Module 3 / 4 · Sommaire complet de la formation
3.1 Évaluation numérique : programme et méthode
L'évaluation numérique est la plus courte des épreuves d'admission : un questionnaire à choix multiples de 30 minutes. Son coefficient est faible et elle n'est pas éliminatoire, mais elle se prépare vite et rapporte des points. Ce chapitre présente ce que dit l'arrêté, les trois domaines à connaître et une façon de réviser efficacement.
L'épreuve en quatre repères
30 minutes
Durée fixée par l'annexe I
Coefficient 1
Sur 18 au total pour le 1er concours
QCM
Questionnaire à choix multiples
Non éliminatoire
Seule exception de l'article 23
Ce que dit l'arrêté du 27 avril 2011
L'épreuve d'évaluation numérique figure parmi les épreuves d'admission du premier concours, décrites à l'annexe I de l'arrêté du 27 avril 2011 dans sa version en vigueur au 1er octobre 2025. Elle dure 30 minutes et reçoit le coefficient 1.
« Cette épreuve consiste en un questionnaire à choix multiples visant à évaluer les connaissances et à mesurer les compétences numériques du candidat. Il est attendu des candidats qu'ils détiennent les fondamentaux de la culture WEB, de l'environnement numérique, de la protection et de la sécurité informatique. »
— Arrêté du 27 avril 2011 modifié, annexe I
Deux points du texte méritent d'être retenus. D'abord, l'arrêté parle de fondamentaux : il n'attend pas un niveau d'informaticien, mais la maîtrise des notions qu'un utilisateur averti doit connaître. Ensuite, il associe connaissances et compétences : savoir ce qu'est un hameçonnage ne suffit pas, il faut savoir comment réagir devant un message suspect.
L'arrêté ne fixe ni le nombre de questions ni le barème (points négatifs, nombre de bonnes réponses par question). Méfiez-vous des pages qui annoncent un format précis sans citer de source officielle : le jour de l'épreuve, seules les consignes données en salle font foi.
Le poids réel de l'épreuve dans le concours
Pour le premier concours, les coefficients sont de 7 pour la composition de culture générale, 7 pour l'entretien avec le jury, 3 pour l'épreuve physique et 1 pour l'évaluation numérique, soit 18 au total. L'évaluation numérique pèse donc environ 5,5 % des coefficients.
Elle a aussi un statut particulier. L'article 23 de l'arrêté dispose que « est éliminé tout candidat ayant obtenu une note inférieure à 6 sur 20 à l'une des épreuves, à l'exception de l'épreuve d'évaluation numérique qui ne revêt aucun caractère éliminatoire ». Une mauvaise note ne ferme donc pas la porte du concours.
Faut-il pour autant la négliger ? Non. Le concours est un classement : quelques points gagnés sur une épreuve rapide à préparer peuvent faire la différence entre deux candidats proches. Et le niveau attendu correspond à des réflexes utiles au quotidien d'un gendarme, qui traite des plaintes pour escroquerie en ligne, piratage de compte ou cyberharcèlement.
Premier domaine : la culture web
La « culture WEB » regroupe les notions qui permettent de comprendre comment fonctionne Internet et comment l'information y circule. L'arrêté ne donne pas de liste ; les thèmes suivants en sont une lecture raisonnable, à réviser à partir des glossaires publics de la CNIL et de l'ANSSI.
- L'architecture d'Internet : adresse IP, nom de domaine et extensions, système de noms de domaine (DNS), fournisseur d'accès, navigateur et moteur de recherche, adresse web (URL) et connexion chiffrée (HTTPS).
- Les traces laissées en ligne : cookies et traceurs, historique de navigation, prise d'empreinte du navigateur, publicité ciblée. La CNIL définit le cookie comme un petit fichier déposé dans le terminal de l'internaute et associé à un domaine web.
- Les réseaux sociaux et l'information : algorithmes de recommandation et bulle de filtre, vérification des sources, fausses informations, paramètres de confidentialité.
- Les droits de l'internaute : données personnelles, droit d'accès et de rectification, droit à l'effacement et au déréférencement, âge à partir duquel un mineur peut consentir seul au traitement de ses données par un service en ligne.
- Les notions récentes : intelligence artificielle générative et ses usages, informatique en nuage (cloud), données ouvertes (open data).
Pour chaque notion, retenez une définition courte et un exemple concret. Le glossaire de la CNIL (cnil.fr) et celui de cyber.gouv.fr donnent des définitions officielles, formulées pour le grand public.
Deuxième domaine : l'environnement numérique
L'« environnement numérique » désigne les outils que l'on manipule au quotidien : matériels, logiciels, services en ligne. Là encore, le texte ne détaille pas ; voici les notions de base qu'il est prudent de maîtriser.
| Thème | Notions à connaître |
|---|---|
| Matériel | Ordinateur, téléphone, tablette, objets connectés ; stockage local ou externe ; périphériques. |
| Logiciels | Système d'exploitation (le logiciel qui gère le matériel et fait fonctionner les applications), applications, mises à jour, magasins d'applications officiels. |
| Fichiers | Formats courants, compression, arborescence de dossiers, partage de documents. |
| Communication | Messagerie électronique, pièces jointes, messageries instantanées, visioconférence. |
| Services en ligne | Stockage en nuage, comptes en ligne, démarches administratives dématérialisées. |
Ce domaine se prépare surtout par la pratique. Si vous utilisez peu l'ordinateur, prenez le temps de manipuler un système d'exploitation, de ranger des fichiers, d'envoyer un document en pièce jointe, de modifier les paramètres de confidentialité d'un compte : les questions « de compétence » se réussissent mieux quand on a déjà fait le geste.
Troisième domaine : protection et sécurité informatique
C'est le domaine le plus directement lié au métier. Le dispositif public Cybermalveillance.gouv.fr résume les bonnes pratiques en dix mesures essentielles, une base de révision solide :
- des mots de passe longs, complexes et différents pour chaque service, un gestionnaire de mots de passe et la double authentification dès que possible ;
- des sauvegardes régulières, dont une copie sur un support externe débranché une fois la sauvegarde faite ;
- les mises à jour de sécurité appliquées dès qu'elles sont proposées ;
- un antivirus à jour ;
- des applications téléchargées uniquement depuis les sites ou magasins officiels ;
- la méfiance envers les messages inattendus ou alarmistes, avec confirmation auprès de l'émetteur par un autre moyen (risque d'hameçonnage) ;
- la vérification des sites marchands avant un achat ;
- la maîtrise des réseaux sociaux (accès sécurisé, publications non publiques, pas de relais d'informations non vérifiées) ;
- la séparation des usages personnels et professionnels ;
- la prudence avec les réseaux Wi-Fi publics : pas d'opération sensible, et un réseau privé virtuel (VPN) si possible.
À ces réflexes s'ajoutent quelques notions juridiques simples : le règlement général sur la protection des données (RGPD) et la loi Informatique et Libertés, le rôle de la CNIL, les principales infractions (accès frauduleux à un système informatique, usurpation d'identité) et les dispositifs publics de signalement et d'assistance aux victimes (PHAROS, 17Cyber, Cybermalveillance.gouv.fr).
Le guide d'hygiène informatique de l'ANSSI, destiné aux organisations, complète utilement cette base, par exemple sur la gestion des droits d'administration ou la sensibilisation des utilisateurs.
Une méthode de révision en quatre temps
Voici une façon possible d'organiser la préparation. Elle n'a rien d'officiel, mais elle correspond au format de l'épreuve : un QCM court, sur des notions de base.
- Faire un premier état des lieux. Passez l'examen blanc d'évaluation numérique du portail quiz, sans préparation, pour repérer le domaine le plus faible.
- Construire des fiches courtes. Une définition, un exemple, un réflexe : c'est le format le plus efficace pour un QCM. Appuyez-vous sur les pages officielles de la CNIL, de l'ANSSI et de Cybermalveillance.gouv.fr plutôt que sur des forums.
- Pratiquer. Vérifier ses paramètres de confidentialité, activer une double authentification, faire une sauvegarde : ce sont des gestes simples qui ancrent les notions.
- S'entraîner en temps limité. Refaites l'examen blanc quelques semaines plus tard, puis la veille de l'épreuve, en visant la régularité plutôt que la vitesse.
Le jour de l'épreuve, lisez chaque question jusqu'au bout : dans un QCM de culture numérique, les propositions fausses sont souvent des notions voisines (virus et cheval de Troie, sauvegarde complète et sauvegarde incrémentale). Écartez d'abord les propositions manifestement fausses, puis choisissez entre celles qui restent en revenant à la définition.
Check-list avant l'épreuve
Sources
- Arrêté du 27 avril 2011 fixant les programmes, les conditions d'organisation et de déroulement ainsi que les coefficients des concours de recrutement des sous-officiers de gendarmerie, version en vigueur au 1er octobre 2025, annexe I et article 23 — Légifrance
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Les 10 mesures essentielles pour assurer votre cybersécurité » (mise à jour du 7 mai 2026) — cybermalveillance.gouv.fr
- CNIL, glossaire (cookie, prise d'empreinte, droit au déréférencement…) — cnil.fr
- ANSSI, glossaire et guide d'hygiène informatique — cyber.gouv.fr
À retenir
- QCM de 30 minutes, coefficient 1, passé à l'admission (annexe I de l'arrêté du 27 avril 2011).
- Seule épreuve non éliminatoire : l'article 23 l'exclut de la règle des 6 sur 20.
- Trois domaines : culture web, environnement numérique, protection et sécurité informatique.
- L'arrêté ne fixe ni le nombre de questions ni le barème.
- Révisez à partir des sources publiques : CNIL, ANSSI, Cybermalveillance.gouv.fr.
- Préparation courte et régulière, sans empiéter sur la composition et l'entretien (coefficient 7 chacun).