Article L1237-12 · En vigueur

Article L1237-12 — Entretien prealable rupture conventionnelle - assistance

L'article L1237-12 impose un ou plusieurs entretiens préalables à toute rupture conventionnelle individuelle. Le salarié peut se faire assister par un membre du personnel ou, en l'absence de représentation, par un conseiller du salarié. L'employeur peut lui-même s'assister si le salarié en fait usage.

Ce que dit l'article L1237-12

Texte officiel en vigueur depuis le 26/06/2008 :

Les parties au contrat conviennent du principe d'une rupture conventionnelle lors d'un ou plusieurs entretiens au cours desquels le salarié peut se faire assister :

1° Soit par une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise, qu'il s'agisse d'un salarié titulaire d'un mandat syndical ou d'un salarié membre d'une institution représentative du personnel ou tout autre salarié ;

2° Soit, en l'absence d'institution représentative du personnel dans l'entreprise, par un conseiller du salarié choisi sur une liste dressée par l'autorité administrative.

Lors du ou des entretiens, l'employeur a la faculté de se faire assister quand le salarié en fait lui-même usage. Le salarié en informe l'employeur auparavant ; si l'employeur souhaite également se faire assister, il en informe à son tour le salarié.

Source : Légifrance

Nature
Partie legislative
Partie I
Les relations individuelles de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre III Rupture du contrat
Chapitre
Chapitre VII Autres cas de rupture

L'article L1237-12 du Code du travail organise l'entretien préalable obligatoire avant toute rupture conventionnelle individuelle. Au cours d'un ou plusieurs entretiens, salarié et employeur conviennent du principe de la rupture, dans des conditions garantissant la liberté du consentement. Le salarié peut être assisté pour rééquilibrer les forces dans la négociation.

Texte officiel (extrait)

« Les parties au contrat conviennent du principe d'une rupture conventionnelle lors d'un ou plusieurs entretiens au cours desquels le salarié peut se faire assister :
1° Soit par une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise (...) ;
2° Soit, en l'absence d'institution représentative du personnel dans l'entreprise, par un conseiller du salarié (...).

Lors du ou des entretiens, l'employeur a la faculté de se faire assister quand le salarié en fait lui-même usage. »

En clair

L'entretien préalable est le moment central de la rupture conventionnelle : c'est là que les deux parties discutent des conditions, négocient l'indemnité, conviennent de la date de rupture. Sa réalité — distincte de la simple signature de formulaires — conditionne la validité de la rupture. Une absence d'entretien réel constitue un vice de procédure susceptible d'annuler la convention.

Les modalités de l'entretien

Un ou plusieurs entretiens
  • Au moins 1 entretien obligatoire
  • Plusieurs entretiens si négociation longue ou complexe
  • Pas de durée minimale prévue, mais doit permettre un échange réel
  • Aucun formalisme particulier pour la convocation (recommandé par écrit)
Lieu et conditions
  • Locaux de l'entreprise (souvent), bureau RH ou direction
  • Possibilité de prendre des notes
  • Discussion libre des conditions
  • Pas d'enregistrement obligatoire

Le droit à l'assistance du salarié

CasAssistant possible
Entreprise avec représentation du personnelUne personne appartenant au personnel : salarié titulaire d'un mandat syndical, membre du CSE, ou tout autre salarié de l'entreprise (au choix du salarié concerné).
Entreprise sans représentation du personnelUn conseiller du salarié inscrit sur une liste préfectorale (listes dressées par la DREETS dans chaque département). Service gratuit, conseillers formés au droit du travail.
Information préalable de l'employeurLe salarié doit informer l'employeur avant l'entretien qu'il sera assisté.
Conséquences sur l'employeurSi le salarié est assisté, l'employeur peut lui-même se faire assister (par un membre de son personnel ou, dans une entreprise de moins de 50 salariés, par une personne appartenant à son organisation syndicale d'employeurs).

Trouver un conseiller du salarié

Le conseiller du salarié est un atout précieux dans les entreprises sans représentation du personnel. Liste consultable :

  • En mairie (affichage légal obligatoire)
  • Sur le site de la DREETS (Direction Régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités)
  • Auprès de l'inspection du travail
  • Sur le site travail-emploi.gouv.fr (annuaire en ligne)

Le conseiller du salarié intervient gratuitement. Il est tenu au secret professionnel et à une obligation de discrétion. Il analyse les conditions proposées, vérifie l'indemnité, conseille sur les enjeux fiscaux et chômage.

Absence d'entretien : nullité possible

Une rupture conventionnelle conclue sans entretien préalable ou avec un entretien fictif (signature directe du formulaire, pression manifeste) peut être annulée aux prud'hommes. Effets : (1) annulation rétroactive avec effet d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse (barème Macron, L1235-3) ; (2) dommages-intérêts pour vice du consentement ; (3) maintien éventuel des allocations chômage. Action dans les 12 mois suivant l'homologation (L1237-14).

Articulation avec le délai de rétractation

L'entretien préalable de L1237-12 précède :

  1. La signature de la convention de rupture (formulaire Cerfa 14598)
  2. Le délai de rétractation de 15 jours calendaires (L1237-14)
  3. La demande d'homologation à la DREETS
  4. L'instruction administrative (15 jours ouvrables)
  5. La rupture effective du contrat

Conserver des traces écrites de l'entretien (mails, comptes-rendus) est fortement recommandé pour le salarié comme pour l'employeur en cas de contestation ultérieure.

Conseil au salarié

  • Prendre le temps : ne pas signer le formulaire sans avoir analysé les conditions (indemnité, date, calcul du chômage)
  • Demander l'assistance d'un conseiller du salarié dès l'invitation à l'entretien, surtout en l'absence de CSE
  • Calculer le minimum légal de l'indemnité (1/4 mois par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà — L1234-9)
  • Négocier une indemnité supralégale selon les usages du secteur et son ancienneté
  • Conserver tous les écrits (mails de convocation, échanges avant et après l'entretien)

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. L'entretien préalable est l'étape la plus importante de la rupture conventionnelle. Bien préparé, il permet d'obtenir des conditions optimales (indemnité, date, dispense d'activité). Mal mené, il peut entraîner des regrets difficilement réparables. Préparation et accompagnement (conseiller du salarié, avocat) sont vivement recommandés.

Publicité

Cas pratiques

Cas 1 — Entretien classique avec assistance d'un délégué

Un salarié de 8 ans d'ancienneté envisage une rupture conventionnelle. Il informe son employeur qu'il sera assisté par un délégué CSE lors de l'entretien. Application de L1237-12 : entretien dans le bureau RH, 1h30. Discussion sur l'indemnité, la date de rupture, la dispense d'activité éventuelle. Le délégué CSE rappelle le calcul minimum légal et négocie une indemnité supralégale de 2 mois supplémentaires. Compte rendu informel pris par le salarié. Signature de la convention 3 jours après. Procédure exemplaire.

Cas 2 — Assistance d'un conseiller du salarié (PME sans CSE)

Une assistante administrative d'une PME de 8 salariés (pas de CSE obligatoire) reçoit une proposition de rupture conventionnelle. Elle consulte la liste des conseillers du salarié à la mairie et contacte un conseiller. Application de L1237-12 2° : le conseiller analyse les conditions (indemnité 1/4 mois sur 6 ans = 1,5 mois proposé), conseille de négocier une indemnité supralégale, accompagne l'employée à l'entretien. Résultat : indemnité finale 3 mois (au lieu de 1,5). Service gratuit. Procédure sereine.

Cas 3 — Signature sans entretien réel : annulation

Un cadre commercial est convoqué par son patron, qui lui tend directement le formulaire Cerfa 14598 pré-rempli : « signez maintenant ou vous serez licencié pour faute grave ». Pas d'entretien réel, pas d'assistance, pression manifeste. Le cadre signe. Violation de L1237-12 + vice du consentement : action prud'homale dans les 12 mois suivant l'homologation. Annulation de la rupture conventionnelle. Effet d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Barème Macron : 3 à 12 mois selon ancienneté + dommages-intérêts pour vice de consentement (~ 5 000 €).

Cas 4 — Salarié non informé du droit à l'assistance

Un employeur convoque oralement un salarié, lui présente les conditions et le formulaire à signer le même jour, sans aucune information sur le droit à l'assistance. Violation de L1237-12 : le salarié peut, en théorie, demander à se faire assister à tout moment, mais s'il n'est pas informé, ce droit reste virtuel. Aux prud'hommes : possible annulation pour défaut d'information caractérisé. Bonne pratique pour l'employeur : information écrite préalable du salarié sur son droit à l'assistance (mention dans la convocation à l'entretien).

Cas 5 — Plusieurs entretiens : pratique courante

Un cadre supérieur, 15 ans d'ancienneté, demande une rupture conventionnelle. Négociation complexe avec indemnité supralégale élevée, date de rupture variable, clause de non-concurrence. Application de L1237-12 : 4 entretiens étalés sur 6 semaines pour négocier les conditions. Mails et propositions écrites entre les entretiens. Présence du DRH et d'un conseiller juridique côté employeur, avocat côté salarié. Signature finale après accord détaillé. Procédure légale puisque la loi permet « un ou plusieurs entretiens ».

Cas 6 — Convocation par mail informel

Un employeur convoque par simple mail informel un salarié à un « échange sur ton avenir dans l'entreprise ». Aucune mention du droit à l'assistance, aucune mention de la nature de l'entretien (rupture conventionnelle). Risque sur L1237-12 : si le salarié signe la convention le jour même sans avoir pu se préparer ni demander une assistance, l'entretien peut être contesté pour défaut de réelle négociation. Bonne pratique : convocation écrite formelle mentionnant la nature de l'entretien (« rupture conventionnelle ») et le droit à l'assistance.

5 conseils pour le salarié

(1) Demander une convocation écrite mentionnant la nature de l'entretien et le droit à l'assistance. (2) Préparer l'entretien : calcul du minimum légal d'indemnité, recherche des conditions du secteur, point sur les droits au chômage. (3) Se faire assister : délégué CSE/syndical en interne, ou conseiller du salarié en externe (gratuit, liste en mairie). (4) Ne jamais signer le jour même : prendre 24-48h pour réfléchir et consulter. (5) Conserver les écrits : mails de convocation, propositions, échanges après l'entretien. Action en annulation possible dans les 12 mois suivant l'homologation (L1237-14).

Questions fréquentes

Oui, au moins un entretien est obligatoire (L1237-12). Plusieurs entretiens sont possibles si la négociation est longue ou complexe. C'est lors de cet entretien que les parties conviennent du principe de la rupture et négocient les conditions (indemnité, date de rupture, dispense d'activité). Une rupture conventionnelle conclue sans entretien réel peut être annulée aux prud'hommes pour vice de procédure.

Deux cas (L1237-12) : (1) si l'entreprise a une représentation du personnel (CSE, délégué syndical), assistance par un salarié titulaire d'un mandat syndical, membre du CSE, ou tout autre salarié de l'entreprise au choix du concerné ; (2) en l'absence d'institution représentative dans l'entreprise, assistance par un conseiller du salarié choisi sur la liste préfectorale dressée par la DREETS. Le salarié doit informer l'employeur avant l'entretien de son intention d'être assisté.

Un bénévole formé au droit du travail, inscrit sur une liste dressée par le préfet dans chaque département. Service entièrement gratuit, soumis au secret professionnel. Le conseiller du salarié analyse les conditions proposées, vérifie le calcul de l'indemnité, conseille sur les enjeux fiscaux et chômage, accompagne le salarié à l'entretien. Liste consultable en mairie, sur le site de la DREETS, ou auprès de l'inspection du travail.

Oui, mais uniquement si le salarié en fait lui-même usage (équilibre des forces). L'employeur doit en informer préalablement le salarié. Possibilités : assistance par un membre de son personnel ou, dans une entreprise de moins de 50 salariés, par une personne appartenant à son organisation syndicale d'employeurs. L'avocat de l'employeur n'est pas mentionné explicitement par l'article, mais admis en pratique.

Une rupture conventionnelle conclue sans entretien préalable réel (signature directe du formulaire, pression manifeste, absence de négociation) peut être annulée aux prud'hommes pour vice de procédure. Effets : annulation rétroactive avec effet d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse (barème Macron L1235-3), dommages-intérêts pour vice de consentement. Action dans les 12 mois suivant l'homologation (L1237-14).

Liste disponible : en mairie (affichage légal obligatoire), sur le site de la DREETS de votre région, auprès de l'inspection du travail, sur travail-emploi.gouv.fr (annuaire national). Choisir un conseiller proche de chez vous pour faciliter les rencontres. Premier contact gratuit. Le conseiller intervient pendant ses temps de bénévolat (en dehors de son propre travail). Prévoir 2-3 semaines de délai pour un rendez-vous.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 02/06/2026.