Concours sous-officier de gendarmerie
La composition de culture générale

Module 2 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 2 : Composition de culture générale 16 min de lecture

2.1 Analyser le sujet et problématiser

La composition de culture générale est la seule épreuve d'admissibilité du premier concours de sous-officier de gendarmerie : trois heures, coefficient 7, et une note éliminatoire sous 6 sur 20. Avant d'écrire, il faut comprendre exactement ce que le sujet demande. Ce chapitre rappelle ce que prévoit l'arrêté, puis décrit la méthode classique d'analyse d'un sujet, sur des exemples entièrement fictifs.

L'épreuve d'admissibilité en quatre repères

3 h

Durée de la composition

7

Coefficient, sur 18 au total pour le 1er concours

< 6

Note sur 20 éliminatoire (articles 13 et 23)

1

Seule épreuve d'admissibilité, corrigée anonymement

1

Ce que dit l'arrêté du 27 avril 2011

Pour le premier concours, celui qui est ouvert aux titulaires du baccalauréat ou d'un titre de niveau 4, l'admissibilité repose sur une seule épreuve : la composition de culture générale. L'annexe I de l'arrêté du 27 avril 2011, dans sa version en vigueur au 1er octobre 2025, la décrit comme la « rédaction d'un devoir sur un sujet d'ordre général », qui a pour objectif d'évaluer les qualités rédactionnelles du candidat, sa culture générale, sa capacité à argumenter et sa maîtrise de la langue française. Elle dure trois heures et porte le coefficient 7.

Deux articles en font une épreuve à ne pas manquer. L'article 13 prévoit que les épreuves écrites font l'objet d'une correction anonyme et qu'est éliminatoire toute note inférieure à 6 sur 20 à la composition de culture générale. L'article 23 le rappelle pour l'ensemble du concours : une note inférieure à 6 sur 20 à l'une des épreuves élimine le candidat, la seule exception étant l'évaluation numérique. Enfin, l'article 14 attribue la note zéro au candidat absent, arrivé après l'heure de début ou qui ne remet pas de copie.

Avec 7 coefficients sur 18 pour le premier concours (7 pour la composition, 7 pour l'entretien, 3 pour l'épreuve physique et 1 pour l'évaluation numérique), la composition pèse près de 40 % du total. Et c'est elle qui ouvre, ou non, la porte des épreuves d'admission : la liste des admissibles est publiée par ordre alphabétique par le commandant des écoles de la gendarmerie nationale, sur proposition de la commission qui fixe le seuil (article 15).

« Rédaction d'un devoir sur un sujet d'ordre général, ayant pour objectif d'évaluer les qualités rédactionnelles […] »

— Arrêté du 27 avril 2011, annexe I (premier concours)

Le texte ne fixe ni programme, ni plan imposé, ni nombre de pages. Tout ce qui suit dans ce module relève donc de la méthode classique de la composition et de la dissertation, telle qu'on l'enseigne au lycée et dans l'enseignement supérieur : une façon éprouvée de répondre aux quatre critères de l'arrêté, pas une grille de correction officielle.

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Ce qu'est un « sujet d'ordre général »

Un sujet d'ordre général ne demande pas de connaissances techniques ni juridiques pointues. Il porte sur une question de société, de citoyenneté, de civilisation ou d'actualité, que toute personne cultivée peut discuter : le rapport au travail, la place du numérique, la solidarité, la sécurité et la liberté, l'engagement, l'environnement, la transmission entre générations. La culture générale sert à nourrir la réflexion, pas à réciter.

Les sujets prennent le plus souvent l'une de ces formes :

  • une question ouverte : « Faut-il avoir peur du numérique ? » ;
  • une affirmation à discuter : « La sécurité est la première des libertés. Qu'en pensez-vous ? » ;
  • une notion ou deux notions à mettre en relation : « Liberté et responsabilité » ;
  • une citation accompagnée d'une consigne : « Commentez et discutez ».

Les sujets cités dans cette formation sont entièrement fictifs et servent d'exemples. Pour s'entraîner sur des sujets réellement posés, la gendarmerie publie ceux des sessions précédentes sur son site de recrutement : c'est la seule source fiable, et il vaut mieux s'y référer directement qu'à des recueils dont l'origine n'est pas vérifiable.

Quelle que soit sa forme, un sujet appelle toujours la même démarche : comprendre précisément ce qu'on vous demande, puis y répondre en le discutant, et non réciter tout ce que l'on sait sur le thème.
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Lire le sujet mot par mot

L'erreur la plus fréquente dans une composition n'est pas le manque de connaissances, c'est le hors-sujet : le candidat reconnaît un thème (« le numérique ») et déroule un exposé général au lieu de traiter la question posée (« faut-il en avoir peur ? »). La méthode classique consiste donc à consacrer du temps à l'analyse avant d'écrire la moindre idée.

Concrètement, on recopie le sujet au brouillon et on s'arrête sur chaque terme :

  • les mots-clés : que veut dire « numérique » ? Les outils, les réseaux, les données, l'intelligence artificielle, les usages ? Chaque sens ouvre une piste ;
  • les mots de liaison et de modalité : « faut-il » appelle un jugement de valeur ou une recommandation ; « peut-on » interroge une possibilité ; « et » invite à étudier un rapport ; « toujours », « seulement », « encore » orientent le sens ;
  • le registre : « avoir peur » n'est pas « se méfier » ni « être prudent ». La peur est une émotion ; se demander si elle est justifiée, utile ou excessive enrichit la réflexion ;
  • le sujet implicite : qui a peur ? Les citoyens, les parents, les institutions ? Une question formulée à l'infinitif s'adresse à tous.

Pour chaque mot important, noter au brouillon des définitions (sens courant, sens plus précis), des synonymes et des contraires. Ce travail, qui prend un quart d'heure environ, fournit souvent la matière de l'introduction et une partie du plan.

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Délimiter le sujet

Un sujet d'ordre général peut paraître immense. Le délimiter, c'est décider ce qu'on va traiter et ce qu'on laisse de côté, puis l'annoncer dans l'introduction. Trois cadres aident à le faire :

CadreQuestions à se poserExemple sur « Faut-il avoir peur du numérique ? »
Dans le tempsParle-t-on d'aujourd'hui, d'une évolution récente, de l'avenir ?Surtout la période actuelle, marquée par la généralisation des outils connectés et de l'intelligence artificielle.
Dans l'espaceLa France, l'Europe, le monde ?Un point de départ français et européen, qui peut s'ouvrir aux enjeux mondiaux.
Par les acteursIndividus, entreprises, États, services publics ?Les citoyens et les pouvoirs publics, sans oublier les plus vulnérables (enfants, personnes âgées).

Délimiter ne veut pas dire rétrécir à l'excès : un sujet traité sous un seul angle (par exemple uniquement la cybercriminalité) donne une copie partielle. L'objectif est de couvrir les principales dimensions de la question (sociale, économique, politique, éthique, individuelle) sans prétendre à l'exhaustivité.

Pour un candidat au métier de gendarme, il est naturel d'aborder aussi la dimension de la sécurité et du rôle de l'État quand le sujet s'y prête. Il faut simplement éviter de ramener systématiquement chaque sujet au seul métier visé : la composition évalue une culture générale, pas une lettre de motivation.

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Reformuler et problématiser

Une fois le sujet analysé et délimité, on le reformule avec ses propres mots. Reformuler oblige à vérifier qu'on a compris et fait souvent apparaître la tension au cœur du sujet. « Faut-il avoir peur du numérique ? » peut devenir : « Les risques créés par le numérique justifient-ils la crainte qu'il suscite, ou appellent-ils plutôt une maîtrise de ses usages ? »

La problématique est la question précise à laquelle la copie va répondre. Elle naît d'un paradoxe, d'une contradiction ou d'un enjeu que le sujet contient. Quelques procédés classiques pour la trouver :

  • confronter deux évidences contraires : le numérique rend d'immenses services (démarches, santé, communication) et il expose à des risques nouveaux (fraudes, manipulation, dépendance) ;
  • interroger une idée reçue : la peur protège-t-elle vraiment, ou empêche-t-elle d'agir ?
  • chercher l'enjeu : ce qui est en jeu n'est-il pas notre capacité collective à encadrer une technologie ?

Une bonne problématique se formule en une ou deux phrases interrogatives, reste fidèle aux termes du sujet et annonce un débat. Elle ne doit pas être une simple répétition du sujet, ni une question trop large qui ferait perdre le fil.

Piège à éviter : changer de sujet en problématisant. « Le numérique menace-t-il la démocratie ? » est une question intéressante, mais ce n'est plus tout à fait « faut-il avoir peur du numérique ? ». Relisez le sujet à côté de votre problématique avant de continuer.
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Rassembler les idées au brouillon

La dernière étape de l'analyse consiste à produire les idées, avant de les organiser au chapitre suivant. La méthode la plus répandue est un remue-méninges structuré : on note au brouillon, sans les trier, tous les arguments, exemples et références qui viennent à l'esprit, en les rangeant dans quelques colonnes (arguments favorables, arguments contraires, nuances, exemples).

Pour alimenter ce brouillon, on peut balayer systématiquement plusieurs domaines :

  • la vie quotidienne : usages courants, démarches en ligne, réseaux sociaux ;
  • l'histoire : d'autres innovations ont suscité des craintes avant d'être encadrées ;
  • le droit et les institutions : ce que la loi prévoit pour protéger les personnes ;
  • l'économie et le travail : transformation des métiers, nouvelles compétences ;
  • la philosophie et la littérature : réflexions sur la technique, le progrès, la liberté.

Il est plus sûr d'utiliser un petit nombre d'exemples que l'on connaît précisément que d'en accumuler de vagues. Une date approximative, un chiffre inventé ou une citation mal attribuée coûtent plus cher qu'ils ne rapportent, car ils entament la crédibilité de toute la copie. En cas de doute sur un détail, mieux vaut formuler l'exemple sans ce détail.

Au terme de ce travail, qui peut occuper une quarantaine de minutes au total, le candidat dispose d'un sujet compris, d'une problématique et d'une réserve d'idées. Le chapitre suivant explique comment les ordonner en un plan.

De la lecture du sujet à la problématique

1

Lire

Recopier le sujet, souligner les mots-clés

2

Définir

Sens, synonymes, contraires de chaque terme

3

Délimiter

Temps, espace, acteurs

4

Reformuler

Dire le sujet avec ses mots

5

Problématiser

La question à laquelle la copie répond

6

Collecter

Arguments, exemples, nuances

Sources

  • Arrêté du 27 avril 2011 fixant les programmes, les conditions d'organisation et de déroulement ainsi que les coefficients attribués aux différentes épreuves des concours de recrutement des sous-officiers de gendarmerie, version en vigueur au 1er octobre 2025 (annexe I, articles 13 et 23) — Légifrance
  • Sujets des sessions précédentes publiés par la gendarmerie (pour s'entraîner sur des sujets réels, à consulter sur le site du recruteur) — gendarmerie.interieur.gouv.fr
  • Méthode de la dissertation : démarche classique de l'enseignement secondaire et supérieur, présentée ici à titre de conseil (aucune grille de correction officielle n'est publiée par l'arrêté).

À retenir

  • La composition est la seule épreuve d'admissibilité du premier concours : 3 h, coefficient 7, note inférieure à 6/20 éliminatoire.
  • L'arrêté évalue quatre qualités : rédaction, culture générale, argumentation, maîtrise du français.
  • Le principal risque est le hors-sujet : traiter un thème au lieu de la question posée.
  • Analyser chaque terme, y compris les mots de liaison (« faut-il », « et », « peut-on »), puis délimiter dans le temps, l'espace et les acteurs.
  • La problématique reformule le sujet sous forme de question et fait apparaître un débat, sans changer de sujet.
  • Mieux vaut quelques exemples maîtrisés que des références vagues ou approximatives.

Sommaire de la formation