAS)
Un président de SAS rémunéré 4 000 € brut/mois est assimilé salarié pour sa protection sociale. Il cotise donc à l'AGIRC-ARRCO comme un cadre, sur l'ensemble de son brut (ici en totalité en T1 puisque inférieur au PMSS).
- Cotisation salariale T1 : 4 000 € × 3,15 % = 126,00 €
- Cotisation patronale T1 : 4 000 € × 4,72 % = 188,80 €
Si la rémunération dépassait 1 PMSS, la fraction au-delà serait soumise au taux T2 (sujet d'une fiche distincte).
Questions fréquentes
Sources officielles
Page mise à jour le 26/05/2026.