Convention collective nationale du personnel des laboratoires de biologie médicale extra-hospitaliers
L'IDCC 959 régit les salariés des laboratoires de biologie médicale privés et de ville (LBM). Repères pratiques sur l'accréditation COFRAC, le secret médical, les AES et le risque biologique.
Présentation
La convention collective nationale du personnel des laboratoires de biologie médicale extra-hospitaliers (IDCC 959) a été signée le 24 février 1978. Elle régit les salariés des laboratoires de biologie médicale privés et de ville : biologistes médicaux salariés (en sus du statut professionnel), techniciens de laboratoire, secrétaires médicales, personnels d'accueil et de prélèvement.
Champ d'application
- les laboratoires de biologie médicale privés et de ville (cabinets et plateaux techniques) ;
- les plateformes de biologie et regroupements multisites ;
- les centres de prélèvement rattachés à des laboratoires de ville.
Les laboratoires hospitaliers relèvent du secteur sanitaire (FEHAP IDCC 29, hospitalisation privée IDCC 2264 selon le statut). Les vétérinaires salariés en biologie animale relèvent de l'IDCC 1875. Les pharmacies d'officine relèvent de l'IDCC 1996. Les médecins de ville relèvent du libéral (cabinet IDCC 1147 pour leur personnel).
Catégories couvertes
Personnels techniques (techniciens de laboratoire DTS BioAC, ABMS, manipulateurs en électroradiologie médicale), personnels de prélèvement (infirmiers diplômés d'État pratiquant les prélèvements), secrétaires médicales et personnels d'accueil, personnel d'encadrement (cadres techniques et biologistes responsables). Classification par niveaux et coefficients.
Spécificités notables
- Profession réglementée : la biologie médicale est réglementée (ordonnance du 13 janvier 2010, loi du 30 mai 2013) ; le biologiste responsable doit être titulaire d'un DES de biologie médicale et inscrit à l'Ordre. Les laboratoires doivent être accrédités COFRAC (norme NF EN ISO 15189) ;
- Diplômes des techniciens : DTS BioAC (diplôme de technicien supérieur en biologie analyse et contrôle), BTS ABMS (analyses biologiques médicales et sanitaires) ;
- Secret professionnel médical (article L.1110-4 du Code de la santé publique) : s'impose à tout le personnel ;
- Horaires matinaux : ouverture tôt le matin pour les prélèvements à jeun ;
- Risque biologique majeur : AES (accidents d'exposition au sang) — protocoles, EPI (aiguilles sécurisées, conteneurs DASRI), suivi médical renforcé ;
- Travail le samedi matin systématique ;
- Prévoyance et frais de santé de branche.
Pour les montants exacts, consultez la version en vigueur sur Légifrance.
Champ d'application
Cette convention concerne principalement les entreprises classées sous les codes NAF suivants :
86.90B
Liste indicative — votre convention réelle peut différer selon l'activité principale réellement exercée et les éventuels accords d'entreprise.
Points clés
- IDCC 959 : convention collective nationale du personnel des laboratoires de biologie médicale extra-hospitaliers, signée le 24 février 1978.
- Champ couvert : laboratoires de biologie médicale privés et de ville, plateformes de biologie, centres de prélèvement rattachés.
- Hors champ : laboratoires hospitaliers (CCN 51 FEHAP IDCC 29, hospi privée IDCC 2264), vétérinaires salariés (IDCC 1875), pharmacies (IDCC 1996), cabinets médicaux (IDCC 1147).
- Catégories : techniciens (DTS BioAC, BTS ABMS), infirmiers préleveurs, secrétaires médicales, accueil, encadrement.
- Profession réglementée : ordonnance du 13 janvier 2010, loi du 30 mai 2013, biologiste responsable titulaire d'un DES + Ordre. Accréditation COFRAC obligatoire (norme NF EN ISO 15189).
- Secret professionnel médical (article L.1110-4 du Code de la santé publique).
- Horaires matinaux : prélèvements à jeun. Travail du samedi matin systématique.
- Risque biologique : AES — protocoles, aiguilles sécurisées, conteneurs DASRI, suivi médical renforcé.
- Vaccinations recommandées (hépatite B notamment).
- Vérification du rattachement : bulletin de paie obligatoire mentionnant la convention (article R3243-1 du Code du travail).
Cas pratiques
Cas n° 1 — AES lors d'un prélèvement
Une infirmière préleveuse se pique avec une aiguille souillée. L'AES constitue un accident du travail à déclarer immédiatement. Un protocole post-exposition s'applique sans délai (nettoyage, évaluation du risque, traitement prophylactique éventuel, suivi sérologique). L'employeur doit mettre à disposition des matériels de sécurité (aiguilles sécurisées, conteneurs DASRI) en application de la directive européenne 2010/32/UE et du Code du travail. Un manquement peut engager la responsabilité de l'employeur, jusqu'à la faute inexcusable.
Cas n° 2 — Accréditation COFRAC et procédures qualité
Un technicien doit appliquer les procédures qualité requises par l'accréditation COFRAC (norme NF EN ISO 15189) du laboratoire. Cette accréditation est obligatoire pour la biologie médicale depuis 2016. Elle impose un système qualité complet : procédures écrites, traçabilité des actes, contrôles internes et externes de qualité, formations régulières. Le technicien doit suivre les procédures à la lettre ; un écart peut justifier une sanction disciplinaire et compromettre l'accréditation. L'employeur doit organiser et financer les formations.
Cas n° 3 — Secret médical d'une secrétaire
Une secrétaire médicale a accès aux résultats d'analyse des patients. Le secret professionnel médical (article L.1110-4 du Code de la santé publique) s'impose à tout le personnel ayant connaissance d'informations médicales. La divulgation, même partielle, peut justifier une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'au licenciement, et engager une responsabilité pénale (article 226-13 du Code pénal). L'employeur doit former le personnel à cette obligation et organiser la sécurité informatique des données.
Questions fréquentes
Page mise à jour le 04/06/2026.