Article L3142-19 — Congé de proche aidant : durée et fin anticipée
L article L3142-19 fixe les bornes du congé de proche aidant : un an maximum sur l ensemble de la carrière, déclenchement à l initiative du salarié (sans délai en cas d urgence) et fin anticipée dans cinq cas.
Ce que dit l'article L3142-19
Texte officiel en vigueur depuis le 10/08/2016 :
Le congé débute ou est renouvelé à l'initiative du salarié. Il ne peut excéder, renouvellement compris, la durée d'un an pour l'ensemble de la carrière.
En cas de dégradation soudaine de l'état de santé de la personne aidée, de situation de crise nécessitant une action urgente du proche aidant ou de cessation brutale de l'hébergement en établissement dont bénéficiait la personne aidée, le congé débute ou peut être renouvelé sans délai.
Le salarié peut mettre fin de façon anticipée au congé ou y renoncer dans les cas suivants :
1° Décès de la personne aidée ;
2° Admission dans un établissement de la personne aidée ;
3° Diminution importante des ressources du salarié ;
4° Recours à un service d'aide à domicile pour assister la personne aidée ;
5° Congé de proche aidant pris par un autre membre de la famille.
Aider un proche en perte d'autonomie sans perdre son emploi : c'est l'objet du congé de proche aidant. L'article L3142-19 en fixe les bornes — une durée maximale d'un an sur l'ensemble de la carrière, un déclenchement à l'initiative du salarié, et des cas de fin anticipée.
En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?
Le congé de proche aidant permet à un salarié de suspendre son activité pour s'occuper d'un proche présentant un handicap ou une perte d'autonomie d'une particulière gravité. L'article L3142-19 en précise les modalités de durée et de fin :
- le congé débute ou est renouvelé à l'initiative du salarié ; il ne peut excéder, renouvellement compris, un an pour l'ensemble de la carrière ;
- en cas d'urgence (dégradation soudaine de l'état de santé, situation de crise, cessation brutale de l'hébergement en établissement), il peut débuter sans délai ;
- le salarié peut y mettre fin par anticipation dans cinq cas listés (décès, admission en établissement, baisse importante de ses ressources, recours à un service d'aide à domicile, ou prise du congé par un autre membre de la famille).
Proche aidant ≠ solidarité familiale
Le congé de proche aidant (L3142-19) vise un proche en perte d'autonomie ou handicapé. Le congé de solidarité familiale (article L3142-6) vise un proche en fin de vie. Les deux peuvent concerner la même personne à des moments différents, mais répondent à des situations distinctes.
Qui est concerné ?
- Les salariés aidants d'un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie ;
- les employeurs, tenus d'accorder le congé dans les conditions légales ;
- les aidants familiaux, de plus en plus nombreux face au vieillissement de la population.
Ce que cela implique en pratique
Le congé de proche aidant peut, avec l'accord de l'employeur, être fractionné ou transformé en temps partiel. Pendant les périodes d'absence, le salarié peut percevoir, sous conditions, l'allocation journalière du proche aidant (AJPA). À l'issue, il retrouve son emploi ou un emploi similaire.
La possibilité de débuter sans délai en cas d'urgence est essentielle : elle évite au salarié d'attendre face à une dégradation soudaine de la situation du proche. Les cinq cas de fin anticipée lui permettent aussi de reprendre son activité dès que l'aide n'est plus nécessaire.
Ce congé s'inscrit parmi les congés d'articulation vie professionnelle / vie personnelle, aux côtés du congé de proche aidant (principe) (article L3142-16), du congé de solidarité familiale (article L3142-6) et du congé de présence parentale (article L1225-62). Pour suivre vos jours, notre simulateur de congés payés peut aider.
Risques en cas de non-respect
Refuser le congé de proche aidant à un salarié remplissant les conditions, ou ne pas permettre un départ sans délai en cas d'urgence justifiée, constitue un manquement. Le salarié peut faire valoir son droit, le congé étant d'ordre public.
À titre informatif uniquement : les conditions exactes (lien avec la personne aidée, niveau de perte d'autonomie, AJPA) sont précises et évoluent. Pour votre situation, rapprochez-vous de votre CAF/MSA, de votre service RH ou d'un conseiller.
Cas pratiques
Cas n°1 — La limite d'un an sur la carrière
Un salarié a déjà pris six mois de congé de proche aidant pour son père. Il pourra en reprendre au maximum six mois supplémentaires au cours de sa carrière : l'article L3142-19 plafonne la durée totale, renouvellement compris, à un an.
Cas n°2 — Le départ sans délai en urgence
L'état de santé de la personne aidée se dégrade brutalement. Le salarié peut faire débuter son congé de proche aidant sans délai, l'article L3142-19 prévoyant ce départ immédiat en cas de situation de crise.
Cas n°3 — La fin anticipée
La personne aidée est admise en établissement spécialisé. Le salarié peut mettre fin de façon anticipée à son congé de proche aidant, l'admission en établissement figurant parmi les cinq cas de fin anticipée listés par l'article L3142-19.
Cas n°4 — Le relais entre aidants
Un autre membre de la famille prend à son tour un congé de proche aidant pour la même personne. Le premier salarié peut alors renoncer à son congé : c'est l'un des cas de fin anticipée prévus par l'article L3142-19.
Questions fréquentes
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Page mise à jour le 22/06/2026.