Article L4131-3 · En vigueur

Article L4131-3 — Interdiction de sanction du droit de retrait justifié

L'article L4131-3 protège le salarié ayant exercé son droit de retrait : aucune sanction ni retenue de salaire ne peut le frapper s'il avait un motif raisonnable de penser à un danger grave et imminent. C'est la garantie qui rend le droit de retrait effectif.

Ce que dit l'article L4131-3

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise à l'encontre d'un travailleur ou d'un groupe de travailleurs qui se sont retirés d'une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu'elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou pour la santé de chacun d'eux.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie IV
Santé et sécurité au travail
Livre
Livre Ier
Titre
Titre III — Droits d'alerte et de retrait
Chapitre
Chapitre Ier — Principes

L'article L4131-3 est le bouclier du droit de retrait : aucune sanction ni retenue de salaire ne peut frapper le salarié qui s'est retiré d'une situation présentant un danger grave et imminent. C'est la garantie qui rend le droit de retrait réellement effectif.

Ce que dit l'article L4131-3

Texte officiel en vigueur depuis le 1er mai 2008 :

Aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise à l'encontre d'un travailleur ou d'un groupe de travailleurs qui se sont retirés d'une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu'elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou pour la santé de chacun d'eux.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

L'article L4131-3 complète le droit de retrait (L4131-1) en le rendant sans risque pour le salarié : tant que le retrait est justifié (motif raisonnable de penser à un danger grave et imminent), l'employeur ne peut ni le sanctionner ni retenir son salaire. Le salarié continue d'être payé comme s'il avait travaillé.

Qui est concerné ?

  • Tout travailleur (ou groupe de travailleurs) ayant exercé son droit de retrait ;
  • Tout employeur, sans condition d'effectif ;
  • S'apprécie au regard du « motif raisonnable » du salarié, pas de la réalité objective du danger.

Ce que cela implique en pratique

1. Une appréciation subjective mais raisonnable

La protection joue dès lors que le salarié avait un motif raisonnable de penser à un danger grave et imminent — même si, a posteriori, le danger n'était pas avéré (Cass. Soc., 23 avril 2003, n° 01-44.806). Ce qui compte, c'est la croyance raisonnable au moment du retrait, appréciée in concreto.

2. Maintien intégral du salaire

Le salarié qui exerce un droit de retrait justifié est rémunéré normalement pendant la période de retrait. Aucune retenue n'est possible (Cass. Soc., 28 juin 2006, n° 04-43.431). Toute retenue opérée doit être remboursée.

3. Aucune sanction disciplinaire

Le retrait justifié ne peut donner lieu à aucune sanction (avertissement, mise à pied, licenciement). Une sanction prononcée est nulle. Un licenciement fondé sur un droit de retrait justifié est nul (atteinte à un droit fondamental, voir L1235-3-1).

La limite : le retrait abusif

La protection de L4131-3 ne joue que pour un retrait justifié. Un retrait abusif (sans motif raisonnable de danger) peut donner lieu à :

  • Une retenue sur salaire correspondant au temps non travaillé (Cass. Soc., 9 octobre 2013, n° 12-22.288) ;
  • Une sanction disciplinaire en cas de récidive ou de mauvaise foi.

Cas pratiques

Cas n°1 — Retenue sur salaire annulée

Un ouvrier se retire face à un échafaudage défectueux. L'employeur retient son salaire de la journée. Retenue illégale (L4131-3) : remboursement intégral, le retrait étant justifié (danger de chute).

Cas n°2 — Licenciement annulé

Un salarié est licencié pour avoir exercé son droit de retrait face à une machine non protégée. Licenciement nul (atteinte à un droit fondamental) : réintégration ou indemnité ≥ 6 mois (L1235-3-1).

Cas n°3 — Motif raisonnable mais danger non avéré

Un salarié se retire suite à une fuite de gaz suspectée, finalement sans danger réel. La protection joue quand même : il avait un motif raisonnable de penser à un danger grave (Cass. Soc., 23 avril 2003, n° 01-44.806).

Cas n°4 — Retrait abusif

Un salarié refuse de travailler sans aucun motif raisonnable de danger. Retrait abusif : retenue sur salaire possible (Cass. Soc., 9 octobre 2013, n° 12-22.288), voire sanction en cas de récidive.

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Retenue annulée

Retrait face à un échafaudage défectueux : retenue illégale (L4131-3), remboursement intégral.

Cas n°2 — Licenciement annulé

Licenciement pour droit de retrait justifié : nul, réintégration ou ≥ 6 mois (L1235-3-1).

Cas n°3 — Danger non avéré mais motif raisonnable

Fuite de gaz suspectée sans danger réel : protection maintenue (Cass. Soc., 23 avril 2003, n° 01-44.806).

Cas n°4 — Retrait abusif

Refus sans motif raisonnable : retenue sur salaire (Cass. Soc., 9 octobre 2013, n° 12-22.288), sanction en cas de récidive.

Questions fréquentes

Non, si le retrait est justifié. L'article L4131-3 interdit toute sanction et toute retenue de salaire contre un salarié qui s'est retiré d'une situation dont il avait un motif raisonnable de penser qu'elle présentait un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

Oui, intégralement, pour un retrait justifié (Cass. Soc., 28 juin 2006, n° 04-43.431). Aucune retenue n'est possible. Le salarié est rémunéré comme s'il avait travaillé. Toute retenue opérée doit être remboursée.

Oui. Ce qui compte est le motif raisonnable de penser à un danger grave et imminent au moment du retrait, apprécié in concreto, et non la réalité objective du danger constatée a posteriori (Cass. Soc., 23 avril 2003, n° 01-44.806).

La protection de L4131-3 ne joue que pour un retrait justifié. Un retrait abusif (sans motif raisonnable de danger) peut donner lieu à une retenue sur salaire correspondant au temps non travaillé (Cass. Soc., 9 octobre 2013, n° 12-22.288), voire à une sanction disciplinaire en cas de récidive ou de mauvaise foi.

Non, si le retrait est justifié. Un licenciement fondé sur l'exercice d'un droit de retrait justifié est nul car il porte atteinte à un droit fondamental. Le salarié peut obtenir sa réintégration ou une indemnité d'au moins 6 mois de salaire (article L1235-3-1).

Oui. L'article L4131-3 vise expressément « un travailleur ou un groupe de travailleurs ». Plusieurs salariés exposés au même danger grave et imminent peuvent exercer simultanément leur droit de retrait, en bénéficiant chacun de la même protection.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 26/05/2026.