Article L1235-3-1 · En vigueur

Article L1235-3-1 — Indemnité minimale en cas de licenciement nul (6 mois)

L'article L1235-3-1 fixe l'indemnité minimale en cas de licenciement nul : au moins 6 mois de salaire, non plafonnée par le barème Macron. Elle s'applique lorsque le salarié ne demande pas sa réintégration en cas de discrimination, harcèlement, grossesse ou atteinte à une liberté fondamentale.

Ce que dit l'article L1235-3-1

Texte officiel en vigueur depuis le 01/04/2018 :

Lorsque le juge constate que le licenciement est intervenu en méconnaissance des articles L. 1132-1, L. 1153-2, L. 1225-4 et L. 1225-5 et que le salarié ne demande pas la poursuite de son contrat de travail ou que sa réintégration est impossible, le juge octroie au salarié une indemnité, à la charge de l'employeur, qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois. Elle est due sans préjudice du paiement du salaire, lorsqu'il est dû, qui aurait été perçu pendant la période couverte par la nullité et, le cas échéant, de l'indemnité de licenciement prévue à l'article L. 1234-9.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre III — Rupture du contrat de travail à durée indéterminée
Chapitre
Chapitre V — Contestations et sanctions des irrégularités du licenciement
Section
Section 1 — Dispositions communes

L'article L1235-3-1 fixe l'indemnité minimale en cas de licenciement nul : au moins 6 mois de salaire. C'est la sanction la plus sévère du droit du licenciement, qui échappe au plafonnement du barème Macron pour les atteintes les plus graves.

Ce que dit l'article L1235-3-1

Texte officiel en vigueur depuis le 1er avril 2018 :

Lorsque le juge constate que le licenciement est intervenu en méconnaissance des articles L. 1132-1, L. 1153-2, L. 1225-4 et L. 1225-5 et que le salarié ne demande pas la poursuite de son contrat ou que sa réintégration est impossible, le juge octroie une indemnité, à la charge de l'employeur, qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois. Elle est due sans préjudice du paiement du salaire dû pendant la période couverte par la nullité et, le cas échéant, de l'indemnité de licenciement (L1234-9).

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Quand un licenciement est frappé de nullité (atteinte à une liberté fondamentale, discrimination, harcèlement, grossesse…) et que le salarié ne demande pas sa réintégration (ou qu'elle est impossible), il perçoit une indemnité au minimum égale à 6 mois de salaire. Contrairement au licenciement sans cause réelle et sérieuse, cette indemnité n'est pas plafonnée par le barème Macron (L1235-3).

Qui est concerné ?

  • Les salariés victimes d'un licenciement nul ;
  • Les employeurs, qui supportent une sanction non plafonnée ;
  • Quelle que soit l'ancienneté du salarié et la taille de l'entreprise.

Ce que cela implique en pratique

1. Les cas de nullité du licenciement

  • Violation d'une liberté fondamentale (grève, expression, droit d'agir en justice) ;
  • Discrimination (article L1132-4) ;
  • Harcèlement moral ou sexuel (L1152-3, L1153-4) ;
  • Grossesse / maternité (L1225-4, L1225-5) ;
  • Dénonciation de faits (lanceur d'alerte) ;
  • Accident du travail / maladie professionnelle (L1226-13).

2. Les deux options du salarié

  • Réintégration : le salarié retrouve son poste, avec paiement des salaires entre le licenciement et la réintégration (déduction faite des revenus de remplacement, selon le cas) ;
  • Indemnisation : s'il ne demande pas la réintégration (ou si elle est impossible), indemnité ≥ 6 mois de salaire (L1235-3-1), non plafonnée, cumulable avec l'indemnité de licenciement.

3. La différence avec le barème Macron

SituationIndemnitéPlafonnée ?
Licenciement sans cause réelle et sérieuseBarème Macron (½ à 20 mois)Oui (L1235-3)
Licenciement nulMinimum 6 moisNon (L1235-3-1)

Points pratiques

  • L'indemnité est au minimum de 6 mois : le juge peut accorder davantage selon le préjudice (Cass. Soc., 13 septembre 2017, n° 16-13.578) ;
  • Elle se cumule avec l'indemnité légale de licenciement, le préavis et les congés payés ;
  • En cas de réintégration, le salarié perçoit les salaires de la période d'éviction (intégralement pour les atteintes les plus graves — liberté fondamentale, maternité — Cass. Soc., 11 juillet 2012, n° 10-15.905).

Cas pratiques

Cas n°1 — Licenciement post-grossesse

Salariée licenciée pendant sa protection maternité sans motif indépendant. Licenciement nul (L1225-4). Si elle ne demande pas sa réintégration : minimum 6 mois (L1235-3-1) + salaires de la période + indemnité de licenciement.

Cas n°2 — Licenciement discriminatoire

Salarié licencié en raison de son origine. Nullité (L1132-4) : 6 mois minimum, non plafonné. Le juge peut accorder bien plus selon l'ampleur du préjudice.

Cas n°3 — Dénonciation de harcèlement

Salarié licencié après avoir dénoncé de bonne foi un harcèlement sexuel. Nullité (L1153-4) : indemnité ≥ 6 mois, hors barème Macron.

Cas n°4 — Réintégration demandée

Un salarié licencié pour fait de grève (liberté fondamentale) demande sa réintégration. Il la retrouve + perçoit l'intégralité des salaires de la période d'éviction, sans déduction des revenus de remplacement (Cass. Soc., 11 juillet 2012, n° 10-15.905).

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
Publicité

Cas pratiques

Cas n°1 — Licenciement post-grossesse

Nullité (L1225-4) : 6 mois minimum + salaires de la période + indemnité de licenciement.

Cas n°2 — Licenciement discriminatoire

Nullité (L1132-4) : 6 mois minimum, non plafonné, davantage selon le préjudice.

Cas n°3 — Dénonciation de harcèlement

Nullité (L1153-4) : indemnité ≥ 6 mois, hors barème Macron.

Cas n°4 — Réintégration (grève)

Réintégration + salaires intégraux de la période d'éviction (Cass. Soc., 11 juillet 2012, n° 10-15.905).

Questions fréquentes

Au minimum 6 mois de salaire (article L1235-3-1), si le salarié ne demande pas sa réintégration ou si elle est impossible. Cette indemnité n'est pas plafonnée par le barème Macron et se cumule avec l'indemnité légale de licenciement et le salaire de la période couverte par la nullité.

Notamment : violation d'une liberté fondamentale (grève, expression), discrimination (L1132-4), harcèlement moral ou sexuel (L1152-3, L1153-4), licenciement lié à la grossesse ou maternité (L1225-4, L1225-5), accident du travail (L1226-13), dénonciation par un lanceur d'alerte.

Le licenciement sans cause réelle et sérieuse est indemnisé selon le barème Macron plafonné (½ à 20 mois, L1235-3). Le licenciement nul échappe à ce plafond : indemnité minimale de 6 mois, sans maximum, le juge pouvant accorder davantage selon le préjudice (L1235-3-1).

Oui. En cas de licenciement nul, le salarié peut demander sa réintégration. Il retrouve alors son poste et perçoit les salaires de la période d'éviction. Pour les atteintes les plus graves (liberté fondamentale, maternité), ces salaires sont dus intégralement, sans déduction des revenus de remplacement.

Un minimum. Le juge octroie au moins 6 mois de salaire mais peut accorder davantage selon l'importance du préjudice subi (Cass. Soc., 13 septembre 2017, n° 16-13.578). Il n'y a pas de plafond, contrairement au licenciement sans cause.

Oui. Elle se cumule avec l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement (L1234-9), l'indemnité compensatrice de préavis, l'indemnité de congés payés, et le cas échéant le paiement des salaires de la période couverte par la nullité.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 26/05/2026.